jeudi 20 décembre 2012

Des droits et mon avis

Toute cette histoire de mariage pour tous me met extrêmement mal à l'aise, depuis plusieurs mois déjà. 
Bien sûr que je suis pour, évidemment, sans concession. 
Oui-oui-oui, mais...

Pourquoi centrer les revendications sur le mariage, symbole par excellence de l’hétéro-patriarcat (et ça n'est pas la Révolution Française et l'instauration du mariage républicain qui a changé quelque chose) ?
Pourquoi a-t-il fallu attendre que certaines lesbiennes montent au créneau pour entendre d'autres revendications que l'adoption (PMA, filiation...) ?
Pourquoi j'ai l'impression de faire campagne et de militer pour des droits dont je ne bénéficierai pas ?
Pourquoi j'ai l'impression que la plupart des revendications ne concernent pas ma famille ?
Pourquoi lorsque j'explique à des hétéros (open) notre situation familiale (2 mamans, mais une seule officielle, l'autre invisible), ils tombent des nues et s'insurgent ? Pourquoi pensent-ils que le pacs ouvre des droits familiaux ?
Pourquoi j'ai l'impression que les enfants existants des familles homoparentales sont occultés dans cette revendication du mariage pour tous ?

Et ces questionnements pourraient durer assez longtemps...
Tu te doutes que j'ai déjà apporté un certain nombre de réponses.

Je ne souhaite pas me marier, ça me casse la tête rien que de penser à toutes ces convenances... si tu savais le cake que ma mère m'a pété lorsque je lui ai annoncé que si je devais me marier avec MaB pour qu'elle puisse adopter Sapinou on ne ferait pas de teuf avec la famille (je ne suis pas allée jusqu'à lui balancer que si elle voulait qu'on fasse une fête, elle avait qu'à s'engager pour l'égalité avant, et pas simplement se faire des Marches des fiertés à mes côtés), à peine un diner avec quelques amis proches ! La mariage ne me fait pas rêver, mais je ferai l'effort, car MaB, elle, oui (MaB a un côté fleur bleue qui me surprend parfois). Même si elle a complètement intériorisé cet hétéro-patriarcat... MaB vaut bien une messe (non, mais j'déconne, hein !!) un précieux anneau.
Et avec ce mariage, MaB devrait se lancer dans une procédure d'adoption simple pour être considérée comme le deuxième parent de Sapinou, au même titre que moi, sa maman biologique. Alors qu'elle a participé à la conception de son propre fils, et à son éducation, et à sa sécurité affective. Qu'elle a été celle qui a fait du peau à peau pendant les premières heures de vie de son fils, alors que je récupérais difficilement de ma césarienne. Qu'elle lui a donné son premier bain. Qu'elle est allée déclarer sa naissance à la mairie, et à qui on a refusé de la faire apparaitre comme autre chose que "tiers déclarant" sur l'acte de naissance. Qu'elle a pris ses responsabilités de maman lorsque j'ai été hospitalisée. Qu'elle est restée au chômage sans aucune autre contrepartie pour garder son fils lorsque j'ai du reprendre le chemin du travail et que nous n'avions pas de place en crèche. Qui se lève quasiment chaque nuit pour rassurer son petit ourson qui fait des cauchemars, ou qui a une petite soif. Qui a été élue représentante des parents au conseil de la crèche. Et qui, chaque jour, s'émeut de voir son fils grandir.
Donc si tu veux, l'adoption, moi, elle me reste un peu en travers de la gorge.

Et pourtant, l'égalité des droits me tient à cœur, c'est une évidence. Alors quand j'entends en lieu et place du fameux débat, un jugement sur le droit d'exister ou non des homosexuels, ça me fout la gerbe. Parce que nous existons. Nous vivons au jour le jour en contournant les non droits, en créant à chaque instant de nouveaux vides juridiques, en faisant comme si nous avions le droit, sans aucune autre garantie que notre bonne volonté et notre responsabilité. C'est d'ailleurs peut-être pour ça que bon nombre de gens pensent que nous avons déjà ces droits, puisque nous faisons comme si. Puisque nous courbons l'échine en encaissant les clichés, en les faisant briser en éclats parfois aussi. A prôner l'indifférence, on en a gommé les différences, pas les inégalités.

Mais je crois que le fond du problème (enfin le mien), c'est la main mise des hommes sur ces revendications. Pour les gays, pas de parentalité sans adoption, ou sans projet de coparentalité, ou sans gestation pour autrui. Ils ont besoin d'un utérus. Ou d'un agrément. Et en France, pour obtenir un agrément, il faut que le couple soit marié, ou être une femme célibataire. Ça n'est donc pas pour rien que ce projet de loi est celui du mariage pour tous. Mariage pour tous les gays, afin de pouvoir adopter. Médiatisation. Cristallisation. 
Ah mais oui, hé ho, les gouines veulent aussi la PMA, parce que la Belgique ou l'Espagne, ça crève un peu le budget. Va pour la PMA dans les revendications. 

Sauf que quand tu n'es ni gay, et que tu n'as pas bénéficié de PMA, ben ça fait bizarre de revendiquer mariage-adoption-PMA. De toute façon, il ne faut pas se leurrer... vu les délais d'attente actuels pour les couples hétéros, ça n'est pas en rajoutant les lesbiennes que ça changera quelque chose. Les plus presséEs continueront à aller en Belgique ou en Espagne. Juste la filiation avec les deux parents (en l’occurrence, les deux mamans en ce qui me concerne) sera effective, quelque soit la procréation choisie. Et c'est tout ce qui m'importe, que Sapinou puisse avoir les mêmes droits et devoirs que ses petits camarades, vis-à-vis de MaB. Et inversement. Le congé d'accueil d'un enfant va être élargi aux couples de lesbiennes à partir du 1er janvier prochain, dans l'indifférence la plus totale, alors que c'est quand même un grand pas dans l'avancée de l'égalité des droits. Si je voulais faire du mauvais esprit, je dirais que c'est parce que l'avancée ne touche que les lesbiennes...

J'espère juste que la prochaine étape sera l'obtention d'un livret de famille complété, éventuellement avec un Sapinoubis en plus, mais complété... un livret témoin de notre famille, avec ou sans mariage, avec ou sans adoption, avec ou sans PMA.

lundi 17 décembre 2012

Entre deux chaises

J'aurais tant à dire sur ce qu'il se passe en ce moment, mais le sujet me semble trop important pour commenter quoique ce fut (ouais, t'as vu, j'me la pète) sans prendre plus de recul, et pourtant, j'ai bien une petite idée de ce que je pourrais dire... petite idée qui fait son chemin, avant de se jeter dans la mare.

Mais voilà, j'ai le cul entre deux chaises, en tant qu'individu. Avant, je ne me posais pas trop de questions, j'étais moi, un point c'est tout. J'agissais en mon nom propre, sans me soucier de sortir et/ou de déborder des cases, sans même faire attention aux cases que la société voulait bien m'attribuer. J'étais femme, mais j'étais libre, en quelque sorte.
Et puis un jour, j'ai été enceinte.
Au delà du changement physique, je me suis pris en pleine gueule ce que j'avais occulté pendant des années... cette image de femme, enceinte qui plus est, que la société me renvoyait ne me correspondait pas... je m'étais d'ailleurs un peu étendue à ce sujet ici et là.

Être femme, sans se "sentir" femme. Je ne me sens pas homme pour autant. J'aime mes attributs féminins, j'apprends à les assumer, à les utiliser, à en jouer.

Pendant les séances avec le psy spécial PMA de la maternité, j'avais évoqué ces peurs de ne pas savoir quel rôle nous allions jouer en tant que parents avec MaB... nous ne savions pas comment ils allaient se répartir. Je ne savais pas comment ça allait se passer, les trucs qu'un père fait plus ou qu'une mère fait moins, et inversement. Au final, la psy avait conclu que ma mère avait un peu joué tous les rôles parce que mon père s'était effacé, et que c'était pour ça que je n'avais pas de repères dans ma construction de future mère. J'avais tenté une approche plus "inter-genre" dans cette construction du parent, mais elle avait balayé cette piste en me disant qu'elle n'était pas là pour m'aider à assumer ce "cul-entre-deux-chaises", mais ma maternité.
Et Sapinou est né, il nous a comblé de bonheur, de plénitude. Sauf que j'ai mis plus d'un an à essayer de comprendre pourquoi j'étais si mal dans ma peau. Plus d'un an à essayer de comprendre ce grand écart entre un allaitement long et une maternité complexée. Et un an encore en plus à mettre de l'ordre dans mes idées pour réussir à pondre un billet. Sapinou a 2 ans et 4 mois dans quelques jours, et nous espérons agrandir la famille en 2013 (oui, oui, tu as bien lu, une nouvelle grossesse en perspective)(enfin on espère, quoi !).

Être mère, sans se "sentir" mère. Je ne me sens pas père pour autant. J'aime materner mon fils, je le porte (quoique, à plus de 14 kg, ça commence à peser, même dans le dos), je l'allaite, j'assume notre côté fusionnel.

Au final, j'aime mon fils, j'aime ma femme, et petit à petit, je (re)prends confiance en moi, sans me soucier de savoir dans quelle case je pourrais éventuellement rentrer, ou dans quelle case la société pourrait éventuellement me faire rentrer. Je te passe les détails sur le bordel que tout ces questionnements ont déclenché dans ma vie de couple.
Mais mon fils assumera-t-il le fait qu'on me dise bonjour monsieur sans que ça me dérange ?
Assumera-t-il que sa maman discute avec d'autres papas sans aucun complexe de genre ?
Comment lui expliquer tout ça lorsqu'il évoquera (j'ai encore un peu de marge, je te l'accorde) le sujet ?

Je suis entre deux chaises.

Et j'aimerai qu'on me reconnaisse comme tellE.

vendredi 5 octobre 2012

Gilberte et moi

Comme je te l'ai dit, j'ai sauvé mon couple on s'est offert un GPS pour nos 74 ans avec MaB.
Donc, en allant chez une copine, je me suis dit que j'allais tester l'engin, petite fofolle que je suis.

J'ai donc installé le truc, la ventouse sur le pare-brise, le clip sur la bête, le fil relié à l’allume-cigare pour charger la batterie, la configuration de la langue-du pays-du fuseau horaire, et hop. 
Je rentre l'adresse et comme j'avais le temps, j'ai laissé une chance au GPS, appelons-le Gilberte, pour me prouver ce qu'elle avait dans le ventre.
Et bien j'ai redécouvert la banlieue... des chemins que je n'avais jamais empruntés, des itinéraires hasardeux, et toujours, cet espèce d'aimant à bouchon qui revenait : le périphérique. 

Alors à 14-15h, ça va. Je suis arrivée à bon port, j'ai tout de même repris le dessus lorsque Gilberte a voulu me faire passer par la rue de Belleville pour rejoindre la place des Fêtes... j'ai évité en prenant les petites rues, et en trouvant une superbe place de cocue (que Gilberte ne m'aurait pas aidé à trouver, vu qu'elle est pour la paix des ménages, elle)(genre). 
Mais à 17h30, j'ai envie de dire que ça n'est pas vraiment le meilleur plan. J'avais beau tourner, et retourner, et virer, à chaque fois, Gilberte me disait de prendre la prochaine à droite pour rejoindre le boulevard périphérique. Bouché, donc (Gilberte aussi... elle ne voulait rien entendre). C'est là que ça a commencé à se corser, et que j'ai commencé à ne plus vraiment écouter ce que me racontait Gilberte... moi ce que je voulais, c'était rentrer chez moi le plus vite possible. 

Alors peut-être que oui, j'aurais du lire plus à même le mode d'emploi et que j'aurais pu trouver une option "itinéraire bis sans périph aux heures de pointe"... peut-être. 
J'aurais aussi pu trouver beaucoup plus tôt l'option "carte vue du dessus" qui fait tant horreur à MaB, ou même "carte nord en haut"... parce que la vue 3D, moi, ça m'a rendu malade au point de devoir m'arrêter pour reprendre mes esprits. 
Je t'explique. 
Dans ma tête de géographe, j'ai une vision cartographique à plat, et lorsque je me déplace en voiture, j'ai cette carte mentale dans la tête, avec la répartition des petites villes autour. Un peu comme si je déplaçais mon doigt sur la carte, mais dans ma tête. 
Oui, mon cerveau, c'est un peu comme un GPS.  
Non, mon cerveau ne s'appelle pas Gilberte.
Sauf qu'avec la 3D sur le GPS, ça bouge tout le temps, je n'arrive pas à visualiser où je suis exactement sur un plan plus large (enfin si, je sais que je suis dans la rue machin, mais je ne sais pas si cette rue est à Vincennes ou à Bagnolet). Et comme Gilberte n'est pas connectée avec mon cerveau, elle ne sait pas que je veux passer par la banlieue et pas par le périph. 
Conflit. 
Mon cerveau qui visualise une carte de la banlieue-est de Paris, nord en haut. 
Gilberte qui s'acharne à me faire revenir vers Paris en me montrant une carte dynamique nord en bas, mais aussi parfois à droite, ou à gauche. 
C'est mon estomac qui a fait l'arbitrage. Heureusement, j'avais des pastilles à la menthe. 
Donc calmement, après 1h à tourner (à 3km à l'heure, vu le monde) à la frontière entre le 93 et le 94, j'ai lu le mode d'emploi, et j'ai trouvé les différentes options (nord en haut, itinéraire bis, suppression des indications de distributeurs, de restos ou de stations essence, vue d'ensemble plus large). J'ai arrêté de jouer, et je suis rentrée à la maison par mon itinéraire bis à moi, 30 minutes chrono. 
Voilà, Gilberte est une buse, elle n'indique même pas où sont les chiottes.

Mais, elle a une commande vocale. Ce week-end, je joue à K2000 !

mercredi 3 octobre 2012

Le jour où j'ai sauvé mon couple...

Oui... enfin non... pas à ce point, mais quand même !

Depuis huit ans que nous parcourons les routes et les chemins à bicyclette dans notre siiiiiouper carosse sur-équipé (une clio I de 1992, 210 000 km et des poussières), nous avions décidé, MaB et moi, de nous répartir les tâches, d'un commun accord : moi au pilotage, MaB au copilotage.
C'est là que ça se corse. 
Autant moi, au pilotage, ça peut aller. Autant MaB, en copilotage, ça n'est pas gagné... et je ne dis pas ça pour me faire mousser. Il n'y a qu'à voir mes résultats à Mario Kart, les médailles et les points parlent d'eux-mêmes. 
Donc MaB, en co-pilotage, c'est une quiche... j'ai bien fini par lui apprendre 2-3 rudiments de lecture de carte, des trucs et des astuces pour l'aider à se repérer sur une carte (et éviter de nous faire tourner pendant une plombe dans un quartier résidentiel ou faire 50 km de détour pour rejoindre un hameau perdu au milieu de la montagne), mais il faut l'avouer... en dehors du changement des cassettes dans l'auto-radio (oui oui, tu as bien lu, nous avons ENCORE un auto-radio à cassettes... façade détachable millésime 1999), du dépiautage des papiers de bonbons, du passage de la gourde, ou de la gestion de bébé en furie à l'arrière, les courses d'orientation avec MaB se terminent quasi toujours en pugilat. 
En ville, en pleine nature, sur autoroute. Pugilat. Verbal, mais pugilat quand même.

Même si, partant d'une bonne volonté, j'ai griffonné 2- 3 indications sur un post-it, la vérification sur le plan met systématiquement MaB dans une sorte de transe. 
Sueurs froides, difficultés à respirer, bouche sèche, connexions neuronales complètement annihilées. 
La moindre question, comme par exemple "je tourne à droite ou à gauche, là ?", peut la plonger dans un profond désarroi... et moi, devant le doute affiché, je me dois de prendre une décision rapide, seule, et sans filet (puisque je suis bien évidemment trop fière pour m'arrêter et soit regarder le plan, soit carrément demander à un quidam). 
Lorsque c'est le bon choix, on se dit qu'on a de la chance et qu'on est trop fortes. 
Lorsque je me plante, forcément, ça me met un peu hors-de-moi, et du coup, tout est de la faute de MaB, puisqu'elle n'a même pas été foutue de regarder un plan. MaB de me renvoyer (pugilat, je t'ai dis) que si je suis si forte que ça, je n'avais qu'à regarder moi-même sur le plan. 
Au final, nous sommes toutes les deux bouffées par l'agacement, et plongées dans un profond mutisme (oui, parce qu'on a décidé d'essayer d'éviter de se pourrir devant Sapinou). A ça, tu rajoutes la petite voix de Sapinou en continu "et le feu il est rouge", "et le feu il est vert, ça veut dire qu'on peut démarrer", "on va doubler le camion poubelle", "maman elle a mis sa ceinture", avec parfois un fond d'Anne Sylvestre pour la BO (t'as vu, chez nous, les voyages en voiture, c'est topissime). Sans parler des nombreux détours que nous empruntons avant de retrouver notre route et d'arriver à destination. Tendues comme des strings, tu t'en doutes.

Voilà. Alors comme on avait envie de faire encore un petit bout de chemin ensemble, on s'est dit qu'il fallait trouver une solution. Donc bien sûr, nous avons écarté la possibilité d'un chauffeur... pas que ça nous ait déplu, mais il aurait d'abord fallu trouver une voiture plus grande. Finalement, pour notre anniversaire (qui tombe le même jour, tu devrais le savoir depuis le temps), nous nous sommes jetées dans le grand bain des nouvelles technologies, et nous nous sommes offert ça :


Oui. Tu as bien vu. Un GPS. 
C'est donc cet outil qui va permettre à notre couple de ne plus se déchirer à chaque trajet, à chaque carrefour douteux, à chaque embranchement litigieux, à chaque virée vers l'inconnu.
Cela dit, MaB a insisté pour qu'on le prenne avec commande vocale... elle a dit "comme ça, c'est lui que tu pourras engueuler si il se trompe". 
T'as vu, c'est beau, un couple, non ? 
Et t'as vu à quoi ça tient ?

mardi 4 septembre 2012

Sucré comme le melon

Il y a genre environ un an, là, je te racontais que Sapinou tétait encore, que ça lui allait, que ça m'allait et que ça allait à MaB.

Et bien j'ai envie de dire que rien n'a changé depuis tout ce temps... à part que Sapinou refuse le biberon depuis un an, et que donc, j'ai remballé mes petits compliments lactés, en poudre ou tirés (avec pourtant un siouper tire-lait manuel, carrément plus transportable que feue ma rolls des nibs). Et jusqu'à ce qu'il rentre à la crèche fin janvier, le seul lait bu a été au sein. J'ai même tenté des semoules au lait de moi décongelé pour écouler mes stocks... expérience assez peu probante... le reste du stock a surtout été utilisé pour diluer les purées.

A la crèche, il a découvert le lait de vache, le vrai, le blanc, le bon... pas un truc reconstitué bourré d'huile de palme et de soit-disant vitamines (oui, je parle du lait de croissance... si tu m'crois pas, tu peux lire ça), et il a trouvé que c'était pas mal, surtout que c'était frais.
Alors on lui a servi des "petits verres de lait", comme il dit, lorsqu'il en demandait, en complément des autres produits laitiers.
Mais il a continuer a téter... le matin au réveil, avant son petit déjeuner (tartines, compote et/jus de fruit, verre de lait)(maintenant qu'il ne se réveille plus à 5h du matin, je pense qu'il a une super dalle le matin), aux retrouvailles d'après crèche, avant de dormir comme une petite douceur... après la sieste en week-end ou en vacances.
On a trouvé notre rythme, tous les trois.

Je me souviens d'un commentaire sur ce billet qui disait :
- "tu verras quand ton enfant te diras "maman, il est bon ton lait !"... à ce moment-là, les commentaires débiles, ça fera longtemps que tu t'en foutras comme de ta première chemise !"
Auquel j'avais répondu :
- "A moins qu'il soit très précoce au niveau du langage, si Sapinou me sort "maman il est bon ton lait", ça voudra dire que je vais l'allaiter au-delà de 2 ans... je ne suis pas sûre d'assumer socialement... mais en même temps je ne me vois pas le sevrer pour ça !"

Le 19 août dernier, Sapinou a eu 2 ans... il ne s'est pas arrêté de téter, tu t'en doutes. En revanche, vu qu'il parle comme un petit moulin, et ce de manière très compréhensible, il est maintenant capable d'exprimer assez bien ce qu'il ressent (je ne sais pas s'il est précoce, et je n'ai pas l'intention de lui faire passer des babytests... en tout cas, pas avant la maternelle, s'ils lui sont proposés et que Sapinou montre des signes de souffrance et/ou d'ennui)(je précise, parce je ne sais pas si je te l'ai dit, mais je fais partie d'une famille à hauts QI, testés et assumés, mais pas forcément surdoués).

C'est là où je voulais en venir, après ce long mais nécessaire préambule.
Ce matin, après un réveil à 6h39 (fini les vacances... couché plus tôt, levé plus tôt) et une tétée pendant environ ma fin de nuit, Sapinou est parti jouer dans sa chambre avec son énOooorme camion poubelle. MaB s'est finalement jetée du lit (oui, toute seule, je décline toute responsabilité) lorsqu'il est revenu nous annoncer, tout fier, qu'il avait embaumé sa couche. On l'a joué à chifoumi, et j'ai gagné 30 minutes de coma supplémentaires.

- Tu as bien tété ce matin ?
- Oui. Le lait de maman il est bon.
- Ah ? Et il a quel goût ? Il est sucré ?
- Oui, il est sucré comme le melon.

Je crois que ça se passe de tout commentaire.

Et ce soir, il a préféré s'endormir (presque) tout seul, sans tétée-douceur-du-soir, juste avec sa Mamita qui lui chante (faux) 2-3 berceuses.

Lentement mais sûrement, ce petit d'homme vogue vers l'autonomie. Pas seulement alimentaire, affective aussi.
Il ne réclame quasiment plus de tétée lorsque nous arrivons dans un endroit inconnu, ou que nous rencontrons des gens qu'il ne connait pas, ou qu'il vit une frustration, petite ou grande. Il est aussi capable de comprendre que non, on ne tète pas sur le caddie au milieu du supermarché (ça m'arrange, en même temps)... et que oui, les tétées en pleine nature, au milieu de la forêt, près d'une cascade, ou au sommet d'un volcan, c'est trop sympa.
Peut-être que nous nous rapprochons d'un sevrage naturel (là, après 2 ans de tétées, je ne dirais pas non... même si ça me fera bizarre qu'il ne tète plus), peut-être que non. Nous verrons bien, surtout si un numérobis est mis en route dans les prochains jours semaines mois (oui, bon, j'te tiendrai au courant si ça se passe, ne t'en fais pas !).

vendredi 31 août 2012

Du bon, du bio, du bonnet d'âne

On ne peut pas dire que je sois une fervente défenseure de l'environnement, mais j'essaye de faire attention à ce que je consomme et comment. Je (enfin avec MaB... je ne fais pas les courses) fais attention aux compositions des produits manufacturés que j'achète, en évitant les trucs trop complexes pour des marques soit-disant vertes, en privilégiant les produits frais aux produits conditionnés de l'industrie agro-alimentaire, histoire d'éviter les conservateurs. Souvent de la consommation locale pour les fruits et légumes, parfois du bio, mais pas systématiquement. Idem pour les cosmétiques... moins il y a de trucs bizarres ajoutés, mieux c'est (je n'en suis pas à l'argile, rassure-toi !)...  voir moins il y en a, mieux c'est en ce qui me concerne (ma trousse de toilette est minimaliste).
Nous sommes des consommatrices éclairées, et on ne s'en porte pas plus mal.

Du coup, lorsque Sapinou a décidé de faire lui même des braises avec le manche en bois de l’écumoire dans le four à micro-ondes, que l'appartement aurait pu brûler, qu'on aurait pu sauter du cinquième étage dans une grande toile tendue par les pompiers parce que les flammes auraient ravagé la cage d'escalier, que... oui, bon, ben on a quand même frôlé la catastrophe ! Heureusement, en plus de mon super-odorat qui m'a fait dire "tiens, snif-snif, ça ne sent pas l'crâmé, là, snif-snif ?", le four s'est court-circuité de lui-même et s'est ensuite auto-détruit de l'intérieur. Voilà, ou comment tuer un micro-ondes en moins de 30 secondes. Donc je te disais, du coup, nous avons décidé avec MaB, après être tombées sur des vidéos atroces montrant tous les maléfices que pouvaient présenter de telles ondes, de ne pas reprendre un four à micro-ondes. 
De faire sans. 
Au quotidien.
Nous nous sommes rapidement faites à cette petite contrainte, mais 
- avec un Sapinou qui lambine pour manger sa purée, ça n'est pas simple ;
- lorsqu'on rentre un peu tard et qu'il faut faire réchauffer des pâtes, ça n'est pas simple ;
- lorsqu'il faut faire décongeler du pain ou tout autre denrée en urgence, ça n'est pas simple ;
- lorsque je veux faire fondre du beurre ou du chocolat en 30 secondes, ça n'est pas simple.

Après quelques mois de résistance, nous avons eu une piqure de rappel en Bretagne, où le four combiné nous a sauvé la mise plus d'une fois avec des nouilles froides ou une purée de patates douces. Le retour à la réalité n'en fut que plus dur. 
C'est donc d'un commun accord, en toute connaissance de cause, en adaptant notre façon d'utiliser les micro-ondes pour réchauffer les denrées, que nous avons décidé avec MaB de replonger dans cet univers impitoyable... faut vivre avec son temps ! Et puis à l'occasion, je pourrais toujours nous tricoter une cotte de maille anti-micro-ondes si vraiment je flippe !! 
 Comme quoi, l'écologie, ça ne tient pas à grand chose !! Mais au moins, nous aurons essayé !

mercredi 29 août 2012

Bons baisers d'Auvergne

Vacances, j'oublie tout... genre... moi je n'oublie pas que : 
1) j'ai lamentablement foiré mes oraux de concours... je reste donc prof des collèges pas titulaire ;
2) on a failli s'entretuer l'an dernier avec ma mère... je limite donc les jours de vacances en commun sous le même toit.

Donc, avec MaB, nous avons décidé de partir un peu au vert, partout ailleurs, sauf en Bretagne. Épluchage de prix et de disponibilités fait, nous avons posé nos critères : possibilités illimitées de randonnées faciles (entre MaB et Sapinou, je n'allais pas non plus tenter un GR sur les crêtes), bonne bouffe, chaleur et soleil, absence de tourisme de masse (ou presque), distance domicile-villégiature inférieure à 600 bornes (au delà, sur une semaine, ce ne sont pas des vacances, vu que je suis la seule à conduire). C'est tombé sur l'Auvergne, tout critères confondus.
Par un beau matin d'août, après 3 semaines en Bretagne à se tonifier les tissus adipeux dans de la flotte à 18°C (je me suis sacrifiée pour initier Sapinou à ces rites de barges... il a eu plutôt l'air d’apprécier le bougre !), nous sommes donc partis vers ces nouvelles aventures. Youpi, Anne Sylvestre à fond dans l'auto-radio !
Lorsqu'on a vu la galère que c'était d'arriver jusqu'au péage, on a vite déchanté et pris la tangente par la nationale jusqu'à Orléans. 
Donc oui, l'Auvergne, même si ça n'attire pas des masses de foules, c'est sur la même route que Toulouse et compagnie. 
Et non, c'est pas marrant d'exploser un pneu sur l'autoroute à 16h entre Vierzon et Bourges (alors que le départ était autour de 10h du matin, qu'il y a déjà eu environ 1h30 d'arrêts cumulés sur des aires d'autoroutes blindées de beaufs touristes de masse), de ne pas réussir à dévisser ces putains de boulons, écarlate, en gilet jaune IKEA Family (même debout sur la manivelle, j'ai pas réussi... MaB n'a pas osé se foutre de moi, mais elle a eu raison, c'était pas le moment) et d'attendre une dépanneuse avec femme et enfant de l'autre côté de la rambarde de sécurité, en plein cagnard. Un petit tour en dépanneuse dans Bourges et la roue de secours posée (Sapinou était ravi, ce qui a permis de détendre un peu l'atmosphère, parce que j'ai eu TRÈS peur, et qu'il a du le ressentir), nous sommes donc repartis tranquillement (j'ai mis un peu de temps à repasser la barre des 110...)(ouais, ben ça va, j'ai flippé, voilà, hein !) vers l'Auvergne, avec une arrivée avec presque 6h de retard sur le timing prévu. 
Pour le "court trajet", on reviendra (du coup, on a pris 2 jours de plus dans la location, faut pas déconner !). Mais, coucher de soleil sur les volcans, rosé, pizza... sommeil du juste.


Je te passe le road book, mais c'était super ces vacances ! On a vu des vaches, des tractopelles, des lacs (glaciaires et de cratère)(oui, ça n'est absolument pas pareil), des cascades, des sommets. Sapinou a bien marché, je l'ai bien porté sur mon dos avec mon sac à dos de compèt' (qui pourra faire éventuellement un billet, un jour, parce que c'est un super investissement !), on a bien gouté à toutes les spécialités locales (truffade, brioche à la tome, saint-nectaire-bleu-salers-fourme, saucissons en tout genre, pavés à la châtaigne, sablés aux myrtilles et j'en passe) et surtout, il a fait un temps magnifique. Nous n'avons même pas souffert de la canicule, vu que nous étions entre 1200 et quasi 1900m ces jours-là. Bref, des vacances réussies, que nous renouvellerons, en Auvergne ou ailleurs (mais l'Auvergne, c'est quand même de la grosse boulette !).

La grande découverte de ce séjour (tu t'imaginais bien que je n'allais pas "juste" te raconter mes vacances d'ourse sociopathe !), c'est que l'Auvergne, c'est un repère de souffleuses de verre© (rapport à l'émission The Voice et sa chanteuse souffleuse de verre... avec MaB on s'est inventé ce code... c'est pas pire que "tu crois qu'elle en est ?"). Des marcheuses, des bouffeuses de fromages, des motardes... en couple, en groupe, avec ou sans enfants/chiens... mais plutôt quinqua. On a eu droit à des petits regards en coin et des petits sourires de connivence, surtout que MaB est plutôt facilement "repérable" par un gaydar en état de fonctionnement, et moi, autant je peux éventuellement passer inaperçue en tenue de ville, en tenue de randonneuse, je ne trompe plus personne, même avec un môme !
Lieu de drague, le Simply de Besse (ouais, je sais, tout ce billet pour placer ce jeu de mot tout pourri...)(mais ça me fait plaisir). Il y a même un bled qui s'appelle Le Marais, pas loin, sur la route de Murol, ça ne s'invente pas.
En revanche, il n'y a pas de loft... à part quelques grottes ou de vieux corps de ferme aménageables, avec de beaux volumes...

Voilà, l'Auvergne, terre lesbienne, aussi. C'est Giscard qui va être content !