mercredi 25 juin 2008

Good Bye, Lenin ! (ou une journée banale...isée)

Oui.
Moi aussi, je peux mettre des titres de film à mes billets. Mais vu que je n'ai pas une grande culture filmographique en dehors des Monthy Python, des films de Chabat (de la Cité de la Peur à Rrrr) et du Magicien d'Oz, je ne tiens pas la distance !
C'est pour célébrer le divin l'Ane-Ô.

Que j'te raconte, quand même...
Hier, comme avant-hier, étaient organisées au collège des journées banalisées.
Les conseils de classe sont passés, les livres sont rendus, les 3è trainent dans la rue révisent le brevet... les profs et la direction ont décidé de ne plus faire cours.
Vu la journée de vendredi, ça n'était pas une mauvaise idée... je ne sais pas si c'était la fin de semaine, l'approche de l'été, la défaite de la France, puis du Portugal, ou tout ça en même temps, mais l'ensemble des élèves s'est transformé en une armée de sauvageons complètement ingérables. Même qu'à cette occasion, une gamine de 5è, habituellement discrète, m'a balancé un "Casse-toi connasse" digne de not'président gentillement demandé de passer mon chemin alors que je lui demandais de se calmer un peu. Rapport détaillant les faits, convocation chez la CPE (Conseillère Principale d'Education) et exclusion en bonne et due forme. Je n'ai pas eu le droit à des excuses... c'était trop demander à la CPE que de gérer ça. Qu'à cela ne tienne, si je croise la gamine dans la rue je lui mets un steak je l'affiche devant ses copines. P'tite pouf.
Donc pas de cours au collège... oui mais voilà, il fallait les "organiser" ces 2 journées.
Autrement dit :
- centraliser les propositions d'activité et
- recueillir les disponibilités des accompagnateurs possibles,
- faire la promotion de ces journées auprès des élèves,
- répartir les élèves dans différents groupes,
- récolter l'argent pour les sorties,
- récupérer les autorisations de sortie signées par les parents.

Tout cela en moins de 10 jours.
Et qui c'est qui doit faire tout ça ?
Le bureau de la Vie Scolaire. Ben oui, on est plus proches des élèves, et on a que ça à foutre, c'est bien connu !

On en a chié, mais tous les élèves ont pu s'inscrire dans leurs ateliers préférés, les profs étaient ravis de faire autre chose que de l'enseignement-baston... comme quoi, quand on les intéresse, les gamins sont plutôt réceptifs... je ne dis ça, je ne dis rien. C'est plus facile d'intéresser un môme avec de la cuisine espagnole, du scrapbooking ou un tournoi de badminton qu'avec un théorème ou une règle de grammaire. J'ai choisi aidé les ateliers théâtre et cuisine espagnole. J'ai bouffé toute la journée !

A 16h, plus d'élèves... plus de boulot. Sauf qu'on bossait jusqu'à 18h.
Avec 3 autres surveillants, on s'est posé sur la "terrasse", coin fumeur du collège petit balcon au dernier étage du collège, sur la mézanine de la salle des profs, et on a disserté... oui parce que c'était du lourd... il y avait du cerveau... moyenne d'âge 30 ans, niveau moyen d'années d'étude 7 ans... tout les 4 un troisième cycle universitaire au compteur, tous les 4 pions... des neurones mais pas de moyens. La direction essaie de nous valoriser malgré tout (heures sup', encadrement pédagogique, soutien scolaire) par rapport aux autres surveillants qui n'ont "que" le bac. On parlé du droit de vote des étrangers, de la ségrégation socio-spatiale dans les quartiers, de la nouvelle lutte des classes, de l'image de la France dans l'imaginaire collectif et dans les sciences humaines, de la représentation des minorités, et bien entendu du communautarisme... Une graaaaande controverse comme je les aime.
Un constat : dans les bibliographies des recherches, il y a très peu de références à des auteurs africains (on peut même aller jusqu'aux pays en voie de développement en général), alors qu'il existe des travaux universitaires de qualité. La recherche occidentale est essentiellement axée autour de son petit nombril de connaissances, avec toute la condescendance que peut avoir le néo-colonialisme.
Bon. Présenté comme ça, j'en connais pas mal qui me diront qu'ils s'en tapent les escalopes (ouéé... j'ai réussi à la placer, c'te phrase !). Sauf que c'est révélateur de la considération que l'on peut donner aux représentations et aux savoirs "non-blancs", en France. Dans les représentations collectives, un noir ne peut pas être "vraiment" français... tandis que pour un italien, un polonais ou un espagnol issu de l'immigration du siècle dernier, la question ne se pose presque pas. Alors que la Savoie ou Nice ne sont devenues françaises qu'à la moitié du 19è siècle (contrairement aux Antilles ou à l'Algérie). Au collège, j'ai été frappée par cette différence que faisaient les élèves entre les surveillants blancs et les surveillants de couleur. A moi, on ne m'a pas demandé d'où je venais (bon, en même temps, s'ils l'avaient fait, ça aurait été moins drôle, il n'y aurait pas eu cette folle rumeur sur ma probable nationalité néo-zélandaise), alors qu'à mes collègues, on leur a posé la question tout de suite.
- Tu es d'où ?
- De Normandie, a répondu Mouss (oui, appelons le comme ça... doctorant en arts visuels et sociologie)
- ...
- D'Alsace, a répondu Ibou (toute ressemblance avec une personne réelle ne serait que fortuite, évidemment... doctorant en littérature francophone)
- ...
- Mais c'est pas possible, vous êtes noirs...
- ...
En fait l'un vient d'Afrique Sub-saharienne, et fait renouveler régulièrement sa carte de séjour en France depuis 3 ans maintenant, l'autre du Gabon, mais avec un titre de séjour quasi-permanent. C'est dire les représentations qui sont déjà ancrées chez les plus jeunes, même si ça n'est pas toujours faux... ni vrai. Echec du processus d'intégration de la République.

Du coup, pour s'identifier et se sentir considérées, ces "minorités" se regroupent plus ou moins ensemble, on appelle ça le "communautarisme". Communautés ethniques, religieuses, sectaires, culturelles, politiques, financières, liées à l'orientation sexuelle, musicales, littéraires, artistiques et même numériques ! Et oui, car l'être humain est grégaire (qui vit et évolue en groupe, dit le dictionnaire). Ce qui entraîne un certain conditionnement, et un système de référence dans lequel il n'y a pas de valeur hors du groupe... j'irais même jusqu'à dire que lorsque l'individu abandonne sa responsabilité personnelle et son esprit critique, c'est au profit de l'action collective anti-différence. Comprend qui veut. Alors bien entendu, dans l'imaginaire collectif, les communautés sont ethniques et/ou religieuses essentiellement... il n'y a guère que les quelques allumés du bocal de l'Ane-Ô qui s'imaginent le contraire !
Oui, mais qui de la poule ou l'œuf ? Sont-ce les actions collectives discriminantes qui poussent au regroupement en communautés, ou est-ce la communauté qui se sectarise en rejettant l'Autre ?
La question des communautés est un faux problème, car rien n'empêche de faire partie de plusieurs communautés, rien n'empêche la tolérance. Et si on gratte un peu le vernis de la communication propagandiste sur les dangers des regroupements communautaires, on se rend compte que les tensions ne sont pas entre les communautés, mais entre les classes.

C'est la nouvelle lutte des classes (d'ailleurs, si l'unE d'entre vous à des références bibliographiques sur ce sujet, je suis preneuse... je vais avoir du temps à tuer cet été).

Alors bien sûr, on ne parle plus de prolétaires et de bourgeois, d'ouvriers et d'exploitants capitalistes. Niveau de richesse, accès aux soins, à la culture et à la citoyenneté, papiers, qualifications, niveau d'emploi... autant de critères qui devraient permettre une nouvelle classification.
On en est venus à parler du droit de vote des étrangers hors espace Shengen, à commencer par les élections locales. Je trouve ça normal qu'une personne qui bosse, qui produit, qui consomme, qui paye des impôts, qui utilise les infrastructures publiques (hôpitaux, écoles, transports, équipements), qui participe à la vie de la Cité, puisse exprimer sa voix. Je trouve ça anormal que des communes constituées à plus de 70% par des étrangers (je n'ai pas de nom en tête, mais je suis sûre qu'il y a des villes où c'est le cas) ne soient administrées que par 30% de la population.
Et pour les élections nationales, on fait quoi ? Ces étrangers vivent dans un Etat, et participent à son dynamisme. Mais ils ne sont pas citoyens français, ils ne peuvent donc pas exprimer leur voix, ni pour désigner les représentants du peuple, ni pour désigner le grand schtroumpf chef président.

Etat... Nation... Etat-Nation ?

Non, Commune au thé.

Ânons de tous les pays, unissez-vous !

lundi 23 juin 2008

Avec ou sans accessoire ?

Alors, j'te vois venir... tu penses bien que je ne vais pas te parler de l'après-midi d'intronisation des membres de la communauté de l'Âne-Ô, déjà raconté ici, , ou encore là et par ici... j'ai pas mieux. On a bu, on a rit, on a parlé, on a bavé... la blogosphère grandeur nature !
Mais je ne vais pas non plus te parler de ce à quoi tu penses.

DéçuE ?

Ne le sois pas.

Car hier, dimanche, donc, j'ai tenté la grande aventure de la réalisation d'un sorbet. Un sorbet à la pastèque, sans sorbetière, évidemment, sinon c'est pas rigolo.
MaB avait acheté la veille une énorme pastèque... pas le 1/4 de pastèque, une vraie belle pastèque... qui était sensée faire le régal d'ânons imbibés. Elle n'a pas eu le succès escompté. Le fromage au poivre non plus... pourtant, on s'est régalées ! Bizarrement, les bières ont beaucoup mieux marché... sans doute à cause de la chaleur.
Nous sommes rentrées chez nous avec 3 bons quarts de pastèque, déjà tranchés... à consommer rapidement. Se profilaient quelques jours de régime quasi mono-alimentaire. Jusqu'à ce que j'ai l'idée lumineuse du sorbet. D'autant plus lumineuse que MaB ne peut pas manger de crèmes glacées, qui comme leur nom l'indique sont à la crème... si la fabrication rate réussit, je ne serai pas la seule à déguster !

Une petite recherche sur internet plus tard, j'ai trouvé une recette à peu près plausible.



Sorbet à la pastèque

- 1/2 pastèque
- un blanc d'œuf
- un jus de citron
- 5-6 cuillères à soupe de sucre (en fait, c'est selon le degré de sucre du fruit, et du goût personnel)

1) Epépiner les morceaux de pastèque (c'est là que je me dis que la prochaine fois, je ferai le test avec du melon plutôt qu'avec des cerises ou des framboises... c'est LE moment fastidieux de la préparation).

2) Les mixer avec le blanc d'œuf, le jus de citron et le sucre jusqu'à l'obtention d'une purée homogène (j'ai fait ça dans un robot ménager... mais j'ai fini le boulot au mixer à main)(il faut attendre que le sucre fonde complètement).

3) Mettre au congélo quelque temps (du genre une nuit) dans un moule en silicone (j'ai mis ça dans un vieux pot de glace en plastique, ça marche aussi) recouvert d'alu ou de film alimentaire.

4) Après ce temps, découper le bloc en morceaux et les mixer de nouveau jusqu'à l'obtention d'une consistance "liée", comme du sorbet.

5) Remettre au frais au moins 30 min.



Si comme nous tu es trop presséE, tu peux déguster la préparation seulement au bout de 3-4h... le granité de pastèque est aussi un régal.

Ce soir, premier test du sorbet à la pastèque.



J'ai dans l'idée d'y rajouter une petite touche personnelle... j'ai sous la main un fond d'eau de vie de mirabelle... mais je pense que le soho pourrait bien aller aussi.

Va-t-il falloir investir prochainement dans une sorbetière ?

Après le cuit-vapeur, l'appareil à fondue, la pierrade-raclette, la friteuse, la cafetière, la nespresso la machine à pain, va-t-on tomber dans la spirale du "je fais ma bouffe saine toute seule et j'emmerde la société consumériste" ?

Va-t-on tenter de nouvelles expériences culinaires après ça ?

Tu le sauras au prochain épisode
Je vous dirais si c'est une tuerie, façon mousse-au-chocolat-maison (il faudra d'ailleurs que je te parle de cette recette, d'autant que j'y ai apporté un nouvel ingrédient), ou si c'est un truc à éviter sans prendre de précautions.

jeudi 19 juin 2008

Devoir accompli

C'est avec le sentiment du devoir accompli que je suis sortie de mon oral d'EPS (Education Physique et Sportive). Tandis que certaines ont déjà eu leurs résultats d'examens (), il me reste encore une épreuve orale à passer, le 1er juillet, et pas des moindres vu que c'est l'entretien professionnel en 2 parties, pour des résultats qui vont tomber le 4 juillet.
Je vous ai déjà parlé de mon épreuve pratique (ici), le 1500 m, au début de laquelle je suis quasiment arrivée en retard à cause d'une mauvaise gastro qui m'avait vissé le cul sur les chiottes.
Je ne vous ai pas parlé de mon oral d'anglais, car il n'y a rien à dire... prestation plus que moyenne... je n'en dirais pas plus.
Et puis, cet oral d'EPS... un exposé de 10 min à produire en impro sans aucune note ni papier, suivi d'un entretien avec les 2 membres du jury. Donc l'objectif est de recracher un truc bien préparé, bien huilé, avec un plan construit minutieusement. Puis de répondre pendant 10 min aux différentes questions du jury sur l'enseignement de l'EPS à l'école primaire... exercices, progressions pédagogiques, connaissances des programmes. Le pied.
Bon.
C'est là que ça se corse pour moi.

Oui, car la récitation par cœur, je n'ai pas fait ça depuis le collège... depuis la 5ème précisément. Mon prof d'histoire-géographie, vieil homme à la voix ténébreuse souffrant de spondylarthrite ankylosante qui le faisait rester assis derrière son bureau et nous envoyer écrire toute la leçon au tableau sous sa dictée (j'étais carrément impressionnée... ça vient peut-être de là ma névrose sur les fautes d'orthographe)... donc, ce prof nous faisait apprendre une page du bouquin que nous devions réciter au tableau à chaque cours... de manière complètement aléatoire. C'était carrément flippant... "Monsieur..." (là, toutes les filles de la classe poussaient un soupir de soulagement), "Mademoiselle..." (pfiouuuu faisaient tous les garçons en chœur).
Donc je te disais, la récitation, c'est plus mon truc. Je suis assez à l'aise à l'oral (même si je n'en mène pas large... mais il parait que ça ne se remarque pas, que je sue à grosses gouttes si grosses que je les sens couler entre mes seins, tu vois l'truc ? et que j'ai le cardio à 180), mais surtout lorsque je maîtrise le sujet... forcément... du genre soutenance (de maîtrise, de DEA, de thèse... ah nan...) ou contribution à un colloque (j'ai échappé à la contribution en anglais, fort heureusement).
L'an dernier, je me suis complètement plantée à cet oral... mauvaise connaissance des situations pédagogiques et par cœur approximatif.
Cette année, j'ai aurais pu bénéficier de quelques cours (6 en tout, c'est pas lourd), mais ils tombaient tous le samedi matin (oui, j'avoue tout... j'ai bassement séché presque tous les cours du samedi matin, et même du vendredi matin, tiens). Je me suis quand même pointée au premier cours, toute motivée que j'étais au début de l'année. Bien m'en a pris. Un petit test pour savoir en combien je pouvais courir le 1500 m (c'est le test navette de Luc Léger, il permet de connaître sa VMA et sa VO2 savoir jusqu'où tu peux cracher tes petits poumons sans te flinguer les jambes), quelques conseils pour la préparation, tableaux à la clé. Et des références bibliographiques... que je n'ai pas utilisé, étant donné qu'une prof d'EPS du collège m'a refilé un bouquin tout complet sur l'enseignement de l'EPS à l'école. Pour les connaissances, c'était réglé ('fin c'était... la semaine dernière, hein). Il ne me restait qu'à construire mon exposé, le lécher, l'apprivoiser, le maîtriser (l'exposé, ma chérie, l'exposé !). Pour tout vous avouer (je n'aime pas faire ça... après on me prend pour un glandeuse prétentieuse qui à du bol... alors que non), j'ai réussi à m'y mettre hier après-midi... oui, la veille... je sais, c'est mal. Mais je ne suis vraiment bien productive que sous la pression, aussi intense soit elle.
Donc, hier : exposé de l'an dernier, bouquin du CNED, bouquin de la collègue, une petite recherche sur internet qui m'a fait tomber sur un site trèèèès intéressant (je mets le lien, pour la peine, , tellement il est bien), et hop, j'ai rédigé un petit topo pas trop mensonger... 4h de taf pour 10 min... je suis rentable. Restait plus qu'à le maîtriser. En m'endormant, dans les chiottes, sous la douche, dans la bagnole (j'ai du d'ailleurs passer pour une tarée à réciter mon truc au volant en allant à l'entraînement hier soir !). Et puis aujourd'hui, petite lecture intuitive (enfin intuitive... disons que dans mon exposé, j'ai mis bien en avant le fait de faire du handball depuis 20 ans, à l'école et en club, histoire d'orienter les questions de l'entretien sur les sports co et pas sur la danse ou la natation... Stratégie est ma sainte patronne) de différents exercices relativement ludiques pour faire progresser les élèves (dribble, passe, tir, démarquage).
Et je dois dire qu'à part la petite conclusion-bateau que je n'ai pas eu le temps de balancer (compétences... transversalité... citoyenneté... hygiène de vie... goût de l'effort... autonomie... blablabla) faute de temps imparti, j'ai plutôt bien répondu aux questions. Les membres du jury, 2 nanas, une d'âge mûr (la conseillère pédagogique), et l'autre goudou (la prof d'EPS, donc), j'en suis presque sûre, étaient plutôt cool... pas de questions pièges, des encouragements, elles ont même ri à une petite blague (en rapport à une question, pas une blague comme ça, juste pour faire rire, je n'en étais pas là du point de vue de la décontraction !). Galvanisée par ces 20 minutes, j'ai couru nue sous la pluie jusqu'à ma voiture (oui... il a plu des hallebardes sur la vallée de la Bièvre autour des 17h).

Devoir accompli.
Fierté.
Satisfaction.

Mais quand même... même si je n'ai pas encore les résultats, et que je ne veux pas vendre la peau de l'ourse avant de l'avoir chassée (la peau, mon amour, la peau !), je me dis que j'ai quand même du bol d'avoir certaines facilités neuronales. Quand je vois le boulot que certainEs de mes collègues de l'IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) ont abattu pour le même résultat, moyen, certes, je me dis que j'abuse de si peu bosser.
Mais voilà... je ne sais pas faire autrement, et ça fait des années que ça dure.
On a dit de moi que j'étais lente... très lente... "minutieuse", "soignée"... je fais juste le minimum.
Ouais.
J'suis une p'tite conne.

mardi 17 juin 2008

Révélation

Je n'y peux rien, mais j'ai toujours été précoce. Entendez bien, précoce dans son sens premier, à savoir : "qui se produit plus tôt que d'ordinaire". A ne pas confondre avec surdouée, ce que je n'ai jamais été.

En vrac , comme ça, j'ai commencé à papoter vers 2 ans, j'ai écrit mes premiers poèmes vers 8 ou 9 ans, vécu ma première nuit d'amour avec une jeune femme à 14 ans, fumé la première clope à 15 ans, passé mon bac à 17 ans, utilisé mon premier gode la même année, tout comme ma première cuite. Bref... tout tôt.

Tout dans l'excès aussi. Et ne croyez pas qu'on se débarrasse de l'excès avec autant de facilité, je suis encore à la recherche de la désintoxication.
Quand je bois, je bois. Quand je fume, je fume. Quand je refais le monde, je le retapisse du sol au plafond et après j'écris dessus, histoire d'assumer à fond. Quand je pleure, j'inonde. Quand je crie, je m'égosille. Quand je me plains, je fais pleurer dans les chaumières. Quand j'aime, j'en mourrais, tant j'aime. Quand je désire, je suis prête à tout et je ne recule devant rien.
Il parait que ça vient de mes origines latines, moi je dis qu'elles ont bon dos les origines. La belle excuse que voilà, celle qui consiste seulement à avouer qu'un jour on est né. La belle affaire.

Bref, à force de tout faire à pleine puissance et beaucoup trop vite, j'en viendrais presque à confondre vitesse et précipitation. Parce que, il faut bien l'avouer, vouloir aller plus vite que la minute nuit dangereusement aux secondes.

Oui, vous l'aurez compris et j'en confesse, ma précocité ressemble étrangement à de l'impatience, à de la boulimie d'existence. Parce que, quitte à ce que la vie ne dure qu'un temps, quitte à admettre de ne pas être éternelle, autant en faire trop que pas assez. Pourtant, je fais des efforts en essayant de préserver une petite procrastination délicate, mais rien n'y fait, je crame le temps. C'est mon côté Boris Vian, je préfère de loin vivre à fond peu de temps que mollement centenaire. J'en entends déjà me dire "et ta femme, t'y penses à ta femme Ducon ?". Ouais, j'y pense, c'est pour ça que je fais des efforts pour devenir vieille.

Mais, je vous envahie de ce laïus mal pensant et vous devez vous demander si, éventuellement, je pourrais avoir l'audace d'illustrer mon propos. J'y viens. J'y suis.

Zeste a eu la saugrenue idée de nous raconter "sa" première fois en plusieurs épisodes. Le truc qui vient, qui vient, qui vient, et non, qui ne vient pas, qui viendra peut être la prochaine fois. Je pense qu'elle attend le premier épisode de la saison 6 de The L Word pour nous cracher le morceau, histoire qu'on compare, qu'on rêve. Et là, je m'insurge, je monte au créneau, parce que si elle fait ce qu'elle veut de ses lecteurs chez L, enfin, je veux dire chez elles, je fais ce que je veux chez nous. Et toc. Euh, ne vous arrêtez pas au premier degré, c'est de l'humour, je suis ses teasers avec passion et j'aime beaucoup lire Zeste.

Après la FO (first one, pour ceux et celles qui ont eu l'audace de ne pas lire), voici la PC (première copine), histoire de respecter la mobilisation populaire.

J'ai rencontré ma PC à 14 ans, donc. Bon, j'en avais presque 15, étant donné que je suis née le 11 septembre et que ma route a croisé la sienne au début du mois de juillet.

Comme chaque année à cette période, j'étais en colonie de vacances. Cette année là, c'était ma dernière à Soulac sur mer, charmante bourgade non loin de Bordeaux, puisque dispensée par la ville pour les morveux de moins de 16 ans.
Je connaissais tout par coeur, des monos aux locaux. Je m'y rendais tous les étés depuis l'âge de 7 ans.

Cependant, j'avais bien vu cette année là, au lieu de rendez-vous où se trouvait le saint autocar, qu'une nouvelle animatrice avait intégré l'équipe. Elle remplaçait l'irremplaçable Marie-Noëlle, instit' de son état, qui provoquait de curieux beuglements hilares dans le car, qui des "Marie-Noëlle, c'est une pucelle !", qui des "Marie-Noëlle, roule moi une pelle". Ah, nous étions vraiment des poètes en herbe, mais bon, taillée très très courte l'herbe.

De pauvres crétins boutonneux qui avaient eu la géniale idée de se retrouver chaque été au même endroit, exhibant avec grâce un appareil dentaire à bagues ou une paire de lunettes en plastique très colorée. J'avais choisi l'option acné et lunettes rouges. Enfin, j'avais choisi, faut le dire vite.

N'empêche que, la remplaçante de Marie-Noëlle, on la trouvait tous super belle, que son sourire était plus doux qu'une pile de tee-shirt en coton et que sa voix n'était ni criarde, ni sourde quand elle s'est présentée. Alors, on avait beau être cons, on était sous le charme et on a fermé nos gueules. Elle a du se dire qu'une colo avec des ados du 93, finalement, c'était plutôt pépère. Elle a eu par la suite la preuve par trois que ça pouvait être très chiant et parfois violent. Tous les gosses n'étaient pas aussi peace que moi.

Les jours passent, entre activités ludiques, sportives, sollicitant l'éveil intellectuel d'une cinquantaine de demeurés à peine lettrés pour la plupart. Deux semaines pendant lesquelles, en silence, je savoure la présence parfois si proche de la jeune mono. De nombreuses heures à l'observer, à recevoir ses sourires, ses remarques flatteuses à propos de mes photographies (oui, on prenait des photos, on les développait nous mêmes, c'était une des activités qu'elle encadrait).

Et puis, un matin, c'est elle qui prend une photo de moi en tee-shirt gris et petit short rouge, coupe de garçon manqué, sourire en biais et regard de feu. Et là, elle m'a dit le truc qu'il ne fallait pas me dire, à moi, amoureuse transie réduite au silence : "ouah, quelle photo, j'ai bien cru que tu allais faire fondre l'objectif".

Mon coeur est brutalement sorti de ma poitrine, j'ai eu mal au bide et j'avais envie de brailler. Un ravissement de béatitude.

J'étais gonflée, j'ai tenté un rapprochement, toujours cette foutue impatience. Elle me fuyait, elle m'évitait, je ne comprenais plus rien. Peut-être, je ne lui plaisais pas tant que ça, peut-être mes quatre ans de moins qu'elle pesaient plus lourd qu'une enclume, j'étais un peu triste et déroutée par son attitude.

Et puis, il y avait Nicolas, ce jeune coq chargé d'hormones, au taquet et à fond sur moi. L'horreur. Je ne lui voulais aucun mal mais il ne me plaisait pas du tout. C'était un super partenaire de double au tennis de table, mais ça s'arrêtait là.

Il y a eu cette soirée dansante, on appelait ça une "boum" à l'époque. Coca et jus de fruits à volonté, Kim Wilde, Cindy Lauper, Mickael Jackson et Madonna à fond et bien évidemment, le slow qui va bien à la fin.
Et Nicolas, ne reculant devant rien qui m'invite à partager ces notes de musique langoureuses et baveuses. Que du bonheur.

Puis, il y eu ma fuite, de la salle d'abord, au pas de course, puis des portes qui claquent après mon passage, des baskets qui martèlent le sol dans mon dos, un virage bien négocié, le muret secret, plus bas que les autres, dans les troènes, qui permet de fuir en douce vers le bourg et la plage, le mini-mur par dessus lequel on fait le mur.

Je sanglotais, ça me bouffait le souffle, je n'arrivais plus à courir.

Ils ne m'avaient pas vue me glisser dans les troènes, ils ne connaissaient pas "notre" passage. Ils m'ont cherchée longtemps.

C'est les bras ballants et en apnée que j'ai foulé les premiers mètres de sable. Quand je suis passée derrière une dune, je me suis assise, j'ai retrouvé mon souffle, j'ai essayé de comprendre mon trouble, j'ai fini par l'admettre, j'étais attirée par une fille. Gouine ? Pas gouine ? Pingouine en fait, j'étais un peu manchot.

Elle a mené son enquête, elle était très douée, Yohann a fini par lâcher le morceau. Il l'a quand même obligé à cracher sur le sol de ne jamais dévoiler à qui que ce soit l'existence du muret.

Elle a pensé tout de suite à la plage, elle m'a trouvée allongée sur le sable et endormie. Elle s'est lancée dans une mission impossible, me soulever dans ses bras sans me réveiller. J'ai failli lui décocher une droite. Heureusement, je l'ai tout de suite reconnue.

Nous nous sommes assises sur le sable, face à la mer aussi noire que l'horizon.

Elle m'a dit qu'elle aussi avait vécu tout ça, elle avait 19 ans, mais, pour moi c'était une adulte. Jeune mais mature. Une adulescente. Ce qui devait arriver arriva, nous nous sommes embrassées. J'ai appris, j'ai découvert, je me suis découverte.

Aujourd'hui, ma PC est mariée, avec une belle suédoise. Elles ont quatre enfants. Une de leurs jumelles s'appelle... Pouah, dans l'élan, j'ai failli vous donner mon prénom, pour de vrai !

vendredi 13 juin 2008

De mon paternel

Voilà plusieurs jours que je vous délaisse, lecteurs z'et lectrices.
J'ai une bonne excuse, je prépare mes oraux de concours (oui, et même que je passe des oraux blancs le mercredi après-midi au lieu de rester glander me reposer à la maison).
Mais je la garde pour plus tard, car elle est fallacieuse.
Oui... bon... c'est surtout que j'ai pris un peu de recul par rapport à la blogosphère. Sous mes airs de dure à cuire, j'ai tout de même été un peu refroidie par tout ce qu'il s'y passait, du puéril aux accusations mensongères. Ça m'a agacé, ça m'a énervé (bon, en même temps, cette semaine, il m'en fallait peu), mais surtout ça m'a conforté dans l'idée que je me fais de l'humanité.
Bref... j'ai remis un peu d'ordre dans tout ça, et hop, ça repart.

Du coup, j'ai envie de te parler de mon père... mon géniteur, mon modèle, celui qui me sert de figure paternelle (rayer la mention inutile). C'est parce que c'est la fête des pères dimanche.
L'an dernier, j'ai oublié de lui souhaiter... certains invoqueront l'acte manqué. Je ne nie pas.
Il faut dire que mon père, je l'ai déboulonné de son piédestal depuis quelques temps, et que j'ai presque eu le courage de le lui faire comprendre... je l'ai appelé le lendemain, en prétextant un week-end chargé de beuveries.
Mais 'faut que je t'explique, que tu comprennes.
Jusqu'à mon choix d'orientation au lycée, disons que mon père a plutôt été absent, même s'il me préparait tous les matins mon bol de nesquick sans la peau du lait avant de partir bosser (oui... j'ai bu du nesquick jusqu'en terminale, après, je suis passé au thé...). Je ne suis même pas sûre qu'il m'ait déjà vu jouer au hand en plus de 15 ans de pratique, ni qu'il soit venu m'applaudir à une fête de fin d'année (peut-être qu'il l'a fait, mais suffisamment peu pour que je n'en ai aucun souvenir).
Et puis il y a eu ce clash : pour lui, la voie scientifique était (est ?) la voie royale. Pour moi, la physique-chimie, c'était ma croix... j'ai bien essayé de bosser... ça n'était vraiment, mais alors vraiment pas mon truc. Mon truc, c'était les sciences humaines... l'histoire, la géographie, la sociologie, les sciences politiques, la littérature, le grec ancien, la musique... des sciences molles. Il a fallu tout le pouvoir de persuasion de ma mère, du CPE et de mon prof principal pour qu'il accepte que je fasse une filière ES (bac Economique et Social) : des lettres, de l'éco, de la socio, de l'histoire, de la géo, mais aussi des maths (oui... bon... parce qu'il faut pas déconner, il n'a pas lâché l'affaire comme ça !). Du coup, après, on était un peu en froid... fini le nesquick.
Le bac avec mention en poche (et un 18 en maths, tout de même, ça fait toujours plaisir), je suis remontée dans son estime en tentant une classe prépa... littéraire, mais classe prépa quand même. Je rentrais dans le droit chemin de la voie royale, telle une brebis égarée qui retrouve le giron de son troupeau. Du "tu seras docteure-ingénieure ma fille", c'est passé au "tu seras normalienne ma fille". Gloups. Pression. Mais immense satisfaction d'avoir la reconnaissance parternelle.
Ça n'a pas duré... j'ai à moitié pêté un boulard au mois de mars, qui a mis ma santé physique et mentale en péril... j'ai donc pris la décision de ne pas continuer dans cette voie, et d'aller à la fac.
Aaaah... la fac... lieu de débauche et de glande, massive.
Bon. De toute façon, il n'était pas là, ayant choisi une promotion en Province, tandis que ma mère préférait rester en Ile-de-France, il ne revenait que le week-end. Moi, le week-end, j'étais souvent en vadrouille, chez les potes, pour un match de hand, puis carrément à 800 bornes pour mes missions sur le terrain au fin fond des Alpes du Sud.
Autant vous dire qu'il ne s'est pas tellement intéressé à ce que je pouvais apprendre, faire, dire, vivre. Mais nos rapports étaient cordiaux, les quelques jours passés ensemble en vacances étaient agréables... toujours sur le ton de la boutade.
On se contente de ce que l'on a.

Et puis ma mère a eu un cancer... du sein... opération, chimio, boule à zéro... avant-pendant-après la canicule. Un ado de 14 ans (mon frangin) et une maison à gérer... devoirs, courses, ménage, papiers, études. Il n'est pas beaucoup revenu le week-end.
La même année, il est tombé sur mon mémoire de DEA... il a quand même réussi à me dire "ah ouais, quand même, c'est balaise... en chimie c'est ce qu'on demande en thèse, comme boulot". Oui. En plus d'être père, il est chercheur. Docteur-ingénieur en chimie organique (ça veut dire qu'il a fait une école d'ingénieur, puis une thèse après). Ça en jette. Sur mes fiches, en sixième (mais si, vous savez, ces fiches qu'on doit faire remplir par les élèves en début d'année soit disant pour mieux les connaître), j'ai mis savant pour le métier du père, c'est dire. Alors lorsque j'ai décidé de faire une thèse, même si c'était de la géographie, c'était de la géographie physique, et surtout, j'allais être docteure, comme lui. Du coup, en plus de la déconnade permanente, on parlait aussi boulot... le CNRS, la recherche, les crédits, les étudiants, tout ça. Ouéé... en fin un truc à partager sans avoir l'impression d'être considérée comme un ventre à patte qui fait que vider le porte-monnaie. Il est même venu à la Gay-Pride, tout fier qu'il était de montrer que c'était un papa open.
Comme je te l'ai déjà raconté, ma thèse ne s'est pas déroulée comme prévu... financièrement et intellectuellement parlant. J'ai arrêté, il ne m'a plus parlé... sauf lorsque j'ai soulevé l'idée de préparer l'agrégation (c'était tellement lourd que je l'ai reposée tout de suite !). J'ai choisi le concours d'instit'... c'est pas si mal... dans son attitude, je dirais qu'il pense "comme sa mère" (même si ma mère, elle, a passé le CAPES de sciences naturelles à 40 ans, après 15 ans d'enseignement précaire). Mais cette nouvelle est quelque peu passée inaperçue face à mon frère qui avait décidé d'arrêter ses études après le bac pour ne faire que de la musique de possédé.

Il y a presque 2 ans, il a décidé de partir, de quitter ma mère pour vivre avec sa maîtresse, quelques semaines avant Noël... ben oui, la magie, tout ça. En bon seigneur, il lui a dit "je te laisse tout"... des kilomètres de bouquins, des bibliothèques IKEA, des crédits, un appart de 100 m², mon frère de 18 ans et 32 ans de mariage. Ils ne sont toujours pas divorcés... ça traine pour un montant de pension alimentaire que mon père refuse de payer.
Après la grosse claque dans ma gueule du cancer de ma mère (qui aujourd'hui semble être à peu près en rémission), l'attitude de mon père a fini de me faire devenir adulte. Et de voir mon père avec des yeux d'adulte, et plus ceux de la petite fille-à-papa-en-quête-de-reconnaissance : c'est un vieux-beau. Athlète de haut-niveau dans sa jeunesse, il a toujours entretenu son corps. Après la voile, l'haltérophilie et le squash, il s'est mis au demi-fond lorsqu'il est passé vétéran. Mais surtout, il répète à qui veut bien l'entendre qu'il a toujours 20 ans dans sa tête... ouais, sauf qu'à 20 ans, il n'avait pas 3 enfants adultes, et qu'il en a 56. Ça fait toujours plaisir à entendre. Un jour (plutôt très proche que lointain je l'espère), il fera sauter sur ses genoux ses petits-enfants et se fera appeler papi... il flippe.

Depuis qu'il n'a plus de mes nouvelles régulièrement par ma mère (oui, car plutôt que de me demander directement ce que je faisais de ma vie, ma mère lui faisait des comptes-rendus aussi détaillés que possible de mes semaines), il m'appelle tous les 3-4 mois, en se démerdant pour le faire le mercredi soir, alors que ça fait 10 ans que mon entraînement de hand est systématiquement le mercredi soir (bon, en même temps, il ne peut pas savoir, vu qu'il n'était pas là). Il tombe sur MaB, qui lui raconte mes journées. On se voit une fois par an, quelques jours, c'est suffisant. D'autant que sa "copine" a le même âge que MaB, et qu'elle n'a pas inventé la poudre... gentille, mais un peu niaise. Maintenant qu'il vit avec elle, il s'est mis à boire du café le matin (après 40 ans de thé), à mettre des tongs en vacances (après 40 ans de chaussures de pont), à écouter du Polnareff (au lieu du jazz et de l'opéra), à vouloir devenir propriétaire (alors qu'il m'a appris que la propriété privée était le mécanisme définitif de l'oppression et la source de l'individualisme égoïste), même que ça lui arrive de promener son chien à elle un bichon (l'est où le cu-cul, l'est où la tê-tête) (alors qu'il n'avait jamais eu que des chats).
C'est dire si c'est un autre homme.
Je crois même qu'il a essayé de m'acheter mon soutien au début du divorce en nous refilant un four très haut-de-gamme (avec un système de pyrolyse avec un filtre à particule... aucune odeur), prototype testé dans son laboratoire. Un peu après notre premier essai bébé-belge, je lui ai dit qu'il fallait qu'il arrête ses conneries avec ma mère, que non, je ne le verrais pas à Noël et que si il voulait me voir, il avait qu'à se bouger ("si possible tout seul", je l'ai pas dit, mais je l'ai pensé très fort).
Il est monté, seul, sans chien ni gourde, et nous a offert une machine à pain. Chouette, j'en rêvais. Elle n'a pour l'instant servi que 4 ou 5 fois. Comme quoi, c'est utile, hein !
Et puis il a perdu sa mère, j'ai perdu ma grand-mère... on ne s'est pas parlé, mais au cimetière, il a eu un geste qui m'a profondément touchée... il m'a serré contre lui par l'épaule (alors que les effusions, c'est pas son genre). Bon, après, ça ne l'a pas empêché d'être odieux avec ma mère, mais dans ma relation individuelle avec lui, disons que ça m'a fait mettre de l'eau dans mon vin.
On se contente de ce que l'on a.

Mercredi soir, il a appellé, il est tombé sur MaB et lui a donné ses dates de vacances.
Peut-être bien que je vais passer quelques jours avec lui, et sa blonde... un week-end.
J'essayerais de penser à l'appeler dimanche.

dimanche 8 juin 2008

Toi, la télé et moi !

Quand j'écris un roman, je fais beaucoup de recherches.

Bon, d'abord, parce que ma culture générale laisse à désirer mais aussi parce que mon cerveau est extrêmement sélectif. Il ne s'encombre donc que de ce qui peut m'être utile au quotidien. Par ailleurs, il faut l'avouer, j'ai une capacité naturelle au reboutage. Je ne touche pas une bille en informatique, mais si mon cerveau était un disque dur, croyez moi, il serait tout propre. Formatage régulier, défragmentation abusive, nettoyage des fichiers inutiles, raccourcis propres et clairs... Bref, organisation optimale entièrement gérée par mon inconscient. Ca en fait pâlir plus d'un, tellement ça brille d'efficacité. Ca agace aussi parfois. Ma femme, qui, par exemple, est régulièrement exaspérée par ce talent. Parce que ce qui est important pour elle, ne l'est pas toujours pour moi... Je suis par conséquent capable d'oublier que les poubelles sont à descendre, alors que battre mon record personnel à Text Twist me parait capital.

Un de mes romans avait pour contexte le monde ingrat, cruel, machiavélique et Ô combien passionnant de la télé-réalité. Je me suis donc, comme à mon habitude, laissée guider par ce qui m'était offert en la matière. Et là, je ne me suis pas privée, il y avait de quoi faire, alors, je me suis jetée à corps perdu (comme dirait feu Grégory). J'ai tout regardé. Tout. Du plus trash au plus soft, du plus merdique au plus offrant, du plus innocent au plus criminel. De l'émission de deuxième partie de soirée où viennent illuminer l'écran paires de fesses, de seins, vulgarités et tapagismes incultes. De la quotidienne et ses petites phrases sous-titrées, parce qu'à moins d'être Super Jaimie, elles resteront inaudibles. Du gamin qui chante comme une casserole, d'une qualité moindre à celle que vous avez achetée quand vous avez eu vos premières plaques à induction à la poufiasse gaulée comme un bibendum blond et gavée de soda qui se prend pour une première étoile du Palais Garnier, ou pire, des ballets de Béjart, en étant persuadée qu'il a existé il y a au moins, pfiou, trois siècles. De la comédienne à peu près aussi douée que Mallaury Nataf dans le miel et les abeilles, mais qui se prend pour une Marylin qui a le talent de Jodie Foster et la voix grave, travaillée, de Fanny Ardant. De la Clara Morgane "new generation" qui aurait pu être repérée sans rouler des pelles à tout va par Fred Coppula, mais qui finalement, aimerait bien présenter la météo à la place de Françoise Laborde, qui a mon goût est irremplaçable... Du Monsieur Muscle qui ne sera jamais ni Schwarzy, parce qu'il n'est pas austro-américain-sénateur-débile, ni Jean-Claude Vandamme, parce que même coké, il n'est pas drôle, juste con. Au mieux, tu le verras gravir une montée parsemée d'embûches, type "branches-feuilles-boue" dans une forêt tropicale et lever les bras arrivé en haut comme Stallone dans Rocky IV, son film culte. On pourrait pousser le vice et faire croire que sa gonzesse s'appelle Adrienne, mais non, elle s'appelle juste Julie, ça casse tout le charme.

Mon roman, lui, racontait les déboires de treize personnes embarquées sur le Nil et livrées à elles-mêmes, mais surtout filmées à leur insu et participantes involontaires à un jeu de télé-réalité à l'audimat démesuré. La maison d'édition a décidé de le titrer "Nil express". Surement, un appel du pied à l'émission, où sac à dos blindé, des duos traversent à fond les ballons un continent en stop, en logeant chez l'habitant et en bouffant des trucs qui leur collent la dysenterie plus efficacement qu'une bonne gastro urbaine. Sauf, que les miens, de personnages, ils n'ont pas la chiasse, c'est toi qui finis par l'avoir à force de les lire. Sincèrement, c'est voulu. J'avais envie de partager ce débordement d'excréments avec mes lecteurs (oui, j'ai espoir qu'ils soient au moins deux).

Ces personnages hauts en couleurs, je les ai créés en m'appuyant sur des vrais gens. Il y a ma belle-soeur, mon voisin de la rue du Simplon, mon père, ma femme, mon cousin, un pote de fac, un de mes anciens prof de théâtre, et caetera... Mais les situations, elles, en dehors des parallèles avec l'histoire antique ou moderne de l'Egypte, je les dois à mon imagination et à toutes ces notes que j'ai pu prendre en visionnant ces émissions. J'ai rempli un bon cahier de 200 pages, un jour, j'en ferai autre chose, j'en suis certaine.

Mais, je vous vois venir, aussi discrets qu'un troupeau d'éléphants à l'ouverture d'une Gay Pride. Vous devez penser que je suis une masochiste. Vous devez vous dire que j'ai le cerveau aussi ramolli que de la guimauve et que j'ai du réduire l'intégralité de mes capacités intellectuelles à néant. Malheureux ! Je n'ai déjà que trois pauvres neurones qui se courent après, alors pas question de les endommager. Et je vous rassure, ils sont en parfait état, malgré de régulières maltraitances.

J'ai gardé quelques petites habitudes télévisuelles de cette période de visionnages tous azimuts. Je suis encore avec assiduité "La Nouvelle Star", parce qu'il y a parfois quelques candidats qui ont vraiment du talent et ceux qui n'en ont pas me font mourir de rire, "Pekin Express" avec la même fréquence, "Star Academy" un peu moins régulièrement. Pour le reste, il m'arrive de "tomber dessus" mais je ne cherche pas à les voir à toutes fins.

La télé-réalité fait souvent l'objet de critiques assassines. La plupart du temps, ces critiques viennent d'une population dite "d'intellectuels". Je ne me considère ni comme étant une intellectuelle, ni comme étant une abrutie finie. Certains programmes, parce que plus trash et à l'intérêt incertain méritent ces critiques. D'autres ont le mérite de me détendre et de me faire passer, parfois, un bon moment. Je ne cherche pas la même chose en regardant un bon film ou un bon documentaire. Il m'arrive aussi de me détendre en regardant une comédie romantique à l'eau de rose un peu niaise, parce que cette légèreté me permet de planer quelques minutes. En clair, je suis bon public.

Et vous, vous regardez ces émissions ?

mercredi 4 juin 2008

Sois Butch et tais toi !

Vous connaissez Zeste ? Non ? Bon... Vous me faîtes mal là. Dans nos liens, vous verrez les blogs que nous visitons quotidiennement. Et il y a quelques jours, chez Zeste, j'ai lu ça. Après avoir lu chez l'emmerdeuse qu'Amélie Nothomb avait des symptômes flagrant d'autisme, ce qui vous en conviendrez, est une énorme connerie. Amélie Nothomb a juste du talent et un certain sens aiguisé de la communication qui la rend théâtrale. Que ça déplaise à certains me plait. Mais je t'aime quand même l'Emmerdeuse, hein. Avec un nom pareil, faut pas que ça te surprenne que, parfois, tu m'emmerdes...
Bref, revenons à Zeste et son homosexualité discrète, voire selon ses dires, invisible. Forrest Gump aurait pu dire : "n'est visible que la visibilité" (tu vois que je t'aime l'emmerdeuse), mais le Petit Prince nous avait déjà servis depuis un bail : "on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Ca, c'est ce qui s'appelle avoir le sens de la phrase concise, ou comment vous dire en deux phrases qui se payent le luxe du point et non de la virgule, ce que j'aurais pu vous dire en, allez, au moins vingt pages. Ca calme.

J'ai bien commencé par répondre directement dans ses commentaires. Chéris commentaires. D'ailleurs, j'en appelle au peuple, vous pouvez faire ça ici aussi, laisser plein de commentaires, on vous aimera encore plus. Puis, les mots venant, la réponse prenant corps, je me suis rapidement sentie dans l'obligation d'écrire ma réponse ici. Parce que Zeste, elle se serait peut être un peu fâchée que je laisse un commentaire aussi long. Parce que, bon, c'est chez elle quand même, je vais pas m'incruster aussi lamentablement. Donc, commentaire dithyrambique, rentre chez toi MaBique !

Ce que je fais.

Too butch or not too butch, that is the question ? Oui, très chère Zeste, si tu te plains d'avoir pu paraitre hétéro pendant tant d'années, je te répondrais que pour ma part, ma butch'ittude a eu parfois un arrière gout plutôt aigre.

Certains de mes amis m'appellent tendrement la "Butch", quelques potes "ma butch d'amour" et rares sont ceux et celles qui se posent longtemps des questions sur ma prétendue homosexualité. En clair, ça se voit comme mon pif au milieu de mon visage de Butch.

Ado, j'avais la coupe de Polnareff et les lunettes rouges de Coluche. J'étais dopée au Biactol et amoureuse d'une fille. Je n'ai jamais réellement su si elle avait un problème d'odorat (essayez de mettre de l'eau précieuse et du Biactol sur un coton, aspirez et appelez immédiatement le centre anti-poison) ou un problème de vue, mais toujours est-il que je lui ai plu. Et paf ! Voilà que je sors avec la mono de la colo et que je m'envole pour trois ans d'amour auxquels j'ai mis fin, par peur. Attends, j'avais dix huit ans, elle me parlait de vie à deux, d'avenir, j'ai flippé moi. Oui, c'est pas bien. Mais non, je ne regrette rien. Je ne jouais ni la butch, ni la fem, ni la lesbienne, je jouais moi. Mais, faut dire vrai, aucun gars ne m'a draguée, alors que les filles... Pouh... Je ne réalisais pas que si elles me draguaient, c'est parce que j'avais l'air d'en être. Je m'imaginais juste qu'elles avaient du culot. Qui plus est, ce n'était pas pour me déplaire.

Je suis rentrée à la fac. Et par la même occasion, je suis rentrée à la vie. Et là, j'ai connu plein de filles. Et de matelas. A l'époque, j'aurais pu bosser pour comme testeuse pour Dunlopillo, j'aurais fait fortune ! Je réussissais à me faire accoster partout, le métro, les bistros, les musées, les salles de théâtre... Pas besoin de présenter le pass goudou, j'étais repérée. Nonobstant, en ces temps perdus, j'avais les cheveux très longs... et frisés ! Comme quoi...

Les années ont passé. Je me suis posée. Mais pas moyen de me faufiler discrètement, bon il faut dire aussi, que sans le faire exprès, j'aimais bien ce look légèrement androgyne, avec keffier, borsalino gris, cravate et jean noir trèèèès large, dans lequel je me noyais. Ben ouais, pour ceux et celles qui me connaissent, ça va vous surprendre, mais j'ai pesé 34 kilos de mes 15 à mes 25 ans.

Puis, un matin, je me suis réveillé en me disant "bordel, mais assume !" et j'ai fait couper mes cheveux trèèèès courts. Bien dégagé derrière les oreilles. Les filles me regardaient bizarrement, je leur répondais d'un sourire, l'oeil s'allumait, j'élargissais mes zygomatiques (bon, pas trop, parce que je commençais déjà un traitement qui colorait sombrement mes dents...), bref, je me la pétais goudou. Ridicule ? ouais, mais faut bien que jeunesse se passe, comme dirait la fermière.

J'ai eu une histoire avec une femme très conne, un an et demi avant de rencontrer la merveilleuse Kanou, qui trouvait que mes cheveux courts me donnaient un air trop masculin. A force de me faire crier dessus, j'ai fini par accepter de laisser à nouveau pousser...

Quand Kanou m'a rencontrée, je ressemblais à une vieille lesbienne tout droit sortie de la maison des femmes d'une fête de l'Huma des années 80. Pas certaine que ce soit ça qui lui ait le plus plu. Toujours est-il qu'elle m'a rapidement retrouvée les cheveux bien courts. Elle ne s'en ait jamais plaint. Et je vais vous surprendre, mais il ne faut pas se fier aux apparences, la plus Butch des deux, c'est ma femme !

Quand les gens me demande si j'ai quelqu'un dans ma vie, je réponds que oui. Et s'ils me demandent comment il s'appelle, je réponds qu'ELLE s'appelle Kanou.

Je me souviens d'ailleurs, d'un déjeuner avec Zezette et notre patron, pendant lequel, pour répondre aux questions, je n'ai, une fois de plus, pas menti et donc répondu que j'étais homo. Et ben, quelques jours plus tard, Zezette, elle m'a dit qu'elle le savait avant que je ne lui dise. Ca me poursuit, je vous dis, ça me poursuit.

Alors, très chère Zeste, je n'ai même pas eu besoin de skier, j'avais déjà atteint la ligne d'arrivée avant de chausser le surf !

Ouais. Sois butch et tais toi.

dimanche 1 juin 2008

1500 m, je crache ton nom...

Vous n'êtes pas sans savoir que j'ai passé la barre des écrits du concours de prof des écoles.
Du coup, je prépare passe les oraux jusqu'à la fin du mois de juin.
Enfin, les oraux... il y a aussi l'épreuve pratique d'EPS (Education Physique et Sportive pour les non-bilingues IUFM)(Institut Universitaire de Formation des Maîtres).
Entre la danse et le 1500 m, mon choix s'est imposé de lui-même : je ne danse pas. Même pas je laisse exprimer mon corps... même pas dans un salon... à part peut-être la valse, mais seulement à Vienne, et en robe du soir (si si, c'est arrivé... il y a 15 ans !).
L'an dernier, en plus de mes entraînements de hand, je me suis préparée à cette course à peu près 15 jours avant. Parce que bon... le 1500 m, ça ne s'improvise pas. Et vu que je n'avais pas fait ça depuis la terminale, il fallait que je me remette la piste d'athlé dans l'oeil... 400 m. Ca parait court, comme ça, mais à fond, ça fait mal... surtout quand tu dois tourner pendant 3 tours 3/4... en 8' pour avoir la moyenne, 5/10.
L'an dernier, donc, j'ai mis 8'30... 4/10.
Forte de cette expérience, j'ai décidé cette année de ne pas trop user mes petites guiboles, et de ne tenter le 1500 m en 8' que le jour J. Alors je me suis entrainée un peu grâce au hand, en travaillant un peu l'endurance, un peu les accélérations. Quand même, j'ai une petite condition physique ! Je ne suis pas suicidaire (je rajoute ça, car je ne conseille à PERSONNE de faire ça sans aucune préparation, c'est un coup à se faire vraiment très mal, au cœur, aux muscles, aux articulations, aux poumons. Pas de préparation = DANGER. Qu'on se le dise : faites ce que je dis, mais pas ce que je fais).
C'était vendredi. Convocation à 10h.
Et je peux vous dire que j'en ai chié.
Après un squat aux chiottes qui m'a fait louper l'appel au micro de mon nom... "rôôô... ch'suis au cabinet !!", je suis enfin entrée dans l'aire d'échauffement avec mon petit dossard jaune avec mon numéro dessus, tendant fébrilement mon certificat médical d'aptitude et ma carte d'identité à la belle l'examinatrice.
Quadriceps, isquiaux, mollets, chevilles, bassin... le réveil musculaire me fait transpirer... quoi, déjà ? Quelques longueurs me font penser que je n'aurais pas du me fumer ces 3 clopes sur le trajet... ou que j'aurais du prendre une ou deux taffes de ventoline. Ben quoi ? Il n'y a pas encore de contrôle anti-dopage pour cette épreuve ! Après une enquête discrète auprès des collègues des ma vague jaune, je repère 2-3 minettes qui vont me servir de lièvre... stratégie oblige, elles courent le 1500 m en 7'-7'30. En les suivant, et en contrôlant ma VMA (valeur maximale anaérobie... c'est la limite à ne pas dépasser pour ne pas se cramer les muscles en les abreuvant d'acide lactique, résidu du fonctionnement sans oxygène des muscles. Si il y a des spécialistes dans la salle, qu'ils se manifestent si je me trompe) optimale sur mon petit chrono, ça devrait le faire.
Chrono en main, 2 m en retrait de la ligne de départ... à vos marques, truuuuuut, partez !
Des petits culs musclés en ligne de mire, qui partent vite... très vite... trop vite pour moi ! Nan mais arrêtez, vous allez vous crâmer les filles... moi aussi, eh oh... c'est pas ça que j'avais prévu, me suis-je dit en mon for intérieur. En mon for extérieur, c'était plutôt "j'aurai du re-passer aux chiottes tout à l'heure". Deux foulées en inspirant, trois en expirant, histoire de bien ventiler... rheuuuu... 2'17... trop lent. Je recale mon rythme et allonge la foulée à la fin du 1er tour... trois foulées en inspirant, quatre en expirant.
A la fin du 2ème tour, je n'ai toujours pas réussi à rattraper mon retard. Il commence à faire chaud, et la bouche est sèche... une petite mousse serait la bienvenue. Je me motive pour ne pas ralentir en pensant à Jésus à ma résistance physique pendant mon dernier match de hand "si j'ai pu courir pendant une heure, je peux bien m'arracher pendant 10 minutes", "allez fais-toi mal un peu... t'auras tout le temps de te reposer dans 5 minutes", "t'avais qu'à t'entraîner si tu voulais moins souffrir... maintenant tu la boucles et tu cours". Ouais... j'ai besoin d'être vexée pour avoir vraiment la niac... on se motive comme on peut !
Toujours stratégie oblige, il faut que je place une accélération... le tout est de savoir où, et quand. Je décide de lâcher les chevaux sur les derniers 400 m... alors pas un sprint, hein, j'ai déjà 1 km dans les pattes à une vitesse moyenne de 10-11 km/h. Je remonte 3-4 nanas qui étaient parties trop vite... je sais, c'est mal, mais je n'ai pas pu m'empêcher de me la péter un peu en les doublant, l'allure altière, genre pas du tout cramoisie.
Dernier virage, à la corde (en faisant bien gaffe de pas se tordre une cheville sur les petits plots...), et là, les derniers 100 m. Je lâche tout... quasiment en apnée car complètement cuite, la bave aux lèvres, le visage plus écarlate que jamais. C'est là que tout l'acide lactique se forme... moins on ventile, plus il y a un fonctionnement anaérobie (sans oxygène) des muscles... plus les jambes sont lourdes, plus ça fait mal... après.
Je passe la ligne : 8'30. Je suis régulière. Mais ça, c'est fait.

Bon... sur le moment, c'est vrai que ça m'a fait mal. Mais une fois que c'est fini, je dois avouer qu'une fois que le corps a repris sa température normale, cet effort ne laisse pas de trace. Sauf l'acide lactique. C'est le lendemain, samedi matin, que j'ai bien senti que j'avais fait un truc la veille. L'échauffement avant mon match de hand pour l'avant-dernière journée du championnat fut difficile... le match encore plus, mais je me suis régalée... 7 buts personnels sur 31, plusieurs passes décisives... même MaB ne s'est pas endormie !

Moralité : si je n'ai pas le concours cette année, l'an prochain, il faut que je trouve un truc pour zapper cette épreuve... comme être enceinte, par exemple !