mercredi 21 mars 2012

Oups... boulette again

Rien à voir avec mes boulettes passées (tu te souviens... ça fait un bail... ), mais je dois dire que je suis une spécialiste dans mon domaine.

Comme je te disais, depuis 15 jours, je suis sur un nouveau poste de prof d'histoire-géographie au collège Tout Neuf, dans une banlieue résidentielle mais néanmoins prioritaire (je n'ai pas tout compris, mais apparemment, le bahut aurait déménagé du pied d'une cité pour un quartier pavillonnaire, sauf que les élèves d'avant ont aussi déménagé avec les murs...).

Lors de mon entretien avec ma nouvelle cheffe, la Principale du collège Tout Neuf, la prise de contact téléphonique s'est super bien passée. Coup de fil de ma part à 11h, rendez-vous pris pour 14h, et arrivée en avance à 13h45, histoire de faire le plus bel effet (j'avais même pris le temps de remettre un petit coup de déo et de me laver les dents, c'est dire !).
Donc, on discute, ça se passe bien, je lui raconte vite fait mon cv, et surtout ma précédente expérience professionnelle de remplaçante, la seule et l'unique.
Et là, elle me balance un "Oh mais vous êtes toute jeune !!!", sur le ton de la blague.
Moi, de lui répondre, avec un grand sourire "Oh, mais tout est relatif !".

"Tout est relatif"... elle a du se prendre ça dans les gencives, la quinqua-sympa.
Mais c'était une répartie cinglante tout à fait involontaire (j'suis comme ça, ça sort tout seul, faut pas m'chercher).
Je ne sais pas, j'aurais pu lui répondre "oh vous savez j'ai quand même 32 ans, hein !" (oui, ça me fait bizarre moi aussi de l'écrire, mais je ne dis pas souvent mon âge, à part pour acheter des bougies, et encore... maintenant, on met des chiffres, on a plus de souffle), mais non...
L'entretien a suivi son cours sans encombre, et j'ai signé mon contrat le lendemain.

Sur le coup, je ne me suis rendue compte de rien, j'étais à fond.

Après coup, j'étais mal... même si c'est toujours un peu vexant de limite demander si on est majeure (ça fait longtemps qu'on ne me l'a pas fait parce qu'avec les valoches que je me traine depuis quelques mois, je fais plus mon âge, mais on m'a déjà demandé ma carte d'identité pour entrer en boite, je devais avoir 25 ou 26 ans)(la haine, quoi)(j'crois que je suis entrée gratos tellement j'ai gueulé), ça l'est encore plus de se faire indirectement traiter de vieille par une grande conne au look d'animatrice de mon genre (quoique, j'ai remisé les chaussures de rando pour des chaussures en cuir)(oui, et si j'ai le concours, même que je m'offrirai peut-être une sacoche en cuir, aussi)(j'ai toujours les locks, mais elles sont propres et attachées).

Mais bon, ça fait presque 10 ans (9 ans, pour être précise) que j'ai eu mon DEA, merde ! Donc ça pourrait faire presque 10 ans que j'enseigne, en jean-basket qui plus est.
Voilà, elle l'a bien cherché.
Ça ne l'a pas empêchée de renouveler mon contrat jusqu'à début avril (en même temps, vu les élèves un peu bouillants, elle doit être bien contente qu'une jeune remplaçante ne parte pas en courant)(oui, j'en chie un peu pour asseoir mon autorité, même si chaque jour est meilleur que le précédent)(d'ailleurs, si tu as des techniques infaillibles pour jouer au prof méchant, c'est open).
Ouf !

lundi 19 mars 2012

Bien à vous

Je ne sais pas toi, mais moi, lorsqu'un mail professionnel, à la limite de l'échange purement administratif, s'achève par un "bien à vous", ça me fait mouiller rend toute chose.

Je t'explique.

Mon précédent contrat s'arrêtait le jour de la rentrée, le même jour que la reprise de la prof remplacée, au cas où elle nous refasse le coup du "je prolonge mon arrêt en ne prévenant que le jour même" (jamais 2 sans 3 qu'ils se sont dit au Rectorat)(oui, elle a fait le coup à la rentrée des vacances de Noël, puis à celle des vacances d'hiver).
Contre toute attente, la prof est revenue (chômage technique pour moi, j'ai pu finir de corriger mes copies et de rentrer les notes dans les bulletins)(c'te chienne est revenue juste pour les conseils...), ça a du remonter dans les tuyaux et 2h après, le Rectorat, en la personne d'une nana très sympathique, responsable des contractuels en histoire-géographie, m'appelle pour me proposer un nouveau poste, à pourvoir de suite.
J'ai donc contacté le collège en question, entretien, contrat signé.
Net, rapide, sans coupure.

Après 3 ans de commission paritaire, j'ai appris à conserver des relations huilées avec les personnels clés. Cette nana en fait partie (elle gère les paies, les contrats, les postes, les suivis administratifs... personnel clé, quoi !), j'ai donc graissé un peu les rouages en lui envoyant un petit mail de remerciements du genre "Comme convenu, j'ai pris contact avec la principale du collège Tout Neuf. Je commence le remplacement demain matin. Merci de m'avoir rappelée aussi vite. Cordialement."
Neutre, précis, huilé.
Et elle de me répondre "Merci pour l'information, votre contrat a été envoyé dans l'établissement, vous pouvez le signer dès demain. Bien à vous."
...
Toute chose, j'te dis.

Enfin, peut-être que c'est une tournure administrative et que je m'énerve pour rien.
N'empêche que.

Bien à toi.


(t'as vu ?)(non ?)(pffff...)

vendredi 16 mars 2012

La journée enfant malade

Avec une MaB qui garde Sapinou à la maison, puis le chômage, je n'avais pas encore testé.
Un jour, j'ai repris le boulot, c'était fin novembre (oui, je sais, ça date, et je ne t'ai même pas raconté...).
Et enfin, Sapinou (faudrait d'ailleurs voir à changer de surnom, parce que depuis presque 19 mois, il a pris près de 40 cm et plus de 9 kg...) est allé à la crèche. A lui les échanges de jouets plein de morve et les traces de bave étrangères sur le doudou... et forcément tout un tas de miasmes nouveaux pour son petit organisme de bébé gardé à la maison (pour le grand organisme des mamans pas en contact avec des touts petits aussi).
D'habitude, c'est MaB qui s'y colle, mais là, pour des raisons extérieures à notre volonté, je n'ai pas pu faire autrement, j'ai pris ma première journée enfant malade de présence parentale.

Donc, après un remplacement assez long (je te rappelle que je suis maintenant professeure contractuelle d'histoire-géographie)(ça en jette, ce statut, non ?)(non ??) dans un collège plutôt sympa, j'ai été recrutée pour un nouveau poste dans un bahut fort sympathique, mais en ZEP, à la rentrée des vacances d'hiver. Après une première semaine de "prise en main" un peu tendue des élèves, j'ai finalement réussi à poser les bases d'un pacte de non-agression (oui, c'est ce qu'on appelle communément l'autorité naturelle... doublée d'un cours au contenu parfaitement maîtrisé)(quoi ? tu trouves que j'en fais trop ?).

Et là, paf... Sapinou qui couvait une petite conjonctivite traitée comme il se doit au sérum physiologique et au lait maternel (si tu savais tout ce qu'on peut faire avec du lait maternel !!)(ah oui, j'allaite toujours, pour le plus grand bien de Sapinou !) tout le week-end, se met à faire un gros pic de fièvre.
Pile le jour des obsèques de son arrière-grand-père, le grand-père de MaB, celui qui lui a donné ses racines ibériques, pile à l'heure du début de la cérémonie (j'ai fait le choix de le laisser à la crèche, car MaB et sa famille avaient plus besoin de moi à ce moment là)... l'éducatrice nous a fait un peu flipper lorsqu'elle nous a dit qu'elle pensait que ça avait un lien... Toujours est-il que Sapinou avait de la fièvre, que ses yeux étaient tout collés par le pus et que son nez coulait le lundi soir.
Ni une ni deux, nous faisons un petit tour chez notre pédiatre le lendemain. Verdict : rhino-conjonctivite-otite. Le triplé gagnant. Antibiotique-collyre-rinçage de nez. Et mon petit certificat de présence parentale en poche pour la journée.
Quant à Sapinou, en plus de me morver dessus à chaque câlin ou à chaque tétée, il a eu la pêche toute la journée et m'a gratifié d'une sieste de presqu'1h30 (en deux fois, sinon, ça n'est pas drôle, tu peux t'endormir profondément).

Le lendemain, je suis allée faire cours, le Sapinou étant à la maison avec MaB pour la matinée, histoire de se requinquer encore un peu. Quatre heures seulement, mercredi oblige. Mais au bout de ces quatre heures plutôt agréables (ça a du bon de bosser en ZEP dans un bahut tout neuf sur-équipé)(tu mets ta clé USB dans l'ordi, tu allumes le vidéoprojecteur, tu lances le diaporama, et hop, ton cours est illustré par des schémas, croquis, photos, cartes, animations satellites, tableaux, graphiques, même si les mômes apprenants n'ont pas leur bouquin manuel)(dans le bahut précédent, il n'y avait qu'un rétroprojecteur en panne pour tout l'étage... et une pauvre carte murale des années 90) , j'ai bien senti que ma voix était un peu "en souffrance".
Ça n'a pas loupé... le lendemain, j'étais aphone. En même temps, je me trainais des ganglions gros comme pas possible depuis 3-4 jours, je me doutais bien que ça allait mal tourner cette affaire ! Pas grave, je ne bosse pas le jeudi, me suis-je dit intérieurement (oui parce qu'extérieurement, on aurait dit un ado en pleine mue).

Sauf que le miel, le citron et la boite de pastilles Euphon (ils devraient sponsoriser l'Educ' Nat', avec tout ce que sucent les profs)(nan mais c'est vrai !)(quoi ?!) n'auront pas suffit à m'adoucir les cordes vocales... impossible d'assurer vocalement aujourd'hui. Je suis donc arrêtée pour la journée. Merci Sapinou ! Pour la peine, je l'ai déposé à la crèche ce matin... il faut que je repose ma voix pour le week-end.

Il y a des semaines comme ça où on ferait mieux d'être en vacances ! (oui, bon, ben c'est dans 4 semaines, maintenant !)

dimanche 15 janvier 2012

Still alive

Salut la compagnie !

Non, je ne suis pas morte... juste en pause bloguesque... pas le temps, pas l'envie, pas d'idées, complètement aspirée par mon quotidien entre mon nouveau boulot de prof contractuelle (et pourtant y'aurait des trucs ubuesques à raconter... ubuesques, j'te dis !), ma préparation aux oraux du concours de prof des écoles (oui... je suis ENCORE admissible... j'l'ai pas fait exprès cette fois !), et ma vie de famille avec MaB et Sapinou (qui d'ailleurs fait son entrée à la crèche demain matin...)(Sapinou, pas MaB !)(j'suis mal, j'te dis pas à quel point... même si ça ne va rien changer pour moi puisqu'il était déjà gardé par sa Mamita... juste là, je vais le confier à des quasi-inconnues... mal-mal, quoi).

Je ne sais pas encore quelle tournure va prendre ce blog... vais-je trouver de nouveau l'inspiration et le courage de venir coucher ici mes états d'âmes de prof, de maman, de lesbienne prof et maman, de femme ?

Passe de temps en temps, si tu vois de la lumière, on ne sait jamais ! P'têtre bien que j'aurai des trucs à raconter lorsque l'on se lancera dans l'aventure bb2 (pas tout de suite-tout de suite, mais on y pense), ou bien si j'ai ENFIN mon concours !

A très bientôt les z'amiEs ! Et une très bonne année 2012 !

samedi 8 octobre 2011

Vaincre les MICI*

*Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin

Parce que le rose, c'est bien sympa, mais avec une bonne palpation mammaire et une mammographie régulièrement, il y a moyen de prévenir avant de guérir. Ma mère, par exemple, en est la preuve, vivante.

Parce que cette maladie touche mon quotidien, plus particulièrement celui de MaB.

Parce qu'en France, soigner la douleur, toute seule, sans autre traitement curatif, ça ne se peut pas... encore moins lorsque la dite douleur est soulagée par une petite molécule interdite, le tétrahydrocannabinol.

Parce qu'il faut prévoir partout où l'on va, des toilettes, et que parfois, en demander l'accès fait toute une histoire... un peu comme si tu demandais à un mec en fauteuil de passer par les marches.

Parce que dans chaque produit manufacturé se cachent des dizaines d'additifs toxiques... comme les conservateurs ou le lait de vache (sous diverses formes), et que parfois, l'entourage n'arrive pas à prendre en compte ces interdictions alimentaires.

Parce qu'à 40 ans, avoir peur de se chier dessus, c'est très humiliant.




Pour le soutien, c'est ICI !

jeudi 6 octobre 2011

Desperate Housemum

Je t'ai lâchement abandonné à ton triste sort de lecteur en attente, mais je vais t'aider à raccrocher les wagons. Sympa, non ?

Précédemment
Après deux mois presque et demi de travail acharné cette année, j'ai vécu mes dernières heures de pionne-à-tout-faire.
J'ai ensuite profité de mes vacances bien méritées.
Sapinou en forêt.
Sapinou à la mer.
Sapinou mange du sable.
Sapinou pousse la poussette.
Sapinou pèse son poids dans l'écharpe.
Sapinou tète à gogo.
Sapinou a sa période "terreurs nocturnes" (les mamans, elles, sont plus dans le trip "nuits blanches").
Sapinou souffle (enfin écrase entre ses doigts)(il n'a même pas pleuré, ça n'est qu'après que j'ai vu qu'il avait une cloque !!) sa première bougie.
Sapinou fait ses premiers pas.
Sapinou, centre du monde.

Bon.

Et puis j'ai du m'inscrire au chômage, en attendant d'être appelée pour des remplacements d'histoire-géographie.
J'ai aussi passé les écrits du concours d'instit' (ouais, j'suis comme ça, je ne lâche pas ! Quatrième fois, quand même !).
Du coup, je suis mère au foyer... c'est chaud, mais c'est sympa !
Je suis loin du burn-out, mais je n'arrive pas encore à intégrer le paramètre blog dans la matrice...
Peut-être que je pourrais encore moins dormir ?? Mais c'est mort... déjà, la presque moindre demi-heure est exploitée par une sieste tellement je suis éclatée parfois... si je retire encore des heures de sommeil, je ne réponds plus de mon état mental ! (je n'ai pas trop envie d'oublier la poussette à la supérette, ou un truc du genre !)
Voici le déroulement d'une journée-type avec Sapinou-chou... oserais-je dire idéale ?

6h30 : réveil en fanfare de Sapinou. Une fois que le contact visuel a eu lieu, ne surtout pas le rompre... même (surtout) le temps d'un passage aux chiottes... sous peine de déclencher la sirène de la faim. L'avantage de l'allaitement, c'est que je peux finir ma nuit tranquille, allongée, Sapinou gérant son histoire tout seul comme un grand.

7h00 : petit-déjeuner en famille. Puis, commence une longue matinée de jeux, d'histoires, de machines à remplir-à étendre-à plier (le repassage, j'ai lâché l'affaire... juste je n'essore plus mon linge à 1300 tours mais seulement 800... ça change tout), d'épluchage-cuisage vapeur-moulinage, de ménage, avec, parfois, une petite sieste salvatrice de Sapinou à mi-parcours. Et, toujours, une petite tétée-collation avant ou après, ou les deux... je ne suis pas à ça près !

12h00 : Toc, toc ! Quelle heure est-il Monsieur Croc ? C'est l'heure de manger ! GRAOUUUU !
Hem, bon... pardon. Sapinou s'enfile donc son repas, une cuillère pour le zèbre, une autre pour l'hippopo, une pour le porc-épic, et hop, ça, c'est fait. C'est après que ça devient sportif, pendant notre repas avec MaB... non pas les manettes de la wii... non ne jette pas les bouteilles du bar parterre... non n'essaie pas de t'enfuir avec la souris à fil de l'ordi... parfois, les gros yeux suffisent. Souvent, on doit se lever.

13h30 : enfin, l'héritier est fatigué... parfois il s'endort tout de suite. Souvent, il faut puiser dans nos ressources de berceuses.
Répit. Calme. Repos.
Là, tu te dis "tiens, et si j'écrivais un petit billet ?", une fois que la cuisine est rangée, la dernière lessive étendue ou toute autre tâche domestique ingrate. C'est en général ce moment que choisit Sapinou pour se réveiller... un sixième sens assez flippant... il y a des jours où je m'interdis de penser au blog pour dormir moi-même un peu !

15h00 : après une vaine tentative de rendormissement du Sapinou télépathe, il est temps d'aller s'aérer... gouter avant ou pendant... c'est selon. Cela dit, je n'ai pas encore testé la tétée au parc avec mon grand bébé au milieu des homophobes, femmes voilées et nounous irresponsables. (quoi ? J't'ai pas dit ? Je hais les squares, parcs et jardins)

18h30 : un des moments les plus agréables de la journée, le bain ! Sapinou s'amuse à déverser le contenu de son arosoir sur la descente de bain, il est enfermé assis dans la baignoire et ne peut pas s'enfuir. On se marre, on s'éclabousse, plouf, plouf.

19h00 : ça sent l'écurie, mais il faut tenir. Le dîner, c'est sacré. Surtout que Sapinou, le bib' de soupe, il trouve ça nuuuuuul... ce qu'il veut, c'est la cuillère. Re-belotte les zèbres, les singes, les lions, les poules, les dindons... et hop, sifflée la soupe-semoule, et les petits-suisses, et la compote (oui, on a été obligée "d'épaissir" les repas du soir... juste le lait, c'était plus possible... il se réveillait affamé à 5h du matin !).

20h00 : dernière ligne droite avant le dépôt du paquet dans son petit lit, l'histoire du soir est THE moment de calme et de détente. Bon, Sapinou adoooore qu'on lui lise 3-4 fois le même livre... ça peut rendre neurasthénique, alors on renouvelle régulièrement le stock de bouquins !

20h30 : Sapinou, épuisé par cette journée trépidante, montre des signes flagrants de fatigue... un appel au marchand de sable pus tard, il dort paisiblement, et surtout, profondément jusqu'au lendemain (il parait que parfois il se réveille dans la nuit... je ne sais pas, c'est MaB qui se lève avant !)(ça me fait un peu flipper d'ailleurs, soit de ne pas entendre, soit de ne pas m'en souvenir).

Fin de la journée de maman.
Rideau.
Youhou !
A nous la soirée !

Et là, tu t'affales dans le canapé, tu dévores ton assiette et tu comates, avec ou sans herbes (de la tisane, bien sûr)(haha), devant un film/une série/une émission de merde (parfois, y'a pas trop le choix, en commençant en retard).

J'ai envie de dire : life is a bitch.

mardi 12 juillet 2011

Sapinou, MaB, l'allaitement et moi

Presque 11 mois d'allaitement, dont 4 avec un staphylocoque doré et 2 en bossant, ça se fête, non ?

Petit rappel du parcours (je te le dis tout de go : ça va parler nichons).

Après un accouchement un peu galère () qui s'est terminé en césarienne heureuse, première tétée à une heure de vie pour Sapinou, qui a su trouver le chemin presque tout seul.
La montée de lait s'est faite très rapidement (ici)... et en quantité largement suffisante. Du lait, beaucoup, tout le temps. Avec, dès le départ une douleur concentrée sur un seul sein, et dont personne n'a semblé se préoccuper sérieusement.
Après 2 mois d'engorgements chroniques et de douleurs, je suis finalement allée chez une consultante en lactation qui a enfin identifié le(s) problème(s) (souviens-toi, un staphylocoque doré)(et puis un réflexe d'éjection fort, et puis une hyper-lactation, et puis aussi un léger vasospasme lié au staphylocoque)(oui... un peu galère).
Mais c'était sans compter ma chance légendaire : le traitement antibiotique n'a pas agi suffisamment, et le staphylocoque s'est enkysté (, grosse angoisse).
Ponction... diagnostic : abcès mammaire. Re-traitement antibiotique, mais inefficace, puisque le staphylocoque s'était planqué dans une coque, elle-même enfermée dans une autre coque formée par mon propre corps pour éviter la propagation, genre si ça avait explosé, c'était la scepticémie.
Au final, hospitalisation en urgence juste avant les 4 mois de Sapinou, pendant une semaine, histoire de nettoyer un peu la glande mammaire de cet abcès douloureux (ici).

Pendant tout ce temps, j'ai continué l'allaitement, dans les larmes et les douleurs... je crois que ce qui me faisait tenir, c'étaient les courbes de poids et de taille de mon fils, qui poussait comme un champignon, tout épanoui qu'il était de cette vie auprès de ses mamans.

A mon retour de l'hôpital, j'ai continué, malgré les réticences de mon chirurgien qui avait peur d'une récidive de l'infection (j'en parle un peu par ). J'ai pris toutes les précautions nécessaires autour de la cicatrisation de mon sein opéré : j'ai tiré mon lait 3 fois par jour pour le donner à Sapinou au biberon (enfin surtout MaB), et sevré la tétée de midi sur les 2 seins avec un biberon de lait en poudre (pour réduire ma production laitière et limiter ainsi les possibles engorgements au moment de ma reprise du boulot). J'ai même commencé la diversification 1 mois plus tôt que prévu (genre 5 mois au lieu de 6, t'emballe pas) (quitte à lui filer du lait de vache en poudre, autant lui faire goûter de la compote de pommes maison et de la purée de courgettes, hein).

Et puis, une fois que la cicatrisation fut belle et bien terminée, et la douleur moins vive (ici), je me suis dit que peut-être je pourrais remettre Sapinou au sein opéré... tout doucement, sans trop stimuler, juste histoire d'éviter de galérer à tirer mon lait alors qu'une pompe naturelle et ultra-efficace était à portée de téton.
J'ai fait ça petit à petit, progressivement, la peur au ventre, même si j'avais l'appui de ma consultante en lactation...
D'abord, comme un dessert, après le sein-sain et le biberon, histoire que Sapinou tète en douceur (Quoi ? J't'avais pas dit que Sapinou était un vorace-goulu ?)...
Puis avant le biberon, en réduisant les doses de lait en poudre en fonction de ce qu'il restait à chaque tétée...
Puis carrément à la place du biberon pour certaines tétées (sauf celle du soir, je continue de compléter par un bib de lait en poudre)(mais à la limite, je ne suis même pas sûre de ce qu'il se passerait si je retirais le biberon de complément... peut-être que Sapinou se réveillerait pendant la nuit pour réclamer son du ?).

Sapinou a commencé à prendre un repas complet le midi autour de ses 8 mois, donc plus de biberon de lait en poudre. C'est à ce moment là que j'ai commencé à constituer mes stocks de lait en prévision de ma reprise du travail... le tire-lait a bien chauffé et le congélateur s'est peu à peu rempli. J'ai repris le travail, non sans mal, en supprimant la tétée du goûter les jours de boulot (vite fait, ici). Je ne te raconte pas les obus le soir la première semaine, mais ça s'est vite régulé. J'ai même réussi à faire des trucs toute seule le soir, en tirant mon lait avant de sortir guincher/réunionner/geeker.

Après un mois de boulot, ça m'a un peu saoulé de tirer mon lait le matin, après la tétée, surtout pour 30 pauvres millilitres maxi, aussi parce que ça me mettait un peu en retard. Du coup, Sapinou a eu le droit à une petite tétouille avant mon départ... moins galère (pas de vaisselle), un câlin, de l'apaisement (surtout pour moi, peut-être)(sûrement)(mais aussi pour Sapinou, hein). Un peu comme lorsque je ne bosse pas, vu qu'il a droit à une petite tétée de matinée, après la sieste du matin (ce qui lui permet de tenir au moins jusqu'à midi, et pas 11h15 à hurler de faim).
Et puis j'ai rendu mon tire-lait électrique-magique-qu'on-dirait-presque-une-bouche-de-bébé (ici)... comme la fin d'une période.

Aujourd'hui, à l'aube de mes vacances, au bout de presque 11 mois, je peux enfin dire que j'ai un allaitement paisible, qui coule de source, qui me, qui nous convient, à tous les 3, MaB, Sapinou et moi.
Ça, c'est pour le côté parcours personnel, intime.

Parce qu'à côté, il y a tout le côté public, social. Même s'il n'y a guère que la tétée du goûter que je peux faire en public (disons que j'ai un peu de mal à descendre au parc en pyjama avec mon Sapinou sous le bras à 7h du matin, hein !), j'entends pas mal de réflexions sur l'allaitement soit disant tardif de mon fils de presqu'un an.
Quoi ? 10 mois ? Tu l'allaites encooooore ? (Quoi ? 40 ans ? Toujours aussi coooooonne ?)
Lorsque cela s'arrête là, ça me va.
Mais lorsque la personne s'empresse de rajouter "C'est pas contre toi, hein, mais je trouve ça malsain..." ou bien "Ça va en faire un fils à maman...", je préfère ne pas répondre, sinon, ça pourrait faire des étincelles.
Est-ce que je me permets de faire des réflexions sur le fait que ton môme ne fasse pas ses nuits alors qu'il est au biberon ? Ou qu'il ait besoin d'une tétine pour satisfaire son besoin de succion ? Ou qu'il ait besoin de se taper de la farine le soir pour soit-disant satisfaire son appétit ?
Je ne porte pas de jugement sur les choix (sont-ils d'ailleurs éclairés ces choix ?) des mamans qui n'allaitent pas, même si je pense qu'allaiter est la plus normale des façons de nourrir son petit, et que le lait humain sera toujours supérieur en qualité à du lait en poudre (sauf cas médicaux d'intolérance ou autre).
Allaiter ou non un enfant n'influe pas sur ses carences affectives, ni sur sa prise d'indépendance... choisir de donner son lait n'a rien à voir avec l'éducation et l'amour que l'on donne à ses enfants.
J'ai choisi de donner mon lait, et de le faire au sein. Je trouve ça plus pratique.
Même, ça ne m'empêche pas de consommer ni des feuilles magiques, ni de l'alcool. Tout est une question de modération, et de moment (du genre, éviter juste avant la tétée, de se mettre misère)(ce qui passe dans le lait est de l'ordre de 1%, et toutes les molécules ne passent pas dans le lait)(la morphine, par exemple, ne passe pas dans le lait).
Et puis, sur les 15 kilos pris pendant ma grossesse (9 mois et 2 jours), j'en ai perdu presque 18-19. Voilà, ça te détend. Surtout que je bouffe comme une ogresse (faut bien que je le fabrique quelque part le lait, hein !).
Ce choix entre aussi dans mon optique de maternage. Je fais confiance à mon fils, dans ses heures de coucher ou de téter, et il nous le rend bien ! (il chie à heure ultra-fixe, par exemple... 13h02... pas 1 ni 3)

Donc, je compte allaiter mon fils autant de temps qu'il faudra, autant de temps que Sapinou voudra, autant de temps que je le pourrais, autant de temps que MaB le supportera, autant de temps que ça nous conviendra à tous les 3. Surtout après la gastro carabinée que nous venons de traverser, Sapinou et moi... sans l'allaitement, il aurait été quasi-obligé de faire un tour par la case urgences pour éviter la déshydratation.

Et si c'est jusqu'à 2 ans, et ben... ça sera jusqu'à 2 ans, et je t'emmerde pis c'est tout !