mardi 12 juillet 2011

Sapinou, MaB, l'allaitement et moi

Presque 11 mois d'allaitement, dont 4 avec un staphylocoque doré et 2 en bossant, ça se fête, non ?

Petit rappel du parcours (je te le dis tout de go : ça va parler nichons).

Après un accouchement un peu galère () qui s'est terminé en césarienne heureuse, première tétée à une heure de vie pour Sapinou, qui a su trouver le chemin presque tout seul.
La montée de lait s'est faite très rapidement (ici)... et en quantité largement suffisante. Du lait, beaucoup, tout le temps. Avec, dès le départ une douleur concentrée sur un seul sein, et dont personne n'a semblé se préoccuper sérieusement.
Après 2 mois d'engorgements chroniques et de douleurs, je suis finalement allée chez une consultante en lactation qui a enfin identifié le(s) problème(s) (souviens-toi, un staphylocoque doré)(et puis un réflexe d'éjection fort, et puis une hyper-lactation, et puis aussi un léger vasospasme lié au staphylocoque)(oui... un peu galère).
Mais c'était sans compter ma chance légendaire : le traitement antibiotique n'a pas agi suffisamment, et le staphylocoque s'est enkysté (, grosse angoisse).
Ponction... diagnostic : abcès mammaire. Re-traitement antibiotique, mais inefficace, puisque le staphylocoque s'était planqué dans une coque, elle-même enfermée dans une autre coque formée par mon propre corps pour éviter la propagation, genre si ça avait explosé, c'était la scepticémie.
Au final, hospitalisation en urgence juste avant les 4 mois de Sapinou, pendant une semaine, histoire de nettoyer un peu la glande mammaire de cet abcès douloureux (ici).

Pendant tout ce temps, j'ai continué l'allaitement, dans les larmes et les douleurs... je crois que ce qui me faisait tenir, c'étaient les courbes de poids et de taille de mon fils, qui poussait comme un champignon, tout épanoui qu'il était de cette vie auprès de ses mamans.

A mon retour de l'hôpital, j'ai continué, malgré les réticences de mon chirurgien qui avait peur d'une récidive de l'infection (j'en parle un peu par ). J'ai pris toutes les précautions nécessaires autour de la cicatrisation de mon sein opéré : j'ai tiré mon lait 3 fois par jour pour le donner à Sapinou au biberon (enfin surtout MaB), et sevré la tétée de midi sur les 2 seins avec un biberon de lait en poudre (pour réduire ma production laitière et limiter ainsi les possibles engorgements au moment de ma reprise du boulot). J'ai même commencé la diversification 1 mois plus tôt que prévu (genre 5 mois au lieu de 6, t'emballe pas) (quitte à lui filer du lait de vache en poudre, autant lui faire goûter de la compote de pommes maison et de la purée de courgettes, hein).

Et puis, une fois que la cicatrisation fut belle et bien terminée, et la douleur moins vive (ici), je me suis dit que peut-être je pourrais remettre Sapinou au sein opéré... tout doucement, sans trop stimuler, juste histoire d'éviter de galérer à tirer mon lait alors qu'une pompe naturelle et ultra-efficace était à portée de téton.
J'ai fait ça petit à petit, progressivement, la peur au ventre, même si j'avais l'appui de ma consultante en lactation...
D'abord, comme un dessert, après le sein-sain et le biberon, histoire que Sapinou tète en douceur (Quoi ? J't'avais pas dit que Sapinou était un vorace-goulu ?)...
Puis avant le biberon, en réduisant les doses de lait en poudre en fonction de ce qu'il restait à chaque tétée...
Puis carrément à la place du biberon pour certaines tétées (sauf celle du soir, je continue de compléter par un bib de lait en poudre)(mais à la limite, je ne suis même pas sûre de ce qu'il se passerait si je retirais le biberon de complément... peut-être que Sapinou se réveillerait pendant la nuit pour réclamer son du ?).

Sapinou a commencé à prendre un repas complet le midi autour de ses 8 mois, donc plus de biberon de lait en poudre. C'est à ce moment là que j'ai commencé à constituer mes stocks de lait en prévision de ma reprise du travail... le tire-lait a bien chauffé et le congélateur s'est peu à peu rempli. J'ai repris le travail, non sans mal, en supprimant la tétée du goûter les jours de boulot (vite fait, ici). Je ne te raconte pas les obus le soir la première semaine, mais ça s'est vite régulé. J'ai même réussi à faire des trucs toute seule le soir, en tirant mon lait avant de sortir guincher/réunionner/geeker.

Après un mois de boulot, ça m'a un peu saoulé de tirer mon lait le matin, après la tétée, surtout pour 30 pauvres millilitres maxi, aussi parce que ça me mettait un peu en retard. Du coup, Sapinou a eu le droit à une petite tétouille avant mon départ... moins galère (pas de vaisselle), un câlin, de l'apaisement (surtout pour moi, peut-être)(sûrement)(mais aussi pour Sapinou, hein). Un peu comme lorsque je ne bosse pas, vu qu'il a droit à une petite tétée de matinée, après la sieste du matin (ce qui lui permet de tenir au moins jusqu'à midi, et pas 11h15 à hurler de faim).
Et puis j'ai rendu mon tire-lait électrique-magique-qu'on-dirait-presque-une-bouche-de-bébé (ici)... comme la fin d'une période.

Aujourd'hui, à l'aube de mes vacances, au bout de presque 11 mois, je peux enfin dire que j'ai un allaitement paisible, qui coule de source, qui me, qui nous convient, à tous les 3, MaB, Sapinou et moi.
Ça, c'est pour le côté parcours personnel, intime.

Parce qu'à côté, il y a tout le côté public, social. Même s'il n'y a guère que la tétée du goûter que je peux faire en public (disons que j'ai un peu de mal à descendre au parc en pyjama avec mon Sapinou sous le bras à 7h du matin, hein !), j'entends pas mal de réflexions sur l'allaitement soit disant tardif de mon fils de presqu'un an.
Quoi ? 10 mois ? Tu l'allaites encooooore ? (Quoi ? 40 ans ? Toujours aussi coooooonne ?)
Lorsque cela s'arrête là, ça me va.
Mais lorsque la personne s'empresse de rajouter "C'est pas contre toi, hein, mais je trouve ça malsain..." ou bien "Ça va en faire un fils à maman...", je préfère ne pas répondre, sinon, ça pourrait faire des étincelles.
Est-ce que je me permets de faire des réflexions sur le fait que ton môme ne fasse pas ses nuits alors qu'il est au biberon ? Ou qu'il ait besoin d'une tétine pour satisfaire son besoin de succion ? Ou qu'il ait besoin de se taper de la farine le soir pour soit-disant satisfaire son appétit ?
Je ne porte pas de jugement sur les choix (sont-ils d'ailleurs éclairés ces choix ?) des mamans qui n'allaitent pas, même si je pense qu'allaiter est la plus normale des façons de nourrir son petit, et que le lait humain sera toujours supérieur en qualité à du lait en poudre (sauf cas médicaux d'intolérance ou autre).
Allaiter ou non un enfant n'influe pas sur ses carences affectives, ni sur sa prise d'indépendance... choisir de donner son lait n'a rien à voir avec l'éducation et l'amour que l'on donne à ses enfants.
J'ai choisi de donner mon lait, et de le faire au sein. Je trouve ça plus pratique.
Même, ça ne m'empêche pas de consommer ni des feuilles magiques, ni de l'alcool. Tout est une question de modération, et de moment (du genre, éviter juste avant la tétée, de se mettre misère)(ce qui passe dans le lait est de l'ordre de 1%, et toutes les molécules ne passent pas dans le lait)(la morphine, par exemple, ne passe pas dans le lait).
Et puis, sur les 15 kilos pris pendant ma grossesse (9 mois et 2 jours), j'en ai perdu presque 18-19. Voilà, ça te détend. Surtout que je bouffe comme une ogresse (faut bien que je le fabrique quelque part le lait, hein !).
Ce choix entre aussi dans mon optique de maternage. Je fais confiance à mon fils, dans ses heures de coucher ou de téter, et il nous le rend bien ! (il chie à heure ultra-fixe, par exemple... 13h02... pas 1 ni 3)

Donc, je compte allaiter mon fils autant de temps qu'il faudra, autant de temps que Sapinou voudra, autant de temps que je le pourrais, autant de temps que MaB le supportera, autant de temps que ça nous conviendra à tous les 3. Surtout après la gastro carabinée que nous venons de traverser, Sapinou et moi... sans l'allaitement, il aurait été quasi-obligé de faire un tour par la case urgences pour éviter la déshydratation.

Et si c'est jusqu'à 2 ans, et ben... ça sera jusqu'à 2 ans, et je t'emmerde pis c'est tout !

mardi 5 juillet 2011

La fin...

Lui et moi, c'est fini.
Après 6 mois et demi de chaleur et de complicité, nous nous quittons.
Tel un vieux compagnon de route, il m'a accompagné dans les moments difficiles comme dans les joies.
Mais nos routes se séparent ici. D'autant plus qu'il n'aurait pas tenu dans le coffre de la voiture.

De qui ? De quoi ?

De ma Rolls Royce des nibards, de ma trayeuse, de mon tire-lait électrique, quoi !



En six mois, je suis passée de 5 utilisations par jour, en simple ou double pompage, à une seule, voire aucune (lorsque je suis trop crevée, que j'ai trop festoyé ou que Sapinou s'est réveillé pour tétouiller vers 22h)(ça arrive de temps à autre, surtout avec les poussées dentaires). Et vu que j'ai choisi le modèle "best for my boobs", ça coûte un peu un bras la location, alors que la sécu ne rembourse que l'équivalent d'une trayeuse pour vache en termes de confort. Donc pour tirer 60-80 ml par jour, un tire-lait manuel (dont je suis déjà équipée)(poils aux nénés) fera très bien l'affaire.

Ça va me faire tout drôle... lui et moi, on avait commencé à s'apprivoiser.
Au début, j'étais tellement dans le coaltar à chaque traite que je galérais pour faire les sudoku de closer.
Et puis j'ai mieux dormi et j'ai guéri de mon abcès, du coup, j'ai terminé le cahier de mots croisés acheté pour la maternité, à la naissance de Sapinou (je ne sais pas ce que je m'étais imaginé... que j'allais m'ennuyer entre 2 tétées, une couche au méconium et 3 visites...).
Enfin, j'ai eu envie de lire. Re-lire. Des romans, des nouvelles... des livres. De la littérature.

Autant les tétées sont des moments de totale fusion avec son enfant (même si ça ne m'empêche pas de mâter la télé avec les sous-titres pour les sourds)(sinon, Sapinou, le bruit, ça le déconcentre), autant les séances de traite m'ont permis de me retrouver. Seule pendant 20-30 minutes. 30 minutes pour penser, réfléchir, se poser.

A partir de mercredi, c'est allaitement sans filet. Ça ne va pas poser de problème, mais cette machine en était devenue rassurante face à la peur, prégnante, de revivre et subir d'autres engorgements.
Je vais faire le test du tire-lait manuel quasi-quotidien pendant les vacances. Peut-être que je serais nostalgique, et que je me laisserais tenter par un tire-lait électrique de poche à la rentrée (une vraie geek des tire-lait...), qui sait ?

Prochaine étape : le sevrage. Mais là, je laisse le soin à Sapinou d'en décider !

dimanche 3 juillet 2011

Avatar

Parce que c'est bientôt la fin, je vais m'empresser de te raconter les dernières anecdotes de ma vie trépidante de pionne.
Oui.
Ça n'est pas parce qu'en plus de la reprise du boulot, des tétées, des machines et des promenades au parc, je me suis dit que j'allais recommencer à lire un peu (les histoires niaiseuses de Patapon le chaton, ça va un temps... à un moment, on aspire à une littérature plus élaborée)(et encore, je n'ai pas repris le hand, ni les réunions syndicales), qu'il ne se passe rien au collège. Loin de là.

Lorsque j'ai remis les pieds au collège, quelle ne fut pas ma surprise lorsque mon gaydar s'est mis à émettre des signaux tel un compteur geiger à Fukushima : une nouvelle surveillante, à peu près un quart de siècle, athlétique, footballeuse, les ongles courts, un petit cul à tomber.
Nom de code : Avatar (c'est le surnom que les élèves de sixième lui ont donné).
Je n'ai pas tout de suite joué carte sur table... peut-être bien qu'on allait se reconnaître, comme ça, d'un seul coup d'oeil ? Je lui ai juste proposé d'animer le club foot avec moi (si ça, ça n'est pas une perche...).
Bon.
Là, elle a sorti un portable Hello Kitty.
Gros doute.
Grosse remise en question.

Ensuite, j'ai bien vu qu'elle lançait des sujets de conversations "orientés"... le tennis féminin, le foot féminin, le niveau technique... pouf, les insultes homophobes contre un prof du collège, la sexualité, les clichés... des grosses perches, quoi.
Et là, au début de la semaine, à 3 jours de la fin, alors que nous étions en binôme de surveillance de couloirs pour le brevet, elle me demande si elle peut me poser une question personnelle... très personnelle... très, très, très personnelle...
- Vas-y, pose toujours, on verra bien !
- Tu es lesbienne ?
- Bah... oui, hein !
- Nan parce que je t'ai vu à Bastille, à la Gay Pride, avec ton fils et ta compagne.
- Ah, donc toi aussi !
- Héhé !

Petits regards entendus.
Le sentiment d'être moins seule.
Mais surtout le même constat : les autres collègues surveillants seraient incapables de comprendre... trop étriqués d'esprit. Pour eux, l'homosexualité n'est pas normale, et ne devrait pas exister. Comme ça, c'est dit. Tellement le nez dans le guidon de l'obscurantisme qu'ils n'en voient pas l'essentiel : l'amour (oui, c'est ambiance bisounours... "bambi will never die"... j'y peux rien, c'est hormonal... l'allaitement long, tout ça).

Du coup, j'ai demandé à Avatar ce qu'elle pensait d'Elle, de la Principale (si, souviens-toi, la quête, tout ça).
Pour elle, aucun doute possible.
En plus, la rumeur dirait qu'Elle couche avec une responsable du centre d'apprentis voisin... et dire qu'Elle part à la retraite. Presque ça me rend nostalgique... presque.
Je vais peut-être garder son mail... j'lui enverrai une invit' pour la prochaine Marche des Fiertés !

Z'êtes-vous contents mes petits lecteurs ? Encore un enquête élucidée !!
L'an prochain, si vous êtes sages, et si j'ai un poste en septembre, je vous ferai découvrir une nouvelle salle des profs et une nouvelle fonction : prof en collège.
Et ça, ça promet des anecdotes en perspective !