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vendredi 22 juin 2012

Cette année, j'ai testé pour toi...

Après mes six années de pionne d'assistante pédagogique, je me suis retrouvée au chômage en septembre. Ça a duré presque trois mois. J'ai du passer par la case Pôle Emploi... ce fut épique (je te passe les détails, mais deux contrats à mi-temps dans le même établissement, ça a fait bugger les logiciels du Rectorat pour les attestations employeur... j'ai touché la fin de mes indemnités début janvier... épique).

Et puis, vu que j'avais proposé mes services au Rectorat, j'ai passé un entretien avec un inspecteur d'Histoire-Géographie (oui, parce qu'avec mon DEA de géo, je n'allais pas non plus postuler en maths ou en physique...)(quoique...). Il a estimé que j'étais apte pour enseigner à des petits morpions collégiens. J'ai attendu quelques semaines, et enfin, j'ai été appelée pour un remplacement au collège bourgeois. Un trimestre pour me mettre dans le bain, une formation tardive fin janvier pour apprendre à monter un cours. Du coup, au début, je faisais des cours de merde, mais sans vraiment le savoir. Après cette formation, je faisais toujours des cours de merde, mais au moins, je m'en rendais compte ! Note l'efficacité d'une formation de 48h. L'avantage de ce collège et de ces élèves, c'est qu'au niveau de la gestion de classe, c'était plutôt tranquille.

Un jour, la prof que je remplaçais est revenue... j'ai donc été appelée pour de nouvelles aventures. Au collège tout neuf cette fois. En ZEP. Niveau ambiance de classe, rien à voir. Autant j'ai amélioré mes préparations de cours (oui, oui, je me suis auto-formée, j'ai appliqué aussi tous les bons conseils que mes collègues avaient pu me distiller), autant j'en ai bavé des ronds de chapeau pour tenir mes élèves. Le troisième trimestre fut chaud. Bouillant même (à défaut d'été). L'avantage du collège tout neuf, c'est le matos disponible (genre vidéoprojecteur ET tableau numérique), et aussi la salle des profs. Unie, dynamique et motivée (au collège bourgeois, c'était plutôt chacun pour sa pomme, dépression et balance)(oui, la principale du collège bourgeois avait eu vent que j'avais dit que je ne ferai pas d'heures supplémentaires non payées... finalement, j'en ai fait une partie de mon plein gré, mais j'ai quand même été convoquée dans son bureau pour une mise en garde)(t'as vu l'ambiance chaleureuse).

Bon. Il n'empêche que j'ai eu droit à un vrai baptême du feu... insultes (j'ai eu droit notamment à un "grosse vache"... mais aussi à des excuses devant les parents et la principale adjointe, après, le môme s'est tenu à carreau), menaces, chahut désorganisé, bagarre en classe (avec coup de poing et sang qui coule)(mon petit cœur a pris un peu cher ce jour là... je ne sais pas si mon cardio était déjà monté si haut...), refus de travailler, bavardages, propos racistes, et souvent parfois, j'ai eu envie de quitter ma salle en courant pour me réfugier dans le cabinet d'histoire (à ne pas confondre avec les toilettes). J'avoue que j'ai rarement hésité à prendre des jours enfant-malade (genre 3... ou 4 grand maximum, hein)(j'suis pas une tire au flanc non plus)(je précise, parce que j'en vois là-bas qui commencent à lever les sourcils, tout ça). Mais je n'ai pas lâché, j'ai même réussi à avancer dans le programme (ce qui fut héroïque compte tenu du retard accumulé les deux premiers trimestres et de l'ambiance de travail). Même, j'ai osé tester d'autres façons de travailler avec les élèves (j'ai obtenu d'excellents résultats d'un travail en autonomie en groupe de 2-3 élèves... fin c'était carrément plus calme et agréable de travailler dans ces conditions)... un autre trimestre, et c'était presque bon !
Nan j'déconne.
Et comme j'ai eu la bonne idée d'être admissible fin septembre au concours de prof des écoles, j'ai du aussi préparer mes oraux.
Tout ça en même temps. Plus Sapinou. Plus la maison. Plus un tout petit peu de vie sociale, parfois.
Autant te dire qu'au niveau du développement personnel, je n'ai pas tellement avancé cette année... à part un petit entrainement de hand de temps en temps ou bien un footing (j'ai du faire ça 1 ou 2 fois, histoire de dire que j'avais préparé mon épreuve d'EPS).
Je ne te parle pas de notre vie de couple avec MaB qui a pris genre un peu cher depuis la naissance de Sapinou...
Bref. J'ai préparé un concours en étant prof même pas titulaire à plein temps.

mercredi 21 mars 2012

Oups... boulette again

Rien à voir avec mes boulettes passées (tu te souviens... ça fait un bail... là), mais je dois dire que je suis une spécialiste dans mon domaine.

Comme je te disais, depuis 15 jours, je suis sur un nouveau poste de prof d'histoire-géographie au collège Tout Neuf, dans une banlieue résidentielle mais néanmoins prioritaire (je n'ai pas tout compris, mais apparemment, le bahut aurait déménagé du pied d'une cité pour un quartier pavillonnaire, sauf que les élèves d'avant ont aussi déménagé avec les murs...).

Lors de mon entretien avec ma nouvelle cheffe, la Principale du collège Tout Neuf, la prise de contact téléphonique s'est super bien passée. Coup de fil de ma part à 11h, rendez-vous pris pour 14h, et arrivée en avance à 13h45, histoire de faire le plus bel effet (j'avais même pris le temps de remettre un petit coup de déo et de me laver les dents, c'est dire !).
Donc, on discute, ça se passe bien, je lui raconte vite fait mon cv, et surtout ma précédente expérience professionnelle de remplaçante, la seule et l'unique.
Et là, elle me balance un "Oh mais vous êtes toute jeune !!!", sur le ton de la blague.
Moi, de lui répondre, avec un grand sourire "Oh, mais tout est relatif !".

"Tout est relatif"... elle a du se prendre ça dans les gencives, la quinqua-sympa.
Mais c'était une répartie cinglante tout à fait involontaire (j'suis comme ça, ça sort tout seul, faut pas m'chercher).
Je ne sais pas, j'aurais pu lui répondre "oh vous savez j'ai quand même 32 ans, hein !" (oui, ça me fait bizarre moi aussi de l'écrire, mais je ne dis pas souvent mon âge, à part pour acheter des bougies, et encore... maintenant, on met des chiffres, on a plus de souffle), mais non...
L'entretien a suivi son cours sans encombre, et j'ai signé mon contrat le lendemain.

Sur le coup, je ne me suis rendue compte de rien, j'étais à fond.

Après coup, j'étais mal... même si c'est toujours un peu vexant de limite demander si on est majeure (ça fait longtemps qu'on ne me l'a pas fait parce qu'avec les valoches que je me traine depuis quelques mois, je fais plus mon âge, mais on m'a déjà demandé ma carte d'identité pour entrer en boite, je devais avoir 25 ou 26 ans)(la haine, quoi)(j'crois que je suis entrée gratos tellement j'ai gueulé), ça l'est encore plus de se faire indirectement traiter de vieille par une grande conne au look d'animatrice de mon genre (quoique, j'ai remisé les chaussures de rando pour des chaussures en cuir)(oui, et si j'ai le concours, même que je m'offrirai peut-être une sacoche en cuir, aussi)(j'ai toujours les locks, mais elles sont propres et attachées).

Mais bon, ça fait presque 10 ans (9 ans, pour être précise) que j'ai eu mon DEA, merde ! Donc ça pourrait faire presque 10 ans que j'enseigne, en jean-basket qui plus est.
Voilà, elle l'a bien cherché.
Ça ne l'a pas empêchée de renouveler mon contrat jusqu'à début avril (en même temps, vu les élèves un peu bouillants, elle doit être bien contente qu'une jeune remplaçante ne parte pas en courant)(oui, j'en chie un peu pour asseoir mon autorité, même si chaque jour est meilleur que le précédent)(d'ailleurs, si tu as des techniques infaillibles pour jouer au prof méchant, c'est open).
Ouf !

lundi 19 mars 2012

Bien à vous

Je ne sais pas toi, mais moi, lorsqu'un mail professionnel, à la limite de l'échange purement administratif, s'achève par un "bien à vous", ça me fait mouiller rend toute chose.

Je t'explique.

Mon précédent contrat s'arrêtait le jour de la rentrée, le même jour que la reprise de la prof remplacée, au cas où elle nous refasse le coup du "je prolonge mon arrêt en ne prévenant que le jour même" (jamais 2 sans 3 qu'ils se sont dit au Rectorat)(oui, elle a fait le coup à la rentrée des vacances de Noël, puis à celle des vacances d'hiver).
Contre toute attente, la prof est revenue (chômage technique pour moi, j'ai pu finir de corriger mes copies et de rentrer les notes dans les bulletins)(c'te chienne est revenue juste pour les conseils...), ça a du remonter dans les tuyaux et 2h après, le Rectorat, en la personne d'une nana très sympathique, responsable des contractuels en histoire-géographie, m'appelle pour me proposer un nouveau poste, à pourvoir de suite.
J'ai donc contacté le collège en question, entretien, contrat signé.
Net, rapide, sans coupure.

Après 3 ans de commission paritaire, j'ai appris à conserver des relations huilées avec les personnels clés. Cette nana en fait partie (elle gère les paies, les contrats, les postes, les suivis administratifs... personnel clé, quoi !), j'ai donc graissé un peu les rouages en lui envoyant un petit mail de remerciements du genre "Comme convenu, j'ai pris contact avec la principale du collège Tout Neuf. Je commence le remplacement demain matin. Merci de m'avoir rappelée aussi vite. Cordialement."
Neutre, précis, huilé.
Et elle de me répondre "Merci pour l'information, votre contrat a été envoyé dans l'établissement, vous pouvez le signer dès demain. Bien à vous."
...
Toute chose, j'te dis.

Enfin, peut-être que c'est une tournure administrative et que je m'énerve pour rien.
N'empêche que.

Bien à toi.


(t'as vu ?)(non ?)(pffff...)