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jeudi 14 janvier 2010

Wonder woman

Depuis que je sais que bébé est dans la place (là, bien au chaud, calé sous le bidon de ma femme), je me pose à peu près un milliard de questions par jour auxquelles je n'ai, évidemment, aucune réponse. Enfin, si. J'ai quand même quelques sursauts de clairvoyance qui me donnent un semblant de piste. Pour certaines. Les plus simples en fait. Les plus complexes le restent, complexes. Il y a bien internet et ses nombreux forums ou blogs traitant d'homoparentalité qui pourraient éclairer ma lanterne. Mais, au delà des réponses, ils suscitent de nouvelles questions : pourquoi cette différence tant marquée entre les deux mamans ? Pourquoi souligner tant, ne serait-ce que par le vocabulaire, la maman sociale et la maman biologique ? Les deux n'ont elles pas un rôle aussi important ? Bref, certaines nuances m'échappent encore.

Mais, bon, je me rassure en me disant que je ne suis pas en mesure de TOUT comprendre.

Par exemple, il y a quelques jours, nous avons regardé un film. "Louise - Michel". Louise Michel, ça vous parle ? Non ? Bon, un petit lien... Et, je vous passe les détails, mais La dame en question est une des personnes qui ont marqué (et bouleversé) l'histoire, selon ma femme. Comme André Léo, Rol Tanguy ou Jean Moulin, pour ne citer que ceux là. J'y ajouterais volontiers Simone Weil qui a remonté les manches de sa robe rideau de grand-mère Diva pour faire voter l'IVG, Badinter qui a réussi à faire abolir la peine de mort. Bref... Si on devait lister les quelques grandes âmes qui ont humanisé la planète, on en finirait pas et là n'est pas le propos.

Donc, "Louise - Michel". Ben, j'ai rien compris. Enfin, si, j'ai bien compris le message qui dit clairement que nous vivons dans une société qui a un système économique de merde et qu'il faut se débarrasser au plus vite de ces pourritures qui délocalisent à mort en privilégiant leur portefeuille au dépend de pauvres travailleurs qui sont près à faire les trois huit sans broncher sur les heures sup' (parce que le patron, il a aussi voté Sarkozy, mais lui, il savait que le slogan "travailler plus pour gagner plus" servirait juste à faire travailler plus...), et qui finalement seront virés malgré leurs nombreuses concessions pour bosser dans cette putain d'usine, triste, sale, peuplée de petits chefs trop contents de jouer au Kapos ! Mais, à part ce triste constat habillé d'humour noir et de zigouillages peu orthodoxes, je n'ai pas vraiment saisi le scénario. Même si j'ai été très impressionnée par les qualités d'interprétations de Yolande Moreau qui est décidément, une comédienne exceptionnelle. Et bien, ma femme, elle, a tout compris.

Je sais. Vous allez me dire, elle est beaucoup plus intelligente que moi, c'est normal. C'est vrai. Mais je ne suis pas une idiote non plus (sans quoi, elle aurait fui depuis longtemps).

J'ai fini, après de nombreuses heures de réflexion, par conclure ceci : la grossesse décuple ses capacités.

Toutes ses capacités.

Elle est capable de sentir à l'autre bout de l'appartement que j'ai fumé sur le balcon ou qu'un voisin cuisine un gratin dauphinois, alors que si je ne me déplace pas à grands coups de déambulateur, je ne sens même pas qu'elle fait à manger dans la pièce d'à côté (bon, j'ai une excuse : à cause de l'humidité ambiante de ces derniers jours, j'ai le nez bouché en permanence, mais quand même !). Elle entend tout, même de dos et avec des bouchons d'oreilles ! Elle a également emprunté, le temps d'une gestation, les yeux de Steve Austin, la force de Mister T, l'intelligence des plus érudits et un génial sens du débat construit à faire pâlir tout un hémicycle d'élus.

Certes, ce potentiel soudain a son revers de médaille. Parce que si la grossesse a le pouvoir magique de transformer ses qualités en mine d'or, il en va de même pour ses défauts.

Elle était un peu exigeante, elle est incroyablement capricieuse et psycho-rigide. Elle avait une petite tendance à la maniaquerie, aujourd'hui l'ordre et la propreté sont de rigueur (je ne l'ai jamais autant vu avec un balai et une pelle à la main). Elle était un peu dégoutée par certaines odeurs, elles ne les supportent plus au point d'en être presque malade. Ce qu'elle n'aimait pas trop, elle le déteste, et ce qu'elle aimait déjà, elle le sur-kiffe.

Bah, rien d'insupportable pour moi. Je suis persuadée que tous ces petits troubles de la personnalité la gênent bien plus que moi. Même si je râle un peu pour la forme (faudrait pas qu'elle pense que la future mère de son enfant est dépourvue de tempérament), je ne me braque pas plus que ça.

Et puis, de la voir comme ça, toute chamboulée. Ca me touche, ça la rend encore plus belle. De savoir pourquoi, de connaître les causes de ces petits troubles de sa personnalité, ça me rend toute chose.

Parce que, jamais je n'ai été aussi heureuse que depuis que je sais que bientôt je serai maman. Parce que jamais je n'ai rêvé pareil cadeau. Rencontrer la femme que j'aimerais et qui m'aimerait tant, qu'ensemble nous fonderions une famille.

Après tout, elle m'aimait déjà. Je suppose que je n'échappe pas à la règle exponentielle. Je suis comblée.

C'est bien. Je suis bien. Bébé aussi. Je suis certaine qu'il est bien quand je caresse le ventre de sa maman en lui disant doucement que je l'aime déjà très fort.

lundi 28 décembre 2009

C'est pas l'pied !

Samedi dernier, je suis sortie en début de soirée faire quelques courses (parce que je préfère quelques courses régulières à un gros plein orgiaque). J'ai bien senti que le sol se dérobait facilement sous mes pieds.


J'ai bien vu la démarche élégante du canard qui avait soudainement contaminé ma rue. J'ai bien vu le goudron parsemé de milliers de petites étoiles de cristal qui brillaient dans le soir tombant.
Mais n'écoutant que mon courage, j'arpentais le trottoir avec précaution. J'ai pensé que marcher sur la neige serait moins dangereux, puisque c'était tout blanc, ce serait forcément poudreux. Bon, au pire mes pieds seront mouillés...

ERREUR !!!

Et v'lan la jambe gauche est partie la première, rejointe rapidement par la droite pour une sublime figure de ciseaux (si tu n'y connais rien en foot, imagine une paire de ciseaux qui coupe), la cheville gauche a fini violemment sa course sur le bord du trottoir, pendant que je me retrouvais le derrière sur la glace et que ma tête s'encastrait dans le muret qui se trouvait derrière moi. Et là...



J'entends "crac"... "quoi crac ? me dis-je !". Je vois que mon pied est tourné vers la gauche et qu'il refuse de reprendre sa position initiale. Et meeeeeerdeuuuuuuhhhhh !!!

Un couple de jeunôts, impressionnées par la beauté de la chute ont couru patiné vers moi.

Le jeune homme - Ca va m'dame ?
Moi - Pas trop là... vous m'aidez à me relever s'il vous plaît ?

Ce qu'ils font. J'ai à peine décollé du trottoir que je m'y recolle ! Impossible de tenir sur ce pied. La jeune fille, sous les ordres de son copain (courageux le gars) soulevait le bas de mon jean pour évaluer la blessure pendant que son Jules appelait les secours.

La jeune fille - Beuuuuuh...
Le jeune homme - Ah bon ?
La jeune fille - Ben, je sais pas, viens voir !
Le jeune homme - Ouuuuuuuuuuuch
Moi - C'est cassé ?
Le jeune homme et la jeune fille, d'une seule voix - Vous inquiétez pas m'dame, on appelle les pompiers !

C'est à cet instant précis que mon cerveau a brutalement réalisé la situation. Et si c'était cassé ? Mais, on devait partir à Nantes pour Noël... Et nos potes, elles viennent le 31 et je dois m'occuper de la cuisine. Et puis, je repars en Egypte au mois de mars. Ma femme est enceinte, il faut que je prenne soin d'elle. Le frère de Kanou vient diner demain soir.... Bref, la cocotte minute fonctionne bien. Je me décide à appeler Kanou pour l'alerter. Heureusement que je pars toujours faire des courses avec son portable...

La suite de l'histoire vous la connaissez, une plaque, sept vis, 4 jours à manger dégueu, à être piquée de partout, à être réveillée à grands coups de néons blancs. Dont 2 jours d'humiliation totale où j'ai du faire mes besoins au lit dans un bassin et supporter la toilette rugueuse d'une aide soignante slave qui parlait comme les voix qui doublent les personnages russes en français avec l'accent caricaturé. En 38 ans, c'était la première fois que je me faisais laver les fesses par quelqu'un d'autre que ma mère !

J'ai quand même eu le droit à quelques visites : trois potes et ma femme, tous les soirs. Elle m'apportait un tee-shirt propre, des magazines, des palmitos. Et comme j'ai raté la première écho, elle m'a même apporté les quatre premières photos de ce qui n'est pour l'instant qu'un têtard de 8mm avec un petit coeur qui bat sourdement.

A l'hôpital, ce qui est vraiment super, c'est les voisines de chambre... Et là, je peux bien vous le dire, j'ai été gâtée !

Monique (appelons la Monique, si vous le voulez bien) , de la même ville que nous, mais du côté des "quartiers", de la "téci". La bonne quarantaine, habite avec maman et frérot dans l'appart' que la famille occupe depuis les années 70. Au 8ème étage, enfin, tu la demandes en bas, on te dira. Elle connait tout le monde et lycée de Versailles vice et versa. Une femme simple qui fait un boulot simple, issue d'une famille d'ouvriers et qui ne veut pas quitter son coin.

Il y a peu, cette cité a été détruite en partie, pour être reconstruite. La rénovation court sur de nombreuses années. Beaucoup de familles ont été provisoirement ou définitivement relogées un peu partout dans la ville. Les provisoires sont ceux qui reviendront à la cité, parce qu'ils vont reconstruire moins de logements qu'ils n'en ont détruits (pour que ça fasse moins glauque, il parait). Et bien Monique, elle participe à toutes les réunions, elle est à fond dans le projet de quartier. D'abord, parce qu'elle veut être du groupe des provisoires, mais aussi parce qu'elle ne veut pas qu'ils profitent de la reconstruction pour mener une politique d'expulsions sommaires des payeurs en difficulté. Et puis, elle y tient au village de son enfance, elle le défend !

Bon, quelques fois, en écoutant Monique, j'ai eu l'impression d'être au comptoir d'un Bar PMU. Ca m'a rappelé l'époque où je jouais au flipper en buvant des bières avec les copains. Ces centaines de lieux communs, tantôt salés au populisme, tantôt poivrés à la démagogie... Cet élan révolutionnaire qui autorise toutes les critiques, mêmes les plus improbables ou les plus minables, à l'encontre du gouvernement en place. Mais, quelque part, ça faisait partie de son charme !

J'ai une petite pensée pour elle ce soir. Elle devait se faire opérer hier. Elle aussi, d'une double fracture.

Elle a passé Noël toute seule à l'hôpital alors que moi, je me faisais chouchouter par ma petite femme, qui en Reine des travaux manuels, m'avait construit un fauteuil roulant de fortune avec une vieille chaise de bureau, s'était chargée de rehausser le pied du matelas conjugal de mon côté du lit (oui, j'ai un côté, pas vous ?), m'avait aménagé un coin PC au moyen de nombreux coussins, m'avait installé le clavier sans fil pour que je ne me casse pas le dos en tapant et m'avait préparé un délicieux repas de réveillon...

J'ai de la chance. Je sais. Mais il faut bien que j'en ai un peu quand même ! Bon, en l'occurrence, j'ai beaucoup de chance, de l'avoir à mes côtés.

Et vous chers lecteurs ! Vous avez déjà eu le droit à un petit séjour à l'hôpital ? J'espère que vous avez eu un peu de visites et une Monique, le temps passe plus vite.

mercredi 16 décembre 2009

Un Polichinelle dans le tiroir...

Bon, Greenouille, juste pour toi et parce que, vraiment, t'es une super reinette : c'est MaB qui écrit là, sur ton écran.

Comme vous le savez, ma femme porte en son seing (avec un g, parce que sans, on pourrait croire qu'elle est bizarrement foutue...) l'enfant que j'aurais à charge de mal éduquer. Pas la peine de relire la fin de la phrase, vous avez bien lu, j'ai bien écrit "mal éduquer".

Là, je sens que j'ai chatouillé la corde sensible. Vous vous contenez, parce que la politesse et le respect vous l'impose, mais il faut bien l'avouer, vous êtes prêts à me bondir à la gorge.

"Comment ça, mal éduquer ??? Mais tu pètes les plombs, MaB !!!"

Je vous rassure, j'ai bien tous mes esprits et j'assume complètement ma position. Je m'explique.

Kanou, ma bien-aimée dont je ne compte plus les nombreuses qualités, tant justement elles le sont, nombreuses, a bien un tout petit défaut. Oh, un rien. Une bricole qui doit probablement avoir rapport avec sa petite enfance. Elle est psycho-rigide. Et cette petite psycho-rigidité met à jour tout un tas de traits de personnalité particulièrement accentués. La rigueur, l'ordre, la discipline, l'organisation, le dépassement de soi. Bref, autant dire que si cet enfant n'a pas du tout envie de faire une carrière dans l'armée ou l'éducation nationale (tous les profs seraient de brillants officiers...), il risque d'avoir de gros problèmes de souplesse.

Mais heureusement pour ce futur petit être, le contrepoids MaB est là.

Et il pèse tiens ! On appelle ça le "deuxième parent". Ca ferait mauvais genre de dire "premier", puisque le premier, il a forcément un lien biologique avec le bébé. Ah, les lois de la biologie, y a pas à dire, c'est vachement bien fait. Imparable. Violent aussi, parce que, dans mon oreille peut-être trop compétitrice, deuxième, c'est plutôt la sale place dans le classement. Pas assez bon pour être le premier mais suffisamment pour être sur le podium. Et puisqu'en qualité de médaille d'argent, on me donne la possibilité d'avoir un influence conséquente, je ne vais pas me priver.

Avec moi, c'est royal au bar, tournée générale permanente et juke box à fond dans l'arrière salle. Finies les têtes de cadavres au réveil, le lit à faire au carré parce que Ikea a inventé la couette, les contes siglés et signés parce que c'est quand même plus marrant quand on les improvise. Et comme aucune marâtre ne sommeille en moi, ça va être du gâteau !

Pour moi, rien n'est grave, à part ce qui l'est vraiment. Avoir une maladie sérieuse, c'est grave, se retrouver au milieu d'une fusillade, c'est grave aussi, se faire enlever par des extra-terrestres, c'est encore pire. Mais, les erreurs que nous faisons, pour la plupart n'ont que très peu de conséquences irrévocables. Borges disait que s'il devait vivre une deuxième fois, il commettrait encore plus d'erreurs. Je suis pour. J'ai presque tout appris de mes erreurs. Alors, mon enfant, même si ce n'est que son deuxième parent qui l'y autorise, il aura le droit de se planter des milliards de fois. On se mettra juste d'accord sur les modalités pratiques. Histoire de ne pas trop détériorer son image, il serait préférable qu'il ne fasse pas deux fois la même erreur.

Et puis, un peu de bazar autour de soi, ça éveille, faut éviter les obstacles. Une armoire pas très bien rangée, ça met un peu de gaité dans une vie. Un paquet de Palmito éventré sous le lit, ça rappelle plein de souvenirs quand on retombe dessus. Bon, aller tous les dimanche matins à la patinoire pour te regarder jouer au Curling, même ça, je suis cap !

En échange, pour me remercier d'être une mère, euh pardon, un deuxième parent trop cool, j'ai un truc à te demander, à toi qui va rentrer dans ma vie. Par la force des choses, je sais, je m'impose, mais je ne m'imagine pas ma vie sans ta mère. Laisse moi revivre avec toi les innombrables et non moins précieuses premières fois.

Le premier sourire, le premier rire, le premier mot, les premiers pas, le premier repas, la première dent qui tombe, la première note et la première punition, le premier amour, le premier chagrin d'amour, la première larme, le premier cri, les premières brasses...

lundi 5 octobre 2009

"Sors de ta bulle et éteins ta télé !"

Oui, vous avez bien lu... il s'agit bien d'un commentaire anonyme que je reprends comme titre de cette envolée verbale !

Les plus fidèles se sentiront peut-être vexées que je fasse tant d'honneur à unE inconnuE alors que je ne commente que trop rarement leurs blogs respectifs et qu'ils me font la gentillesse de continuer à lire mes croutes. Qu'ils ne le soient pas, le best of annuel c'est pour bientôt et je saurais largement compenser (j'espère) cet affront.

En effet, j'ai été moins affectée par le décès d'un boy's band oublié que par l'assassinat scénarisé de certains personnages de fiction. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, Anonymous, je vis bien dans la réalité et c'est justement pour cette raison que... Je ne me suis jamais attachée à Filip des 2Be3, tout comme je n'ai jamais été une fervente admiratrice de ce style musical. Bien sur, je ne me réjouis pas de son décès, il est mort trop jeune, comme beaucoup d'autres, et c'est triste. Pour autant, ai-je réellement été triste ? En étant tout à fait honnête, non. Il est mort, pour ma part, comme des milliers d'inconnus meurent tous les jours dans le monde. C'est moche, parce que la mort, c'est moche. Mais ni toi, ni moi, Anonymous, n'y pouvons rien.

Les personnages de fiction, en revanche, ont eu (ou ont) une véritable existence. Ils accompagnent mes émotions sans les juger. Ils me font rire, me font de la peine, me font peur, m'emmènent en voyage. Ils partagent avec moi leurs bonheurs et leurs moment de détresse, leurs états d'âme et leurs colères. Ils vivent, là, tout près de moi, devant moi et me rappellent qu'au delà de ma vraie vie, il existe des vies parallèles créées de toutes pièces qui donnent parfaitement le change.

Cette bulle est délicate.

Quand j'étais petite, j'adorais quand mes grands parents racontaient des histoires d'autrefois. J'étais passionnée par les aventures de mon arrière grand-père, gaucho dans les plaines argentines qui courent jusqu'à l'horizon. Je revivais dans la peau de mon arrière grand-mère, se battant pour le droit de vote des femmes, dans celle du cousin de mon grand-père séparé de sa famille et envoyé dans les camps de la mort. J'étais, dans mes rêves, ce petit immigré espagnol, solide comme une montagne, qui enfourchait son vélo avec courage pour transmettre les lettres que s'écrivaient les résistants. J'étais toutes ces histoires, qu'importe qu'elle fussent miennes ou non, elles avaient existé, je pouvais me les approprier et m'imaginer en être l'actrice.

En grandissant, j'ai découvert que l'on pouvait aussi inventer des histoires. J'ai commencé à en écrire, à en lire, à en regarder. Je me suis créé des tas d'amis imaginaires, dont je ressentais violemment les sentiments. Je partageais tout avec eux. Pour la première fois, j'avais le sentiment de vivre vraiment, de ressentir les choses.

Et puis, j'ai compris qu'il me serait impossible de vivre éternellement en compagnie de faux personnages. Il fallait que je rencontre la civilisation. J'ai été présentée à l'amitié, à l'amour. J'ai fait connaissance avec la méchanceté gratuite, la trahison, l'intolérance. Je me suis alors rendue à l'évidence : la vie peut être aussi belle que cruelle, qu'elle soit imaginaire ou réelle.

Je pourrais me contenter de vivre, sans procuration, en direct. J'ai de quoi me réjouir au quotidien. Une femme superbe, aussi sexy qu'intelligente, pertinente, qui transforme tout ce qu'elle touche en émotions. Des amis, adorables, compréhensifs, engagés, fiables et honnêtes. Des parents qui m'aiment, malgré tout ce qu'ils m'ont fait subir. Un chat tout mignon, aussi facétieux qu'énorme, comme je les aime ! Des grands parents au coeur immense. Quelques gosses autour de moi qui embellissent le paysage. J'ai aussi de quoi vouloir déserter et quitter le pont en vitesse avant d'être aspirée par une vague digne d'un raz de marée. Des ennuis de santé qui pourrissent mes journées autant que mes nuits, des douleurs persistantes qui me rappellent l'existence de mes organes, des souvenirs violents qui rejaillissent parfois et se rappellent à mon bon souvenir, une situation financière plus qu'inquiétante qui aurait du faire fuir ma femme à toutes jambes, des traitements médicaux qui font grossir à vue d'oeil et des troubles du sommeil qui perturbent tous mes rêves.

Je pourrais faire avec tout cela. Mais, je ne le veux pas.

Je veux continuer à me laisser bercer par les mots, par les images. Je veux croire que Sylvia est éternelle et qu'elle continuera à aimer, que Dana n'est pas morte en vraie et qu'elle a fui l'imbroglio de goudous pour aller vivre dans une ile déserte, que Bianca et Reese filent le parfait amour à Paris, que Willow cache Tara dans sa maison depuis des années et qu'elles sont à l'abri de tout esprit malfaisant.

ATTENTION ! SPOILERS !

(Super) Esther est bien tombée du sixième étage et pourtant, elle va s'en sortir avec une amnésie passagère et quelques égratignures et sera encore la saison prochaine dans les bras de (wonder) Maca.

La création n'a aucune limite. C'est bien ce qui la rend si jouissive. Lorsqu'on invente une histoire, on est seul maitre à bord et on décide de la vie et de la mort de ses personnages.

Je ne fais presque jamais mourir ceux que je crée, je les garde là bien au chaud, dans mon coeur. Je sais, ainsi, qu'ils peuvent rejaillir à tout instant. Qu'il y a une suite à tout cela, car rien ne m'en empêche.

Alors, Anonymous, non, je ne sortirai pas de ma bulle et je ne couperai ni l'image, ni le son. Parce que j'ai besoin de cette présence irréelle.

Tu as le droit de penser que c'est grave, que je suis bonne pour la décharge et que mon cerveau est gravement atteint. J'ai le droit de te répondre que je m'en fous et que je vais bien. Merci, cependant, de t'inquiéter de ma santé mentale, ça me va droit au coeur.

Et puis, je ne crois pas être la seule. Je suis sure que d'autres et même nos lecteurs attentionnés, ont été touchés par un/des personnages dont ils se sont sentis très proches. Lesquels ? Ben, je sais pas moi, demande leur...

samedi 3 octobre 2009

Tueurs en série...

Souvenez-vous !



C'était en juin 1997... A l'époque où les "girls and boys bands" poussaient comme de la mauvaise herbe, ou un massif de menthe. Parce que, bon, faut pas se leurrer, tout n'était pas que nuisance sonore. Certains ont même réussi à s'offrir une belle carrière solo. Robbie Williams, chanteur et danseur émérite des "take that" caracole désormais en tête des charts avec ses propres albums, Geri Halliwell a quitté les "Spices Girls" et a vivoté derrière avec quelques gros tubes (bon, des reprises pour la plupart, mais quand même...).

Le phénomène "Band" dépassé, il fallait bien trouver un concept commercial, nouveau, vendeur. On a créé le télé-crochet grande échelle. Star Ac', nouvelle star, popstar, ou les petits minets de Pascal Sevran. Autant de jardins où tentent de cohabiter sans trop de dommages collatéraux, bosquets de roses splendides, ou chiendent tout rabougri. Ca va de Chimène Badi, Christophe Willem, Amel Bent à Magali Vaé, Jean-Pascal ou (wahhhh) Cindy Sander !!!! Bref, à boire et à manger, et tout ça dans la même gamelle. Vous êtes priés de faire votre propre tri.

Et si la mayo a bien pris chez nous, c'est aussi parce qu'elle avait été testée ailleurs !

D'autres phénomènes bien plus commerciaux que musicaux sont parvenus, grâce à des subterfuges dignes d'un roman d'Agatha Christie, à se faire une petite place au soleil en passant par la case duo, trio, ou partouze ensemble. Des qui comédie-musicales, et ont eu la riche idée de franchir l'étape casting de "Notre Dame de Paris" (Patrick Fiori, Hélène Ségara, Garou...) ou de "Starmania" (Daniel Balavoine, Fabienne Thibeault, Isabelle Boulay...). Des qui chassent-la-groupie-et-font-crier-les filles-comme-les-Beatles et ont réussi à faire tout ça tous seuls comme des grands (M. Pokora, Christophe Maë, Calogero...).

Bien sur, il n'y a pas que des intentions machiavéliques pour un succès à tout prix. Certains de ceux qui étaient plusieurs et sont des tous seuls, l'ont parfois fait sans aucune préméditation. Je vois mal Jean-Louis Aubert être une des pièces maitresses de Téléphone dans le seul but de se préparer un somptueux avenir en solo. Louis Bertignac s'en est plutôt bien sorti également. Les relations humaines, ça peut vous péter à la tronche sans prévenir et ce curieux sentiment d'être contrarié dans son élan créatif parce que là, ça ne suit plus du tout, ce n'est jamais écrit à l'avance.

Ça arrive.

Une liste, comme ça, pas du tout exhaustive, mais qui illustrera tellement bien mon propos que vous comprendrez le fond de ma pensée. Phil Collins (Genesis), Sting (Police), Michael Jackson (Jackson Five), George Michael (Wham), Freddie Mercury (Queen), Jean-Jacques Goldman (Taï Phong), John Lennon, Paul Mc Cartney (The Beatles). J'arrête là, mais la liste est longue, le tandem a souvent été dirigé par d'excellents pédaleurs, d'autres ont su ramer en chœur. Rien n'est plus vrai lorsqu'il s'agit d'artistes talentueux qui unissent leurs dons pour qu'enfin le monde s'aperçoive de leurs existences.

La troupe du Splendid a été l'incroyable tremplin d'une tripotée d'acteurs qui comptent aujourd'hui parmi les plus célèbres de France. Michel Serrault et Jean Poiret ont bien fait de divorcer, leurs remariages ont été des plus heureux. A l'affiche, en haut et en grosses lettres, c'est certain. One-man show, théâtre, cinéma.

Tout est bon dans l'acteur, de la rétine au talon.

Bref, je m'égare, je m'égare. Je papote avec vous comme si j'étais en compagnie de vieilles copines (les mâles sont aussi mes copines, je leur cause pareil) en train de siroter une bière tiédasse au soleil en me disant, que ouais, c'est la meilleure bière que j'ai jamais bue.

Je vous disais donc, souvenez-vous.

Les 2Be3, boys band parmi tant d'autres. Un tournesol dans un champs de tournesols, une réforme de Sarkozy anti-sociale, un hooligan au Parc des Princes. Bref, une poussière dans la galaxie. Avec beaucoup d'efforts et une concentration é-norme, j'arrive à revoir à peu près à quoi ils ressemblaient.

Filip Nikolic, j'ai appris récemment qu'il s'appelait comme ça, est mort. Autant dire que l'éventuel come-back est mort avec. 2be2, ça ne veut plus rien dire du tout !

Je ne sais pas ce qui l'a emporté et, à dire vrai, je m'en fous.

Comme je me fous de savoir pourquoi mes deux idoles d'adolescente boutonneuse se sont fait la malle. Oui, j'ai aimé et presque pleuré devant Dirty Dancing, même si je voulais plus être à la place de Patrick Swayze que dans ses bras. Oui, j'ai scotché devant de "Drôle de dames" qui arrêtaient d'affreux bandits avec des chaussures à talons et des mini-jupes en jean. J'en ai fait des rêves humides d'adolescente en recevant en pleine nuit la visite surprise de Farrah Fawcett dans mon lit !

Comme je me fous également de savoir ce qui a fait pleurer Joséphine ou s'évanouir le Moonwalk !

Ils ne sont plus là, c'est tout. Mais ils ont réussi à laisser trop d'empreintes derrière eux. Vous n'avez qu'à suivre le guide.

Ahh et les salauds, ils ont tué Sylvia aussi ! Le jour de son mariage, dans les bras de sa femme et de son père. Pepa Miranda et Don Lorenzo. La meilleure série d'Espagne (Los hombres de Paco) perd SON personnage. Tuer Sylvia, c'est un peu comme tuer Lily Rush dans Cold Case, Bruce Wayne dans Batman ou Laura Ingalls dans la Petite Maison dans la Prairie. Ça n'a aucun sens.

Mais, les scénaristes se sont emportés et du coup, ils ont été bien emmerdés. Parce que bon, être super open et mettre en pleine lumière un couple de lesbiennes, c'est sympa, mais une fois qu'elles sont mariées et que la question "Bébé" a été largement évoquée, on en fait quoi ? Les savoir ensemble au quotidien, juste parce qu'elles s'aiment et que se réveiller tous les matins l'une à côté de l'autre leur suffit, non ?! Faut quand même pas pousser mémère dans les orties. Ça pique les fesses et ça chatouille les dessous de bras. On veut bien dire que ça existe, que dans un monde idéal, vous, les homos, avez le droit de vous marier (certains revendiqueront qu'il est bien stupide de courir après une condamnation), d'avoir des gosses, d'accéder à la propriété, de consommer à mort, mais de faire croire que vous menez une vie tout à fait singulière, ça non ! Alors, on ne va quand même pas vous prouver le contraire en écrivant des scénarios plein de choux à la crème dégoulinant de bonheur.

Mais pourquoi ils ont tué Sylvia ? Pourquoi donc ? Pourquoi ont-ils fait fuir Bianca et Reese ? Pourquoi la compagne du docteur Kerry Weaver est morte subitement en couche ? Pourquoi l'amour ne vit qu'un temps.

Laissez-moi les trouver ennuyeuses avec leur petit quotidien bien installé. Laissez moi croire que l'on peut être heureuses sans craindre une mort ou une fuite certaine. Et si les artistes étaient juste immortels, dans leur rôle d'artiste. La vraie vie leur rappellera bien assez vite les vraies règles du jeu.

Mais ils le font exprès ou quoi de me saper le moral. Non, Sylvia ne peut pas mourir. Parce qu'elle a trouvé la plus belle chose qu'il soit. Ce fichu concept humain qui nous donne la force de nous lever tous les matins. Cette sensation étrange d'avoir trouvé son pareil si différent. La caresse quotidienne d'un souffle tiède qui veille sur le sommeil. L'amour.

Je suis une ordure. Sylvia est morte et ça me fait pareil que quand Dana est morte. Ça fait chier. Ça me donnerait presque envie de pleurer.

Filip des 2be3 est mort aussi, ça fait chier pour lui et c'est en vrai, dans la vie, pas sur les écrans et pourtant, c'est la mort de Sylvia qui me remue le plus.

Tu crois qu'on s'attache aux personnages des séries ? Ou peut-être que, tout bêtement, j'en ai marre qu'on abatte froidement les lesbiennes des séries quand elles commencent à ne plus attirer le petit vicieux ?

samedi 8 août 2009

MaB chez les Bretons

Après une course contre la montre, matin de départ oblige, la voiture est enfin chargée et c'est avec quatre heures de retard que nous quittons enfin notre banlieue, ses barres d'immeubles, ses tours, sa mairie en briques rouges et sa nationale bruyante, pour 20 jours d'air pur, de verdure, de cidre et de vents marins. J'en vois qui bondissent sur leur siège (j'espère que vous avez retiré les roulettes, ou que si vous avez déjà atteint la cuisine, vous en profitez pour vous faire un café ou vous servir un rafraichissement...) en lisant cette première phrase. "Quoi ? QUAAAAATRE heures de retard ??? Mais comment est-ce possible ?". C'est assez simple en fait, il suffit de convier une star du rock (en l'occurrence, le petit frère de Kanou) l'avant-veille au soir, de l'inviter à dormir sur place et de jouer avec lui à Mario Kart et à Wii sports pendant toute la journée au lieu de préparer les bagages, faire une dernière lessive, changer la litière du chat, laver la vaisselle etc... Pour un retard confortable, je vous conseille aussi d'avoir un chat qui pique une crise en observant la cavalcade matinale et qui comprend qu'on va le planter là quand les bagages débarquent dans le couloir ! Petite pissouille de peur et de vengeance garantie, perte de temps supplémentaire assurée !

Quelques embouteillages et un péage plus tard, nous apprécions enfin la fluidité du trafic. Il est clair qu'en cas de journée estivale classée rouge par les pros du trafic routier, il est préférable de choisir une destination au nord-ouest de l'hexagone plutôt que de se précipiter vers le grand sud comme bon nombre de parisiens qui préfèrent miser sur la garantie climatique, histoire de larver sur les plages ensoleillées, engorgées comme une rame de métro à l'heure de pointe.

La nuit tombe et nous rejoignons, enfin, les coéquipières de Kanou qui nous attendent depuis un moment dans un pub en face de la gare. Les vacances commencent par quelques éclats de rire, une bière fraîche, mais il faut se résigner à aller se coucher, car demain, c'est parti pour deux jours de sport (d'alcool, de galettes saucisses et de cigarettes qui font rire) avec les Sandkukaï !

Le coup d'envoi est donné, vacances, j'oublie tout !

Ah, que j'aime la Bretagne ! Qu'il est bon de se promener dans les sous-bois, sur les sentiers des douaniers en caressant la côte maritime des yeux, de se perdre dans quelques ruelles au milieu de vieilles maisons qui ont su résister à la rudesse du vent et de la pluie, sur ses grandes plages où se dressent fièrement quelques rochers à berniques. Qu'il est plaisant de respirer un air sain, de siroter un verre de Chouchene bien frais à l'ombre du mimosa du jardin, de déguster galettes et crêpes dans le cadre d'une ferme auberge au décor cossu et rustique.

Et même si le soleil se fait un peu timide, que le crachin, la brume et la grisaille font partie du quotidien de ce bras de terre cerné par les vagues, jamais je ne regrette de m'y trouver. Le climat est à l'image de ces paysages. Il mystifie les châteaux, les moulins et les chapelles perdues en rase campagne qui semblent tout droit sortis de quelques contes et légendes celtes. La collection printemps-été locale est faite de cirés jaunes, de bottes en plastique, de vareuses et de pulls en laine bleus marine ou à rayures. Qu'importe si les shorts et les débardeurs n'ont quitté que très peu la valise !

Tout aurait été parfait si ma belle mère n'avait pas endossé le rôle de glue cyclothymique...

Si un jour, vous passez par là, je vous conseille trois incontournables : faites un tour dans la jolie ferme du Char à bancs et régalez vous de quelques galettes et crêpes ou d'une bonne potée cuite au feu de bois, empruntez les sentiers des douaniers qui longent la côte et découvrez les beautés d'un paysage maritime fait d'iles et de falaises creusées par le soleil, le sel, la pluie et le vent et surtout... surtout... perdez vous le plus souvent possible, vous trouvez toujours ici ou là, un petit coin de paradis.

Et oui, la Bretagne, ça vous gagne !

Je ne suis pas revenue les mains vides... Ronaldo et Messi ont fait le trajet du retour avec moi. Mais, c'est une autre histoire et nous vous les présenterons plus tard !

Je suis certaine que, vous aussi, vous avez une région ou un pays préféré. Allez ! Dîtes m'en plus, faites-moi rêver !

vendredi 15 mai 2009

Pour toi, public !

Toutes les générations ont eu leur chanteur de salle de bains, dépourvu de talent, croulant sous la rime désastreuse, qui pour des raisons qui m'échappent encore ont réussi à se produire en public, ou au moins, à sortir un disque vendu des millions d'exemplaires... Bien évidemment, poulet et balai ont la même terminaison à l'oral, mais de là à pousser l'exercice de style en plaçant à toute fin les deux dans la même chanson...

Vous vous souvenez, peut-être, de cette mystérieuse inconnue, Stephend, perchée depuis Woodstock et qui cherche l'escalier pour redescendre depuis, qui avait déboulé pour mal interpréter un morceau de Queen traduit pauvrement en français "tu vis encore" aux Victoires de la musique, en 1996, devant l'oeil hagard de Drucker qui en avait même perdu ses compliments (c'est dire si ça l'avait perturbé le garçon). Ou encore, de Lagaff, qui s'était tapé un délire avec un beau lavabo et un laid bidet et avait conservé, avec son rayon de Leroy Merlin, la tête du Top 50 pendant de nombreuses semaines.

Les lecteurs les plus âgés de ce blog, n'ont certainement pas oublié non plus cette merveilleuse époque musicale que furent les années 80. Ah... tous ces looks hauts en couleurs, ces vidéo clips kitchs à souhait. Quelques perles d'anthologie qu'aucun n'a jamais depuis réussi à égaler. Les éponymes, quelques groupes dont le nom est dans le titre de leur unique tube (à croire qu'ils savaient d'avance qu'ils n'en sortiraient qu'un !) : "A caus' des garçons", "partenaire particulier". Les super recherchés, ceux qui se sont creusés la cervelle pour trouver Le nom qui tue : "Leopold Nord et Vous", "Elmer food beat". Les copains, qui préféraient qu'on les appelle par leurs prénoms : "Peter et Sloane", "David et Jonathan", "Elsa". Les rois du calembour qui ont réussi le jeu de mot avec leur vrai nom : "L'affaire Luis Trio", "Les Forbans". Les géographes, qui nous invitaient au voyage : "Indochine", "Niagara". La coupe "j'ai pété dans mon col roulé" de Desireless, la chemise à fleurs de Cookie Dingler, la veste en cuir noire et rouge de Mickael Jackson qui ressemblait encore à quelque chose (Mickael, pas la veste), les mitaines de Jeanne Mas, les jeans ultra moulants des groupes de rock. Ah... un compost d'une telle qualité, rien que d'y penser, ça me rend toute chose !

Et comme disaient les Puppies (bon là, c'est vraiment loin) : "non, nooooon, rien n'a changé, tout, touuut a continué". On change les noms, les looks, les clips et on recommence !

La seule différence aujourd'hui, c'est que les pseudos artistes disposent d'un moyen de diffusion supplémentaire qui leur permet de flirter plus rapidement avec la gloire : le buzzzzzz !

Bon, la Star Ac' et la Nouvelle Star, aussi. Mais je ne peux pas brancarder les émissions qui nous ont permis de connaitre Olivia ruiz ou Christophe Willem, pour ne citer qu'eux.

Même si les intentions des internautes ne sont pas toujours charitables et que les nombreux visionnages sont bien plus souvent motivés par une folle envie de se moquer et de se marrer, y a pas à dire, ça marche. Ca tourne même, de blog en blog, de site en site, de courriel en courriel. Bon, des fois ça me plait moins, comme cette pauvre gamine dont tout le monde s'est foutu parce qu'elle bidouillait un rap de qualité médiocre. Ce n'est qu'une gosse qui s'est amusée un peu sur le net, pas de quoi s'emballer, ni être sadique.

LA chanteuse à buzz du moment, non ce n'est pas que Susan Boyle, son dentier, sa coupe à la Borloo en plus grise et sa voix unique, parait-il, c'est aussi Cindy Sander. Oui, oui, vous avez bien lu Cindy (pas Céline, hein, parce que Céline c'est Céline et Cindy c'est Cindy...). Après nous avoir fait mourir de rire avec son Papillon de lumière, déjà largement relayé sur la toile, la voici de retour avec un second titre : "le secret de nous". Ne cherchez pas, le "pas joli français" c'est pour la rime, "notre secret", ça ne fonctionnait pas. Cette fois ci, Cindy officie dans un tout nouveau registre. Après la mauvaise dance, voici le mauvais RnB.

Soit c'est du second degré et dans ce cas, je dis chapeau, car le clip, comme la chanson sont des caricatures absolues de ce que l'on peut faire de pire dans ce genre musical. Soit, elle s'y croit vraiment et là, j'en tombe des nues. Parce que si Cindy se voit déjà future Mary J. Blige en pensant que Maxwell n'est qu'une marque de café, elle est plutôt mal partie.

Mais je vous laisse découvrir par vous même ce petit bijou : (ne mettez pas le son trop fort, elle chante faux...)



J'ai une affection toute particulière pour le gilet à capuche pailleté et les grosses enceintes remplacées ensuite par les initiales CS en lettres de diamants qui font très Coco Chanel. Quoique je doute que Karl Lagerfeld soit dans le coup... (après le gilet jaune moche qui ne va avec rien, la fille qui chante faux et ne ressemble à rien ?)
J'aime beaucoup aussi le coup de fil en plein clip... que du bonheur !

Bon, si parmi vous, il y en a qui aiment Cindy, n'hésitez pas à me le dire et à me rentrer dedans. Si vous ne dites rien, je considérerais que vous n'osez pas me bousculer puisque qui ne dit mot consent...

vendredi 8 mai 2009

Sortez moi de là !!!

Bon, c'est définitif, je ne supporte plus la vie parisienne.

Attention, qu'on ne s'y trompe pas, j'adore Paris. Son architecture, son histoire, ses quartiers atypiques qui se suivent mais ne se ressemblent pas et qui, réunis, forment cette grande et belle ville. Ses couleurs, ses musées, ses berges de Seine et ses ponts. J'aime me promener sans but précis et revoir pour la énième fois une statue, un immeuble à la façade audacieuse, une petite rue pavée perdue entre les boulevards où s'engouffrent des milliers de véhicules. J'aime écrire dans ses parcs, me poser sur un banc et regarder le monde vivre sans même se douter que je l'observe. J'aime sa mixité qui frôle parfois l'indécence. Ici où brule la ferveur populaire, là où se montre l'aristocratie bling-bling. Au coin de cette rue où trône, majestueux et intouchable, un hôtel restaurant bardé de moulures et de dorures, tandis qu'ont été étalées non loin quelques couvertures, couches de fortunes pour quelques beuglards pleins de vinasse étoilée et de cruelles désillusions. Quelques pas encore et voici la caresse olfactive d'un marché exotique dont on ne pourra apprécier le plaisir qu'après avoir franchi l'insupportable obstacle qu'est cette grille au sol dont jaillit un fumet d'excréments réchauffés.

Oui, j'aime tout ça. Je suis un peu l'Obelix parisienne, baignée, dès mes premières heures, dans ce jus de vies aromatisé au champagne ou à la bière.

Ce que je ne supporte plus, ce n'est pas cette ville dont je suis depuis longtemps la plus fidèle des compagnes, mais la vie qu'il nous est possible d'y mener. Je suis lasse de ce rythme insensé que je ne parviens plus à suivre, de cette agressivité qui, lentement, sournoisement, a su pervertir ses milliers d'habitants. Mes sinus ne parviennent plus à lutter efficacement contre les attaques permanentes des polluants. Mon corps est endolori par ce drôle de climat citadin qui vous oblige à enchainer les couloirs de vents glacials et l'humidité crasse. Mon portefeuille est devenu anorexique, écoeuré par ce prix à payer, il refuse de se remplir et se vide inlassablement. La promiscuité a eu raison de ma patience, je fuis les bains de foule obligatoires, ceux des transports en commun, des commerces dédiés aux petits budgets, pris d'assaut par une population démunie, frustrée, haineuse, et qui a tellement de bonnes raison de l'être que je n'arrive même pas à leur en vouloir. Alors, je m'enferme dans ce bel appartement, dans une banlieue dynamique mais où il y a tant à faire, condamnée à vivre les fenêtres fermées pour cause de bruits incessants de route nationale, de travaux et d'odeur frélatée.

Pour le grand week end du 1er mai, nous sommes parties en Bretagne dans la maison familiale du clan de Kanou. Et comme toutes les maisons bretonnes s'appellent "Ker" quelque chose, je l'appellerai, le "Ker Kanou".

Le "Ker Kanou" est dans un petit village qui a, malgré une évolution inévitable de la civilisation, gardé toutes ses allures de village breton. Avec sa place de l'Eglise, son unique tabac, sa boulangerie, sa crèperie et ses petits vieux qui se promènent. Le "Ker Kanou" possède un grand jardin, où fleurissent les tulipes et les fraisiers. Où jaillissent sur un parterre de marguerites et de myosotis un cèdre immense et de beaux troènes qui garantissent une intimité déjà si bien préservée. C'est un lieu de villégiature pour les chats du quartier qui viennent y chercher un instant de paisibilité avant de repartir en chasse. On y entend les oiseaux, l'air est pur et chargé d'odeurs douces et agréables.

Le "Ker Kanou" est tout près de la mer. L'eau n'y est jamais bien chaude mais le lieu est un havre de bonheur. Il n'y a jamais "trop" de monde, ici les parasols se tiennent à distance respectable. Des petites cabanes bleues et blanches garnissent le littoral. On y trouve des palmes, des masques et tubas, des parasols envahis par la poussière, des jeux de plage pour les enfants. Les chiens peuvent dégourdir leurs jambes entre les rochers sans craindre de rencontrer la moindre espèce vivante, à part peut-être quelques huitres sauvages, d'intrépides escaladeurs ou de jeunes amoureux venus se cacher là. La marée basse offre le spectacle insolite d'un plongeoir perdu au milieu du sable, de quelques rochers ensevelis à marée haute et de sable encore humide généreusement garni d'empreintes d'oiseaux et de toutes sortes de pointures. L'iode balayée par le vent remplit les pores de la peau, le massage est au delà de toute tendresse et offre une détente maximale.

Même Raymond Domenech (que nous avons vu en vrai !) y a une maison, tout comme Aimé Jacquet, une sociétaire de la comédie française et quelques notables à la retraite. C'est dire si le lieu est tout aussi paradisiaque que d'autres, bien que peu connu.

Bref, ce week end m'a fait un bien fou. J'avais presque oublié qu'il était si plaisant de bien respirer, de vivre au rythme de la nature et de profiter du calme.

Serais-je devenue un parisienne en voie d'exil ?

jeudi 23 avril 2009

Les visiteurs du dimanche

Dimanche dernier, comme prévu, mes parents sont venus déjeuner.

Après avoir passé la semaine à briquer, à traquer le moindre objet qui traine, à remplir trois sacs poubelles de 50 litres... Nous voici fin prêtes à recevoir mes vénérés géniteurs.

Samedi soir, je n'avais aucune nouvelle de leur part depuis une dizaine de jours et ma mère m'avait assurée qu'elle me rappellerait pour connaitre l'itinéraire idéal à suivre, de la sortie d'autoroute à chez nous. J'ai donc eu une petite montée d'angoisse en réalisant que le téléphone était depuis, resté muet comme une carpe (c'est une expression, notre combiné ne ressemble pas à un poisson...). Et s'ils avaient oublié ? Si, finalement, ils ne pouvaient plus venir ? Comme il y avait eu des précédents en la matière, la jurisprudence a eu pour effet de transformer mon cerveau en centrifugeuse.... Kanou, qui est un amour de femme et veille chacune de mes petites crises avant qu'elles ne virent à la panique totale, a écourté mon monologue interne. "Ben, appelle-les, toi !". Il fallait y penser.

- Allo, maman, c'est moi.
- Oui ma fille.
- T'as pas oublié pour demain ?
- Non ma fille...
- Euh, vous arrivez vers quelle heure ?
- Comme tu veux.
- Ben, vers midi et demi, une heure.
- Ok.

J'ai ensuite passé le combiné à ma femme qui leur a donné les instructions nécessaires à un trajet agréable. Mon angoisse retombée a laissé la place à une autre : ils venaient. On n'en sort pas.

Le dimanche matin, je me suis levée aux aurores, comme d'habitude. Après le sacro-saint café et les deux tartines grillées, je ne me sentais pas bien plus fraiche qu'avant. Je me suis donc posée devant le pc et j'ai flané de site en site, de blog en blog. J'ai même fait un Word Mojo. A 10h30, je suis allée réveiller ma douce. Mais bien que nous ayons encore moult choses à préparer et à faire, nous ne sommes sorties du lit qu'à 11h00. On se calme, je ne fais rien en 30 minutes, on a juste papoté.

J'ai ensuite abandonné ma bien aimée avec son mug de thé. Mission cullinaire. Peler les pommes de terres et les couper, se flinguer les yeux avec les oignons, transformer un bloc d'édam en dés, préparer les brochettes apéritives (un petit pic, un carré d'édam, une tomate cerise, un carré d'édam et ainsi de suite...). Kanou a ensuite accompli sa mission. Préparer le gâteau au chocolat façon "straciatella" du siècle.

Nous étions toujours en pyjama et prêtes à aller nous doucher quand le téléphone a sonné.

11h45. Ils ne peuvent pas être déjà arrivés.

Et pourtant si !

J'enfile donc un jean vite fait pour leur descendre la carte d'accès au parking pendant que Kanou sprinte jusqu'à la salle de bains. Dans laquelle elle est restée coincée un bon moment pour cause de visite d'appartement et de papotages dans le couloir. Elle avait oublié ses fringues dans la chambre... Ce blocage a bien failli nous coûter un gateau, lui aussi condamné au four ! On a frôlé la catastrophe.

Je suis allée prendre une douche à mon tour après avoir déballé le cadeau de mes parents (et oui, ils nous ont offert une cocotte minute !) et nous avons pu démarrer les festivités.

Les conversations allaient bon train pendant l'apéritif. Tout le monde était détendu. Quand, soudain, ma voix a subitement couvert les autres :
- Oh, pinaaaaiiiiise, j'ai oublié le pain.

Devant le regard suppliant de Kanou, qui ne voulait pas que je l'abandonne seule avec mes parents et l'insistance collective, je ne suis finalement pas descendue en chercher et nous avons décongelé des petits pains individuels. Ma bourde est passée rapidement à la trappe et a même donné à ma mère l'occasion de raconter quelques anecdotes spéciales "ohhh, j'ai oublié le pain !".

Le repas aussi s'est passé à merveille. Ils se sont régalés. Mon père a même repris plusieurs parts du gâteau discrètement, pour ne pas se faire enguirlander par ma mère (allez Papa, lâche toi, il n'y a pas de sucre et c'est du chocolat noir...).

Après le déjeuner, nous avons, Kanou et moi, essayé de prendre notre revanche au trivial pursuit. Mais, mon père est un grand veinard et la simplicité désolante des dix premières questions lui a permis de thésauriser quelques portions de camembert et a donné à son équipe une avance confortable. Nous avons perdu de peu, il ne nous manquait qu'une petite couleur à obtenir. Non, je ne suis pas mauvaise joueuse.

Pendant toute la partie, ma mère s'est appropriée progressivement notre canapé. Usant de nombreuses positions lascives et confortables. En clair, elle était "comme à la maison".

Ils sont repartis en fin d'après-midi, ravis de notre invitation. Ma mère m'a même appelé le soir même pour nous remercier à nouveau...

Pari réussi. On refera ça, ils l'ont dit.

37 ans après, il n'est jamais trop tard pour reprendre à zéro et instaurer de vrais rapports parents/enfant.

Et en plus, ils ont même dit que notre appartement était super propre !

samedi 18 avril 2009

La visite

Kanou vous en a déjà parlé, mes parents viennent chez nous demain.

C'est une grande première. C'est la première fois qu'ils le font depuis que ma Kanou et moi filons le parfait amour. C'est aussi la première fois qu'ils acceptent une invitation en présence d'une de mes nombreuses conquêtes.

Ce n'est pas loin non plus d'être l'une des premières fois qu'ils viennent chez moi depuis que je vis seule. En dix neuf ans, il y a eu trois occasions en tout et pour tout.

Lors d'un déjeuner, alors que je vivais dans une grande colocation et que j'avais invité toute ma famille à se réunir autour d'une table. Nous étions une dizaine et mes colocs (et surtout ma petite amie de l'époque) n'étaient pas là. Pas vraiment intime et officiel. Je devais avoir 25 ans.

Ils sont aussi passés prendre l'apéritif à l'époque où j'habitais à deux pas de chez eux, mais la chose n'était pas désintéressée, puisqu'en réalité, ils venaient me laisser leurs clés pour que j'aille arroser leurs plantes et rentrer le courrier pendant leurs vacances. Ils avaient refusé poliment mon invitation à diner, sachant pertinemment que nous serions quatre, enfin cinq avec le très jeune Petrus qui n'était encore qu'une boule de poils, puisque celle avec qui je venais de m'installer après la colocation n'allait pas tarder à rentrer du travail. Là, j'avais 28 ans (je me rappelle précisemment de la date, grace à mon chat...).

Ma mère, qui était en escale à Paris pour une réunion dans l'Est, a dormi une nuit chez moi lorsque j'habitais seule dans mon petit appartement aux frontières de la Goutte d'Or. Elle avait un train assez tôt le matin, et comme j'étais à dix minutes en transport de la gare, dormir chez moi était bien plus pratique que chez mes grands-parents, où elle séjournait systématiquement quand elle se rendait à la capitale. Elle a passé la soirée au téléphone avec ma belle-soeur, a mangé rapidement en marmonnant trois pauvres mots et est allée se coucher très tôt. Elle est partie à l'aube le lendemain matin et ne m'a réveillée que pour fermer la porte derrière elle. J'avais 32 ans.

Depuis, rien.

Quand mon frangin a pété les plombs et qu'il a décidé que mes parents ne le verraient plus, ni lui, ni sa famille, ils ont subitement retrouvé la mémoire et ont réalisé qu'ils avaient, aussi, une fille. Nos rapports se sont améliorés, nous sommes devenus plus proches. Le travail que j'avais fait sur moi y était pour beaucoup aussi. J'avais depuis longtemps entrepris de ne plus rien attendre de mes parents, seule d'abord, puis avec l'aide d'un psy. Forte d'un sevrage parfaitement réussi, j'avais accepté leur retour sans complexe et surtout, sans être en demande.

Sans le savoir, j'ai profité de l'addition de nombreux facteurs. Le phénomène "ça + ça + ça + ça" a fait qu'aujourd'hui, nous nous entendons presque bien. Bien sur, on n'efface pas d'un revers de manche tout un passé parfois lourd à porter. Mais je crois que nous nous sommes pardonnés.

Il se trouve aussi que Kanou est la première de mes compagnes qu'ils apprécient réellement. Je soupçonne même mon père d'être un peu amoureux d'elle. N'allez pas vous imaginer des choses, il ne la désire pas. C'est pas son genre et avec tous les problèmes de santé qu'il trimbale le pauvre Pater, la machine est totalement hors d'usage. Et en plus, il lui est strictement interdit de prendre du viagra ! C'est son esprit, sa répartie, son savoir, ses crêpes, qui l'attire. Mon père et moi, mine de rien, on se ressemble pas mal, normal alors que le même type de femme nous plaise. Je pense qu'il n'est pas non plus indifférent à sa plastique de rêve, mais comme je n'ai pas besoin de viagra, c'est moi qui ai gagné !

Vous comprendrez donc que mon stress ait un peu augmenté ces derniers jours.

Chez ma mère, on a l'impression d'être dans une maison témoin. Pas question de la recevoir dans notre gentil foutoir.

Résultat : grand rangement de Printemps. Plus une babiole qui traine dans le séjour, cuisine organisée et super ordonnée. Le bureau de Kanou qui lui servait plutôt d'entrepôt de papiers personnels est devenu un véritable sanctuaire dédié au travail. Ma femme a accroché nos tableaux qui assurent une décoration raffinée et à notre image.

Aujourd'hui, il ne nous reste plus que le "gros".

Kanou à l'aspirateur et à la serpillère, MaB au chiffon à poussière et au lave vitres. Quelques courses à faire pour le frais et le tour est joué. Nous n'avons plus qu'à attendre demain midi.

On vous racontera !

Mais je parle, je parle. Je pourrais vous laisser en placer une. Je suis certaine que vous avez des milliers de choses à me raconter sur les visites de vos parents. Histoire de me rassurer, ou de faire griller mon trouillomètre...

vendredi 3 avril 2009

Elle déclare la guerre aux plis !

Comme vous le savez, nous sommes allées, il y a peu, rendre une petite visite à mes parents dans leur nouvelle retraite compiégnoise.

Comme vous le savez aussi, ma mère a donné à ma femme une recette de gâteau qui déchire le slip de sa mère tellement il est boooon ! oups désolée, me suis un peu emportée là...

Elle m'a également donnée une recette d'endives au jambon sans crème, une vraie tuerie...
D'ailleurs, si vous n'avez pas de jambon au frigo, parce que vous ne mangez pas de porc, que vous avez oublié d'en acheter ou que vous êtes végétariens, sachez que cette recette est absolument parfaite, même sans jambon. Bon, si vous n'avez pas d'endives non plus, allez faire un tour chez votre marchand de quatre saisons, parce que là, ça va vraiment être très compliqué. Si ça vous intéresse, demandez moi, je transmettrai !

Mais, je vous rassure, nous n'avons pas passé notre week-end à nous empiffrer et à parler tambouille ! Nous avons aussi parlé de littérature (cool...), de politique (musclé !), d'immigration et des sans-papiers (très très musclé !), de mon con de frère, de bébés (émouvant), de projets et autres ambitions (agréable), de déco (Valérie Damidot, sors de ces corps...)... etc ...

Bref, de tout un tas de choses.

Mais Kanou et ma mère ont aussi parlé de repassage. Et c'est là où ce week-end a marqué un tournant décisif dans la vie de ma femme.

Je vous résume la scène.

Ma mère : - ah mais moi, je repasse tout ! Même les caleçons de mon mari ! Je ne supporte pas de porter des vêtements qui ne sont pas repassés !
Kanou : - Moi j'étends en lissant bien, je plie bien et pas besoin de repasser... Enfin, à part les chemises de MaB... La nappe et les serviettes aussi, ça fait plus clean quand on invite du monde.
MaM : - Je repasse les draps et les serviettes de bains aussi, c'est plus agréable et plus doux.
K : - Les draps, quelle galère !
MaM : - Nan, c'est un coup de main à prendre...
K : - Ouais...
MaB : - Mouais, bof...

Ce que je ne savais pas, c'est que ce petit échange verbal tout à fait anodin ferait tant de chemin dans le cerveau, pourtant déjà bien chargé, de ma femme.

Quelques jours après ce week-end, j'étais sur le PC en train de surfer tranquillement, lorsque je vois Kanou débarquer avec sa panière de linge, installer la planche et brancher le fer... Au début, j'ai cru qu'elle me faisait une blague. Mon intérieur a réagi en silence mais avec force : "non, dîtes moi que je rêve, elle va pas repasser devant la télé là ???!!!".

Et si elle l'a fait ! Merci maman !

Et elle le fait désormais après chaque lessive...

La suite des aventures le 19 avril, où pour la première fois en 37 ans, mes parents viennent déjeuner chez moi et où pour la première fois depuis plus de 4 ans, ils viennent chez nous... On vous racontera !

Du coup, je me sens curieuse. Ma femme est-elle un spécimen rare ?

Vous repassez devant la télé vous ?

samedi 7 mars 2009

LMFAO, XPTDR, PTDR, MDR, enfin LOL quoi !

Comme vous le savez déjà probablement (il me semble bien avoir déjà écrit deux mots à ce sujet dans une précédente bafouille), je suis une grande admiratrice de ce que l'on peut communément appeler "l'humour nul".

Mais attention, pas n'importe lequel, n'est pas un humoriste nul de talent qui veut. La blague nulle, ça se raconte avec passion, dérision, humilité et grandeur d'âme ! La blague graveleuse et lubrique demande une bonne maitrise de soi et une certaine élégance. La réplique à deux balles ne doit en aucun cas valoir plus cher et le jeu de mot pourri doit donner envie à qui le reçoit de vous applaudir tout en vous traitant d'imbécile. La contrepétrie désolante, quant à elle, n'aura d'effet que si, selon qu'elle soit graveleuse, nulle, pourrie ou très économique, vous appliquez les règles précédemment citées. Croyez-en une professionnelle !

Mais comment décider de la classification d'une blague et ainsi, utiliser le comportement approprié, sans se tromper et faire chou blanc. Quelques règles de bases vous permettront peut-être de parfaire vos qualités et d'éviter bien des désagréments. Comme le gros moment de silence qui peut suivre une blague nulle bâclée et qui vous laissera vous enfoncer dans un sable mouvant gluant de compost sans qu'aucun être charitable ne consente à vous sauver. Ou comme la réaction au combien douloureuse d'une oreille attentive mais dépourvue de compassion qui n'hésitera pas à vous faire savoir qu'elle n'a rien compris. Une blague nulle ne se racontant pas deux fois, celle-ci aura été gâchée pour rien.

Rassurez-vous, en qualité de diplômée "es-nullités en tous genres", j'ai préparé pour vous un petit guide qui vous évitera bien des écueils.

Commençons par la "blague nulle". Elle doit être, soit très courte, soit incroyablement longue. Tout dépend si vous êtes susceptible ou non. La version longue provoque dans la plupart des cas des réactions assez violentes, dont la célèbre salve d'insultes. La version courte, elle, déclenche ricanement ou rires francs, selon si vous êtes face à un amateur ou à un novice. Le ricanement est le minimum exigible. Elle ne doit pas être trop élaborée, plus elle sera simple, plus vous aurez du succès.
Le piège de la blague nulle : trop d'effet tue l'effet, gardez votre sang froid et restez stoïques.
Exemple : Deux pommes de terre sont au bord d'une nationale et doivent se rendre dans le champ d'en face pour aller festoyer avec leurs copines les carottes. Les voitures déboulent à toute vitesse, mais n'écoutant que son courage et son envie de bière, l'une d'entre elle s'élance. Elle se fait rapidement écraser par une camionnette. L'autre la regarde stupéfaite et s'écrie "oh, purée !".


Avec un peu d'entrainement, vous pourrez passer à "la blague graveleuse". Elle doit être coquine, cochonne, voire un peu salasse mais jamais vulgaire, du moins pas trop. Les pires horreurs dites dans un langage soutenue ne sont que plus délicieuses et par conséquent plus drôles.
Le piège de la blague graveleuse : Ce sont souvent les plus connues, donc le risque est que votre bel effet soit avorté à peine la bouche ouverte par un, ou des, "je la connaaaaaais" tonitruant. Evitez la zoophilie qui risque d'ouvrir des conversations et détails que vous n'avez absolument pas envie d'entendre... Pour ma part, j'évite aussi les blagues pédophiles, mais là c'est juste parce que ce n'est pas du tout un sujet qui m'amuse.
Exemple : Qu'est-ce qui est bleu, petit et qui crache des copeaux de bois ? - Un schtroumph qui vient de faire une fellation à Pinocchio !! (mouaaaahhaaaa)


Là, vous commencez à vraiment maitriser l'humour pourri, prêts pour le niveau supérieur : "la réplique à deux balles". Vous pouvez l'inventer ou tout simplement vous approprier un extrait de film, de sketch ou de livre que vous aurez retenu pour pouvoir le placer un jour. L'idéal est de ne pas la préméditer, car la réplique a deux balles n'excelle que dans le naturel. Et c'est là que votre sens de la répartie doit être à la hauteur de votre talent.
Le piège de la réplique à deux balles : attention à ne pas vous faire trahir par un regard rieur et pensez à employer les mots justes. Sans quoi, on risque de penser que vous êtes vraiment unE abrutiE finiE.
Exemple : ma mère me demande au téléphone, il y a quelque temps, où nous en sommes dans notre projet bébé (dans le dialecte de ma mère, ça veut dire :"alors, quand est-ce que je suis grand-mère bordel?). Je lui réponds : "ben écoute, j'essaye depuis quatre ans. Je me donne à fond, je fais vraiment de mon mieux, mais pas moyen, j'arrive pas à la mettre enceinte !".



Vous voici enfin au meilleur de votre forme, lancez-vous dans l'exercice le plus difficile : "la contrepétrie désolante". Choisissez-là simple, il faut que tout le monde la comprenne ! Essayez de la faire courte, trop de mots à mélanger, ça devient presque impossible...
Le piège de la contrepétrie désolante : il en existe des vraiment très osées, j'ai remarqué que ce n'étaient finalement pas celles qui avaient le plus de succès. Vous devez vous adapter à votre public !
Exemple : Quand les nippons bougent, la Chine se lève. (je vous laisse la trouver !)



Voilà, vous savez tout ou presque sur l'humour nul. Il y a aussi les jeux de mots navrant (du genre, "cicéron c'est point carré"), mais aucun entraînement n'est nécessaire pour cet exercice, lancez vous sans retenue !

D'ailleurs, en parlant de blagues, vous êtes du genre comique ou du genre à pas les retenir ? Allez, vous en avez bien une petite à me raconter !

mardi 10 février 2009

Pensons avec notre...

Mercredi dernier, un copain est venu passer la soirée à la maison. Jusque là, rien de très original, j'imagine que c'est le genre de chose qui vous arrive aussi très régulièrement. Sauf que lors de cette soirée, nous avons eu avec lui une conversation qui m'a beaucoup fait réfléchir par la suite. Pas au point qu'une semaine après, j'en sois encore à me triturer les méninges, mais quand même. Le gars en question, un type vraiment très intelligent et très intéressant est hétéro. Vous allez me dire que ça vous est un peu égal et vous n'aurez pas tort, sauf que ça a un rapport avec ce dont je veux vous parler et c'est pour ça que je le précise.

Comme vous le savez (et si vous ne le l'avez pas compris, c'est qu'il y a pas mal de choses qui vous ont échappé), je suis lesbienne. En clair, je n'ai d'attirance sexuelle que pour la gente féminine. Comme vous le savez aussi (et ça, si vous n'êtes pas au courant, vous êtes vraiment bons pour relire ce blog depuis le début !), je suis une lesbienne en couple. Donc, non seulement je ne grimpe aux rideaux que dans des circonstances bien précises citées ci-dessus, mais en plus j'ai jeté mon dévolu sur une de ses dignes représentantes à qui j'accorde toute mon énergie. Je pourrais développer encore un peu plus en disant que je suis une lesbienne en couple, qui vit avec sa compagne, avec qui elle veut faire des bébés, mais là, ce serait vraiment du domaine de l'ultra précis.

Je suis également, ce qu'on appelle dans le jargon dykesque, une "gold". Rien à voir avec le groupe des années 80 qui avait abandonné son capitaine et qui nous emmenait un peu plus près des étoiles. Rien à voir non plus avec la couleur de la médaille autour du cou des joueurs de l'équipe de France de handball. Pas de rapport non plus avec la carte de crédit de Sarkozy. Pour celles et ceux dont le niveau d'anglais ne dépasserait pas celui d'un élève de cours préparatoire qui n'en est qu'à l'initiation (tiens, j'y pense là d'un coup, y a des cours d'anglais en maternelle ?), "gold" se traduit "or". Tout de suite, ça en jette de dire qu'on est une "gold" ! Sauf que ça ne veut pas dire qu'on vaut une fortune, mais qu'on est rare. Les "gold" pour les non-initiés, sont des femmes qui aiment les femmes et n'ont jamais aimé les hommes à part en tant qu'amis, confidents, partenaires de tarot, de blagues, camarades festoyeurs poivrots, copains de galère. En gros, à part coucher avec eux, les "gold" font parfois plus de trucs avec les mecs que celles avec qui ils couchent ! Et croyez bien que, quelque part, pour mes semblables féminines qui elles, aiment la promiscuité d'un corps viril, ça me gène un peu qu'ils ne fassent pas le reste avec elles.

Le gars en question (vous suivez ?), un mec vachement intelligent, je le rappelle, parce que ça a son importance, nous dit alors qu'on parlait de coucheries "moi, je m'en fous de la sexualité des gens". Bon, je vous le fais en résumé, c'était mieux dit que ça et aussi plus compliqué et je serais incapable de le citer dans le texte. Et il rajoute "je ne comprends pas qu'on veuille mettre ça en avant" (sous entendu le fait d'être gay, goudou ou pas). Et là, un éclair transperce mon corps de haut en bas (vu la distance un quart de seconde a suffit) et je me dis "mais, si je veux être tout à fait sincère avec moi-même et pas jouer les faux culs, je suis comme ça, je le mets vachement en avant. Je milite, je revendique, je vais à la Gay pride chaque année, je réclame l'égalité des droits pour tous et soyons sincère, aussi pour moi. Je lis lesbien, j'écris lesbien, je regarde des films lesbiens, des séries avec des lesbiennes. Je suis les blogs et les sites qui me régalent de potins lesbiens (genre Clementine Ford, la fille de Cybill Sheperd qui s'est outée récemment ou Cathy de Buono qui est en couple avec Jill Bennett, le "voici" lesbien quoi). Mes amies femmes sont presque toutes des lesbiennes et les hommes aussi quelque part. J'ai un Kama Sütra lesbien et un gay flag chez moi. Je suis une fan du Ellen de Generes show, ma chanteuse préférée est Melissa Etheridge. Ouf, je n'aime pas le tofu et je ne fais pas de camping vélo !".

Et pourtant, je suis bien d'accord avec lui, parce que dans le fond, je me contrefous de savoir que les gens aient une sexualité ou pas et avec qui ! Vous pouvez bien être hétéros, homos, assexués, du moment que vous vous éclatez et que vous êtes heureux, ça ne m'intéresse pas plus que ça.

Alors pourquoi ce besoin identitaire ? Cette nécessité absolue de me rallier à un groupe, à une communauté ? Pourquoi chercher chez les autres ce que j'ai déjà, après tout, chez moi ? Une semaine plus tard et je n'ai encore trouvé aucune réponse à toutes ces années de militantisme chevronné. Je ne sais toujours pas pourquoi je me sens aussi attirée par mes semblables.

La seule piste à peu près potable que j'ai pu déceler est que peut être, la visibilité dont nous profitons aujourd'hui est largement plus importante que celle qui existait quand j'étais en âge du besoin d'identification. N'ayant pu m'alimenter à ma faim lorsque j'étais adolescente ou jeune femme, je suis surement plus boulimique qu'il ne le faudrait.

Il y a dans les romans lesbiens, incontestablement, des choses qui, au delà de l'aspect communautaire desdits romans, me parlent plus. Il est plus facile pour moi de me sentir proche d'un personnage qui vit parfois ce que j'ai moi-même vécu.

Il y a aussi dans les séries et les films, des clins d'oeil à des bonheurs ou des souffrances qui, même si ce n'est que dans le passé, me parlent.

Il y a dans ces potins qui n'ont pas le moindre intérêt, une façon honnête d'assumer ma curiosité en y donnant une bonne raison.

Pour le reste, disons que ce sont tous des très bons souvenirs ! Tiens, si j'étais jeune, là, je me mettrais un petit lol pour me remercier de ma blague, lamentable...

J'ai réussi à soulever une autre pierre, après mure réflexion.

L'homosexualité est bien plus banalisée aujourd'hui qu'elle ne l'a été par le passé. Etre lesbienne dans les années 80/90, c'était pas vraiment le pied. J'ai enduré pas mal de moqueries, de leçons de pesudo-morale à faire suer le plus vaillant des porcs, j'ai essuyé quelques attaques frontales et bien plus encore d'attaques dorsales.

J'ai fêté le retrait de la liste des maladies mentales de l'OMS en 91, assisté à une Gay Pride où nous n'étions que quelques milliers dans Paris, et où nous nous cachions sous les banderoles pour éviter les canettes de bière, vides, heureusement. J'ai parlé, diffusé, je me suis donnée corps et âme pour que les gens comprennent, enfin, que le sida n'était et n'est pas une maladie de pédés !

Je me suis fait virer par un de mes premiers employeurs soit disant parce que je ne parlais pas l'allemand (sachant que j'avais été embauchée un an plus tôt pour mon anglais et mon espagnol...) et en réalité, je l'ai appris par la suite, parce qu'une des employées a été lui balancer que j'étais homo (ce qu'elle tenait de quelqu'un qui m'aurait vu avec une fille) et que non, on ne peut décemment pas travailler avec des gens qui ont ce vice. Elle a probablement eu peur que j'en veuille à son petit derrière. En plus, elle ne me plaisait même pas, pfff.

J'ai du aussi effacer quelques graffitis aussi poétiques que les dialogues d'un film porno sur ma boîte aux lettres.

En clair, il m'apparaît évident que si on a du endurer pas mal de coups bas, on en devient peut être plus attachée à son identité, plus impliquée dans une forme de revendication, alors que oui, une fois de plus, je suis convaincue qu'il n'y a rien à revendiquer.

Et toi, lesbienne ou hétéro qui lit ces quelques lignes, te sens-tu porte-drapeau ? Ou suffisamment certainE que les choses évoluent et qu'il ne sert plus à rien de se sentir concernée ? Es-tu une addict des représentations de ta communauté ou non ? Enfin, qu'est-ce que t'en penses, toi, de tout ça ?

mercredi 28 janvier 2009

MaB décolle...

Comme beaucoup de namoureuses et de namoureux, ma chérie d'amour me gratifie régulièrement de délicieux sobriquets. Non, contrairement à ce que vous pourriez imaginer, elle ne m'appelle pas MaB. MaB c'est juste mon pseudo pour le mot d'ordre et les autres blogs que je visite très régulièrement (même si je dois l'avouer, y a un gros laisser-aller au niveau des commentaires, je vous ai à l'oeil les bloggueurs et bloggueuses...).

Ces petits noms qu'elle déniche au fin fond de son cerveau d'intello-maniaco-inventif sont des plus originaux. De sa bouche ne sortent que des néologismes savamment érigés à la gloire de son amour. Jamais pareil sort ne m'a été réservé, habituée que je fus des classiques prétendus indémodables que sont les "mon amour", "ma chérie", "mon coeur"...

Bien qu'habituée à inventer des histoires et à les écrire, je ne suis en la matière que peu créative et m'approprie le plus régulièrement les classiques sus-cités.

Il lui arrive aussi de se laisser aller à une appellation peu originale, à savoir le diminutif le plus répandu de mon prénom, mais comme tout le monde (ou presque) m'appelle ainsi, elle ne l'utilise qu'avec parcimonie.

Le premier "petit-nom-d'amour" (je le nommerai désormais PNDA, pour plus de concision) qu'elle m'a attribué était "ecuodam". Je sais, lu comme ça, vous ne voyez pas trop où se cache la tendresse, d'autant qu'à l'oreille, c'est un peu agressif comme mot. Mais lisez le donc à l'envers pour voir et vous chavirerez face à tant d'élan romantique...

Je l'aimais bien celui-là, c'était un peu le code secret de notre histoire. Un mot qui, à priori, ne veut rien dire du tout et que moi seule comprenait.

Inutile de préciser ce qui m'a valu ce PNDA, je ne m'étendrai pas ici sur les détails de notre vie sexuelle.

Puis, il y a eu "mon amour d'amour". Celui-ci, je le trouve exquis, car c'est ainsi que ma grande timide remplie à ras-bord de pudeur me dévoile ses sentiments. Elle pourrait m'appeler de cette façon des milliers de fois que je le prendrai en plein coeur comme une grande première, inondée de surprise et d'inattendu.

"Mon canard" revient également titiller mon oreille de façon assez régulière.

Ce PNDA est né à cause d'une blague nulle et lourde à souhait de mon cru (comme je les aime...). Je vous explique. Chaque fois que je vois un nombril, je ne peux m'empêcher de lui dire : "t'as vu, elle aussi, elle s'est fait tatouer un canard. Mais ils ne lui ont fait que le trou du cul !" (Mouahahahaha). Je sais, ça ne fait rire que moi... Je paye aujourd'hui très cher mon humour de bas étage. Car non seulement il m'a permis d'hériter de ce PNDA, mais en plus, il n'est pas rare qu'elle mette son doigt dans mon nombril en me suscurant à l'oreille qu'elle vient de sodomiser mon canard... Ca m'apprendra à vouloir faire ma maligne !

Dans la série animalière, il y a eu en son temps des "mon lapin" et le remarquable, le cucul à souhait, "mon petit poussin" !

J'ai eu aussi l'honneur probablement tout à fait unique d'un "ma pisse". Surprenant, déroutant même. Mais rassurez-vous, nous ne sommes pas adeptes d'urologie, sa langue avait juste fourchée ce jour-là. Pour une fois, elle se la jouait classique, mais son "ma puce" verbalisé mélangé à son "ma biche" intellectualisé, ont ripé et se sont retrouvés dans la cuvette...

En ce moment, je suis son "petit bi-moteur".

On pourrait croire que ce PNDA est du à mon énergie débordante lorsqu'il s'agit de pimenter notre vie de couple et de nous offrir une bonne tranche de plaisir. Et bien, non. C'est beaucoup moins romantique, même si le ton sur lequel ce sobriquet m'est donné est d'une douceur absolue. Avez-vous déjà entendu le son mélodieux d'un bi-moteur au décollage ? Et bien, c'est à peu près le bruit que fait mon nez pendant mon sommeil.

Une nuit, elle m'a même appelée de son portable sur le mien pour m'enregistrer... Le lendemain matin, j'ai découvert sur ma messagerie le grognement d'une bête sauvage accompagné de sa jolie voix qui me chuchotait :" il est trois heures du matin et tu ronfles fort, très fort... Mais je t'aime quand même...".

Si elle se lève plus tôt que moi (ce qui arrive assez souvent en semaine), elle peut m'entendre jusqu'à la porte au bout du couloir qui se trouve à environ sept mètres de notre chambre, qui elle est très légèrement entrouverte...

Parfois, lasse de l'inefficacité des bouchons d'oreilles et ne parvenant pas à trouver le sommeil dans pareille cacophonie, elle fuit, son oreiller sous le bras, dans la chambre d'amis. Et c'est dans un grand lit froid que je m'éveille seule, punie, coupable de l'avoir reléguée au matelas de quatre-vingt centimètres de large alors que je me suis étalée en diagonale sur un mètre soixante... J'ai vraiment beaucoup de chance, parce qu'elle est très patiente !

Voilà donc pour les PNDA les plus fréquents, auxquels viennent se greffer des regards, des gestes qui eux se passent bien des mots pour parler d'amour.

Et vous, comment il/elle vous appelle ? Allez, ne soyez pas si timides, on ne le répètera pas, c'est promis !

lundi 5 janvier 2009

Pleines de bonnes intentions...

Je vous l'ai certainement déjà dit, mais c'est nouvelle année, donc on reprend tout à zéro. Ce qui m'autorise à me répéter en ayant l'étrange sensation de l'écrire pour la première fois : ma femme est parfaite.

Quand je vous dis "parfaite", il ne s'agit pas là de faire l'éloge de son physique à faire chavirer toute âme sensée, même si, en effet, le naufrage serait inévitable, ou de souligner son génie et ses capacités intellectuelles démesurées, même si, en effet, elle est dotée d'une intelligence largement supérieure à la moyenne. Non, je ne veux pas juste ajuster un piédestal sur lequel elle trône déjà depuis un moment. Ce ne serait, vous en conviendrez, absolument pas objectif. Difficile d'imaginer que je puisse être follement amoureuse d'un laideron atteint de bêtise absolue. Par ailleurs, elle n'est ni surnaturelle, ni programmée et équipée d'un logiciel et a donc quelques petits défauts (si si...).

Quand je vous dis "ma femme est parfaite", comprenez plutôt que je parle là de celle qui m'accompagne, me supporte et m'aime au quotidien. Et dans ce rôle, oui, je peux l'affirmer sans détour, elle est au top : zéro défaut !

Attentive, aux petits soins, toujours prête à m'épauler en toutes circonstances. Souriante et drôle quand il y a lieu de l'être et juste là, quand il est préférable de la mettre en veilleuse. Là aussi, pour me tenir la bassine alors que je me vide généreusement, pour me veiller la nuit, les vêtements à portée de mains en cas de départ hâtif pour les urgences hospitalières, pour me faire un petit bouillon bien chaud, histoire que j'avale quand même quelque chose. Là aussi, quand rien ne va plus, pour me rappeler que je dois quand même gérer certaines choses. Là enfin, quand je me tords de douleur, pour caresser mon front en m'apaisant de ses mots doux.

En voilà une qui n'a pas eu besoin de passer devant Monsieur le Maire pour me promettre de m'aimer et de me soutenir dans la joie et la tristesse, la richesse et la pauvreté, la bonne santé et la maladie, pour le meilleur et pour le pire. Point de balivernes et de mots surfaits aussi inutiles que des recommandations trop bien intentionnées, laissons place à l'action. Et pour le coup, elle ne s'encombre d'aucun artifice. Pas de romantisme baveux, pas de petits coeurs dans les yeux, mais elle est là, elle agit.

Mais ce n'est pas le propos du jour, disons plutôt une aparté. Un élan d'amour, déguisé en merci, que je lui adresse devant vous.

Comme vous l'avez très certainement remarqué et si ce n'est pas le cas, je vous conseille de consulter très rapidement un psychiatre, nous sommes désormais en 2009. Donc, cette année, si vous voulez jouer les people branchés, il faudra vous marier le 09.09.09.

J'en profite pour vous souhaiter à tous et à toutes une très bonne année. Que cette nouvelle et dernière unité, avant d'attaquer une dizaine, vous apporte son énorme lot de bonheur et de réussite !

A chaque nouvelle année, la coutume veut que l'on dresse une liste de bonnes résolutions. Comme je suis une femme de traditions, je ne peux décemment échapper à celle-ci, qui, je dois bien vous l'avouer, est une de mes préférées ! Et cette année, vous serez mes témoins, libre à vous de venir relever les compteurs le 5 janvier 2010 !

J'ai pour habitude avant de les prendre à bras le corps, de me fixer un chiffre, qui constituera le nombre de résolutions pour l'année à venir. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en ai pas la moindre idée, mais ça fait un bail que je fais comme ça !

Pour 2009, j'ai choisis le chiffre 12 (comme les douze mois de l'année, les douze planètes du systèmes solaires, les douze salopards, les douze travaux d'Hercule ou les douze jours du Festival de Cannes...). Et sachez qu'en 2008, elles étaient au nombre de 7 et que je les ai presque toutes tenues, sauf celles que je remets en n° 7 cette année !

Résolution n° 1 : Solder toutes mes dettes. No comment.

Résolution n° 2 : Perdre 7 kilos. Sur une année entière, c'est gérable !

Résolution n° 3 : Me pacser avec ma bien aimée. Depuis le temps... il serait temps justement.

Résolution n° 4 : Accueillir dans notre tribu un ou deux membres supplémentaires. Ben, on sait jamais, si c'est des jumeaux !

Résolution n° 5 : Prendre sur moi pour freiner ma procrastination. Ca, c'est pas une résolution, c'est un vrai défi !

Résolution n° 6 : Economiser des sous pour faire un voyage aux Etats Unis en 2010. San Francisco, Los Angeles, j'arrive !

Résolution n° 7: Me faire publier. Je devais en 2008 et puis ça ne s'est pas fait, mais, je ne lâche pas l'affaire...

Résolution n° 8 : Savoir jouer un morceau entier en niveau Moyen sur Guitar Hero. On y croit...

Résolution n° 9 : M'investir plus dans la vie de la cité (association, parti politique).

Résolution n° 10: Apprendre une nouvelle langue étrangère. Je pensais à l'italien, pourquoi pas ?

Résolution n° 11 : Faire du sport. Eugh, pas trop quand même...

Résolution n° 12 : Apprendre à jouer d'un instrument de musique. Je pensais à la guitare. J'ai toujours voulu savoir jouer de la guitare.

Voilà, ne me reste plus qu'à m'y tenir !

Et vous, vous en aviez prises l'an passé ? Vous avez rempli les objectifs ? Et pour 2009, qu'en est-il ?

mercredi 17 décembre 2008

Deux (d'eux) de couple

Si vous vivez en couple, sauf à ce que vous soyez un spécimen rare, ce qui, somme toute, ne m'étonnerait que moyennement (oui, je sais que chaque lecteur de ce blog est une espèce unique), vous ne fréquentez que, ou presque, des couples.

Bon déjà, il faut, pour être considéré en tant que tel, vivre sous le même toit. Surtout si vous êtes lesbiennes. Pourquoi ? Tout simplement parce que la durée de vie d'un couple de lesbiennes se calcule en années de vies d'un chien. Si vous roucoulez depuis un mois, c'est sept mois de relation hétérosexuelle que vous avez purgée, si c'est trois, ça fait carrément un an et neuf mois et il est grand temps d'envisager votre cohabitation !

Bref, si vous réunissez l'ensemble des critères pré-cités, à savoir vivre à deux, ensemble, au quotidien, avec le doux et naïf sentiment que c'est bien là le but ultime de votre présence sur terre (bon, vous avez le droit de ne pas être lesbienne, je ne vous en tiendrai pas rigueur. Ca marche aussi avec les gays et les hétéros), vous devez avoir remarqué que, à une ou deux exceptions près, vous ne fréquentez que des couples !

Mais je vois déjà les tambours de machines à laver mouliner dans vos cerveaux et vos doigts fins prêts sur le clavier pour d'une carresse, m'offrir la pertinente répartie. Oui, je le concède, c'est un peu comme quand on a une voiture rouge et qu'on a l'impression que tout le monde a copié ou comme quand on a un épagneul et que soudain la population d'épagneuls semble avoir subi les effets d'un baby-épagneuls-boum inexpliqué. Bref, c'est une vue de l'esprit. Mais, pas seulement, l'esprit peut aussi avoir une bonne vue et si j'en crois mon expérience personnelle, malgré une myopie particulièrement tenace, j'y vois bien là une vérité indéniable.

Tantôt amis, connaissances ou membres de la famille, ces couples hantent notre quotidien ou le désertifient, c'est selon.

Je vous les présente ? Bah, si il n'y a que ça pour vous faire plaisir, allons-y...

Bon d'abord, il y a le fameux couple "d'apnéistes". Ils s'entraînent dur, à tel point qu'ils ont oublié que l'amour c'est super sympa, mais que la respiration c'est essentiel. En général, il s'agit d'un jeune couple. J'entends par "jeune couple", une durée de relation et non le temps de vie déjà parcouru des partenaires, l'âge du capitaine n'a rien à voir là dedans. Quoique... Bref, ce jeune couple fougueux ne manque pas la moindre occasion, seul ou en public, pour étaler son bel amour tout neuf. La galoche est fougueuse, le contact buccal quasi-permanent et surtout, si d'aventure, vous tentez d'échanger quelques mots, dans un élan de témérité pareil à celui de Guillaume Tell, contraint de viser en plein coeur une pomme solidement accrochée à la tête de son père, il vous en coutera de supporter des interludes ruisselants de bonheur exubérants toutes les deux phrases. Mais, bon, ce couple là, je lui pardonne son extravagance parce que bon, je dois bien l'avouer, j'ai moi aussi risqué de contracter la mononucléose à force de baisers.

Laissez-moi maintenant vous rappeler le couple "d'hypocrites". Celui-là, vous ne le croisez qu'en soirée d'anniversaire ou lors de repas organisés par des amis d'amis d'amis (parfois les liens d'amitié vous perdent autant que les descendances généalogiques, qui de la cousine de la belle-mère qui est la tante, bien entendu, du cousin germain par alliance... ça va pour tout le monde ? vous suivez ?). Ce sont ceux qui par devant sont ébahis par votre humour et votre aptitude innée à la fête et qui, vous l'apprendrez plus tard, vous ont trouvé ridicule et insupportable, lors de la soirée de machin et que, franchement, c'est quand même affligeant de se mettre une misère pareille. Et ce sont les mêmes, bien souvent, qui vous promettent de ne plus attendre que le hasard nous mette sur le même chemin, mais de vous inviter, très bientôt, très très bientôt. N'ayez crainte, vous les recroiserez, bidule fête son anniversaire dans six mois !

Ah, qui n'a pas son couple de "boulets" ? Celui-là, il vous colle à la peau comme une bernique à un rocher ! En général, il se compose de deux personnes d'une gentillesse insupportable. Oui, le couple de boulets vous aime et comme vous n'êtes pas si méchants que ça, vous ne parviendrez jamais à le détester. Sauf que, au bout de deux minutes de conversation, vous ressentirez un profond besoin de sommeil. Sauf que vous n'avez aucun point commun, à part celui d'être également en couple. Mais si vous n'êtes pas avares en excuses, ils sauront comprendre que votre emploi du temps surchargé ne vous permet pas de vous libérer en dehors des grands évènements et que c'est pour ça que vous ne les rencontrez qu'une ou deux fois par an, par hasard.

Dans le genre couple que l'on croise occasionnellement, il y a aussi le couple "caricatural". Elle, maquillée comme si une poursuite allait l'encercler de son halo de lumière dès son entrée dans la pièce. La star, habituée aux projecteurs, a tout prévu et son visage reste hermétique à la froideur de la lumière blanche. Difficile de deviner quelconque pâleur sous une couche de trois centimètres de fond de teint marronâtre. Elle ne manquera pas de vous faire remarquer la charmante petite chose qu'elle a dégoté pour ladite soirée, à savoir sa robe toute neuve et encore marquée par le pliage. Elle vous parlera de ses dernières vacances avec son chéri, en Afrique du nord, au club. Elle n'oubliera pas de s'indigner en évoquant la pauvreté et l'affreux manque d'hygiène dont souffre la population locale. Elle vantera les qualités du Club, ses prestations, son personnel. La piscine, les cocktails divins, la gentillesse du personnel, l'humour des G.O., l'excellent choix des excursions, les structures sportives, la discothèque immense et incroyablement décorée et surtout, elle vous invitera à venir visionner très bientôt les mille photos qu'elle a prises (vive le numérique ! Parfois, je regrette l'existence de l'argentique, c'était quand même plus sélectif...).

Lui, ZEBOGOSS, le piège à filles incarné, l'assurance d'un pitbull face à un caniche nain, le rasé de près tout frais qui s'asperge de déodorant, parce que les publicités disent toujours vrai et que ça lui donne un sex-appeal fou dans les ascenseurs. Le maître à penser du couple, qui n'hésitera pas à dire que les femmes ne devraient pas voter parce qu'avec des conneries pareilles notre société occidentale bien structurée va chavirer. Il a voté pour Sarko et ne s'en cache pas, c'était par dépit certes, non, ne te fâche pas, mais une femme président de la République, faut quand même pas pousser ! Il avouera à demi-mots que les américains ont élu un noir et que donc, il serait pas impossible qu'on finisse avec une gonzesse à la tête de l'état. Il s'y prépare, il est à fond. Et si un audacieux venait à lui rappeler que sa femme a aussi le droit de vote, il rétorquera, dégueulant de fierté, qu'elle ne vote jamais. Pas de risque. Ouais, pas de risque.

Alerte : ce modèle existe aussi dans d'autres versions. N'hésitez pas à commander nos caricatures gay et lesbiennes !

J'ai une tendresse pour celui-ci : le couple des "ex". Kesako ? Que je sois claire, ce couple n'a ce nom que parce qu'il est en binôme. Il n'y a entre ces deux-là aucun vice de la chair. Il y a eu par le passé et à les entendre, c'était même assez sympa. Mais non, il était inutile de se voiler la face, en tant que "couple" ça ne collait pas. En tant que "duo" en revanche, ça cartonne. Et à part l'exotisme de mises en scène torides, le reste a été mis sous cloche et s'éternise sous une forme d'amitié-amoureuse digne d'une relation epistolaire du XVIIIème siècle. Ce couple des ex peut de temps à autre, s'avérer être en réalité un couple "tout bénéf". Parce qu'on aime les deux, qu'individuellement, ce couple existe encore et qu'on aurait regretté que leur séparation entraîne leur absence. Et se charrier sur les nouvelles relations fait partie du lot, mais c'est juste pour faire rire l'auditoire, qui finit par se demander si ces deux-là ne finront pas par se remettre ensemble !

Inévitable, essentiel : le couple de la "famille". Un des partenaires est votre frère, votre soeur, votre cousin germain, ou même une cousine éloignée. Mais vos liens n'ont rien de ceux qui unissent les co-descendants sanguins. Ils vont au-delà de la simple appartenance à une même tribu. Vous partagez des valeurs, des affinités, une certaine vision de la société. Ensemble, vous vous comportez plus comme s'il s'agissait là de deux couples d'amis qui s'apprécient particulièrement. Si bien, que vous créerez probablement la surprise en avouant cette filiation commune aux autres. Vous aimez passer du temps avec eux, individuellement ou à deux. Vous parlez avec plaisir de tout et de rien. Sauf, et c'est là que le lien familial ressurgit, de vos relations respectives. Ou, tout au plus, juste des choses assez positives. Parce que vous avez conscience malgré tout de la particularité de ce lien. Certaines exceptions confirment la règle, mais le poids de la famille n'allège pas celui du secret.

Enfin, le couple de "jumelles/jumeaux". Vous vous ressemblez tant que c'en est troublant. Pas forcément physiquement, l'équipement corporel n'ayant que peu d'autorité dans l'incroyable aventure qu'est l'amitié. Ce couple là, est une jouissance absolue, le zénith de vos attentes, l'irrésistible assouvissement du pare-feu à des vies asesptisées. La complicité vous offrira de découvrir des centaines de similitudes, au point que vous vous adonnerez avec simplicité au jeu des sept erreurs. Mais en quoi sommes-nous vraiment différentes ? Vous ressemblerez tantôt à l'une, ou à l'autre, plaisantant de ces petits défauts similaires ou vous galvanisant de ces grandes qualités que vous avez su pareillement développer. Pour autant, et vous le savez, les couples ne sont pas interchangeables, car vous ne pourriez envisager l'amour avec l'une ou l'autre, puisque la gémellité alterne, avec une légèreté généreuse, de l'une à l'autre et que votre couple n'est pas la reproduction exacte de vos jumelles/jumeaux. Mais cette ressemblance croisée et aléatoire est une ode permanente à l'amitié. Et quoiqu'il arrive, même si vous perdez pied et que vous coulez à pic dans la marmite de vos emmerdes, ce couple sera là. A vous aider à frapper du talon pour regagner la surface, à vous couvrir de sourires et de mots réconfortants, à vous faire rire jusqu'à vous en coller des crampes.

Je passe rapidement sur les "warriors", qui en sont à leur cinquième rupture/reprise, les "monomaniaques" qui ne peuvent se passionner que pour une seule obsession et qui en abreuvent toute oreille attentive, les "total aware" qui couchent à droite et à gauche, à deux, à trois, à dix (plus on est de fous, plus on s'amuse), les "couci-couça" qui ne savent pas trop bien si leur affaire va durer, les "barbapapa" qui sont à fond dans l'instant et qui se transforment selon la circonstance, les "AA" qui descendent la bouteille de tequila à deux et déclament leurs blagues graveleuses comme autant d'incantations, les "j'ai pas d'amis" qui ne vivent qu'à deux en autarcie et pensent que le reste du monde constitue leur décor, les "zoo tendance" qui élèvent une ménagerie dans leur deux pièces de 35m², les "papa/maman" (ou maman/maman ou papa/papa) qui pensent que leur progéniture est le centre du monde et que la terre n'est que son espace de jeu, les "bandes lovers" qui ne se retrouvent qu'entre eux et tolèrent d'autres existences inutiles.

Les "so..." sont pas mal non plus.

La "so lesbian" pratique le soft ball, part en rando-vélo avec sa compagne dans les Landes, suit les conseils avisés de Valérie Damidot et se préserve, en insistant peut-être un peu trop, de la société de consommation. Ses meubles, ce sont les suédois qui lui fournissent, ou le hasard d'une brocante.

Les "so straight", se marient en juin, auront leur premier en janvier, partent à la Baule avec les beaux parents chaque été, sont inscrits à une salle de gym, ont un chien et des peignoirs assortis avec "lui" et "elle" brodé de fil bleu et rose.

Le "so gay" habite un petit deux pièces avec terrasse en plein Paris avec son petit cul préféré, regarde "un diner presque parfait" avec passion, passe ses vacances dans un gîte gay où il redécouvre chaque année les plaisirs de l'infidélité, pleure en écoutant du Tchaîkovski, est capable de te citer du Emily Dickinson ou du Rimbaud dans le texte, a pris sa carte d'abonnement à Beaubourg ou au Grand Palais et va "faire un tour rapide" de la FIAC pour s'imprégner des nouvelles tendances.

Le tour est fait et j'espère n'avoir oublié personne.

Mais quel est votre couple ? Quel est le mien ? Je l'avoue, j'ai surement parfois été chacun d'entre eux... à une ou deux exceptions près...

Et vous ?