dimanche 30 mai 2010

L'après-midi du grand soir, round 2

La semaine dernière, avec les collègues représentants syndicaux, nous avions décidé de boycotter la CCP des personnels de surveillance et d'encadrement des élèves pour protester contre le foutage de gueule du rectorat à l'égard de notre catégorie de personnels.
S'en est suivi un fameux communiqué à la presse.
Puis une intervention en Comité Technique Paritaire Académique (comité compétent pour les questions intéressant l'organisation des services administratifs et des établissements d'enseignement et de formation des premier et second degrés) spécial "moyens des Vies Scolaires" quelques jours plus tard par les représentants syndicaux dénonçant le clientélisme des chefs d'établissements dans le recrutement de ces personnels et la précarisation de plus en plus forte assumée par l'Académie.
Le Recteur a moyennement apprécié l'attaque, surtout sur le "clientélisme". Devant les représentants syndicaux, il a soutenu son Directeur Régional des Ressources Humaines.
Mais en interne, ça a du chauffer dans les bermudas...

Deux jours après, une nouvelle CCP était convoquée.
Avec la DRRH-adjointe comme présidente de séance.
Je crois que nous aurions pu l'embrasser après cette longue... très longue commission, de presque 4h.
Alors que nous nous attendions à une guerre ouverte avec le DRRH, d'habitude odieux, l'ambiance était détendue, propice au dialogue et à l'échange.
Nous avons réussi à faire éviter le licenciement pour faute grave à 2 assistants d'éducation sur 3 (parfois, il est difficile de défendre l'indéfendable, surtout lorsque l'AED torpille chaque argument avancé en sa faveur...), en proposant d'autres sanctions à l'administration et aux chefs d'établissement.

Nous avons cru rêver de voir ce changement d'attitude.
Et puis, sur la fin de la commission, le DRRH est venu nous rendre une petite visite de courtoisie.
Tout penaud qu'il était, il voulait répondre à notre communiqué de presse.
Le Recteur avait décidé d'accéder à une partie de nos revendications : fin des contrats de 6 mois proposés en début d'année scolaire, application pleine et entière des circulaires (crédits d'heures pour formation et autorisations d'absence sans récupération pour examens et concours notamment), régularisation des situations liées au non-respect de l'ancienneté, rédaction d'un vademecum sur les droits et devoirs des assistants d'éducation à la destination des représentants et des chefs d'établissement.
En gros, la plupart des points que nous réclamions depuis un an que la CCP existe.
Tout cela sera acté d'ici la fin du mois de juin, engagement du Recteur lui-même.
Nous jubilions.

D'autant plus que dorénavant, ce n'est plus ce gros con malotru qui présidera les séances, mais son adjointe.
Le 8 juin, prochaine commission.
La DRRH-adjointe apporte des chocolats !

mardi 25 mai 2010

Sept nuits par semaine...

... c'est sa peau contre ma peau , et je suis avec elle,
et sept nuits par semaine mais bon dieu, qu'elle est belle...


Ouais. Sauf que ça ne suffit pas.

Je me demande comment réussir à caser toutes mes occupations pré-nocturnes, après mes journées ultra chargées (pour une nana entrant dans son 7è mois de grossesse... je ne suis pas non plus une de ces working-girl-no-life en tailleur pantalon !), entre le collège (avec tout de même une réduction de mon temps de travail d'une heure par jour depuis début mars), les permanences syndicales, les conseils de discipline et/ou conseils d'administration, les réunions d'équipe syndicale et/ou assemblées générales, les séances de préparation à la naissance chez la sage-femme avec MaB, les consultations mensuelles à la maternité, les prises de sang et prélèvements en tout genre... plus les quelques séquelles de l'hépatite qui me fatiguent encore un peu, avec les nausées qui vont avec.

Et bien le soir, je dois jongler entre :
- la bagatelle, parce que bon, quand même, hein !
- les exercices d'haptonomie, pour faire coucou à notre fils et lui montrer que tout seul comme un grand, il peut éviter de dribbler dans ma vessie ou dans mon estomac, ou de se poser en travers, comme dans un hamac... à 25 cm, ça passait, mais là, à quasi 1kg et 35 cm, ça tire un peu sur les côtés !
- les soirées militantes, pour préparer des réunions, rédiger des compte-rendus ou des communiqués de presse.
- les soirées avec les potes ou la famille sisi, pour garder une vie sociale.
- les soirées glandouille, qui restent nécessaires après ces journées de folie... plateaux télé ou Sudoku-mots fléchés-bouquin, au choix.
- les soirées pour refaire le monde à deux ou bien chercher les meilleurs occasions sur le matériel de puériculture (ça nous a pris pas mal de temps, mais maintenant, nous sommes plutôt rodées avec MaB).
- alimenter le blog, même si tu remarqueras que je ne suis pas très assidue ces derniers mois.
- les soirées en extérieur, matchs de hand pour encourager les copines ou soirées gamer chez les potes.

Comment te dire... il ne manque pas des jours dans la semaine, là ?
Du coup, il y a des semaines où je suis obligée de faire une petite sélection, et donc forcément, délaisser certaines activités.
Sauras-tu trouver lesquelles ?

Je n'ose imaginer lorsque Sapinou sera là (dans 3 mois maintenant, peut-être moins, étant donné son grand format). Même si je vais lever le pied.
Je ne vais reprendre le travail qu'en janvier 2011, enchainant mon congé de maternité à partir de mi juillet et la récupération de mes congés payés de cet été. Six mois sans travailler, ça va me faire bizarre !
Je ne vais pas reprendre de décharge l'an prochain, mais je vais continuer à faire partie de l'équipe syndicale et honorer ma dernière année de commissaire paritaire.

Il va falloir que je case aussi ma préparation au concours...
Oui. Parce que cette année, j'ai un peu fait l'impasse.
Entre l'hépatite, la double fracture de MaB et la grossesse, je me suis dit que j'allais, pour une fois, être raisonnable. D'autant que je n'ai pas vraiment de pression, puisque j'ai déjà l'équivalent d'un master 2, et que je ne me fais pas de souci pour trouver un contrat dans l'Éducation Nationale, comme CPE ou prof à l'année, après ma dernière année d'assistante d'éducation.
Je passerai donc les écrits nouvelle version fin septembre, et les oraux au mois de juin 2011.
Tant pis pour la dispense d'EPS que j'aurais pu avoir cette année !!

Vais-je réussir à tenir le rythme ?

samedi 22 mai 2010

L'après-midi du grand soir

Ouais bah on s'éclate comme on peut, hein !

Toujours est-il qu'hier, la Commission Consultative Paritaire des personnels non-titulaires de Surveillance et d'Accompagnement des Élèves (c'est un peu pompeux pour un truc qui ne sert pas à grand chose, à part valider des licenciements d'assistants d'éducation et d'auxiliaires de vie scolaire) de l'Académie de Créteil devait se réunir au Rectorat.
Bref, avec les autres représentants syndicaux, nous étions convoqués.
Comme d'habitude, nous nous sommes concertés pour ajouter des questions/revendications à l'ordre du jour, et accessoirement, rédiger une petite déclaration un peu provocatrice à faire en début de séance et à faire apparaître sur le procès-verbal.

Et en discutant, nous nous sommes rendus compte que les engagements pris par l'administration, le Rectorat, donc, n'avaient pas été tenus. Pire encore, elle revenait sur ces décisions, de façon unilatérale, sans aucune justification. Et la timbale du pompom, ces mêmes services invoquaient un flou dans les textes, laissant le champ libre à des chefs d'établissements tout puissants, et surtout, au final, l'administration ne répondait même plus à nos requêtes.

Du coup, depuis la création de cette commission, les conditions de travail des assistants d'éducation en se sont pas améliorées, elles se sont empirées :
- des contrats de 6 mois éventuellement renouvelables, au lieu de contrats de 3 ans maximum, renouvelables 1 fois... autant dire des périodes d'essai de 6 mois... scandaleux ;
- un non-respect d'une circulaire autorisant les absences pour examens et concours sans récupération ;
- une non prise en compte de l'ancienneté des assistants d'éducation pour le calcul de leurs droits, notamment en cas de congés de maladie... ce qui fait qu'à chaque nouvelle signature de contrat, l'ancienneté repart de zéro dans le logiciel de gestion des paies... inadmissible ;
- une situation de sous-effectif dans les vies scolaires, à laquelle le Rectorat répond en mettant des contrats aidés, d'une durée de 2 ans maximum, 20h par semaine payées 632€, sans conditions de diplôme, et surtout, sans création de postes... la sur-précarité pour aider la précarité.

C'en était trop.
Nous avons décidé de ne pas siéger à cette commission pour protester. Et qui dit ne pas siéger", dit "quorum non atteint", dit "CCP repoussée".
Mouhahaha.
Nous avons prévenu le Rectorat autour des 15h, 30 min après le début prévu de la commission, par un communiqué de presse intersyndical (ici ou , en fonction des tendances de chacunE).

Le président, et les autres membres de l'administration, qui s'étaient déplacés pour rien, étaient très colère, tu penses bien !!
Même que la secrétaire de la Division des Personnels Enseignants (DPE) a essayé de me joindre... sauf qu'elle est tellement maline, qu'elle a appelé chez ma mère parce qu'elle n'a pas été fichue de mettre à jour sa base de données depuis 2003 (du temps où je suis entrée dans l'Education Nationale, juste avant de partir de chez mon pôpa et ma môman). Ma mère s'est fait engueuler à ma place...
- Madame Kanou ?
- Oui, c'est moi. (ma mère et moi, nous avons le même nom, et surtout, la Madame, ça reste encore ma mère, vu que je ne suis pas mariée)
- Vous avez oublié qu'il y avait une CCP ? On vous attend depuis 15 min... blablabla... pas contente, agressive, à la limite de l'hystérie.
- Euh... ma mère, qui venait de finir l'apéro en terrasse avec un pote à elle, a mis un peu de temps à percuter... ah non, je suis sa maman.
- (toujours très agressive) Ah, euh, et elle n'est pas là ?
- (hilare) Et bien écoutez, maintenant, c'est une grande fille, elle ne vit plus à la maison depuis un petit bout de temps !
- (complètement survoltée) Elle est dans son établissement, alors ???
- Bon, maintenant, ça suffit, je n'en sais rien, elle n'habite pas ici, je ne sais pas où elle est, vous faites erreur, merci, au revoir.
- ...

Ma mère, par acquis de conscience, a tout de même appelé à la maison pour tomber sur MaB, et être rassurée : non, ni l'une ni l'autre n'étions malades, tout était normal, et même prévu !
Le Rectorat a tout de même fini par réussir à me joindre sur mon portable, mais pas la secrétaire, la chef de la division, très aimable (avec une voix chaude et grave...la maturité de la cinquantaine... mmm...)(mais je m'égare, ce sont les hormones), qui m'a demandé pourquoi nous n'étions pas venus avec les autres représentants...
Au même moment, elle recevait le communiqué de presse. Elle a vite compris.
- Entre nous, vous auriez pu prévenir la commission avant, hein ! Cela aurait évité aux chefs d'établissements de se déplacer jusqu'au rectorat !
- Mais c'était justement le but de la manœuvre, pour protester contre le peu de cas que fait l'administration de nos revendications et de ses engagements !
- Je comprends (elle, elle s'en fout, elle n'est pas membre de la commission, elle s'occupe juste des convocations, donc elle est cool, on s'entend bien).

J'ai quand même poussé une petite gueulante par rapport au fait que ma mère ait été dérangée par une secrétaire qui ne s'était pas présentée et qui avait été extrêmement discourtoise.
Plates excuses de la voix chaude, qui m'a balancé le nom de cette connasse gougnafière.
A la prochaine CCP, ça va se savoir ! (vengeaaaaaaance) On ne parle pas comme ça aux personnels de l'Education Nationale, les plus précaires soient-ils. Je pense même que je vais faire intervenir mes instances syndicales pour dénoncer ce comportement totalement inapproprié et irrespectueux, aux allures d'intimidation, puisque je suis la seule représentante à avoir été contactée.

Bref.
Comme tu le vois, je m'éclate au syndicat !
J'attends juste la nouvelle convocation, à laquelle nous devrons impérativement nous rendre (je te passe les détails sur les histoires de quorum).
Je sens que ça sera sportif.
J'ai hâte !

En attendant, nous allons essayer de mobiliser autour de nous, histoire de ne pas nous retrouver complètement seuls lorsque la bataille sera lancée !

Assistants d'éducation de tous les bahuts, unissons-nous !

dimanche 9 mai 2010

R.I.P. Guru

Parce que ça n'a rien à voir avec la choucroute, je voulais te parler de mes premières découvertes hip-hopiques de quand je n'avais pas encore mué j'avais encore une ou deux cassettes de Mylène Farmer ou d'Elsa dans mon baladeur.
Je peux te dire que ce fut un choc.
Bon, en même temps, Mylène, ça n'était pas si cul-cul que ça en y repensant à tête plus mûre, du genre 20 ans après. Si j'avais été ma mère, je n'aurais peut-être pas acheté les cassettes.

Dee Nasty sur Nova et MC Solaar vs Assassin et NTM : pas le même style, mais la même famille... entre rap conscient et rap hardcore. Et puis la découverte des origines du Hip Hop avec la Zulu Nation d'Afrika Bambaataa.

Un jour, un pote m'a offert le premier volume de Jazzmatazz, album de rencontres avec d'autres artistes comme MC Solaar pour ne nommer que lui, sous la coupe de Guru aka Gifted Unlimited Rhymes Universal. Un mélange entre rap new yorkais et jazz... énorme.
J'ai du me racheter un cd tellement le premier avait tourné !


C'était en 1993.
Depuis, il y a eu 3 autres volumes, dont le dernier en 2007.








Il y a trois semaines, il a cassé sa pipe à 43 ans...
On va devoir encore se taper du rap bling-bling nombriliste un petit bout de temps avant le matin du grand soir de la renaissance du Hip Hop.

mercredi 5 mai 2010

Les femmes enceintes sont des grosses mythos

Ouais, carrément.

Des grosses mythos.

Depuis 6 mois je me prends la tête parce que je ne me sens pas si épanouie que ça dans ma grossesse, et en fait, depuis que j'arrive à parler de ce petit mal-être un peu autour de moi, et bien il s'avère que quasi tout le monde a un exemple de femme enceinte qui a vécu sa grossesse un peu comme moi...

Je n'ai pas les larmes aux yeux lorsque Sapinou me donne des coups dans le bidou soulève ma couenne.

Je ne fantasme pas sur toutes les fringues de naissance, ni sur les petits chaussons assortis.

Toutes les autres femmes enceintes ne sont pas forcément mes copines... conne on est, conne on reste, gravide ou non. J'en veux pour preuve cet après-midi à la maternité pour un rendez-vous de contrôle : une femme, enceinte ou non, peut être prête à tuer pour te passer devant. J'aurais du lui faire un croche-patte à c'te pouf, nan mais j'te jure !

Je ne trouve pas tous les cris d'enfants de moins d'un an adorables... même, j'ai envie de dire que je déteste presque les enfants des autres en général... à moins que ce soient leurs parents, j'hésite. Comme cette mère qui a laissé sa fille de 11 mois pousser des petits cris stridents pendant toute la réunion d'inscription à la crèche... puis qui l'a regardée en souriant lorsqu'elle a tenté un rebootage sauvage de l'ordinateur. En plus elle était pleine de cicatrices de boutons de varicelle... heureusement, je suis immunisée.

Je trouve un peu vraiment cul-cul toutes ces décos figuratives... poussins, oursons, girafons... alors qu'une bonne déco abstraite ferait si bon effet !

Et puis le pompom, c'est que la future mère ne se rend pas compte de ce qu'on peut lui faire acheter.
Du genre cette balle d'éveil. Des trous, des creux, des pleins. Ou comment éveiller l'enfant à faire ses premiers doigts se servir de ses doigts, de ses mains.

Avec MaB, on a trouvé que cette balle était quand même assez suggestive. Je crois qu'à chaque fois qu'on la verra, nous aurons ce petit rire nerveux que nous avons eu dans le grand magasin à la découverte de notre futur univers.
Un peu comme ces petits canards jaunes... ou noirs avec des plumes (ah non mon chéri, ça c'est le jouet de maman... hem). Cela dit, je ne me vois pas priver de cette fabuleuse découverte mon futur fils. Peut-être même, il en rira avec nous plus tard, lorsqu'il sera grand !

Bref, non seulement les femmes enceintes racontent des mythos, depuis des générations elles mentent à la planète entière sur le bien-être qui découle de leur gravidité, mais en plus elles sont d'une naïveté sans nom. A la limite de l'indécence, même.

Sinon, la seconde séance d'haptonomie m'a encore fait beaucoup de bien... mon ventre a encore pris d'un coup du volume en 24h. A ce rythme-là, au mois de juillet, je pourrai faire concurrence à la baleine à bosses de l'Atlantique Nord.