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mercredi 26 juin 2013

Fumisterie

Je m'étais déjà un peu étendue sur la question il y a 6 mois (là), en plein cœur du débat sur le "mariage pour tous"... pour TOUS, oui... pour TOUTES, on repassera.
Déjà qu'on a plus TêtuE.com (là), mais là, cette fumisterie d'égalité des droits du mariage pour tous me donne vraiment la gerbe (j'préfère vomir que garder de la haine en moi, question de principe)(même si je suis plutôt tendance émétophobe).

Je t'explique. Depuis que la loi Taubira a été promulguée, nous nous sommes un peu renseignées, nous, les lesbiennes en couple avec enfant(s), sur les procédures à suivre pour pouvoir être reconnues comme des parents légaux, à deux.
Pour l'instant, le bilan, c'est que pour être reconnues, il faut en avoir les moyens. La justice et l'égalité pour les riches.

D'abord, il faut se marier. 
Jusque-là, rien d'anormal. Tu peux faire un vin d'honneur à la villageoise et au cola discount en jean-baskets, comme un méga-banquet dans un relais-château avec invitation du ban et de l'arrière-ban.

Une fois le mariage prononcé, il faut que la maman bio aille chez un notaire pour y donner son consentement pour que son épouse puisse adopter son ou ses enfants biologiques.
Coût de l'acte tarifé : environ 280€. Mais les honoraires sont libres, et peuvent parfois atteindre les 800€.
Et comme il y a un délai de rétractation de 2 mois, attendre.

C'est là que ça se corse, lorsque tu dois prendre rendez-vous avec un avocat spécialisé dans les affaires familiales pour monter un dossier d'adoption plénière (et non pas adoption simple, puisqu'il n'y a pas de filiation paternelle reconnue) . 
Coût du forfait pour un tel dossier : à partir de 1200-1500€, jusqu'à 3000-3500€.
Et comme les tribunaux sont plus ou moins engorgés en fonction des régions, les délais de jugement vont de 12-18 mois à plus de 2 ans. Attendre, encore. Et raquer, toujours.
A cela, il faut rajouter les frais de justice inhérents à une telle affaire, comme les 35€ obligatoires, 16€ pour dépôt de requête et 13€ pour droit à plaider.
Bon, il est possible de tenter cette procédure sans avocat, mais vu qu'il n'y a encore aucune jurisprudence, ça me semble un peu compliqué encore.

Au cours de cette procédure, en plus des nombreux témoignages attestant de l'attachement parental de la maman sociale, une enquête de voisinage peut être demandée par le tribunal. Après, peut-être qu'avec une adoption intra-familiale, l'enquête de police se cantonnera à une convocation simple au commissariat, mais là encore, tout va dépendre du contexte politique qui règne dans tel ou tel tribunal. 

Quand tu penses que certaines nanas ont déjà éclaté leur PEL ou leur assurance-vie pour aller en Belgique ou en Espagne, tu te dis que claquer entre 2000 et 4000€, ça n'est pas donné à tout le monde.
Je trouve que ça fait un peu double-peine. 
Raquer pour avoir un môme. 
Raquer encore pour être son parent. Et en prime, s'en prendre plein la gueule régulièrement.

En ce qui nous concerne, MaB, Sapinou et moi, vu que nous avons bénéficié d'un don, anonyme et non tarifé, mais non officiel, nous n'avons aucun moyen de prouver un abandon de paternité. Ce qui complique grandement la chose, et d'ici qu'une adoption plénière soit refusée pour protéger les droits d'un potentiel père qui pourrait se manifester, je sens le truc arriver gros comme une maison.

Donc, déjà que ça ne m'enchantait pas de me marier, je dois dire que là, ça m'a carrément refroidie.
Nous allons attendre que les choses se débloquent un peu, avec une hypothétique avancée de la loi sur la famille prévue à l'automne... et laisser les copines qui ont du blé essuyer les plâtres des non-sens de cette loi.
Nous nous lançons tout de même dans une délégation d'autorité parentale pour MaB, pour couvrir les besoins administratifs du quotidien. Nous avions mis ce projet en suspens, ne voyant sans doute pas la poutre que nous avions dans l'oeil et espérant beaucoup de la loi Taubira. Il n'en est rien.

Toujours est-il que notre petit grand Sapinou rentre à l'école en septembre, et que j'ai rencontré la directrice-maîtresse des petits et sa collègue-autre maîtresse des petits, histoire de mettre les choses au clair tout de suite et savoir sur quel pied danser à la rentrée : pas de problème, et même, cerise sur la gâteau, si MaB veut se présenter comme parent d'élève, elles appuieront la demande à l'inspection. Avec la demande de DAP en cours, ça ne devrait pas poser de problème. 

Du coup, on garde notre thune pour partir en vacances, acheter des livres et faire des bouffes avec les potes !

lundi 17 décembre 2012

Entre deux chaises

J'aurais tant à dire sur ce qu'il se passe en ce moment, mais le sujet me semble trop important pour commenter quoique ce fut (ouais, t'as vu, j'me la pète) sans prendre plus de recul, et pourtant, j'ai bien une petite idée de ce que je pourrais dire... petite idée qui fait son chemin, avant de se jeter dans la mare.

Mais voilà, j'ai le cul entre deux chaises, en tant qu'individu. Avant, je ne me posais pas trop de questions, j'étais moi, un point c'est tout. J'agissais en mon nom propre, sans me soucier de sortir et/ou de déborder des cases, sans même faire attention aux cases que la société voulait bien m'attribuer. J'étais femme, mais j'étais libre, en quelque sorte.
Et puis un jour, j'ai été enceinte.
Au delà du changement physique, je me suis pris en pleine gueule ce que j'avais occulté pendant des années... cette image de femme, enceinte qui plus est, que la société me renvoyait ne me correspondait pas... je m'étais d'ailleurs un peu étendue à ce sujet ici et là.

Être femme, sans se "sentir" femme. Je ne me sens pas homme pour autant. J'aime mes attributs féminins, j'apprends à les assumer, à les utiliser, à en jouer.

Pendant les séances avec le psy spécial PMA de la maternité, j'avais évoqué ces peurs de ne pas savoir quel rôle nous allions jouer en tant que parents avec MaB... nous ne savions pas comment ils allaient se répartir. Je ne savais pas comment ça allait se passer, les trucs qu'un père fait plus ou qu'une mère fait moins, et inversement. Au final, la psy avait conclu que ma mère avait un peu joué tous les rôles parce que mon père s'était effacé, et que c'était pour ça que je n'avais pas de repères dans ma construction de future mère. J'avais tenté une approche plus "inter-genre" dans cette construction du parent, mais elle avait balayé cette piste en me disant qu'elle n'était pas là pour m'aider à assumer ce "cul-entre-deux-chaises", mais ma maternité.
Et Sapinou est né, il nous a comblé de bonheur, de plénitude. Sauf que j'ai mis plus d'un an à essayer de comprendre pourquoi j'étais si mal dans ma peau. Plus d'un an à essayer de comprendre ce grand écart entre un allaitement long et une maternité complexée. Et un an encore en plus à mettre de l'ordre dans mes idées pour réussir à pondre un billet. Sapinou a 2 ans et 4 mois dans quelques jours, et nous espérons agrandir la famille en 2013 (oui, oui, tu as bien lu, une nouvelle grossesse en perspective)(enfin on espère, quoi !).

Être mère, sans se "sentir" mère. Je ne me sens pas père pour autant. J'aime materner mon fils, je le porte (quoique, à plus de 14 kg, ça commence à peser, même dans le dos), je l'allaite, j'assume notre côté fusionnel.

Au final, j'aime mon fils, j'aime ma femme, et petit à petit, je (re)prends confiance en moi, sans me soucier de savoir dans quelle case je pourrais éventuellement rentrer, ou dans quelle case la société pourrait éventuellement me faire rentrer. Je te passe les détails sur le bordel que tout ces questionnements ont déclenché dans ma vie de couple.
Mais mon fils assumera-t-il le fait qu'on me dise bonjour monsieur sans que ça me dérange ?
Assumera-t-il que sa maman discute avec d'autres papas sans aucun complexe de genre ?
Comment lui expliquer tout ça lorsqu'il évoquera (j'ai encore un peu de marge, je te l'accorde) le sujet ?

Je suis entre deux chaises.

Et j'aimerai qu'on me reconnaisse comme tellE.

mardi 4 septembre 2012

Sucré comme le melon

Il y a genre environ un an, là, je te racontais que Sapinou tétait encore, que ça lui allait, que ça m'allait et que ça allait à MaB.

Et bien j'ai envie de dire que rien n'a changé depuis tout ce temps... à part que Sapinou refuse le biberon depuis un an, et que donc, j'ai remballé mes petits compliments lactés, en poudre ou tirés (avec pourtant un siouper tire-lait manuel, carrément plus transportable que feue ma rolls des nibs). Et jusqu'à ce qu'il rentre à la crèche fin janvier, le seul lait bu a été au sein. J'ai même tenté des semoules au lait de moi décongelé pour écouler mes stocks... expérience assez peu probante... le reste du stock a surtout été utilisé pour diluer les purées.

A la crèche, il a découvert le lait de vache, le vrai, le blanc, le bon... pas un truc reconstitué bourré d'huile de palme et de soit-disant vitamines (oui, je parle du lait de croissance... si tu m'crois pas, tu peux lire ça), et il a trouvé que c'était pas mal, surtout que c'était frais.
Alors on lui a servi des "petits verres de lait", comme il dit, lorsqu'il en demandait, en complément des autres produits laitiers.
Mais il a continuer a téter... le matin au réveil, avant son petit déjeuner (tartines, compote et/jus de fruit, verre de lait)(maintenant qu'il ne se réveille plus à 5h du matin, je pense qu'il a une super dalle le matin), aux retrouvailles d'après crèche, avant de dormir comme une petite douceur... après la sieste en week-end ou en vacances.
On a trouvé notre rythme, tous les trois.

Je me souviens d'un commentaire sur ce billet qui disait :
- "tu verras quand ton enfant te diras "maman, il est bon ton lait !"... à ce moment-là, les commentaires débiles, ça fera longtemps que tu t'en foutras comme de ta première chemise !"
Auquel j'avais répondu :
- "A moins qu'il soit très précoce au niveau du langage, si Sapinou me sort "maman il est bon ton lait", ça voudra dire que je vais l'allaiter au-delà de 2 ans... je ne suis pas sûre d'assumer socialement... mais en même temps je ne me vois pas le sevrer pour ça !"

Le 19 août dernier, Sapinou a eu 2 ans... il ne s'est pas arrêté de téter, tu t'en doutes. En revanche, vu qu'il parle comme un petit moulin, et ce de manière très compréhensible, il est maintenant capable d'exprimer assez bien ce qu'il ressent (je ne sais pas s'il est précoce, et je n'ai pas l'intention de lui faire passer des babytests... en tout cas, pas avant la maternelle, s'ils lui sont proposés et que Sapinou montre des signes de souffrance et/ou d'ennui)(je précise, parce je ne sais pas si je te l'ai dit, mais je fais partie d'une famille à hauts QI, testés et assumés, mais pas forcément surdoués).

C'est là où je voulais en venir, après ce long mais nécessaire préambule.
Ce matin, après un réveil à 6h39 (fini les vacances... couché plus tôt, levé plus tôt) et une tétée pendant environ ma fin de nuit, Sapinou est parti jouer dans sa chambre avec son énOooorme camion poubelle. MaB s'est finalement jetée du lit (oui, toute seule, je décline toute responsabilité) lorsqu'il est revenu nous annoncer, tout fier, qu'il avait embaumé sa couche. On l'a joué à chifoumi, et j'ai gagné 30 minutes de coma supplémentaires.

- Tu as bien tété ce matin ?
- Oui. Le lait de maman il est bon.
- Ah ? Et il a quel goût ? Il est sucré ?
- Oui, il est sucré comme le melon.

Je crois que ça se passe de tout commentaire.

Et ce soir, il a préféré s'endormir (presque) tout seul, sans tétée-douceur-du-soir, juste avec sa Mamita qui lui chante (faux) 2-3 berceuses.

Lentement mais sûrement, ce petit d'homme vogue vers l'autonomie. Pas seulement alimentaire, affective aussi.
Il ne réclame quasiment plus de tétée lorsque nous arrivons dans un endroit inconnu, ou que nous rencontrons des gens qu'il ne connait pas, ou qu'il vit une frustration, petite ou grande. Il est aussi capable de comprendre que non, on ne tète pas sur le caddie au milieu du supermarché (ça m'arrange, en même temps)... et que oui, les tétées en pleine nature, au milieu de la forêt, près d'une cascade, ou au sommet d'un volcan, c'est trop sympa.
Peut-être que nous nous rapprochons d'un sevrage naturel (là, après 2 ans de tétées, je ne dirais pas non... même si ça me fera bizarre qu'il ne tète plus), peut-être que non. Nous verrons bien, surtout si un numérobis est mis en route dans les prochains jours semaines mois (oui, bon, j'te tiendrai au courant si ça se passe, ne t'en fais pas !).

mercredi 11 avril 2012

Retour sur la puér'

Il y a 2 ans (oui, oui... j'ai du vérifier pour être sûre... 2 ans, ça passe super vite en fait), je t'avais donné un petit aperçu de mes questionnements matériels de future maman, là. J'en faisais un peu tout un plat, j'étais enceinte, j'étais stressée, j'allais vers l'inconnu... j'allais être maman, et je voulais la parfaititude (Ségo l'a fait, Sarko, l'a fait aussi. A mon tour maintenant !) pour mon bébé.

Bon, comme dit l'adage populaire, avant j'avais des principes, maintenant j'ai des enfants. On se prend bien la tête pour pas grand chose, et des trucs que l'on pensait essentiels le sont beaucoup moins dans la réalité, et inversement (tu vois ce que je veux dire, non ?).

Donc pour toi, la future maman en stress, la grand-mère en mal de cadeau, la sœur ou le frère (je le mets au cas où celui-là, on ne sait jamais avec les recherches par mots clés qui peut tomber par ici) qui ne sait pas quoi offrir d'utile, permet-moi de te transmettre ma propre expérience du matos puéricole.

Les essentiels
- le porte-bébé : MaB ne pouvant pas porter (longtemps, en promenade) Sapinou, j'étais seule maîtresse à bord (oui, je sais, pas encore, mais ça me fait plaisir de m'appeler maîtresse). J'avais donc opté pour une écharpe en tissu un peu élastique. Un petit conseil pour le choix de la taille, évite de l'essayer à 8 mois de grossesse, avec ventre et nibards proéminents et 15 kg de plus (au moins !)... pense qu'à un moment, tu vas pondre, que tes 15 kg, tu vas les perdre (mais si, c'est possible en moins d'un an), et que tes nibs vont reprendre une taille à peu près normale au bout de 6-8 mois (mon écharpe fait 5m20, et même avec un Sapinou de 12 mois-12kg, en double-croisé-enveloppé, il me restait au mois 1m de rab')(je te ferai peut-être un billet sur l'utilisation de l'écharpe, mais à part te dire que j'ai bien galéré à apprendre 2-3 nœuds, je ne serais pas de très bon conseil). Sapinou a presque 20 mois, et le portage (dans le dos maintenant) est toujours d'actualité. Je vais même investir dans une écharpe plus courte, genre 2m50-3m pour tester de nouveaux nœuds.

- le transat : nous avions choisi finalement un transat tout simple, mais qui se règle en hauteur. Sapinou s'est éclaté tout seul lorsqu'il a compris qu'en poussant avec ses pieds contre le bord de la table, il pouvait se balancer tout seul. Et puis si tu as des chats, ou un carrelage un peu frais, ça permet à ton bébé de ne pas être trop au ras du sol. Accessoirement, ça t'évite de te plier en 12 pour ramasser ou déposer ton bébé.

- la baignoire : comme je te l'ai dit ici, nous avons choisi une baignoire-table à langer coulissante qui se pose sur la grande baignoire. Mais vraiment, pour l'avoir testé dans la maison familiale en vacances, une planche pour la table à langer et une petite baignoire dans le fond de la grande, ça fait tout à fait l'affaire.

- la chambre : pour la chambre, Belle-Maman et Beau-Papa avaient mis le paquet avec un lit et une commode à langer. Bon. Sapinou a commencé à profiter de son propre lit autour de ses 6 mois (mais si, souviens-toi comme j'ai eu du mal, là), et de sa table à langer vers ses 1 an, lorsqu'on a définitivement remballé la baignoire-table à langer. Je me suis donc servie du berceau-kitch pendant 6 mois, et lorsque Sapinou est passé dans le lit à barreaux, il a fallu mettre le sommier au plus bas, vu qu'il se mettait assis, puis debout très rapidement. L'avantage d'avoir une commode (tu sais, comme ça), c'est que c'est assez large, et avec un Sapinou tonique comme pas deux, ça évite grandement les chutes. Tout ça pour dire que la hauteur du sommier réglable, ça n'est pas forcément utile si ton bébé dors près de toi dans un berceau assez longtemps. Et qu'on s'en sort très bien avec une simple table à langer de base. Le principal, c'est que bébé dorme bien et qu'il ait les fesses propres. Pour un 2ème (bébé), je testerai bien le lit side-car pour le cododo... j'ai réussi à presque convaincre MaB (pour le lit) !

- le transport : nous avons finalement choisi la totale... nacelle rigide avec harnais 3 points pour le transport en voiture (ou en landau accessoirement), cosy pour les petits déplacements en voiture (du genre aller voir une copine, boire un café et laisser dormir bébé dans sa coque, sans forcément dégainer l'écharpe) et hamac pour après. Châssis 3 roues. On s'est éclaté avec tout ça. Enfin surtout MaB qui ne pouvait pas porter Sapinou. Sauf qu'au bout d'un moment, 12 kg de poussette, plus 12 kg de bébé, c'est juste pas possible sans chien de traineau. Nous nous sommes rabattues sur une poussette cane, avec dossier complètement inclinable. 5kg, et une place de libre dans le coffre (oui, parce qu'une fois que le châssis est dans le coffre, plus le hamac, tu peux à peine glisser ton baise-en-ville).

- le parc : un truc auquel nous n'avions pas pensé (l'idée de la cage, des barreaux, tout ça...), mais qui s'est avéré très utile au moment où Sapinou a commencé à se mettre debout et à se déplacer sur une fesse (genre il y a 1 an...). Il y a passé des moments formidables, lui en sécurité, et nous rassurées le temps d'aller pisser, de faire un peu de cuisine ou même de manger. Si nous l'avions eu plus tôt, peut-être bien que le plancher réglable (sur le même principe que le sommier) aurait été fort appréciable pour notre dos (plutôt que la couette posée directement au sol en guise de tapis d'éveil). Là aussi, en filet ou à barreaux, c'est selon tes envies, tes convictions, tes besoins, la place disponible dans ton salon (oui, ça compte, parce que lorsque bébé se met debout, il peut tendre ses petites mains potelées vers tout ce qui passe à sa portée... livres, bibelots, télécommandes...).

Les techniques
J'avais investi dans un lot de biberons, au cas où. Deux grands, deux petits. Avec des tétines vitesse 1 et 2. Et un stérilisateur à micro-onde. Et un tire-lait manuel. Le tout dans la même gamme.

Au final, j'ai allaité. Donc on a tourné 4 mois avec un biberon que MaB donnait de temps en temps, stérilisé en compagnie du tire-lait. Puis avec mon problème d'abcès au nibard, on s'est un peu plus servi des biberons, genre 2-3 par jour, mais sans le stérilisateur. A l'utilisation, le tire-lait était en fin de compte "trop petit", et j'ai utilisé un tire-lait électrique bien plus performant pendant 8 mois, avec une taille de téterelle adaptable à celle du téton (l'espèce d'entonnoir qui permet d'aspirer et de récolter ton lait), puis un tire-lait manuel de la même gamme (Médéla Symphony puis Harmony) (je fais de la pub, parce qu'ils sont VRAIMENT top) jusqu'aux 13 mois de Sapinou (après, il n'a plus voulu de biberons...)(j'ai écoulé mes stocks de lait congelé en lui préparant des semoules au lait)(oui, ce fut un grand moment).

Bien entendu, tu peux investir dans tout le "petit matos"... coussinets d'allaitement (prends des lavables, c'est plus rentable... ou alors, si tu as le courage, tu peux éventuellement les fabriquer toi-même)(si si, je te promets que ça peut se faire), mouche-bébé, thermomètre, brosse, coupe-ongle...

Les textiles
Vu que nous avons récupéré pas mal de fringues dans toutes les tailles, nous avions investi dans un minimum de base, histoire d'avoir quelque chose à mettre à Sapinou à la maternité. Alors par expérience, je te déconseille les ensembles galères à enfiler... pyjamas, grenouillères, bodies. Bébé va passer 80% de son temps à roupiller, 10% à bouffer, et les 10 restant à gerbouiller et/repeindre l'intérieur de ses couches. Pour Sapinou, qui est passé de 49 cm à la naissance à plus de 87 cm à 20 mois (oui, belle bête), je peux te dire que les fringues n'ont pas eu le temps de s'user.

Pour la déco, c'est très personnel. Mobile, tour de lit, gigoteuse, linge de lit... c'est là que tu peux te lâcher. Fais-toi plaisir, ça n'arrive qu'une fois (ou deux)(ou trois)(ou... heu en fait... non, pas plus).


Je crois que j'ai fait à peu près le tour... je pense que je t'ai encore plus embrouillée si tu as un choix à faire, là, dans les prochaines semaines.
Mais bon... peut-être que chacune a besoin de se faire sa propre expérience ? En tout, cas, je conclurais en te disant que les mauvais choix, c'est ceux que l'on ne fait pas (ouais, je sais, j'suis trop sereine).

PS : tu peux tout acheter neuf, mais également tout d'occasion. Voilà, c'est dit !

Edit hyper important dans les essentiels :
- la chaise haute : oui parce bon en fait, lorsque j'étais enceinte, déjà j'avais du mal à me projeter mère, alors projeter qu'un jour mon fils allait faire autre chose que de boire du lait (a fortiori le mien), je ne t'explique pas... donc ce jour est finalement arrivé assez rapidement, autour de 5 mois, et Sapinou s'est mis à manger des compotes puis des purées cuites vapeur-mixées avec amour. Même si on a commencé sur le transat, la chaise haute, c'était quand même carrément primordial. Tellement primordial qu'on s'en sert encore aujourd'hui 15 mois après. Parfois on utilise aussi un rehausseur, surtout depuis qu'il mange à peu près seul (une VRAIE délivrance cette étape, au passage). Petit conseil : choisis-en une robuste, capable de résister aux outrages non pas du temps, mais des agressions extérieures, comme le contenu d'une timbale ou d'un bol de purée de brocoli... ou carrément du vomi en jet... ou... je ne te fais pas un dessin. Un truc quasiment lavable à l'éléphant bleu. Bon... voilà... cet objet fait un peu partie du décor... ça doit être ça !

vendredi 16 mars 2012

La journée enfant malade

Avec une MaB qui garde Sapinou à la maison, puis le chômage, je n'avais pas encore testé.
Un jour, j'ai repris le boulot, c'était fin novembre (oui, je sais, ça date, et je ne t'ai même pas raconté...).
Et enfin, Sapinou (faudrait d'ailleurs voir à changer de surnom, parce que depuis presque 19 mois, il a pris près de 40 cm et plus de 9 kg...) est allé à la crèche. A lui les échanges de jouets plein de morve et les traces de bave étrangères sur le doudou... et forcément tout un tas de miasmes nouveaux pour son petit organisme de bébé gardé à la maison (pour le grand organisme des mamans pas en contact avec des touts petits aussi).
D'habitude, c'est MaB qui s'y colle, mais là, pour des raisons extérieures à notre volonté, je n'ai pas pu faire autrement, j'ai pris ma première journée enfant malade de présence parentale.

Donc, après un remplacement assez long (je te rappelle que je suis maintenant professeure contractuelle d'histoire-géographie)(ça en jette, ce statut, non ?)(non ??) dans un collège plutôt sympa, j'ai été recrutée pour un nouveau poste dans un bahut fort sympathique, mais en ZEP, à la rentrée des vacances d'hiver. Après une première semaine de "prise en main" un peu tendue des élèves, j'ai finalement réussi à poser les bases d'un pacte de non-agression (oui, c'est ce qu'on appelle communément l'autorité naturelle... doublée d'un cours au contenu parfaitement maîtrisé)(quoi ? tu trouves que j'en fais trop ?).

Et là, paf... Sapinou qui couvait une petite conjonctivite traitée comme il se doit au sérum physiologique et au lait maternel (si tu savais tout ce qu'on peut faire avec du lait maternel !!)(ah oui, j'allaite toujours, pour le plus grand bien de Sapinou !) tout le week-end, se met à faire un gros pic de fièvre.
Pile le jour des obsèques de son arrière-grand-père, le grand-père de MaB, celui qui lui a donné ses racines ibériques, pile à l'heure du début de la cérémonie (j'ai fait le choix de le laisser à la crèche, car MaB et sa famille avaient plus besoin de moi à ce moment là)... l'éducatrice nous a fait un peu flipper lorsqu'elle nous a dit qu'elle pensait que ça avait un lien... Toujours est-il que Sapinou avait de la fièvre, que ses yeux étaient tout collés par le pus et que son nez coulait le lundi soir.
Ni une ni deux, nous faisons un petit tour chez notre pédiatre le lendemain. Verdict : rhino-conjonctivite-otite. Le triplé gagnant. Antibiotique-collyre-rinçage de nez. Et mon petit certificat de présence parentale en poche pour la journée.
Quant à Sapinou, en plus de me morver dessus à chaque câlin ou à chaque tétée, il a eu la pêche toute la journée et m'a gratifié d'une sieste de presqu'1h30 (en deux fois, sinon, ça n'est pas drôle, tu peux t'endormir profondément).

Le lendemain, je suis allée faire cours, le Sapinou étant à la maison avec MaB pour la matinée, histoire de se requinquer encore un peu. Quatre heures seulement, mercredi oblige. Mais au bout de ces quatre heures plutôt agréables (ça a du bon de bosser en ZEP dans un bahut tout neuf sur-équipé)(tu mets ta clé USB dans l'ordi, tu allumes le vidéoprojecteur, tu lances le diaporama, et hop, ton cours est illustré par des schémas, croquis, photos, cartes, animations satellites, tableaux, graphiques, même si les mômes apprenants n'ont pas leur bouquin manuel)(dans le bahut précédent, il n'y avait qu'un rétroprojecteur en panne pour tout l'étage... et une pauvre carte murale des années 90) , j'ai bien senti que ma voix était un peu "en souffrance".
Ça n'a pas loupé... le lendemain, j'étais aphone. En même temps, je me trainais des ganglions gros comme pas possible depuis 3-4 jours, je me doutais bien que ça allait mal tourner cette affaire ! Pas grave, je ne bosse pas le jeudi, me suis-je dit intérieurement (oui parce qu'extérieurement, on aurait dit un ado en pleine mue).

Sauf que le miel, le citron et la boite de pastilles Euphon (ils devraient sponsoriser l'Educ' Nat', avec tout ce que sucent les profs)(nan mais c'est vrai !)(quoi ?!) n'auront pas suffit à m'adoucir les cordes vocales... impossible d'assurer vocalement aujourd'hui. Je suis donc arrêtée pour la journée. Merci Sapinou ! Pour la peine, je l'ai déposé à la crèche ce matin... il faut que je repose ma voix pour le week-end.

Il y a des semaines comme ça où on ferait mieux d'être en vacances ! (oui, bon, ben c'est dans 4 semaines, maintenant !)

jeudi 6 octobre 2011

Desperate Housemum

Je t'ai lâchement abandonné à ton triste sort de lecteur en attente, mais je vais t'aider à raccrocher les wagons. Sympa, non ?

Précédemment
Après deux mois presque et demi de travail acharné cette année, j'ai vécu mes dernières heures de pionne-à-tout-faire.
J'ai ensuite profité de mes vacances bien méritées.
Sapinou en forêt.
Sapinou à la mer.
Sapinou mange du sable.
Sapinou pousse la poussette.
Sapinou pèse son poids dans l'écharpe.
Sapinou tète à gogo.
Sapinou a sa période "terreurs nocturnes" (les mamans, elles, sont plus dans le trip "nuits blanches").
Sapinou souffle (enfin écrase entre ses doigts)(il n'a même pas pleuré, ça n'est qu'après que j'ai vu qu'il avait une cloque !!) sa première bougie.
Sapinou fait ses premiers pas.
Sapinou, centre du monde.

Bon.

Et puis j'ai du m'inscrire au chômage, en attendant d'être appelée pour des remplacements d'histoire-géographie.
J'ai aussi passé les écrits du concours d'instit' (ouais, j'suis comme ça, je ne lâche pas ! Quatrième fois, quand même !).
Du coup, je suis mère au foyer... c'est chaud, mais c'est sympa !
Je suis loin du burn-out, mais je n'arrive pas encore à intégrer le paramètre blog dans la matrice...
Peut-être que je pourrais encore moins dormir ?? Mais c'est mort... déjà, la presque moindre demi-heure est exploitée par une sieste tellement je suis éclatée parfois... si je retire encore des heures de sommeil, je ne réponds plus de mon état mental ! (je n'ai pas trop envie d'oublier la poussette à la supérette, ou un truc du genre !)
Voici le déroulement d'une journée-type avec Sapinou-chou... oserais-je dire idéale ?

6h30 : réveil en fanfare de Sapinou. Une fois que le contact visuel a eu lieu, ne surtout pas le rompre... même (surtout) le temps d'un passage aux chiottes... sous peine de déclencher la sirène de la faim. L'avantage de l'allaitement, c'est que je peux finir ma nuit tranquille, allongée, Sapinou gérant son histoire tout seul comme un grand.

7h00 : petit-déjeuner en famille. Puis, commence une longue matinée de jeux, d'histoires, de machines à remplir-à étendre-à plier (le repassage, j'ai lâché l'affaire... juste je n'essore plus mon linge à 1300 tours mais seulement 800... ça change tout), d'épluchage-cuisage vapeur-moulinage, de ménage, avec, parfois, une petite sieste salvatrice de Sapinou à mi-parcours. Et, toujours, une petite tétée-collation avant ou après, ou les deux... je ne suis pas à ça près !

12h00 : Toc, toc ! Quelle heure est-il Monsieur Croc ? C'est l'heure de manger ! GRAOUUUU !
Hem, bon... pardon. Sapinou s'enfile donc son repas, une cuillère pour le zèbre, une autre pour l'hippopo, une pour le porc-épic, et hop, ça, c'est fait. C'est après que ça devient sportif, pendant notre repas avec MaB... non pas les manettes de la wii... non ne jette pas les bouteilles du bar parterre... non n'essaie pas de t'enfuir avec la souris à fil de l'ordi... parfois, les gros yeux suffisent. Souvent, on doit se lever.

13h30 : enfin, l'héritier est fatigué... parfois il s'endort tout de suite. Souvent, il faut puiser dans nos ressources de berceuses.
Répit. Calme. Repos.
Là, tu te dis "tiens, et si j'écrivais un petit billet ?", une fois que la cuisine est rangée, la dernière lessive étendue ou toute autre tâche domestique ingrate. C'est en général ce moment que choisit Sapinou pour se réveiller... un sixième sens assez flippant... il y a des jours où je m'interdis de penser au blog pour dormir moi-même un peu !

15h00 : après une vaine tentative de rendormissement du Sapinou télépathe, il est temps d'aller s'aérer... gouter avant ou pendant... c'est selon. Cela dit, je n'ai pas encore testé la tétée au parc avec mon grand bébé au milieu des homophobes, femmes voilées et nounous irresponsables. (quoi ? J't'ai pas dit ? Je hais les squares, parcs et jardins)

18h30 : un des moments les plus agréables de la journée, le bain ! Sapinou s'amuse à déverser le contenu de son arosoir sur la descente de bain, il est enfermé assis dans la baignoire et ne peut pas s'enfuir. On se marre, on s'éclabousse, plouf, plouf.

19h00 : ça sent l'écurie, mais il faut tenir. Le dîner, c'est sacré. Surtout que Sapinou, le bib' de soupe, il trouve ça nuuuuuul... ce qu'il veut, c'est la cuillère. Re-belotte les zèbres, les singes, les lions, les poules, les dindons... et hop, sifflée la soupe-semoule, et les petits-suisses, et la compote (oui, on a été obligée "d'épaissir" les repas du soir... juste le lait, c'était plus possible... il se réveillait affamé à 5h du matin !).

20h00 : dernière ligne droite avant le dépôt du paquet dans son petit lit, l'histoire du soir est THE moment de calme et de détente. Bon, Sapinou adoooore qu'on lui lise 3-4 fois le même livre... ça peut rendre neurasthénique, alors on renouvelle régulièrement le stock de bouquins !

20h30 : Sapinou, épuisé par cette journée trépidante, montre des signes flagrants de fatigue... un appel au marchand de sable pus tard, il dort paisiblement, et surtout, profondément jusqu'au lendemain (il parait que parfois il se réveille dans la nuit... je ne sais pas, c'est MaB qui se lève avant !)(ça me fait un peu flipper d'ailleurs, soit de ne pas entendre, soit de ne pas m'en souvenir).

Fin de la journée de maman.
Rideau.
Youhou !
A nous la soirée !

Et là, tu t'affales dans le canapé, tu dévores ton assiette et tu comates, avec ou sans herbes (de la tisane, bien sûr)(haha), devant un film/une série/une émission de merde (parfois, y'a pas trop le choix, en commençant en retard).

J'ai envie de dire : life is a bitch.

mardi 12 juillet 2011

Sapinou, MaB, l'allaitement et moi

Presque 11 mois d'allaitement, dont 4 avec un staphylocoque doré et 2 en bossant, ça se fête, non ?

Petit rappel du parcours (je te le dis tout de go : ça va parler nichons).

Après un accouchement un peu galère (là) qui s'est terminé en césarienne heureuse, première tétée à une heure de vie pour Sapinou, qui a su trouver le chemin presque tout seul.
La montée de lait s'est faite très rapidement (ici)... et en quantité largement suffisante. Du lait, beaucoup, tout le temps. Avec, dès le départ une douleur concentrée sur un seul sein, et dont personne n'a semblé se préoccuper sérieusement.
Après 2 mois d'engorgements chroniques et de douleurs, je suis finalement allée chez une consultante en lactation qui a enfin identifié le(s) problème(s) (souviens-toi, un staphylocoque doré)(et puis un réflexe d'éjection fort, et puis une hyper-lactation, et puis aussi un léger vasospasme lié au staphylocoque)(oui... un peu galère).
Mais c'était sans compter ma chance légendaire : le traitement antibiotique n'a pas agi suffisamment, et le staphylocoque s'est enkysté (là, grosse angoisse).
Ponction... diagnostic : abcès mammaire. Re-traitement antibiotique, mais inefficace, puisque le staphylocoque s'était planqué dans une coque, elle-même enfermée dans une autre coque formée par mon propre corps pour éviter la propagation, genre si ça avait explosé, c'était la scepticémie.
Au final, hospitalisation en urgence juste avant les 4 mois de Sapinou, pendant une semaine, histoire de nettoyer un peu la glande mammaire de cet abcès douloureux (ici).

Pendant tout ce temps, j'ai continué l'allaitement, dans les larmes et les douleurs... je crois que ce qui me faisait tenir, c'étaient les courbes de poids et de taille de mon fils, qui poussait comme un champignon, tout épanoui qu'il était de cette vie auprès de ses mamans.

A mon retour de l'hôpital, j'ai continué, malgré les réticences de mon chirurgien qui avait peur d'une récidive de l'infection (j'en parle un peu par là). J'ai pris toutes les précautions nécessaires autour de la cicatrisation de mon sein opéré : j'ai tiré mon lait 3 fois par jour pour le donner à Sapinou au biberon (enfin surtout MaB), et sevré la tétée de midi sur les 2 seins avec un biberon de lait en poudre (pour réduire ma production laitière et limiter ainsi les possibles engorgements au moment de ma reprise du boulot). J'ai même commencé la diversification 1 mois plus tôt que prévu (genre 5 mois au lieu de 6, t'emballe pas) (quitte à lui filer du lait de vache en poudre, autant lui faire goûter de la compote de pommes maison et de la purée de courgettes, hein).

Et puis, une fois que la cicatrisation fut belle et bien terminée, et la douleur moins vive (ici), je me suis dit que peut-être je pourrais remettre Sapinou au sein opéré... tout doucement, sans trop stimuler, juste histoire d'éviter de galérer à tirer mon lait alors qu'une pompe naturelle et ultra-efficace était à portée de téton.
J'ai fait ça petit à petit, progressivement, la peur au ventre, même si j'avais l'appui de ma consultante en lactation...
D'abord, comme un dessert, après le sein-sain et le biberon, histoire que Sapinou tète en douceur (Quoi ? J't'avais pas dit que Sapinou était un vorace-goulu ?)...
Puis avant le biberon, en réduisant les doses de lait en poudre en fonction de ce qu'il restait à chaque tétée...
Puis carrément à la place du biberon pour certaines tétées (sauf celle du soir, je continue de compléter par un bib de lait en poudre)(mais à la limite, je ne suis même pas sûre de ce qu'il se passerait si je retirais le biberon de complément... peut-être que Sapinou se réveillerait pendant la nuit pour réclamer son du ?).

Sapinou a commencé à prendre un repas complet le midi autour de ses 8 mois, donc plus de biberon de lait en poudre. C'est à ce moment là que j'ai commencé à constituer mes stocks de lait en prévision de ma reprise du travail... le tire-lait a bien chauffé et le congélateur s'est peu à peu rempli. J'ai repris le travail, non sans mal, en supprimant la tétée du goûter les jours de boulot (vite fait, ici). Je ne te raconte pas les obus le soir la première semaine, mais ça s'est vite régulé. J'ai même réussi à faire des trucs toute seule le soir, en tirant mon lait avant de sortir guincher/réunionner/geeker.

Après un mois de boulot, ça m'a un peu saoulé de tirer mon lait le matin, après la tétée, surtout pour 30 pauvres millilitres maxi, aussi parce que ça me mettait un peu en retard. Du coup, Sapinou a eu le droit à une petite tétouille avant mon départ... moins galère (pas de vaisselle), un câlin, de l'apaisement (surtout pour moi, peut-être)(sûrement)(mais aussi pour Sapinou, hein). Un peu comme lorsque je ne bosse pas, vu qu'il a droit à une petite tétée de matinée, après la sieste du matin (ce qui lui permet de tenir au moins jusqu'à midi, et pas 11h15 à hurler de faim).
Et puis j'ai rendu mon tire-lait électrique-magique-qu'on-dirait-presque-une-bouche-de-bébé (ici)... comme la fin d'une période.

Aujourd'hui, à l'aube de mes vacances, au bout de presque 11 mois, je peux enfin dire que j'ai un allaitement paisible, qui coule de source, qui me, qui nous convient, à tous les 3, MaB, Sapinou et moi.
Ça, c'est pour le côté parcours personnel, intime.

Parce qu'à côté, il y a tout le côté public, social. Même s'il n'y a guère que la tétée du goûter que je peux faire en public (disons que j'ai un peu de mal à descendre au parc en pyjama avec mon Sapinou sous le bras à 7h du matin, hein !), j'entends pas mal de réflexions sur l'allaitement soit disant tardif de mon fils de presqu'un an.
Quoi ? 10 mois ? Tu l'allaites encooooore ? (Quoi ? 40 ans ? Toujours aussi coooooonne ?)
Lorsque cela s'arrête là, ça me va.
Mais lorsque la personne s'empresse de rajouter "C'est pas contre toi, hein, mais je trouve ça malsain..." ou bien "Ça va en faire un fils à maman...", je préfère ne pas répondre, sinon, ça pourrait faire des étincelles.
Est-ce que je me permets de faire des réflexions sur le fait que ton môme ne fasse pas ses nuits alors qu'il est au biberon ? Ou qu'il ait besoin d'une tétine pour satisfaire son besoin de succion ? Ou qu'il ait besoin de se taper de la farine le soir pour soit-disant satisfaire son appétit ?
Je ne porte pas de jugement sur les choix (sont-ils d'ailleurs éclairés ces choix ?) des mamans qui n'allaitent pas, même si je pense qu'allaiter est la plus normale des façons de nourrir son petit, et que le lait humain sera toujours supérieur en qualité à du lait en poudre (sauf cas médicaux d'intolérance ou autre).
Allaiter ou non un enfant n'influe pas sur ses carences affectives, ni sur sa prise d'indépendance... choisir de donner son lait n'a rien à voir avec l'éducation et l'amour que l'on donne à ses enfants.
J'ai choisi de donner mon lait, et de le faire au sein. Je trouve ça plus pratique.
Même, ça ne m'empêche pas de consommer ni des feuilles magiques, ni de l'alcool. Tout est une question de modération, et de moment (du genre, éviter juste avant la tétée, de se mettre misère)(ce qui passe dans le lait est de l'ordre de 1%, et toutes les molécules ne passent pas dans le lait)(la morphine, par exemple, ne passe pas dans le lait).
Et puis, sur les 15 kilos pris pendant ma grossesse (9 mois et 2 jours), j'en ai perdu presque 18-19. Voilà, ça te détend. Surtout que je bouffe comme une ogresse (faut bien que je le fabrique quelque part le lait, hein !).
Ce choix entre aussi dans mon optique de maternage. Je fais confiance à mon fils, dans ses heures de coucher ou de téter, et il nous le rend bien ! (il chie à heure ultra-fixe, par exemple... 13h02... pas 1 ni 3)

Donc, je compte allaiter mon fils autant de temps qu'il faudra, autant de temps que Sapinou voudra, autant de temps que je le pourrais, autant de temps que MaB le supportera, autant de temps que ça nous conviendra à tous les 3. Surtout après la gastro carabinée que nous venons de traverser, Sapinou et moi... sans l'allaitement, il aurait été quasi-obligé de faire un tour par la case urgences pour éviter la déshydratation.

Et si c'est jusqu'à 2 ans, et ben... ça sera jusqu'à 2 ans, et je t'emmerde pis c'est tout !

mardi 5 juillet 2011

La fin...

Lui et moi, c'est fini.
Après 6 mois et demi de chaleur et de complicité, nous nous quittons.
Tel un vieux compagnon de route, il m'a accompagné dans les moments difficiles comme dans les joies.
Mais nos routes se séparent ici. D'autant plus qu'il n'aurait pas tenu dans le coffre de la voiture.

De qui ? De quoi ?

De ma Rolls Royce des nibards, de ma trayeuse, de mon tire-lait électrique, quoi !



En six mois, je suis passée de 5 utilisations par jour, en simple ou double pompage, à une seule, voire aucune (lorsque je suis trop crevée, que j'ai trop festoyé ou que Sapinou s'est réveillé pour tétouiller vers 22h)(ça arrive de temps à autre, surtout avec les poussées dentaires). Et vu que j'ai choisi le modèle "best for my boobs", ça coûte un peu un bras la location, alors que la sécu ne rembourse que l'équivalent d'une trayeuse pour vache en termes de confort. Donc pour tirer 60-80 ml par jour, un tire-lait manuel (dont je suis déjà équipée)(poils aux nénés) fera très bien l'affaire.

Ça va me faire tout drôle... lui et moi, on avait commencé à s'apprivoiser.
Au début, j'étais tellement dans le coaltar à chaque traite que je galérais pour faire les sudoku de closer.
Et puis j'ai mieux dormi et j'ai guéri de mon abcès, du coup, j'ai terminé le cahier de mots croisés acheté pour la maternité, à la naissance de Sapinou (je ne sais pas ce que je m'étais imaginé... que j'allais m'ennuyer entre 2 tétées, une couche au méconium et 3 visites...).
Enfin, j'ai eu envie de lire. Re-lire. Des romans, des nouvelles... des livres. De la littérature.

Autant les tétées sont des moments de totale fusion avec son enfant (même si ça ne m'empêche pas de mâter la télé avec les sous-titres pour les sourds)(sinon, Sapinou, le bruit, ça le déconcentre), autant les séances de traite m'ont permis de me retrouver. Seule pendant 20-30 minutes. 30 minutes pour penser, réfléchir, se poser.

A partir de mercredi, c'est allaitement sans filet. Ça ne va pas poser de problème, mais cette machine en était devenue rassurante face à la peur, prégnante, de revivre et subir d'autres engorgements.
Je vais faire le test du tire-lait manuel quasi-quotidien pendant les vacances. Peut-être que je serais nostalgique, et que je me laisserais tenter par un tire-lait électrique de poche à la rentrée (une vraie geek des tire-lait...), qui sait ?

Prochaine étape : le sevrage. Mais là, je laisse le soin à Sapinou d'en décider !

jeudi 19 mai 2011

Pardon

Nann, n’eus ket e Breizh, nann, n’eus ket unan
Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan
Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan

Non, il n’y a pas en Bretagne, non, il n’y a pas un
Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves
Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves.

Bon bé oui... aujourd'hui, c'est la saint Yves... pas que je sois devenue bigote, mais j'affectionne particulièrement ce grand pardon, au delà des croyances dogmatiques.
Grosse résonance familiale... une petite étoile qui nous regarde je l'espère, ma petite famille et moi... ma grand-mère, Yvonne, et mon grand-père, son petit Yves... mon fils, aussi.

Bref.

Aujourd'hui, 9 mois... dedans-dehors à égalité.

4 dents, 11 kg et 74 cm (enfin à peu près... ça fait un mois qu'il n'y a pas eu de pesée officielle)(j'te dis, je n'ai perdu aucun filet garni-poids de bébé depuis le début)(oui, à chaque pesée, on lance les paris avec MaB).

Des nuits complètes, avec une fâcheuse tendance à faire des exceptions les dimanche soir et les mercredi soir... genre, comme si il sentait mon boulot du lendemain.

Un allaitement maintenu avec la reprise du boulot : matin et soir, plus tire-lait les lundi-mardi-jeudi-vendredi, matin, gouter et soir, plus tire-lait les mercredi-samedi-dimanche (avec des compléments en lait industriel le soir, sinon, il se réveillerait vers les minuit pour bouffer...). Et je m'en sors plutôt bien, ça a l'air de convenir à tout le monde.

Toujours le bide tordu le matin de laisser mon fils avec sa Mamita pour aller bosser, même après 3 semaines. Je me dis qu'il ne m'en reste que 7, dont 2 avec jours fériés (celle avec grève c'était la semaine dernière).

Des promenades dans l'écharpe, pendant lesquelles Sapinou s'endort systématiquement au bout de 15-20 minutes, en me bavant lamentablement sur le t-shirt.

Un Sapinou qui ne va pas tarder à prendre son envol, étant donné qu'il se met debout depuis 3 semaines, et qu'il fait de mieux en mieux le tour de son parc... sans passer par la case départ l'étape rampage/quatre pattes.

Et surtout, un Sapinou très éveillé, qui danse, qui rit, qui fait craquer les vieilles au parc, et surtout ses mamans.

samedi 30 avril 2011

Nous étions deux, nous étions trois...*

Youhou !!?? Ya(encore)kékin ?

J'avoue, je n'avais pas trop le cœur à bloguer ces dernières semaines...
Déjà, j'ai été un peu minée par THE coup de pute de ma Principale : alors que j'ai renouvelé mon contrat en septembre à la condition de récupérer mes jours de congés payés tombant pendant mon congé de maternité, elle m'a finalement refusé ces congés... en février. Nous avons eu quelques mots au téléphone, depuis, je n'ai plus trop envie de rigoler avec elle (en revanche, avec sa nouvelle coupe de caniche portoricain, il y a moyen de bien se marrer...)(cela dit, je me lance dans une longue procédure de recours, hiérarchique auprès du recteur, puis si pas de réponse, au tribunal administratif)(quand je te dis que je n'ai pas envie de rigoler, hein).
Donc, sur 46 jours ouvrables, je n'ai pu en récupérer que 15 (ceux de l'année en cours, en fait), et je n'ai eu aucun mal à me faire arrêter jusqu'à Pâques (l'abcès, l'hospitalisation, les soins, la fatigue, la douleur, le sevrage, tout ça).

Ensuite, par la force des choses, après plus de 9 mois (presque 10, en fait...) de bons et loyaux services de mère au foyer (du repassage de layette avant la naissance au maternage-cododo-allaitement-portage... c'est-à-dire une fusion quasi-totale du genre "jamais sans mon fils"), j'ai du reprendre le chemin du travail.
Autant te dire que cette perspective ne m'a pas vraiment enchantée... comme passer de 13h par jour avec Sapinou quasi-non-stop à seulement 3h par jour.
J'ai pleuré, beaucoup.
J'ai angoissé, énormément.
J'ai élaboré tout un tas de stratégies de contournement, à la folie. Mais bon... j'ai épuisé tous mes jours de maladie à plein traitement.

Et puis, mardi matin, avec mon petit cartable et la boule au ventre, j'ai laissé mon fils avec sa Mamita (c'est un peu compliqué d'expliquer le pourquoi du comment, mais MaB va rester avec Sapinou jusqu'aux grandes vacances, en espérant une place en crèche d'ici septembre).
J'ai écrasé ma petite larme dans l'ascenseur, et une fois arrivée sur le terrain, j'ai été emportée par la foule le tourbillon de la vie scolaire, tant et si bien que la journée a passé relativement vite (surtout sans rester inactive)(oui, parce que aller bosser, et laisser mon Sapinou à la maison, pour ne rien foutre je ne vois pas l'intérêt... autant rester en maladie)(je te rassure, une grande partie de mes collègues ne pense pas comme moi... sans doute qu'ils n'ont pas d'enfants).

Les élèves ne m'avaient pas oublié, et m'ont réservé un bel accueil : deux ans de boulot pour arriver à une certaine autorité naturelle sur des ados qui font souvent la misère aux autres adultes (juste pour rire, histoire de les voir craquer), ça n'a pas de prix (même pas les 24 smic).
Les nouveaux (sauf les sixièmes... eux ne me connaissent que par ouï-dire, et m'appellent madame... la classe) me testent et sont parfois calmés par leurs camarades "vazy c bon c Kanou" et hop, le troisième archi-reloud est rangé et ferme sa gueule.
Re-la classe.
L'expérience, quoi !

Et vu que l'ensemble du collège attendait plus ou moins mon retour comme le messie, lundi, c'est sortie !
Qu'ils en profitent, en juin, c'est fini !


PS : je tiens à préciser que les journées avec Sapinou non-stop sont beaucoup plus longues et harassantes que celles à gérer plus ou moins bien environ 500 ados (dont environ 200 en rut en ce printemps fleuri), donc toi, le blaireau qui rentre du bureau pour te foutre les pieds sous la table et laisser bobonne se taper une deuxième journée à la maison, tu n'es qu'un branleur, sache-le.


*Marin de Groix (je sais...ce n'est pas hyper réjouissant... mais c'est une super berceuse... et puis nous, on est comme ça les bretons, faut qu'ça saigne).

mercredi 16 mars 2011

Tu quoque mi fili

Outre le fait que Sapinou soit le plus beau des bébés, il n'en reste pas moins déconcertant.
Pas plus tard que l'autre matin, j'ai été contrainte de jouer un peu "à la poupée" avec lui... avec l'essayage de la moitié de ses pantalons en taille 12 mois avant d'en trouver un dans lequel les cuissots passaient, et quasiment autant de sweat-shirts, histoire que ses petits bras ne ressemblent pas à des rôtis près à cuire.

- Coucou la tête !
- Mamamamamamama, ce qui signifie en langue Sapinou "vas-y grouille-toi, j'ai grave la dalle", et non pas comme beaucoup pourraient le croire "ma maman d'amour" !
- Rho mais ça passe pas... ah si... bon, hop le bouton... hem... coucou !
- Mamamamamamama...
- Elle est où la main ? Coucou la main ! Et l'autre main ? Rho ben non... tu rentres pas... pfff.
- Mamamamamamamama ?
- Et le pantalon, tu tends tes jambes ? Coucou les pieds !
- Mamamamamamamaaaamouiiiiiin !
- Ben là non plus tu ne rentres pas... j'ai pas plus grand.

Bon.
J'ai essayé 2 autres sweats comme ça, et 3 pantalons, et puis je me suis dit que finalement, il faisait assez doux, et qu'un t-shirt manches longues pressionné intégralement dans le dos et un jogging bien ample feraient très bien l'affaire.
J'ai remis à plus tard l'épreuve délicate du tire-morve... tout ça pour le changer 1h après parce qu'il avait décidé de se faire un masque avec le mouliné de courgettes, et d'étaler consciencieusement le reste sur la tablette de sa chaise haute avec sa manche.

Il faut que je me rende à l'évidence : mon fils aura 7 mois dans 3 jours, et il est à l'aise dans le 18 mois... pour laisser respirer les pectoraux et les biceps, pour laisser passer les cuisses (mais avec 5 cm de revers...), et puis des chaussettes en 23. Pour les chaussures, on repassera... fini les chaussons souples de nourrisson, à cette taille là, on est sensé marcher. Sauf que Sapinou, à 7 mois, ben il ne marche pas !
Du petit bébé hypotrophique à la naissance (c'est marqué comme ça sur le compte-rendu de la césarienne), Sapinou est passé à la vitesse supérieure en dehors de mon ventre (d'ailleurs, je l'en remercie de ne pas avoir commencé à pousser comme ça à l'intérieur) : 22 cm en 7 mois... il parait que ça se tasse après 6 mois... je n'ose imaginer sa poussée de croissance à la puberté !

Il va donc falloir que je le coache, que je lui explique que non, il n'est pas difforme, et que oui, il va galérer pour s'habiller.
Comme sa mère.
Comme son grand-père (oui, mon père, donc)(pour l'anecdote, ma grand-mère l'avait emmené essayer des costumes pour son mariage, elle a failli gifler la vendeuse lorsqu'elle lui a dit que son fils était difforme parce qu'il lui fallait une chemise suffisamment grande pour rentrer les biceps et le cou de taureau, mais raccourcir les manches, et un pantalon suffisamment large aux cuisses, mais avec des pinces à la taille et une retouche d'au moins 10 cm en bas)(bon ok, mon père était en pleine préparation pré-olympique, avec de la muscu à gogo).

Parce que les fabricants d'habits, ils ont un sérieux problème.
La conception des fringues doit être faite par des hommes (ou des femmes, hein, mais bizarrement, je n'y crois pas trop), qui n'ont donc aucune notion de comment c'est pratique de refermer un t-shirt avec des petits boutons sur un bébé qui n'est absolument pas coopératif, ou l'absence de pressions sur une des 2 jambes de pyjama (ce qui fait que pour changer la couche, il faut intégralement déshabiller le bébé... super pratique à 3h du mat').
Sans parler des coupes... j'ai un doute sur le comment du pourquoi les habits sont si mal taillés... soit les mesures sont prises sur des enfants en période de famine exclusivement, soit c'est un choix stratégique pour conjurer le sort de l'obésité.
Alors oui, Sapinou est un géant costaud, avec un physique de pêcheur à pied (jambes courtes et puissantes, épaules de déménageur, grand buste, mains comme des battoirs et pieds grands comme des palmes), mais il y a une telle différence d'une marque de fringues à l'autre !
Mais Sapinou est un garçon : il trouvera plus facilement des pompes en 45 que des escarpins en 42 (vécu, vécu)(ou un t-shirt en taille 3 ou 4)("ah non mademoiselle, on ne fait pas les grandes tailles...")(conasse).

A moins que je me mette à la couture et au sur mesure... que ne ferais-je pas pour mon fils ?

jeudi 10 mars 2011

Le berceau vide...

Parce que tout évolue, même mon tout petit Sapinou du départ, il a fallu que je me rende à l'évidence : ses pieds touchaient le bout du berceau...
Armée de mon tournevis électrique et de mon courage, je me suis donc attelée à la tâche : monter enfin le lit à barreau dans la chambre de mon grand garçon.
J'ai donc envoyé MaB et Sapinou en promenade, histoire d'avoir un peu la paix dans cette épreuve. Contrairement à la commode, que j'avais galéré à monter (là)(ça devait être les hormones qui m'obstruaient les neurones), le lit, c'est bien plus facile ! En 45 minutes, c'était torché, alèse, drap, tour de lit et mobile inclus. Je me suis épatée, j'ai même pu profiter du 1/4 d'heure de rab' pour lancer une machine et faire un brin de ménage (ça m'a évité de cogiter trop...).

Bon. Vu que je ne veux pas brusquer mon fils, lui créer des névroses, tout ça, nous avions décidé avec MaB que nous ferions la transition en douceur : d'abord quelques siestes dans sa chambre, puis enfin viendrait les nuits.
Au bilan de sa première nuit dans son grand lit, je me dis que c'est moi que je n'ai pas voulu brusquer... hem... j'ai mis 3 mois à me décider.
A 3 mois, mon excuse, c'était que j'allaitais, et que Sapinou se réveillait encore parfois la nuit...
A 4 mois, mon excuse, c'était que j'étais hospitalisée... et puis MaB ne voulait pas le laisser tout seul, déjà qu'il n'avait plus sa mère à téter, elle n'a pas voulu en rajouter une couche...
A 5 mois, mon excuse, c'était que j'avais encore un trou dans le sein, et que je ne pouvais pas physiquement monter le lit... et puis ça m'apaisait de l'entendre respirer pendant la nuit... et puis déjà que j'étais obligée de faire un sevrage partiel, je n'allais pas en plus me séparer de lui...
A 6 mois, mon excuse, c'était qu'on allait partir en vacances, donc nous n'allions pas habituer Sapinou à dormir seul pour le remettre dans notre chambre pendant 15 jours...
A 6 mois et presque 3 semaines, je n'ai plus d'excuse : Sapinou est trop grand pour rester dans son petit berceau, il touche les bords, avec ses pieds, avec ses mains, est à l'étroit...

Je n'ai pas pleuré, ni rien, mais ça m'a fait quelque chose de ne plus l'entendre juste à côté de moi... et pourtant, je suis tellement fière qu'il pousse comme ça, qu'il évolue... j'ai conscience qu'il faut que je le laisse grandir, que c'est bien pour lui aussi d'avoir son "indépendance" nocturne... ça m'a tout de même fait un petit pincement au cœur lorsque je me suis couchée ! Mais comme il s'est endormi très rapidement, qu'il ne s'est pas réveillé de la nuit et qu'il a gazouillé presque 30 minutes tout seul ce matin, je me dis que ce transfert est une réussite !



Prochaine étape difficile : la recherche d'une nounou (car toujours pas de réponse de la crèche) et l'abandon de mon fils la reprise du travail le mois prochain (oui, faut bien que j'y retourne, même pour 2 mois et demi seulement...).

mardi 1 mars 2011

Ma mère...

Comme c'est trop abusé de te laisser sans nouvelles, non ?
Mais c'était les vacances !
Deux semaines.
Dont 10 jours avec ma mère.

Là, tu te dis "ouah super, la grand-mère a du être ravie de pouvoir s'occuper de son petit-fils, et de laisser les mamans se reposer et/ou se retrouver un peu toutes les deux" !
Et bien, tu te trompes, tu te mets le doigt dans l'œil, jusqu'au coude, même.
MaB, comme à chaque fois qu'elle arrive en Bretagne, était dans le coaltar les premiers jours... les changements de pression, ou d'air, sans doute (moi, je suis tombée dedans quand j'étais petite, donc ça ne me fait plus grand chose... j'étais plus crevée par mon retour de couches).
Ma mère, en bonne hyperactive, partait dans tous les sens... pour résumer, elle voulait que JE prenne tout en charge (pas MaB, parce que sinon, elle se sent dépossédée de son rôle de maîtresse de maison), mais à chaque fois que JE, assistée par ma fidèle MaB, commençais à prendre les choses en mains (lessives, courses, repas), elle débarquait en voulant tout faire à sa sauce, et forcément, en dénigrant un peu mes capacités.
Sans compter les réflexions incessantes sur la façon dont je/on s'occupe de Sapinou... les fringues, les repas, les tétées, l'allaitement, la vaisselle des biberons, les sorties, les siestes, les pleurs, les couchers... il n'y a que le bain et la matinée où nous étions tranquilles, puisque pas de grand-mère dans la salle de bain (la baignoire au sol est trop basse, ma mère ne veut pas se casser le dos) ou dans la chambre parentale (même si la journée, elle ne se gênait pas pour rentrer régulièrement pour voir comment Sapinou respirait). Et toujours derrière MaB pour lui dire comment s'occuper de son fils.

C'était assez pesant, ça m'a épuisée, il faisait 16-17°C dans la maison, du coup, j'ai eu une baisse assez conséquente de lait, ce qui m'a d'autant plus stressée même si je sais que la fin de mon allaitement exclusif est dans l'ordre des choses, ça me fait un peu suer d'être ric-rac en lait en attendant la diversification complète sur ou deux repas.
Au bout de 8 jours, j'étais à bout, les nerfs en pelote. C'est ce jour là que Sapinou a décidé de ne pas s'endormir tout de suite pour sa sieste de l'après-midi. Moi, en bonne laitière, je tirais mon lait au chaud (près d'un radiateur à fond... oui, c'est mal pour la consommation de fuel) et au calme relatif (3 fois 20 minutes d'isolement dans la journée, c'est pas la mer à boire)(je crois que j'ai été "dérangée" à chaque fois l'après-midi... toujours ma mère pour venir poser une question sur tout et sur rien). MaB, elle, s'occupait de son fils, le berçait, l'apaisait (oui, parce qu'en plus, Sapinou a décidé que ça y est, c'était le moment de sortir une dent). Ma mère n'a rien trouvé de mieux que de rentrer dans notre chambre comme une ouf, et de dire à MaB qu'elle allait emmener Sapinou faire une promenade parce que de toutes façons, il ne dormait pas, et qu'il faisait super beau (oui, ça arrive souvent en Bretagne, et pas que la nuit). MaB lui a répondu qu'elle préférait m'attendre, que peut-être j'aurai envie de faire une promenade en famille, mais qu'il fallait que je finisse de tirer mon lait.
Autant te dire que Sapinou, il a bien compris le filon : si pas de dodo, promenade avec sa grand-mère. Donc c'était mort pour la sieste, pour lui comme pour MaB et moi.
Lorsque je suis revenue à la civilisation, ma mère était prête à partir, et le temps qu'on en parle avec MaB, elle avait embarqué Sapinou dans sa poussette et avait filé.
Je te jure que mon sang de mère chatte n'a fait qu'un tour : même ma mère n'a pas le droit de me retirer mon fils comme ça, sinon, ça pète.
Ça a pété.
Je te passe les détails, parce qu'une crise familiale, c'est un peu pathétique à raconter dans le détail. Mais je ne te dis pas l'angoisse.
Au final, Sapinou est rentré avec 45 minutes de retard sur son heure de gouter, ce qui, forcément, a décalé le bain et le diner, avec un bébé fatigué de n'avoir pas dormi de l'après-midi.
Joie, détente, partage.

J'ai eu beau lui expliquer que ça suffisait maintenant, ses intrusions interventionnistes dans notre couple, dans notre famille, tout ça, je crois que ma mère ne se rend pas compte. Ou alors, si elle s'en rend compte, elle me fait un peu flipper dans son machiavélisme. Mais je ne vais pas lui dire qu'étant donnée son instabilité émotionnelle, j'ai du mal à lui confier Sapinou plus d'une heure... surtout qu'elle n'en fait qu'à sa tête de mes recommandations (du genre ne pas trop le secouer après une tétée, sinon, blurp)(m'en fous, c'était sur son pull, pas le mien !), et qu'elle me répond lorsque je lui en fait la remarque qu'elle s'en moque, parce que ça sert à ça les grands-mères.
Pourtant, elle est super cool... elle s'est démenée en décembre pour m'amener Sapinou et MaB presque tous les jours à l'hosto, elle me paye l'intégralité des réparations de ma voiture (joli cadeau de noël, cela dit), lorsqu'elle débarque chez nous, c'est toujours avec un paquet de couches, une petite fringue, ou un petit gadget pour bébé.
Mais 24h/24, c'est la plaie. En fait, comme avant, hein... sauf que maintenant, il y a Sapinou, et que si on veut aller faire un tour, c'est toute une organisation... couche, combinaison pilote pour la poussette ou installation de l'écharpe, bonnet, gouter, lait à tirer. Je crois que ça ne changera pas, et que ma mère cherche à reproduire avec moi sa relation conflictuelle avec sa propre mère... sauf que je ne suis pas elle, et qu'elle n'est pas sa mère, et que MaB n'est pas mon père (lui, il préfère partir aux Antilles 15 jours plutôt que de faire des cadeaux de Noël à ses 3 enfants, et/ou de venir voir son petit-fils, après leur seule rencontre du mois de septembre).
Et puis lorsque ma sœur est là, c'est pire encore... elle n'est restée que 2 jours au lieu des 3-4 prévus... elle a prétexté une mission en intérim de dernière minute. Mouais. Qu'elle profite de ne pas avoir encore de môme.

Moi, il me reste un mois pour trouver une assistante maternelle ou allumer un cierge pour avoir une place en crèche pour avril, supprimer la tétée de l'après-midi, reconstituer mon stock de fer et faire ma rééducation périnéale et abdominale (ben oui, avec tout ça, j'avais un peu zappé les histoires de pont-levis et d'ascenseur, et les séries d'abdos-fessiers).

Demain, on part quelques jours chez les parents de MaB qui n'ont pas vu leur petit-fils depuis janvier... ça va leur faire tout drôle... 6 mois 1/2, plus de 10 kg pour 70 cm... un "beau gabarit" a dit la pédiatre lors de la dernière visite !

samedi 29 janvier 2011

Guérie ?

Ah oui, c'est vrai... j'ai un blog !
Ça n'est pas que je t'oublie, mais disons que ma vie trépidante ne me laisse pas tellement de temps pour venir la raconter ici.
Mais pour résumer ces dernières semaines, mon petit coup de calgon semble être derrière moi.

Je n'allais tout de même pas te raconter en live l'épisode viral d'il y a quelques jours/semaines... je ne sais plus, le temps passe si vite !
Un soir, Sapinou avait de la fièvre... je lui ai donné du paracétamol en sirop à la pipette parce que plus de 38°C. Nickel, dodo toute la nuit.
Le lendemain, re-fièvre, donc re-paracétamol. Sauf que pour 8,3kg, il faut la dose, et une pipette remplie d'un liquide visqueux, rose et dégueu, ben ça a du mal à passer au réveil. Qu'à cela ne tienne, je me dis que ça passera avec la tétée du matin juste après.
Fatale erreur.
A peine la tétée commencée, avec au moins 100 ml englouti voracement par mon petit glouton (aidé par un débit ultra rapide)(oui, on ne peut pas régler le débit de l'eau du sein comme sur une tétine de biberon), que je sens qu'il y a comme un truc qui ne passe pas. Ni une ni deux, je le prends contre moi pour lui faire faire son rot (fait gaffe, ça va partir en vrille après). Et bien ça n'a pas loupé... vomito tout chaud dans le cou, sur les locks, sur l'oreiller, sur le matelas. Avec le paracétamol liquide même pas digéré, forcément.
J'étais ravie... obligée de descendre en catastrophe à la pharmacie pour aller chercher des suppos. Même que le pharmacien nous a refilé des trucs pour nourrisson de moins de 8kg, parce qu'à 4 mois et demi, ça a du lui paraître bizarre de faire plus. Et surtout lancer 3 machines à laver... oreillers, puis housse de couette, puis fringues. Sans compter le lavage de mes locks... ça tombait bien, il fallait que je les lave, même si ça aurait bien attendu un jour ou deux.
Verdict à la couche : gastro (je te passe les détails de la couche radio-active). Ouais. Une quatrième lessive pour la housse du transat.
Sapinou s'en est sorti comme un chef (il a du perdre 2 ou 3 g, pas plus...), et ça lui a permis de repousser d'une semaine son rappel de vaccins. C'est la deuxième fois qu'il nous fait le coup. La pédiatre n'y croyait pas !
Il l'a tout de même refilé à sa grand-mère venue lui apporter une galette et un petit pot de beurre faire une petit calinou. Qui nous l'a ensuite refilée la semaine d'après... c'est ça la famille d'être fragilisée par la fatigue. La boucle s'est arrêtée là : vivent les anticorps !
J'en ai profité pour perdre les derniers kilos de ma grossesse en ne bouffant qu'un bol de riz par jour et du bouillon.
Je crois que j'ai lavé toutes les poignées de porte à la lingette hydro-alcoolique, et lessivé les chiottes à la javel. Hors de question qu'on se la refile comme ça jusqu'au printemps !

Je t'avais prévenu, c'est un peu hardcore.

Sinon, Sapinou a 5 mois et 10 jours.
Il dort toujours dans notre chambre, et fait sa sieste du matin dans le lit parental (lorsqu'il se rendort, parce qu'il y a des jours où il décide que se rendormir après 12h de sommeil, c'est un peu too much, et que si sa Maman ou sa Mamita sont fatiguées, elles n'avaient qu'à pas jouer à Mario Kart jusqu'à pas d'heure). Je pense que c'est une habitude que je vais devoir contrarier assez rapidement, parce qu'il va falloir qu'il teste un peu son lit à barreaux très prochainement, étant donné son grand format... le berceau commence à être un peu juste. Comme les fringues en 6 mois d'ailleurs. Il commence également à tenir assis : il était temps, parce la compote dans le transat, c'est un peu limite... je ne te parle pas de la purée qui ne va pas tarder à entrer dans son alimentation d'ici peu, 15 jours à tout casser, vu ses yeux et sa bouche entrouverte lorsque nous mangeons.

Et moi... ben... j'en ai fini hier avec mes soins infirmiers... fini le déballage de nibard quotidien et l'épilation gratos à l'hydrofilm ! Le chirurgien m'a encore vivement conseillé l'arrêt de mon allaitement, pour accélérer la cicatrisation. Mais comme je suis têtue pugnace, je continue, avec l'accord de ma consultante en lactation bien sûr : une tétée matin et soir, complétée par un bib de mon lait tiré (la veille pour le matin, la matin pour le soir), un bib de lait en poudre le midi, en attendant que la purée prenne le dessus, un bib de mon lait tiré vers 14-15h au gouter avec une compote, en attendant la reprise du travail (qui supprimera cette traite sauf mercredi et week-end). Et ça tourne bien comme ça.

Il faudrait juste que je me reconnecte avec la réalité de la société, ses tracas quotidiens, le ménage, un peu plus de vie sociale, mes activités syndicales, la préparation du concours d'instit (même si petit à petit, je me fais à l'idée d'être prof d'histoire/géographie dans le secondaire dès la rentrée prochaine)(et pourquoi pas de passer le CAPES et/ou le CAPLP Français/Histoire-géo)... que je sorte de ce petit cocon tout doux.
Pour le boulot, j'attends la réponse officielle de ma Principale, mais a priori, je vais pouvoir prendre mes 45 jours ouvrables de congés payés jusqu'aux vacances de printemps... la classe internationale, non ? Et je n'ai aucun scrupule étant donné mon statut d'ultra-précaire qui va être jeté fin août sans aucune valorisation professionnelle après 6 ans de bons et loyaux services.
Pour la reprise du hand, euh... comment dire... on va attendre septembre, hein ?

mercredi 12 janvier 2011

Remontée(s) d'acide(s)

Avec tout ça, forcément, le moral en prend un coup.
Forcément.
Bonne année, bulles, gras, cotillons, étrennes... et surtout bonne santé.
Haha.
C'te bonne blague.

Et puis cette espèce de résignation dans l'arrêt progressif de mon allaitement...
Cette peur aussi, que si cela s'arrête, je m'écroule. Comme si l'allaitement me faisait me lever le matin, comme si nourrir mon fils me faisait tenir, comme si cela me donnait un véritable statut aux yeux de la société, comme si il s'agissait du prolongement de ma grossesse (à défaut d'accouchement par voie basse)...
La peur d'une chute post post-partum.
J'ai mis neuf mois à apprivoiser ma grossesse, il me faut apparemment aussi du temps pour apprivoiser ce nouveau statut de maman.

MaB, elle, est au top de sa maternité, et j'ai bien l'impression que mon hospitalisation lui a fait prendre conscience de son rôle auprès de Sapinou. Elle qui me laissait gérer les séances de baignade ou de nettoyage de narines, parce que trop peur de mal faire, a du se sortir les doigts du cul rendre à l'évidence : elle n'allait pas faire plus mal qu'une autre ! Du coup, à mon retour à la maison, j'ai découvert une nouvelle complicité entre elle et son fils. J'ai trouvé ça touchant de la voir s'épanouir comme ça.

Sapinou, lui, il bouffe, au bib, au sein, du lait humain, du lait en poudre, tiédi, à chaleur ambiante... tant que son petit estomac se rempli 4 fois par jour.
Il a été un peu désorienté lorsque sa Mamita a commencé les premiers biberons, il cherchait son sein... ou le mien... et puis MaB lui a expliqué que non, elle n'avait pas de lait, mais que ça ne l'empêchait pas de le prendre contre elle pour faire des câlins, avec ou sans bib.
Il a été désorienté lorsque j'ai commencé à lui donner le biberon, avec mon lait ou du lait en poudre, mais il a vu que là aussi, je le gardais aussi contre moi, comme pour les tétées au sein.
Donc ça a l'air de lui convenir. 8,490 kg à 4 mois et 3 semaines pour 66 cm. On est bien loin de la crevette du mois d'août, dont tout le monde s'inquiétait lors de la dernière écho, petit fémur, tout ça. Toi-même, va !
Plus qu'à moi en tout cas.
Au final, je l'allaite sur un seul sein 3 fois par jour en complétant avec un biberon de mon lait tiré sur l'autre sein, et au gouter, on ne lui file que le biberon, soit de mon lait uniquement, soit moitié lait en poudre-moitié lait tiré (tout dépend de la production du jour).
Je m'habitue (et mes seins aussi) à 3 tétées par jour, mais j'y vais progressivement, en me disant que de toutes façons, il va bientôt passer à l'alimentation "solide", et que petit à petit les quantités de lait dont il va avoir besoin seront moins importantes. Et puis je me dis que le plus important, c'est qu'il ait mes anticorps, et du lait parfaitement adapté à son petit organisme.
Et surtout, je ne vais pas tarder à reprendre le travail... enfin, pas tarder... tout est relatif... au plus tôt, début mars, au plus tard, mi-avril (tout dépend si je peux placer mes congés payés, ou si j'ai une place en crèche avant).


A moins que ça ne soit la date anniversaire du décès de ma grand-mère qui me fasse remonter des trucs, maintenant que Sapinou est là. Envie qu'il lui sourit, qu'elle soit intimidée par son regard si profond, qu'elle lui parle de Monsieur Mimosa ou de Monsieur Cerisier qui fleurissent dans le jardin, ou lui chante des airs d'opérette.


Il me faudrait une cure de soleil, du sport intensif, une bonne cuite, ne plus avoir mal au sein à chaque fois que je porte Sapinou ou que je me penche au-dessus de son berceau (oui... bon... il dort toujours dans son berceau, dans notre chambre...)(mais j'ai une excuse en or : je n'ai pas encore pu monter son lit à barreau dans sa chambre depuis le mois de décembre)(je rassure les anti-cododo, ça ne saurait tarder, je crois que MaB sature)... il faudrait que je prenne un peu l'air dans tous les sens du terme, mais la douleur et la fatigue intense de la cicatrisation couplée à l'allaitement m'en empêche. Et le malaise que je ressens à chaque fois que je dois me séparer de mon petit ne m'aide pas non plus dans cette démarche de coupage de cordon.

Voilà où j'en suis à l'orée des 5 mois de Sapinou... c'est pas terrible, mais ça pourrait être pire !

lundi 27 décembre 2010

La magie de Noël


Non pas que je sois encore complètement désespérée, mais à force de voir cette œuvre d'art de mon balcon tous les matins (oui... c'est posé sur le toit du musée à 2 pas de chez nous... je n'ai pas trop bien compris le concept, MaB t'en parlerait mieux que moi), je vais finir par y croire...

Il y a 3 semaines, je me croyais tirée d'affaire après cette ponction et ce traitement antibiotique de cheval.
Ben non.
Au bout de 10 jours de traitement, aucune amélioration. C'était même plutôt en train de se dégrader.
Fièvre, douleur, ganglions, inflammation.
Direction les urgences de cette fameuse maternité "amie des bébés", lait tiré, boite de lait en poudre achetée au cas où.
Ça n'a pas loupé : ils ont voulu me garder pour m'opérer le lendemain. J'ai réussi à négocier une hospitalisation le lendemain, avec une dernière nuit à la maison près de mes 2 amours.
Je me suis donc rendue à l'abattoir la maternité le cœur gros, laissant mon tout petit avec 2 biberons de mon lait et sa Mamita.

J'ai été prise en charge très rapidement, un petit comprimé pour me détendre, une douche à la bétadine, et hop, à poil au bloc. J'ai eu le droit à une mini-anesthésie générale, un drainage complet de cet abcès mammaire massif, une incision de 3 cm, un magnifique drain... mais surtout, une pompe à morphine !
La petite plaisanterie a duré une semaine : j'ai eu droit à une sortie la veille de Noël, avec une liasse d'ordonnances pour des soins à domicile 2 fois par jour, un arrêt de travail pour le mois de janvier et des cachetons qui me font planer au delà de toute espérance.
Une semaine à voir mon petit Sapinou d'amour et MaB une à deux heures par jour, voir pas du tout, à vider mes seins au tire-lait pour remplir des petits pots (et le réfrigérateur de la nursery en attendant... ça a fait marrer les puéricultrices, halluciner les jeunes mamans qui attendaient leur montée de lait, moi moyen à chaque fois que je voyais un bébé alors que le mien était bien tranquille à la maison à grandir auprès de sa Mamita...) que MaB ramenait dans son petit panier, à pleurer comme une madeleine dès qu'un petit flocon tombait (bah oui... qui dit flocon, dit transports dangereux, dit pas de bébé...).
Une semaine à me rendre compte peu à peu que j'avais tout de même un peu frôlé la septicémie, et que décidément, j'étais vraiment trop tarte de pleurer comme ça pour une toute petite semaine, alors que si je m'étais bougée plus tôt la séparation n'aurait pas duré aussi longtemps.
J'ai pas mal dormi, aussi... la nuit, le matin, l'après-midi... ça passe plus vite, et puis le sudoku sous morphine, ça n'est pas hyper probant.

A regarder, ça fait un peu Nip/Tuck... il parait que l'incision va se refermer toute seule (avec l'aide de 2 irrigations de la cavité par jour pendant au moins 15 jours-3 semaines), et que la cicatrice sera toute petite.
Le plus dur, c'est le traumatisme de cette séparation forcée avec mon tout-petit... tu penses, le plus long c'était 2-3 h maxi ! Lui, il n'a pas trop réalisé je pense, avec sa Mamita, il a continué à dormir, manger (le passage lait de maman/lait en poudre/lait de maman s'est fait sans problème), à rire, à gazouiller... à chercher un peu le sein aussi, et puis moi aussi... j'avais laissé un petit doudou imprégné de mon odeur dans son lit, ça l'a apaisé. Nous avons même communiqué par téléphone... il m'a raconté sa vie, ça m'a fait du bien sur mon lit d'hôpital !
Et moi qui m'inquiétais de ne pas réussir à m'attacher, qui avait peur de me détourner de mon enfant une fois qu'il serait né... je me suis pris tout l'infondé de ces angoisses en pleine poire (avec un trou de 3 cm dans le sein, on est plus fragile)...

Au final, je me retrouve avec un bébé en pleine forme, une femme épuisée par une semaine à plein temps (elle tire d'ailleurs son chapeau bien bas aux mères solo) et pleine de stress, un sein qui produit toujours bien-mais-pas-encore-assez-à-lui-tout-seul (ça ne saurait tarder), et un autre que je dois vider au tire-lait (ben oui... 3 fois par jour je vais à la traite, et ça n'est pas si "bestial" que ça)(parce que nous les femmes, nous avons le droit à une téterelle adaptée à la taille de notre téton)(sinon, une téterelle trop petite ou trop grande, ça fait grave mal... et ça peut aller jusqu'à l'engorgement)(une mammite chez nos amies productrices de lait à 4 pattes) et veux sevrer progressivement, histoire de ne plus être emmerdée.

J'espère juste que l'an prochain, nous aurons trouvé un marabout ou un rebouteux et que nous pourrons passer des fêtes de fin d'année sereines... sans chimiothérapie maternelle (cru 2003), sans jambe cassée (mon fameux tibia-péroné)(cru 2004), sans divorce parental (cru 2006), sans décès de grand-mère (cru 2007), sans épisode carcéral (cru 2008), sans hépatite, (cru 2009), sans jambe cassée (celle de MaB cette fois)(cru 2009 bis), sans trou dans le sein (cru 2010)... je n'arrive plus à me souvenir ce qu'il s'est passé en 2005.
C'est vrai quoi, c'est pour nous faire payer d'avoir notre Sapinou, huitième merveille du monde ?

mardi 30 novembre 2010

The guigne powaaaa... le retour de la revanche

Tu ne vas pas me croire, mais dans la série on-dit-que-la-roue-tourne-mais-chez-moi-elle-est-voilée, disons que je suis vernie... mais alors, vernie-vernie-vernie.

Je t'explique.
Après 2 mois de galère avec mon allaitement, et le diagnostic d'un staphylocoque doré, les choses s'étaient un peu apaisées (souviens-toi, là, un peu ici et là).
Fini les engorgements chroniques, les douleurs et l'hyper-lactation.
Le vasospasme, j'en faisais mon affaire en faisant attention aux courants d'air.
Mi-octobre, l'échographe avait décelé une petite boule de rien, pour laquelle il avait conseillé de faire une biopsie (du genre nodule bizarre qu'il faut vérifier compte tenu des antécédents familiaux), mais que la consultante en lactation avait identifié comme une boule de lait potentiellement résorbable. Et bien figure-toi que la semaine dernière, cette boule s'est mise à doubler (voir tripler)(j'te jure, c'était impressionnant, j'avais une bosse dure sur le haut du sein, et le reste du sein hyper souple) de volume, en devenant trèèès inflammatoire et trèèès douloureuse.
Re-consultations. Re-coups-de-flippe.

Jeudi, chez la consultante en lactation. Suspicion de galactocèle... la boule de lait s'est retrouvée enfermée à l'intérieur d'une petite coquille, et ne peut donc pas s'évacuer. Sapinou, super bébé, super cool, super souriant.

Vendredi, avec une gynéco d'une maternité amie des bébés (vivent les réseaux médicaux, parce que sans piston, j'aurai eu un rendez-vous en janvier, dans le meilleur des cas...), et donc pro-allaitement (j'ai eu de la chance de trouver une place à moins de 100m sans trop galérer, en plein Paris... j'avais fait l'impasse sur la poussette, et mis Sapinou dans son cosy, puis en écharpe)(faut bien que la roue s'équilibre de temps en temps). 1h30 de retard, avec Sapinou qui voulait dormir, mais pas contre moi parce que trop stressée sans doute, il commençait à s'agiter légèrement. Tout ça pour m'entendre dire qu'un vendredi à 17h , on ne pouvait pas faire grand chose, et qu'il fallait que je revienne mardi matin, pour une ponction et/ou une micro-biopsie de cette fameuse boule. Sapinou moyennement cool, mais qui s'est endormi dès que je l'ai reposé dans son cosy pour le trajet du retour, donc quand même super bébé.
Le paracétamol fut mon meilleur ami pour le week-end, et l'ibuprofène m'a aussi un peu aidé lorsque vraiment la douleur était trop forte.

Et ce matin, me voici partie aux aurores pour la maternité, laissant Sapinou aux mains de sa Mamita, lait du matin tiré dans un biberon, et lait de l'éventuel midi stocké ce week-end au congélateur. A mon arrivée, le chirurgien qui devait me prendre entre 2 patientes était en consultation. Je suis fait happer par l'échographe qui en 2 temps 3 mouvements m'avait fait allonger torse nu sur la table (détend-toi MaB, détend-toi) pour constater que la boule semblait être remplie de liquide (du lait, probablement), que la biopsie ne semblait pas nécessaire, et qu'il fallait donc ponctionner.
- Quoi, mais, euh ?! Là comme ça, tout de suite, maintenant ?!
- Ben oui.
- ...
- Ne vous inquiétez pas, ça ne fait pas mal. On va juste aspirer, comme pour une prise de sang.
- ...
Paf. Aiguille plantée dans le mille grâce à l'écho-guidage. Seringue(s)(oui... une seule n'a pas suffit) en place. 50 cc d'un "liquide laiteux verdâtre" dit le compte-rendu. Impressionnant... on aurait dit de la crème liquide avec un filet de sirop de menthe. En vrai, le vert, c'était du pus... galactocèle + pus = abcès. CQFD.
Je n'en menais pas large, tu penses bien. J'ai même craint un moment le malaise vagal, avec cette aiguille plantée dans le haut de mon sein et cette seringue qui aspirait, aspirait...
Mais non.
J'ai juste pleuré tellement j'avais accumulé de stress depuis 5 jours.

Au final, ma crème verte est partie au labo pour analyses, j'ai 15 jours d'antibiotiques de cheval, et rendez-vous pour vérifier que tout rentre dans l'ordre après le traitement. L'échographe et son assistante ont été très à l'écoute. La gynécologue du départ aussi, elle a même assisté à la consultation avec le chirurgien. Elle a bien fait attention aux types d'antibiotiques, pour que je puisse continuer mon allaitement (elle m'a même chambrée parce que je les saoulais avec ça).
Le chirurgien n'était pas content qu'on m'ait fait la ponction avant la biopsie... il aurait voulu voir avant. Mais je pense que ça n'est pas plus mal que ça se soit passé comme ça, j'ai été soulagée de suite (à part la sensation de brûlure à l'endroit de l'aiguille, mais rien de grave), et surtout, le chirurgien m'aurait fait arrêter l'allaitement pour traiter le truc de manière plus radicale. En gros, il aurait préféré inciser-trancher-extraire, au bloc, avec hospitalisation, plutôt qu'une technique rudimentaire peu invasive et pas toujours efficace... J'ai comme eu l'impression d'être au milieu d'un complot de pro-allaitantes contre le méchant chir-anti-lait, ces femmes, consultantes en lactation, et donc relativement spécialisées dans le sein (et sortant d'un récent séminaire de formation)(d'où les réseaux médicaux) lui ayant damé le pion (j'espère d'ailleurs me retrouver dans les anales de leur publications, j'suis un bon cas d'étude, quand même !?).
Bon. Vu la couleur du liquide, il n'a pu qu'approuver. On verra dans 15 jours. Je vais essayer de ne pas tirer des plans sur la comète, et de m'imaginer le pire (c'est-à-dire une hospitalisation, avec intervention chirurgicale et arrêt de l'allaitement)(qui pourra reprendre après si tant est que je stimule la lactation pendant le temps des traitements)(il faut donc que je stocke grave du lait, histoire de tenir sans donner de lait en poudre à Sapinou).

Mais quand même... je me dis que vraiment, merde, quoi, j'ai pas de veine.
Et surtout, ça a fait naître en moi un sentiment de peur intense jusque là inconnu... la peur de ne pas voir grandir Sapinou, la peur qu'il puisse grandir sans moi, que je lui manque, qu'il soit mal sans sa maman... bref, j'y pense, puis je pleure comme une madeleine en regardant mon fils se blottir contre moi, repu après la tétée. Il faut que j'arrive à passer au-dessus de cette angoisse, sinon, ça va me bouffer... la fin de mon allaitement, la vie au moindre petit pépin de santé.
Comme quoi, l'attachement maternel, ça se construit, aussi.