mardi 27 mai 2008

Courante

De toutes les invasions microbiennes et virales de cette année, je suis passée au travers... la grippe de décembre, les multiples gastro-entérites, les angines, les impétigos intempestifs... rien ne m'a atteinte, rien ne m'a touchée. Je suis un repoussoir à microbes.
Et là, je sens que vous vous dites que le titre n'a rien à voir avec les suites de Bach pour violoncelle seul... même par Yo-Yo Ma.
Effectivement. Elle a mis le week-end à mûrir, pour enfin se déclarer aujourd'hui.
Bilan : gastro.
Douloureuse et fiévreuse mais pas vomissante. C'est déjà ça.
Mais courante quand même.

Et puis de toutes façons, il n'y a pas de raison pour que je ne me laisse pas entraîner dans les délires scatologiques de la blogosphère... certaines parlent de merde (), d'autres sont un peu dedans (ici), d'autres encore en écoutent () et enfin, les autres en font (nan nan, cherche pas, je ne suis pas une balance... la liberté est en chacunE de nous).

Du coup je suis restée bien au chaud, à transpirer devant un écran vert (bah oui... Roland Garros en couvert, c'est vert...) et un bocal de thé au miel. Et puis quelques herbes pas chinoises du tout qui calment les spasmes intestinaux... ça détend.
Mais pas trop, car il faut rester mobile. Et pouvoir faire une accélération, avec virage en bout de piste, le tout sans relâcher les sphincters, pour atteindre l'endroit stratégique du moment, les chiottes. Endroit dans lequel on a sagement empilé un certain nombre de numéros de Closer, histoire de ne pas avoir trop à réfléchir (oui... j'ai essayé l'histoire des idées politiques, ça me bloque quand je suis sur le trône...).

Là, je le sais, tu te marres, et tu te dis "bien fait pour sa gueule, l'avait qu'à pas bosser avec des ados qui oublient systématiquement de se laver les mains après avoir déféqué".
Moi aussi, je me marre.
Quoique, je n'ai pas encore identifié d'où venait la contagion... j'hésite encore entre les ados (mais vu que j'étais en grève jeudi dernier et que je ne bosse pas au collège le vendredi, ça m'étonnerais qu'un virus mette autant de temps à incuber), mes collègues de l'IUFM (et là, ça serait vraiment dégueulasse comme état d'esprit, même si c'est un concours) et mes coéquipières de hand du match de samedi dernier (que, je le rappelle, nous avons gagné 35 buts à 9, sans aucune remplaçante).
Sauf que là, c'est un peu la panique. Je passe mon épreuve d'EPS (Education Physique et Sportive...) vendredi matin... j'espère que ce passage n'aura pas trop réduit mes capacités, déjà limitées par un manque une absence d'entraînement au 1500 m.
Oui. Tu as bien lu. 1500 m à parcourir en un maximum de 8 min pour avoir la moyenne. C'était mon objectif de l'an dernier. Il reste le même cette année. D'autant que je suis plus en forme physiquement que l'an dernier... enfin jusqu'à maintenant.

Mais trêve de digression... le bon côté des choses, c'est que j'ai pu mater le petit cul le match d'Amélie Mauresmo du coin de l'œil et que j'ai évité la surveillance de récréation sous la pluie battante, le tout entre deux siestes et plusieurs descentes culturelles impromptues.
Je crois que je vais même me faire arrêter 3 jours, histoire d'être bien en forme vendredi (oui... je n'ai aucune conscience professionnelle... j'aurai pu aller bosser, et refiler mon virus à tout le collège, histoire d'avoir moins d'élèves cette semaine... mais non, je me la joue égoïste sur ce coup).

Bon, faut que j'y aille, là...

samedi 24 mai 2008

Marie-Rose

Marie-Rose, c'est notre gardienne.
Rose, pour les intimes.

Tout a débuté un soir de décembre 2006.
En plein déménagement, elle a frôlé l'incident diplomatique avec MaB.
Mon père, mon frère et moi, tous trois taillés dans la même baratte à beurre (salé), étions occupés à transporter le réfrigérateur (ou la machine à laver, ou le clic-clac... un truc lourd, quoi !) de la camionnette à l'ascenseur. Rose, étant sortie pour nous aider tailler une bavette voir ce qu'il se passait, fait donc connaissance avec MaB :
- C'est vous qui emménagez ?
- Oui oui, au 5è étage, avec mon amie (ndlr : notez le flou dans lequel MaB a laissé Rose).
- Rooo, bah c'est gentil, y'a vot' grande qu'est venue vous aider ! (ndlr : en parlant de moi)
- Ah ah (gloups)... c'est pas ma "grande"... c'est elle qui s'installe avec moi.
- Ah... bon ben j'vais vous laisser, hein ! Z'hésitez pas, si y'a un problème...

Comme entrée en matière, on fait mieux. Avec MaB, on en a déduit que soit elle avait un problème de vue, soit je faisais très jeune, soit MaB faisait très vieille... un peu des trois sans doute !

Et puis ce fut mon tour de faire connaissance avec Rose. J'ai été obligée de la rencontrer pour faire écrire nos noms sur la boite aux lettres et l'interphone, pour récupérer le pass du parking, la pass de l'entrée, les clés du local à vélo... tout le bordel qui va avec un appart en ville.
Et forcément, on a discuté.
Forcément, comme toute gardienne qui se respecte, elle a voulu en savoir plus sur nous, sur moi, sur MaB.
Après avoir décliné nos âges, nos prénoms, nos activités professionnelles, elle a enfin posé une question moins impersonnelle :
- Sinon, pour la déco, vous allez réussir à vous entendre ?
- Ben je pense... comme tous les couples, en fait... chacun y met un peu du sien, pour un ensemble plus ou moins harmonieux ! (A l'époque, il n'y avait pas encore Valérie Damidot sur M6 qui nous a toutes et tous appris à maroufler le papier peint)
- Et comment vous faîtes pour l'organisation des courses, tout ça ?
- Ben comme tous les couples, on s'organise en fonction de nos disponibilités pour les faire...
- Non, mais vous achetez tout ensemble ?
- Ben oui, on va pas faire 2 caddies pour un seul réfrigérateur... on fait comme tous les COUPLES !!
- Ah oui... mais vous voulez dire que... ah... oui... comme tous les couples... vous n'êtes pas colocataires, alors ?
- Ça non. Une chambre, un bureau, un salon. Facile pour la déco, facile pour les courses. Allez, faut que j'y aille !

La fois d'après, elle m'a parlé de sa maison de campagne, de ses enfants, de sa future retraite de dans 3 ans, de son enfance de fille de batelier, de ses études arrêtées trop tôt, des habitants de l'immeuble, de ses varices qui la faisaient souffrir par temps orageux... évitant prudemment le sujet de notre "couple" en général, et de l'homosexualité en particulier, mais je sentais bien que ça la taraudait grave.
- Et vos parents sont au courant ?
- Oui oui, toute ma famille, toute la famille de MaB, et ça se passe très bien (je ne vais pas lui raconter ma vie, non plus... déjà que je ne le fais pas avec un psy, je ne vais pas le faire avec une gardienne d'immeuble qui ne monte même pas le courrier devant nos portes de palier !).
- Arf... c'est bien. Je ne sais pas comment je réagirai si mon fils venait me voir en me disant qu'il est homo... Je crois que mon mari le foutrait dehors...
Là, j'ai fait de l'information-prévention contre l'homophobie... que c'était comme le chocolat, qu'on ne choisissait pas d'aimer ou non les femmes (ou les hommes, ou les 2, mais fallait y aller doucement, pour ne pas la brusquer !).
- Maintenant qu'on est plus intimes (ndlr : ça c'est elle qui le dit...), je peux vous poser une question indiscrète ?
- Allez-y, je n'ai pas de tabou.
- Bon... euh... vu que vous êtes 2 femmes... euh... comment vous faites... euh...bon... qui c'est qui fait l'homme ?
- ... C'est-à-dire que nous sommes deux femmes, donc on fait comme deux femmes, en fait. Moi je préfère le ménage, le linge et le bricolage, MaB, elle, ce sont les courses et la vaisselle. On se répartit les tâches quotidiennes. Mais comme tous les COUPLES... votre mari doit bien vous aider à faire la vaisselle, non ?
- ...

Et plaf. J't'ai cassééééé ! Je sais bien qu'elle se demandait qui portait le gode ceinture à la maison... mais figurez-vous que je n'y ai même pas pensé (je pense que ça m'aurait un peu agacé si je m'en étais rendue compte, en fait), naïve que je suis !

J'ai tout de même rajouté que nous souhaitions rester discrètes sur notre vie privée, que si nous sympathisions avec des voisins, il serait temps de leur dire, qu'il existait des personnes homophobes, que si jamais il y avait un jour des inscriptions homophobes ou des comportements agressifs à notre encontre, je n'hésiterais pas à aller porter plainte au commissariat.
Coup de pression pour qu'elle ferme sa grande gueule de gardienne bavarde comme une langue de pute pie.

Depuis, elle nous adore. Nous sommes discrètes, polies, aimables, serviables... nous n'avons pas de chien qui pisse dans l'ascenseur, nous ne faisons pas des soirées dignes du Pulp dans notre salon tous les week-end, lorsque nous recevons, nos invitéEs ne gerbent pas dans l'escalier ou sur la moquette des parties communes...des locataires modèles.
Rose agit pour notre promotion.
Son mari me salue à peine... je crois qu'il a peur que je lui pète la gueule, vu que je sais conduire une grosse camionnette (surtout faire un créneau sans rétro central... mais avec direction assistée) et monter un clic-clac sans le modèle.

L'autre jour, alors que nous partions déjeuner chez les grands-parents de MaB, elle a surpris un petit bisou devant l'ascenseur...
- gloups... Bonjour !
- Bonjour les p'tites femmes !

Et voilà.
Je la soupçonne d'en avoir parlé à tout l'immeuble (enfin ceux qui passent devant elle... parce que moi, tant que je peux l'éviter, je le fais... sinon, elle me parle des heures...).
Je la soupçonne aussi d'être un peu jalouse de la répartition des tâches chez nous... à mon avis, elle a beau s'appeler Rose, chez elle, ça l'est beaucoup moins.

lundi 19 mai 2008

Vaines infortunes

Baptiste est mort cette nuit. Je donne jamais les vrais prénoms. Là, je le fais. Tout le monde s'en foutra. Il est mort. Il ne s'est pas couvert, il a tiré à vue, il est tombé en première ligne. Je me sens vide. A chaque fois, je me sens vide. Je m'en remettrai, je le sais. Je m'en remets toujours. Mon cerveau a cette étrange et abominable capacité à faire le tri. A faire de la place. Je suis capable de tout avec lui. Parce qu'il y a quelques années, j'ai pris la décision de me laisser guider et ça fonctionne plutôt bien. Des problèmes de fric, je zappe et vogue la galère. Un petit séjour entre les mains de nos chers services hospitaliers et le lendemain, l'étranger pensera que j'ai juste chopé une vilaine gastro. Une engueulade avec ma femme et sitôt après la folle envie de la serrer dans mes bras. Une vente qui pète, bah, une de perdue dix de retrouvées. J'essuie tout d'un revers de manche, comme si les merdes, c'était mon quotidien et que j'avais appris à respirer avec, au point qu'elles ne me coupent plus le souffle. Un pétard, un whisky et ça redémarre. Seulement, mon coeur lui, il m'emmerde. Il est bien là. A l'affût, prêt à bondir à la moindre alerte. Il est hémophile le con. Quand il commence à saigner, pas moyen de l'arrêter. Mais le cerveau fonctionne bien, il l'envoie bouler et tout redevient bien lisse. A l'ouest, rien de nouveau.

La lutte a commencé quand j'ai du braver les courants pour me faire une petite place. Les cœurs ne sont pas admis d'exister dans la cour des grands. Je lui ai donné l'ordre de ne l'ouvrir que lorsqu'il serait prié de le faire. Ça a marché. Parce qu'en plus d'être hémophile, il est d'un crétinisme absolu. Il ferme sa gueule et répond aux ordres.

Je masque toutes ces petites faiblesses maltraitantes sous la forme de procrastination et de je-m'en-foutisme. Du coup, d'aucun n'aura l'audace de penser que je sois capable de sensiblerie. Je suis une sorte de fauve. Vas-y, blesse moi et je te le rendrai au centuple parce que mon cœur est mort et que seul mon cerveau est assez machiavélique pour envoyer la réplique assassine, la réplique meurtrière, inutilement blessante mais qui vise toujours juste. Parce que si mon cœur est con, mon cerveau lui est écœurant d'intelligence. Il se suffit à lui-même, je suis incapable de le contrôler. Il va toujours là où il ne devrait pas aller, il utilise toujours sa suprême fourberie, son talent meurtrier. Mon cerveau est un psychopathe dangereux, il me dirige mieux que je ne l'abrite dans ma singulière boîte crânienne.

Je savais que Baptiste allait mourir. J'y étais préparée. Mais, fidèle à son principe de négligence, mon cerveau avait brillamment réussi à occulter l'information. Quand mon téléphone me l'a appris ce matin, je suis juste tombée dans les pommes. Pas longtemps, juste assez pour me regarder comme une merde le cul par terre. Flasque. Pauvre. Médiocre. Je me suis dégoutée de moi même de m'être laissée aller ainsi. Et je suis restée là, prostrée, à chialer comme si c'était la première fois. Je hais ce virus pourri. Je hais la mort.

Du coup, je ne suis pas allée bosser. J'ai pris ma journée. Pour être franche, j'en aurais été incapable, parce que mon con de cœur a pris soudainement le dessus. Un vrai coup d'état. Comme il occupe les locaux en bon abruti fier de lui, tu dis "choucroute", je chiale. Pas à cause du chou (ça me fil un mal de bide, le chou...), ni de la saucisse ou du lard, gras et indigestes. Non, c'est juste le mot. "Choucroute". Ça me fait pleurer. Tu me dis "rideau", c'est pareil, "salut", c'est la même. Si je ne veux pas pleurer, faut que je dorme. Mais là, c'est le cerveau qui ramène sa fraise. Non, pas dodo ! Enfin, à force de fermer les yeux, ça finit par dormir dans mon corps.

Samedi soir, c'était la fête chez nous. L'anniversaire de la belle blonde (non pas zézette, zézette n'est pas la seule blonde sur cette terre...). Une amie a squatté la chambre d'amie, qui pour l'instant ne sert presque qu'à ça. Sa présence est gravée dans mon esprit : le souvenir agréable avant la série de catastrophes. Elle sait le faire, mais je ne veux pas qu'elle plaide pour mon cas. Mais je pense à elle, là, parce qu'elle doit morfler aussi, pour d'autres raisons, et que comme mon cœur est en autonomie, ça me fait mal qu'elle morfle. Tiens, permettez-moi, je l'embrasse.
Faut que je vous parle un jour de cette amie là, encore une rencontre surprenante. Mais, c'est rassurant de la savoir là. Elle fait partie de ceux que l'on voit trop peu et que l'on aime voir.

Si vous le voulez, vous pouvez raccrocher maintenant. Je vais encore vous parler de ma femme. On se rassure comme on peu.

L'ex de ma femme l'avait bien compris. La vraie méchante des deux, c'est moi. Si Kanou vous regarde et que vous avez le profond sentiment qu'elle en veut à votre vie, c'est juste parce que c'est la meilleure réaction de façade qu'elle ait trouvée pour se protéger. Avec mon petit mètre cinquante deux, et autant de kilos (c'est ce qui s'appelle harmoniser la hauteur et la largeur), moi, je ne fais peur à personne. Ma femme, elle est grande, elle est sportive et ses yeux clairs lui donnent un regard quasi soviétique. La bolchévique, y en a que ça fait flipper. Pourtant, c'est une crème. Elle est calme, elle est gentille. Vous pouvez même la taquiner un peu, la pousser dans ses retranchements, elle ne vous en voudra pas. Elle adore la joute verbale, elle aime les échanges musclés, mais elle ne vous cassera jamais le nez.

Quand on rencontre des gens, au début, ils s'attachent plus à moi. Parce que moins timide, plus bavarde, plus fêtarde et parfois plutôt marrante. Ceux qui s'en contentent finissent sans doute par me trouver un peu lassante, mais n'en disent rien. Ceux qui creusent un peu se rendent compte que je suis une écorchée vive, que j'ai une grande gueule mais que je ne l'utilise pas toujours à bon escient et que ma femme a bien de la patience pour me supporter. Ceux qui fouillent vraiment voient rapidement qu'elle a un cœur qui bat pour deux, qu'elle n'est aigrie de rien et que sa misanthropie n'est qu'un bouclier de roses. Des pétales colorées au reflet et au toucher doux, mais quelques épines pour survivre dans ce monde ingrat.

Elle en a chié. Trop. Alors, le bouclier s'est épaissi, elle se protège plus. Parce qu'elle a rapidement compris que si on découvrait sa gentillesse, elle se retournerait vite contre elle. Le jour où son ex est venue aider sa saloperie de petite amie à déménager tout son foutoir (notre ancienne colocataire, celle qu'on va retrouver bientôt au tribunal), elle lui a dit qu'il n'y avait plus rien de ce qu'elle était depuis moi (enfin le "depuis moi", il n'a pas été verbalement exprimé, mais il était pensé tellement fort qu'on l'a entendu).

Je la malmène. Je ne voudrais pas le faire. Pourtant, j'ai cette putasserie au fond de moi. Elle prend les coups. Elle paye pour tout le monde.

Tiens, d'ailleurs, je vais vous laisser en sa compagnie, pour le prochain post. Ce qu'elle écrit vaut mieux que mes croûtes.

jeudi 15 mai 2008

De la Libre Pensée

J'ai toujours été un esprit libre, du moins c'est ce que je veux bien croire (n'est-ce pas là l'essentiel, après tout ?).
On a bien essayé de me faire croire à des trucs pas possibles, du Père Fouettard à la petite souris, en passant par le lièvre de Pâques... j'avais bien calculé que c'était ma tante qui magouillait tout ça. Il faut dire qu'elle est bonne-sœur, ma tante. Ouep. Ça t'en cale un coin. Mais attention, hein, elle ne se balade pas en soutane-spartiate-et-coiffe, c'est une religieuse en civil, séculière donc, d'un ordre enseignant. Et je crois que je ne connais personne qui ne défende aussi bien qu'elle la laïcité. Tout un paradoxe (finalement, on est tous un peu comme ça dans la famille, des paradoxes à nous tous seuls...).
Du coup, pour faire passer la pilule à mes parents, anti-cléricaux de premier ordre, elle a transformé les symboles religieux (les cloches, jésus, tout ça...) en fêtes païennes. C'est passé. Elle m'a bien emmenée quelques fois à la messe, mais je n'ai pas été traumatisée, vu qu'elle m'expliquait le pourquoi du comment, assis-debout, la bouffe et le pinard (elle n'a pas du beaucoup se recueillir pendant ce temps là... j'dis ça, j'dis rien... je ne voudrais pas balancer !).
Et puis un jour, ma grande copine Céline de ma classe de 10eA est allée au catéchisme... 'tain j'me retrouvais toute seule à faire du patin à roulettes le mercredi matin... j'ai demandé à ma mère de m'y inscrire. Je peux vous dire qu'elle a tiré la tronche. Mais elle a consenti à m'y accompagner, au caté... rapport à la liberté de penser. Bon. Au bout de 3 semaines, l'aumônier a lâché l'affaire : j'étais une forte tête, je n'arrêtais pas de lui pourrir son cours avec mes questions incongrues... sans parler de mes interventions. Mon père avait pris un malin plaisir à m'expliquer comment on pouvait marcher sur l'eau... salée, ou comment on pouvait monter au ciel... en lévitant. Moi, fière de pouvoir la ramener, j'avais tout bien expliqué, même que mon papa, c'est un chimiste, alors... (on est manipulable quand on a 7 ans...). Exit le caté.

Ne crois pas que je ne sais pas où je veux en venir quand je te raconte tout ça.

Je disais donc que je suis un esprit libre. Mon éducation, mes goûts, mes envies, mes études, mes rencontres, tout cela m'a permis de développer mon esprit critique.
Le problème avec l'esprit critique, c'est qu'on ne maîtrise pas toujours ses interventions, on l'ouvre souvent quand il ne faut pas, alors parfois ça peut agacer, vexer, choquer (rayer la mention inutile), d'où quelques sorties mémorables au compteur.
Ce qui me fait réagir, ce sont les interdits alimentaires d'ordre religieux. Je ne suis pas sectaire, mais ça me fait grincer des dents de voir des personnes, à plus forte raison des amiEs, ne pas consommer certains aliments pour "respecter" leur religion... en plus du prosélytisme de l'acte, la pratique religieuse étant clairement affichée à la face du monde, je ne comprends pas ce qui me semble être une aliénation de la pensée à un dogme. Ça ne me gêne pas de manger du poulet plutôt que du cochon, mais ça me dérange d'avoir à faire un menu à part.
Déjà, à l'école, j'ai tapé un scandale à l'heure du goûter : mais pourquoi j'ai pas le droit au nutella ? Pourquoi je suis obligée de me taper des rillettes baignant dans leur saindoux ? J'ai menacé d'entamer une grève de la faim (ouais... c'était du sérieux... parce que pour me priver de bouffer, fallait que je sois vraiment motivée !), lancé une pétition Du nutella pour tous pendant la récrée... consensus mou : on a eu le droit à de la confiture, probablement avec de la gélatine à base de porc... je dis ça, je dis rien... J'ai compris plus tard qu'il était question de religion... en plus c'était en pleine période de la première polémique à propos du voile... et un pavé, un !
Au lycée, j'étais plutôt ni dieu, ni maître, j'ai tranché dans le vif de l'obscurantisme religieux, jusqu'à démonter des témoins de Jehovah venus sonner à ma porte : j'ai sorti LA bible familiale (oui, il y avait dans la bibliothèque familiale, coincé entre le Manifeste et l'intégrale du Génie des Alpages, une bible... paradoxe, oui, mais liberté aussi) et j'ai re-situé tous les extraits des témoins dans leur contexte de l'ancien testament... c'était assez jouissif d'arriver à bout de leurs arguments propagandistes... et pan !
A la fac, j'ai été très à cheval sur mes principes laïcs... lors de mon premier stage sur le terrain, les profs ont demandé si il y avait des régimes particuliers...
- Je ne peux pas manger de protéine bovine...
- Je mange halal...
- Je mange casher...
...
- Je ne mange que du beurre salé... et plaf.
J'ai eu le droit à ma plaquette de beurre salé à chaque stage... et toc.
Ça m'a quand même choquée qu'on puisse imposer à toute une collectivité de telles contraintes, question organisation, c'est vraiment pas simple... sans parler du mélange entre sphère privée et sphère publique.
Comme ça m'a choquée que certains de mes élèves, l'autre jour pendant une perm', me soutiennent que c'était Dieu qui avait créé le Monde... et qu'est-ce qu'on fait de l'évolutionisme et du Big-Bang ? Je les ai choqué en leur affirmant que je ne croyais pas en dieu, mais en la Vie et la Raison.
J'ai choqué mes collègues en refusant juste avant le ramadan de distribuer un papier pour informer les parents que si leur gamin préférait s'affamer pour se purifier, il devait prévenir l'intendant pour ne pas payer les repas de cantine. Ils n'ont qu'à assumer, l'Ecole de la République n'a pas à encadrer une pratique religieuse... et re-plaf.

Rien à voir avec le tube de Pagny, non, mais de l'esprit libre à la Libre Pensée, il n'y a qu'un pas.
Ça ne m'empêche pas d'avoir des amiEs pratiquantEs... je te l'ai dit, je ne suis pas sectaire... je respecte leur pratique et ne les juge pas pour autant (même si j'ai du mal à le comprendre)... je fais attention à ne pas faire d'impair, entre coquillages et crustacés, sabots fendus et cochon, je ne suis pas très familière avec tout ça : je mange de tout, sauf de la bouffe crue (et de la bouffe chinoise aussi... c'est pas que j'ai pas confiance, mais les odeurs m'écoeurent, c'est comme ça).

Aujourd'hui j'étais en grève, parce que supprimer des postes, c'est aussi réduire un peu plus la chance de semer la graine de l'esprit critique et de la liberté dans la tête de nos enfants.
J'étais partie pour manifester, j'avais même pensé à quelques slogans, en vrac :
Xavier Darcos, t'es trop craignos
Ta réforme elle est pourrie, c'est pour ça qu'on pousse un cri !
ou
Xavier Darcos, t'es trop nullos
J'te dis C.A.C, crainri c'est à chier !

MaB a bien proposé
Xavier Darcos, t'es qu'une lesbos
Tu t'mets un doigt avec ta réforme caca !

mais c'est plus pour la rime, hein ! Pas de méprise ni d'accusation abusive !


Bon... j'ai du prendre un cacheton contre l'allergie, et j'ai commencé à somnoler sérieusement en sortant d'un déjeuner (dans un resto vietnamien, vous voyez que je ne suis pas sectaire !) avec MaB et Zézette... j'ai lutté, j'ai pris un café, un bonbon à la menthe, mais je suis rentrée pour m'écrouler comme une fiente sur le dos de Zeste sur le canapé pendant une heure.
Mouais. Il n'a même pas plu, y'avait du monde, les médias ne parlent que de service minimum et pas des revendications... pour la peine, je regarde la Nouvelle Star, et savoure ma satisfaction d'être admissible au concours de prof des écoles !

Zezette la blonde !

Dans l'agence où je travaille, il y a une assistante. L'assistante est un peu la poulie, la charnière et la locomotive d'une agence immobilière. Elle se charge de l'accueil (téléphonique et physique), du secrétariat, de la comptabilité, des locations et tient également le bureau des plaintes et des pleurs, ouvert aux clients, mais aussi, au personnel.

Notre assistante à nous, elle est grande, elle est blonde et elle est jolie. Mais surtout, elle est blonde. Et du coup, souvent très drôle. Ce qui me stupéfait le plus chez elle, c'est sa constance...

Allez, juste une anecdote pour illustrer mon propos. Un matin d'après câlin avec son copain (je suis pas certaine que ce soit toujours le même...), il la regarde et forme le chiffre neuf en lui montrant neuf doigts. Elle ne voit pas bien où il veut en venir et finit par lui répondre d'une voix stridente :"quoi ???? tu veux que je prenne neuf kilos ??? non, mais ça va pas le faire là !". Lui d'insister, elle finit par comprendre, que non, il ne s'est pas trompé, leur relation ne dure pas depuis neuf mois et qu'il lui propose de lui faire un bébé. Ce que, bien entendu, elle a refusé.

Hier, elle a lu ma bafouille sur la prévention dispensée par les associations dont je ou j'ai fait partie. Le manège à quequettes lui a rappelé un souvenir. Dans son lycée, alors qu'un intervenant expliquait que la taille moyenne en érection d'un sexe européen était de tant de centimètres (me rappelle plus du chiffre), sa voix claire a transpercé la salle et tout le monde a pu apprécier son "c'est tout ?!".

J'avais plein d'autres anecdotes, mais je préfère vous les livrer, çà et là, dispersées dans mes bafouilles.

M'est d'avis de toute façon, qu'elle joue sa blonde pour qu'on lui foute la paix et qu'elle est beaucoup plus intelligente qu'elle veut le faire croire.

Elle est adorable, elle a le coeur sur la main et les pauv' gars du quartier l'ont bien compris parce qu'ils ne la lâchent pas. J'attends avec impatience le jour où Gérard posera un genou sur le trottoir et lui tendra la main pour la demander en mariage... Je me bidonne d'avance !

J'aime ses taquineries, ses petites boulettes verbales, ses blagues nulles. Sa façon de me dire que Satan est dans ma culotte quand ma femme est partie une semaine en Bretagne et que j'ai hâte de la retrouver.

Et puis, elle fait vraiment du bon boulot.

Aujourd'hui, c'est son anniversaire.

Bon anniversaire ma Zezette !

Et puis, y a une autre bonne nouvelle aujourd'hui : ma femme est admissible !

mardi 13 mai 2008

Les messagers

Pour paraphraser Alice dans The L Word, je suis une "gold butch", ma femme aussi. Ce qui signifie que nous n'avons jamais eu de rapports sexués avec un homme. Je ne m'en flatte pas, ni ne m'en défends, c'est ainsi.

J'ai bien embrassé mon meilleur ami, il y a quelques années, mais c'était parce que lui était gay et moi lesbienne et qu'on voulait quand même être surs que bon, on faisait pas une connerie. On a jamais osé mettre la langue et on s'est dit que ouais, c'était pas notre truc (enfin, lui, il a fini par se marier avec une fille...mais je le soupçonne d'avoir eu quelques amants...).

Cependant, j'ai eu de très forts sentiments pour quelques hommes. Olivier, que j'ai aimé comme un frère, Ivan qui était mon jumeau et mon ange gardien, Yohann qui était le plus tendre des amis, Baptiste qui m'a fait découvrir tant de choses, Steeve, toujours en décalage horaire, Fredo qui change de mari comme de slip (quoique là, ça doit faire six ans qu'il porte le même caleçon...), Charlie, pour qui j'éprouve une immense tendresse. Bref, des gars biens.

Dans le lot, un seul était hétéro, mais je vous jure que je ne l'ai pas fait exprès. Il n'est plus de ce monde, abattu par une saloperie qu'on guérit très bien aujourd'hui. C'est ainsi. Dans le lot, également, un d'entre eux n'est plus là pour savoir que je suis devenue une femme moderne et que j'écris dans un blog. Beaucoup d'autres l'ont suivi et même si je n'avais pas la même complicité avec eux, j'espère qu'au Paradis, il y a une connexion Wifi. Un d'entre eux est aussi en train de nous quitter, pour les mêmes raisons, la même bêtise, le même oubli. Et là, pour une seule fois, je vais me permettre d'être grossière, parce que putain ça fait mal, sortez couverts bordel, faites ce que vous voulez de votre cul, de votre fouf' et de votre zgeg mais, sortez couverts !

Mais ce n'est qu'une pâle introduction à mon sujet, ce dont je voulais vous faire part, c'est de mon expérience associative.

La première fois que je me suis engagée dans une association, c'était AIDES. On me piquait mes potes, j'étais piquée à vif et prête à changer le monde et les mentalités pour prolonger la vie. Comme j'avais plutôt un bon contact avec les gamins, on m'a envoyée leur raconter des histoires dans des hôpitaux. Seulement, je n'étais pas foutue de ne pas m'attacher, les voir malades me bousillait, alors j'ai arrêté. J'ai pris conscience une fois de plus de mes limites. Et puis, j'ai tâté la prévention. Les journées dans les collèges et les lycées à présenter avec fierté et humour mon beau manège de quequettes. A expliquer comment pincer un réservoir, ouvrir le petit sachet sans esquinter son contenu, dérouler la capote sur le bestiaud avec doigté. Un vrai boulot de lesbienne quoi !
Plus tard, lors d'une de mes prestations scolaires, j'ai rencontré une fille qui faisait la même chose que moi, mais qui elle, prévenait des dangers et de la cruauté de l'homophobie et du racisme. Le concept m'a plu. J'ai rejoint le mouvement. Prévenir pour ne pas avoir à guérir. Je trouvais l'idée plutôt bonne.

Quand vous vous vous retrouvez face à une bande de lascards qui sont morts de rire, avant même de rentrer dans la salle, en s'imaginant la follasse et la gouine qui vont leur apprendre à ouvrir leurs esprits, j'aime autant vous dire que c'est pas gagné d'avance. N'allez pas croire tout de même qu'on est jetés dans le grand bain sans armes, ni armure, on est formés et fin prêts. On a dans notre besace tout un tas de réponses toutes faites, prêtes à surgir en cas de questions débiles ou pointues. Les questions, elles viennent après notre petit discours et c'est le moment que je préfère, pardonnez ma soif de torture... Pardonnez-moi aussi ma familiarité, parce que, il me parait plus simple de vous tutoyer (on se connait un peu maintenant, je me permets).

- Dis Madame (j'adore quand ils m'appellent Madame...), pourquoi t'es devenue lesbienne ?
- Hum, je crois que je l'ai toujours été...
- T'as jamais....
- Non, j'ai jamais...
- Et toi, m'sieur ?
- Non plus.

Là, si tu es prof, tu as compris comment rétablir le silence dans une salle, où ont été réunies trois classes de trente élèves... Ca finit tout de même par chuchoter dans le fond...

- Et vous faites comment entre filles pour niquer ?
- Pour faire l'amour, tu veux sans doute dire ?
- Ouais.
- On fait. Tout va bien.

Là, tu sens un observatoire déconfit, terriblement déçu de n'avoir pu passer outre le contrôle parental sur les chaines du câble.

- Dis Madame, à quel âge t'as eu ta première copine ?
- Ma première copine, je devais avoir trois ans, ma première petite amie quatorze.
- Quatorze ????

Là, tu sens un léger malaise s'emparer de l'assemblée, dont c'est l'âge moyen.

- Mais comment tu l'as rencontrée ?
- En colo.
- Rhôôôô et vous avez dansé ensemble et tout ça ?
- Non, nous sommes restées très discrètes, nous avions peur de finir lapidées !
- Ca veut dire quoi "lapidées" M'dame ?
- Ca veut dire massacrer quelqu'un en le visant avec des pierres.

Là, tu as toujours une âme sensible qui trouve ça super violent et pas du tout approprié, surtout que sa mère lui a dit qu'on relâchait des salauds qui avaient pas purgé la peine de prison adéquate à leur crime. Donc, tu ne t'emballes pas, tu ne pars pas dans une diatribe sur les conditions d'incarcération, tu restes dans le sujet.

- Certains pays punissent encore l'homosexualité de lapidation.
- Sérieux ?
- Oui.
- Moi, ça m'excite deux meufs ensemble !
- Je suis ravie de contribuer à la construction de tes fantasmes.

Et là, tu l'as mouché le petit con, je peux te le garantir. Mais bon, tu ne lui en veux pas, parce qu'au passage, t'as noyé deux ou trois réflexions embarrassantes. C'est pour ça qu'on t'a bien expliqué que c'était de la prévention.

- M'sieur tu te fais enculer ?

Le rire général est inévitable. Le rire moqueur, le rire gêné, le rire haineux, c'est un peu brouillon, tu ne sais pas vraiment lequel l'emporte. Mon homologue masculin y est heureusement préparé. Je sens malgré tout qu'à chaque fois, cette question l'emmerde profondément.

- Oui.

Là, tu sens qu'ils voudraient bien en avoir plus, que c'est un peu court comme réponse. Mais personne n'ose développer, par peur de passer pour un pervers, le plus souvent.

- M'dame, t'as une copine ?
- Oui, j'ai une compagne.
- Warfff c'est un truc de vieux "compagne" !
- Ta mère, elle dit quoi quand elle parle de ton père, que c'est "son compagnon", "son mari", "son petit ami" ?
- Elle dit "l'aut' con".

Là, je t'ai montré que c'est super facile de tomber dans le piège, de t'envoyer dans la tombe à peine sortiE de l'oeuf. C'est la règle, la première qu'on te met dans le crâne : ne jamais répondre à une question par une question.

Non, là, il fallait dire.

- Oui, je ne peux pas dire qu'elle est ma petite amie, parce que nous vivons ensemble, en famille et je ne peux pas non plus dire qu'elle est ma femme, parce que nous n'avons pas le droit de nous marier. Donc, par élimination, elle est ma compagne.
- T'as pas le droit de te marier ?
- Non, la loi ne me l'autorise pas.

Là, tu pourras distinguer, portés par le brouhaha jusqu'à tes oreilles : un "c'est nul", un "putain", un "encore heureux" et un "ta mère la pute", d'une élégance rare.

- Il y a d'autres questions ?
- Ouais, m'dame.

Là, tu la vois bien la gamine qui n'est pas bien dans sa peau. Tu l'imagines se tortiller les orteils dans ses chaussettes. Tu vois qu'elle n'en mène pas large et que sa question, ça fait une heure qu'elle fait son chemin dans sa petite tête. Tu sens le malaise. Tu sais que cette gamine là, c'est la seule de ce foyer pourri (les notres étaient vachement mieux, y avait des tables, un piano, un distributeur de boissons...) qui a réellement besoin de toi.

- Je t'écoute.
- Comment tu sais que t'es... homosexuel ?
- Je l'ai su au premier baiser, Ludovic, qui est assis à côté de moi, c'est quand son cerveau le lui a dit. On peut tous avoir une réaction et une approche différente. Comme n'importe qui, parce que nous sommes n'importe qui. Mais on le sait un jour, on finit toujours par le savoir, il faut juste écouter son coeur.

Là, la gamine, elle est tout sourire. Elle sait juste que ça viendra, que c'est tranquille. Elle se dit même que, grâce à nous, ce sera peut être plus simple et son âge l'autorise à y croire.

J'ai été arrêté le 13 mai 1988 pour attentat à la pudeur sur la voie publique et comportement aliéné parce que j'embrassais ma petite amie sur le trottoir. Certes, c'était un baiser fougueux et langoureux. J'ai été "condamnée" à un an de suivi psychiatrique, qui n'a rien donné, si ce n'est confirmé, qu'en effet, j'étais attirée par les femmes. Le 4 août 1982, l'homosexualité était dépénalisée, le 17 mai 1990, l'OMS la retire de la liste des maladies mentales. On a fait une chouille d'enfer.

Alors, non, je ne me considère pas comme une porte-drapeau, oui, je n'ai jamais couché avec un homme. Pour autant je les aime tendrement, comme j'aime tous les gens biens. Je ne voudrais surtout pas qu'on me croit propagandiste ou Mère Théresa de la Sainte Pédégouine.

Dans quelques jours se tiendra la journée mondiale contre l'homophobie. Le 17 mai.

dimanche 11 mai 2008

Petit machisme et grands sentiments !

Ma femme, ma délicieuse, mon ange d'amour est une macho.

Entendons-nous bien, je n'aime pas les raccourcis et vous l'aurez compris. Le machisme n'est pas réservé à la gente masculine. Les femmes peuvent à leur tour redoubler de talent quand il s'agit de faire mousser leur petite supériorité.

Quand je vous dis qu'elle est macho, comme ça, sans argument, j'en vois certains qui soulèvent leur sourcil gauche en marmonnant "mouohh elle exagère". Bon, ok, je veux bien admettre qu'il m'arrive d'en rajouter un peu, mais là, non.

Une femme est sur le point de traverser la rue, qu'elle soit petite, grande, vieille, jeune, belle ou moche, elle s'arrêtera et la laissera passer. Je vais faire les courses, c'est mon job, mais elle vient toujours me chercher pour m'aider à porter les sacs et elle se charge comme une pauvre ânesse condamnée à l'état de bête de somme pour que je ne me retrouve qu'avec les rouleaux de papier hygiénique et le sac qui contient de petites choses toutes légères. Elle me protègera en toutes circonstances, prête à risquer sa vie pour la mienne (bon là, peut-être que j'en fais un peu trop). Elle me tient toujours la porte avec une élégance digne d'un séducteur italien. Je n'ai pas mon permis, mais quelque part, ça l'arrange, parce que si je l'avais, je ne sais pas si elle me laisserait conduire la voiture. Pire encore, elle rêverait d'avoir l'audace de siffler les filles...

Ce petit machisme a cela de bon que je me sens vraiment en sécurité. Quand je suis à se côtés, je ne crains rien, ni personne. C'est également très flatteur, parfois, j'aurais presque envie de crâner un peu. Oui, parce que si ma femme est un tantinet macho, il serait juste de dire que je me la pète quand même pas mal. C'est aussi très sexy et cela peut, à l'occasion, réveiller mes ardeurs les plus animales.

Mais ce petit machisme peut s'avérer quelque peu agaçant, surtout lorsqu'elle y ajoute son autorité naturelle, du style "je te le dis tu le fais". Ou, quand son machisme me rappelle la multitude de choses que je ne sais pas faire seule et là, c'est la confiance en soi qui en prend un sérieux coup derrière les oreilles.

Mais elle sait aussi, de son air le plus distant (non, non, la macho ne montre pas qu'elle est aussi sentimentale...) me dire que je suis belle (l'amour rend aveugle), que mes quelques kilos de trop me rendent voluptueuse (ben voyons) et que mes talents sont nombreux (ce dont personne ne doute, bien entendu). Elle sait allier ses attitudes rustres et viriles avec un humour décapant et pince-sans-rire, qui me fait mourir de rire.

La macho peut à son tour s'avérer être une véritable fleur bleue au romantisme démesuré, mais vous n'en saurez rien, à moins de la connaître suffisamment pour savoir quelle corde sensible chatouiller.

Oui, ma femme est une macho au coeur tendre et j'aime ça.

Et vous, macho ou midinette ?