dimanche 30 août 2009

A la recherche du NAC

Je ne vais pas te faire languir plus longtemps (quoique...).

Si on fait le bilan de ton imagination débordante, on peut dire que tu t'es pas mal laissé aller !

Je suis donc au regret de t'annoncer que nous n'avons pas adopté de poissons rouges... tu penses bien qu'avec un chat-filou, un aquarium aurait été du plus court effet !

Encore moins d'autres mammifères... cochons d'inde, gerbilles, lapins nains ou rats auraient fait de trop appétissants appâts !

Pas de phasmes ni de grillons non plus... cela dit, j'ai déjà eu à entretenir l'élevage de phasmes de ma mère pendant les vacances d'été. A la nuit tombante, j'allais chasser la feuille de ronce dans la forêt toutes les semaines. J'ai aussi connu les grillons, et je peux t'affirmer que ça fait du bruit une bande de grillons affamés !

Par déduction, il ne reste plus d'autres possibilités que les iguanes, les escargots ou les tortues.
Mais en ce dimanche de pré-rentrée, je suis d'humeur badine, et je vais te laisser enquêter encore un peu !

Des indices, chez vous.

Pour la petite histoire, tout a débuté un matin d'août pendant lequel nous nous sommes occupées de leur trouver un toit.



Puis, munies d'un équipement high-tech, il a fallu mettre en place leur habitat, au plus près de la réalité.




Et enfin, la touche finale, la décoration. J'ai laissé la Valérie-Damidot-du-terrarium qui sommeille en moi s'exprimer. Admire le professionnalisme ! Le bout de carton a été remplacé depuis par un morceau de séchoir à vaisselle en bois du plus bel effet.



Mais, et c'est la question que tout le monde se pose, qui a donc pris possession de ce terrarium hors du commun ?


Voila qui va agrémenter la fin de ton week-end !

lundi 24 août 2009

Chacun cherche son NAC

Il y en a qui, pour combler leur manque affectif, se laissent tenter par un chaton-mignon ou un chiot-pataud (sauf que bon, une fois que ça grandit, ça mange plus, c'est beaucoup moins mignon, et en plus ça fout des poils partout sur la banquette arrière de la voiture).

Lorsque je suis partie de chez mes parents, je leur ai laissé "mon" chat, qui ne s'en est pas plus mal porté du reste (il aurait été malheureux tout seul avec moi partie des semaines entières sur mon terrain de recherche).

Lorsque MaB et moi avons décidé d'habiter sous le même toit, j'ai pris le package, la femme et son énorme matou (j'te jure, il fait au moins 8kg !).

Ma sœur a bien essayé de nous refourguer des chatons consanguins, mais MaB et moi sommes restées fermes : notre chat (oui... son chat m'a complètement adoptée depuis une mauvaise otite, je lui ai mis des gouttes dans les oreilles pendant 3 semaines, ça crée des liens indéfectibles)(je le nourris tous les matins avant de partir au boulot... je pense que ça joue aussi) restera un chat unique (car contrairement aux enfants, il est beaucoup moins facilement transportable).

Et bien figure toi que ma femme a adopté (grâce à la propagande de ma mère, à l'insu de mon plein gré)(je ne la remercie pas, d'ailleurs) deux habitants de compagnie d'un genre nouveau, si l'on peut dire.
Pour fêter la rentrée (ou la fin de vacances, c'est selon si tu as passé 15 jours à camper sous la flotte ou si tu t'es fait la costa brava en hôtel 5 étoiles), je te mets un petit sondage !


Vas-y, spécule, ici, il n'y a pas de danger !

mardi 11 août 2009

Weeds m'a sauver...

Au bout de presque 5 ans de vie commune, MaB a enfin consenti à regarder l'intégrale de cette mirifique et alléchante série qu'est Weeds... humour, cynisme et dérision.

Si tu aimes ce genre de substances, ne sois pas en rupture de stock, ça risque de te rendre quelque peu agressif-ve.

Bon.

Sans te révéler l'intrigue, j'ai relevé une discussion (saison 4 épisode 3) entre un petit-fils et son grand-père à propos de sa propre mère (l'arrière-grand-mère du gamin, donc)(tu suis ?)(sinon, ça n'est pas trop grave, c'est pas ça l'important) sur le fait de lâcher prise.
Lâcher prise dans l'histoire, ça serait d'arrêter de reprocher tout un tas de trucs à sa mère, d'arrêter de répondre à toutes ses attentes, à tous ses caprices et de ne plus accepter de se faire bouffer par ses névroses.
Cette fameuse théorie a eu une résonance toute particulière en moi : lâcher prise dans ma vie, ça serait d'enfin couper le cordon avec ma mère.

Je viens de passer près de 15 jours consécutifs, 24h/24 ou presque, avec ma mère (et MaB...).
En deux : total insane, never again (ou alors pas plus de 5 jours, et encore).
Elle nous a tout fait :
- le "je veux être la maitresse de maison, c'est moi qui fait les courses" suivi du "qu'est-ce que vous buvez et vous mangez !"(alors que nous, on voulait juste qu'elle se mette un peu les pieds sous la table, vu que déjà, on squattait à l'œil la maison) ;
- le "j'essaye de foutre la merde dans ton couple pour pouvoir mieux le réconcilier" (celui-là, je l'avais grillé avant qu'on ne se prenne la tête avec MaB)(j'ai quand même fait semblant de l'engueuler, histoire que ma mère nous lâche un peu)(t'as vu comme je suis rusée ?) ;
- le "je passe derrière tout au cas où ça soit mal fait" (ça, encore, c'est pas le pire... je crois que toutes les mères font ça...)(non ?) ;
- le "je te fais du chantage affectif pour que tu discutes avec moi" (non, non... pas d'apparté, c'est trop pathétique) ;
- le "je te les brise menues le soir pour faire comme si de rien n'était le lendemain matin" (alors que toi, tu n'as pas dormi de la nuit, rongée par le remord d'avoir envoyé chier ta mère et de l'avoir fait pleurer)(très bruyamment, jusqu'à tard dans la nuit) ;
- le "je m'incruste dans ton groupe de copines trentenaires pour être LE centre d'intérêt" (le pire, c'est que les dites copines trouvent qu'elle est cool)(je fais bonne figure mais je déteste lorsqu'elle fait ça... j'ai toujours l'impression qu'elle va me piquer mes potes)(quand je te dis que je dois lâcher prise/couper le cordon)(au choix ?).
Je passerai sous silence les moments les plus chauds, question de dignité. Et puis on ne sait jamais que ma mère ait trouvé par inadvertance l'adresse du blog, elle pourrait se reconnaître (Maman, si tu lis ces lignes et que tu te reconnais, sache que ton attitude nous fait beaucoup souffrir).

Le meilleur là-dedans, c'est que nous avons quand même réussi à nous retrouver mon frère, ma sœur et moi, l'espace d'un week-end (enfin une soirée)(après avoir envoyé chier ma mère tous les trois l'un après l'autre).
Nous sommes arrivés à la même conclusion : ne surtout pas rester en couple plus de 3 jours de suite dans la même maison avec elle, au risque de subir ses crises de cyclothymie (ça ressemble plus à de la maniaco-dépression, mais elle refuse de se faire soigner... pas de soin, pas de diagnostic, pas de traitement. CQFD). Et surtout couper ce fucking cordon.

C'est là que ça se complique pour moi. Ma soeur et mon frère ont réussi à mettre une distance de fait : ma soeur habite à 400 km et mon frère, lorsqu'il n'est pas en tournée, n'est pas souvent à la maison (concert-copine-répèt'... trio gagnant).
Distance.
Moi, je suis l'aînée.
J'habite à moins de 20 km.
Et j'ai une putain de relation fusionnelle avec ma mère.
Lorsqu'il y a un truc qui ne va pas, qui appelle-t-elle ? Kanou, sa fille chérie, son éponge à angoisses. Vu que ma sœur ne lui répond jamais, et que mon frère n'a jamais de batterie chargée.
Toutes les raisons sont bonnes pour m'attendrir/me faire culpabiliser (ça dépend de mon état d'esprit... si je suis en forme ou non) : son cancer, son divorce, le mariage de mon père, sa relation avec sa propre mère, sa solitude...
Elle titille là où ça peut faire mal jusqu'à ce que je sorte de mes gonds, que je pète les plombs, pour ensuite me dire que je ne vais pas bien, que j'ai un problème avec tout ça, que je devrais en parler, etc.
Total insane, j'te dis.

D'où l'importante nécessité de lâcher prise au plus vite, surtout que dans un mois, j'ai 30 ans (t'as vu ? Elle est pas belle, ma crise de la trentaine ?).
Demain, je me lance dans la culture intérieure de mon jardin.
Ou alors, je consulte quelqu'un d'autre que mon acupuncteur.

samedi 8 août 2009

MaB chez les Bretons

Après une course contre la montre, matin de départ oblige, la voiture est enfin chargée et c'est avec quatre heures de retard que nous quittons enfin notre banlieue, ses barres d'immeubles, ses tours, sa mairie en briques rouges et sa nationale bruyante, pour 20 jours d'air pur, de verdure, de cidre et de vents marins. J'en vois qui bondissent sur leur siège (j'espère que vous avez retiré les roulettes, ou que si vous avez déjà atteint la cuisine, vous en profitez pour vous faire un café ou vous servir un rafraichissement...) en lisant cette première phrase. "Quoi ? QUAAAAATRE heures de retard ??? Mais comment est-ce possible ?". C'est assez simple en fait, il suffit de convier une star du rock (en l'occurrence, le petit frère de Kanou) l'avant-veille au soir, de l'inviter à dormir sur place et de jouer avec lui à Mario Kart et à Wii sports pendant toute la journée au lieu de préparer les bagages, faire une dernière lessive, changer la litière du chat, laver la vaisselle etc... Pour un retard confortable, je vous conseille aussi d'avoir un chat qui pique une crise en observant la cavalcade matinale et qui comprend qu'on va le planter là quand les bagages débarquent dans le couloir ! Petite pissouille de peur et de vengeance garantie, perte de temps supplémentaire assurée !

Quelques embouteillages et un péage plus tard, nous apprécions enfin la fluidité du trafic. Il est clair qu'en cas de journée estivale classée rouge par les pros du trafic routier, il est préférable de choisir une destination au nord-ouest de l'hexagone plutôt que de se précipiter vers le grand sud comme bon nombre de parisiens qui préfèrent miser sur la garantie climatique, histoire de larver sur les plages ensoleillées, engorgées comme une rame de métro à l'heure de pointe.

La nuit tombe et nous rejoignons, enfin, les coéquipières de Kanou qui nous attendent depuis un moment dans un pub en face de la gare. Les vacances commencent par quelques éclats de rire, une bière fraîche, mais il faut se résigner à aller se coucher, car demain, c'est parti pour deux jours de sport (d'alcool, de galettes saucisses et de cigarettes qui font rire) avec les Sandkukaï !

Le coup d'envoi est donné, vacances, j'oublie tout !

Ah, que j'aime la Bretagne ! Qu'il est bon de se promener dans les sous-bois, sur les sentiers des douaniers en caressant la côte maritime des yeux, de se perdre dans quelques ruelles au milieu de vieilles maisons qui ont su résister à la rudesse du vent et de la pluie, sur ses grandes plages où se dressent fièrement quelques rochers à berniques. Qu'il est plaisant de respirer un air sain, de siroter un verre de Chouchene bien frais à l'ombre du mimosa du jardin, de déguster galettes et crêpes dans le cadre d'une ferme auberge au décor cossu et rustique.

Et même si le soleil se fait un peu timide, que le crachin, la brume et la grisaille font partie du quotidien de ce bras de terre cerné par les vagues, jamais je ne regrette de m'y trouver. Le climat est à l'image de ces paysages. Il mystifie les châteaux, les moulins et les chapelles perdues en rase campagne qui semblent tout droit sortis de quelques contes et légendes celtes. La collection printemps-été locale est faite de cirés jaunes, de bottes en plastique, de vareuses et de pulls en laine bleus marine ou à rayures. Qu'importe si les shorts et les débardeurs n'ont quitté que très peu la valise !

Tout aurait été parfait si ma belle mère n'avait pas endossé le rôle de glue cyclothymique...

Si un jour, vous passez par là, je vous conseille trois incontournables : faites un tour dans la jolie ferme du Char à bancs et régalez vous de quelques galettes et crêpes ou d'une bonne potée cuite au feu de bois, empruntez les sentiers des douaniers qui longent la côte et découvrez les beautés d'un paysage maritime fait d'iles et de falaises creusées par le soleil, le sel, la pluie et le vent et surtout... surtout... perdez vous le plus souvent possible, vous trouvez toujours ici ou là, un petit coin de paradis.

Et oui, la Bretagne, ça vous gagne !

Je ne suis pas revenue les mains vides... Ronaldo et Messi ont fait le trajet du retour avec moi. Mais, c'est une autre histoire et nous vous les présenterons plus tard !

Je suis certaine que, vous aussi, vous avez une région ou un pays préféré. Allez ! Dîtes m'en plus, faites-moi rêver !

mardi 7 juillet 2009

Mais que fait Gay Lib' ?

Tu te souviens que j'avais assisté à la projection des courts métrages du concours le Regard des Autres organisé par le ministère de la Santé et des Sports.

Sur le papier, tout ça, c'est beau. Sur la pellicule, c'est aussi tout rose... tout est politiquement correct... les jeunes homos sont sensés se sentir mieux après ces courts de prévention.
Dans la vraie vie, c'est tout autre chose.
Tu ne me crois pas ?

Le ministère de la Santé et des Sports, celui de Roselyne, vient de refuser une subvention de 15 000€ pour les actions sociales du centre LGBT de Paris.
Actions sociales qui, bien évidemment, sont là pour aider les homos en souffrance, professionnelle, sociale, psychologique.
Forcément.
Entre l'effet de manche à 15 000€ (oui, parce que 5 courts métrages subventionnés par Canal+, ça doit bien tourner autour de ce budget, non ?) et le travail social concret de terrain, Roselyne a fait un choix.

Tu as pu voir Omar sur Canal+, et à la fin (attention spoiler) le héros se barre de la cité pour rejoindre son petit copain, laissant derrière lui sa famille et ses potes homophobes, sans une égratignure.
Dans la vraie vie des cités, des pédés, et des lesbiennes aussi, se font agresser violemment sous couvert d'atteinte à la moralité... moralité souvent dictée par un dogme et une interprétation toute personnelle des textes fondateurs ().
Et pas que dans les cités... à la campagne aussi (ici). Pauline y fait allusion...

La moralité de ces courts métrages reste tout de même assez révoltante.
Je me suis mise dans la peau d'une jeune homo (enfin plus jeune que maintenant), je me suis imaginée que mon coming-out à moi-même et à mes proches se soit mal passé (en fait non, j'ai la chance d'avoir un entourage très gay-friendly)(par exemple, ma mère vient tous les ans à la Gay Pride), et bien, aucun des messages des courts métrages ne m'auraient touchée (en dehors du fait que ce soient des scénarios-garçons)... aucun ne m'aurait donné suffisamment d'espoir pour continuer.
La fuite est la meilleure solution... Pauline, Omar... tous les 2 fuient leur milieu amical et familial.
Le placard vaut mieux que la vie au grand jour dans Basket et Maths, dans la chambre, les ados peuvent enfin accepter de vivre leur amour, mais pas dans les vestiaires.
En colo, il n'y a pas beaucoup d'animateurs capables d'avoir le cran d'assumer leur homosexualité, la réalité étant ce qu'elle est par rapport à la confusion entre homosexualité et pédophilie.
Enfin, les homos ne vivent pas dans un monde où supers-héros et monstres maléfiques se planquent derrière les cabines téléphoniques.

A bien les regarder, j'ai même envie de dire que les perspectives d'avenir portées par ces courts sont peu ambitieuses...
Le jour de la Gay Pride, j'ai eu un débat assez houleux, mais argumenté, avec une copine à propos de la participation ou non de Gay Lib' (tu sais, les joyeux drilles libéraux de l'UMP) à la Marche. Parce qu'en fait, le char de Gay Lib a été bloqué pendant 2h en plein Paris par les activistes des Panthères Roses. Je trouvais ça aberrant et provocateur de défiler, alors que la politique du gouvernement ne tendait pas vraiment vers l'égalité des droits et la reconnaissance de l'existence des homos. Même, j'ai été agréablement surprise en apprenant que finalement, le char de Gay Lib avait été contraint de sortir du cortège pour laisser passer le reste de la Marche.
Ma pote, ne s'en laissant pas raconter, n'était pas choquée que ce char défile, au même titre que les autres formations politiques (qui n'ont pas fait grand chose pour l'égalité des droits eux non plus, c'est vrai).
J'ai lâché l'affaire, parce que bon, je n'allais pas me brouiller avec une pote pour ça, un jour de Gay Pride qui plus est. Mais quand même ! C'est comme si un noir, pendant la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, avait soutenu la ségrégation ! Oui, c'est le monde à l'envers.

Mais quelle est donc l'ambition de Gay Lib pour les jeunes homos ?
Quel est le message que Gay Lib, et l'UMP, veulent transmettre aux jeunes homos ?
Planquez-vous ?
Barrez-vous là où l'herbe est plus verte ?
Vivez dans un monde irréel ?

En ce qui me concerne, je ne veux pas faire de coming-out à mon travail... pas parce que j'ai peur pour mon job, mais plutôt parce que j'ai peur (dans l'absolu) pour ma vie, et celle de ma femme.
Dans une cité, il ne fait pas bon être homo.
Encore moins si tu l'assumes.
Il y a quelques semaines, 4 élèves du collège s'en sont pris à un couple de lesbiennes au supermarché du coin (là où je fais mes courses aussi, d'ailleurs)... 5 jours d'ITT pour l'une des 2 filles, de la garde à vue pour les mômes, âgés de 12 à 15 ans, 2 garçons, 2 filles et une convocation au tribunal.
Et bien j'ai beau être grande et athlétique, ça me terrorise d'avoir à me défendre physiquement de jeunes (et/ou moins jeunes), qui n'ont d'autre morale que la loi de la jungle et l'ultimate fight.

Si ça m'arrive un jour, je n'aurai que mes yeux pour pleurer et mes mains pour panser mes plaies, vu que le centre LGBT de Paris ne pourra plus me conseiller, me soutenir, me protéger, me guider dans mes démarches sociales, juridiques, professionnelles, de recherche de relogement...
Grâce à qui ?

lundi 6 juillet 2009

Ecole Ouverte

Quand il n'y en a plus, il y en a encore !!

Ces dernières semaines sont passées sur des chapeaux de roue... Marche des Fiertés de Paris, diners de fin d'année en pagaille, pots en tous genres, alcool, nuits courtes, représentation syndicale, abattement post-mariage-de-mon-père et post-échec-au-concours... autant vous dire que je n'ai pas vu le temps passer !

Mais, tandis que certainEs ont achevé leur semaine d'or, j'entame ma semaine de platine...

Oui.

Parce que y'en a des papiers à classer en fin d'année... archivage des billets d'absence et de retard, envoi des dossiers d'élèves futurs lycéens, création des dossiers des futurs sixièmes, inventaire du matériel de Vie Scolaire, et avec 2 postes zéro (les 3 mecs de l'équipe, en fait... sans vouloir les montrer du doigt, hein, mais si c'est pour repasser derrière, ils ont bien fait !) dans les pattes, c'est pas facile-facile !
Et puis aussi, l'ancien ministre de l'Educ' Nat' a eu la bonne idée de créer ce fabuleux concept qu'est l'Ecole Ouverte.

L'Ecole Ouverte, c'est comme un grand centre aéré avec des activités soit-disant pédagogiques, gratuit pour les élèves, payé en heures supplémentaires défiscalisables pour les profs (30€ de l'heure environ) et sur le temps de travail des assistants d'éducation, en plus, bien entendu, de leur mission administrative, et sans aucune compensation supplémentaire.
Pour les gamins et leurs parents, c'est tout bénéf' : il n'iront au centre municipal, payant, qu'à partir du 15 juillet, l'Ecole Ouverte étant jusqu'au 13 juillet.

Atelier secourisme, atelier illusions d'optique, atelier jardinage, atelier danse, atelier théâtre... ça c'est sur le papier.
En réalité, ça se termine souvent en visionnage de DVD et match de foot dans la cour.

Évidemment, si tu prévois 5 ateliers de 15 élèves maxi et que tu n'as qu'une quarantaine d'enfants, tous de CM2 et de sixième (même que ce matin, une maman nous a envoyé le petit frère de CM1 parce qu'elle ne savait pas quoi en faire !), il faut réduire le nombre d'atelier. CQFD.
Au bout d'une matinée, les profs ont enfin réussi à se mettre d'accord : une récré pour commencer, histoire de vraiment mettre les choses à plat. Donc forcément, ils ont appelé les assistants d'éducation à la rescousse pour surveiller la cour (alors que, je te le rappelle, nous étions en train de faire du travail administratif bien chiant, mais en musique et dans la bonne humeur)(rythme de travail hautement soutenu, tu t'imagines, autour de la machine à café). Sauf que, tu me connais, je n'ai pas laissé les élèves me la faire à l'envers (oui... les profs n'ont même pas osé venir nous le demander eux-mêmes... ils ont sacrifié des enfants !)(non mais j'te dis, ça n'est pas vraiment un bon esprit l'Ecole Ouverte).

- Kanou, Kanou, y'a M'sieur SVT qui demande des surveillants !!
- Ah ? Ben pourquoi ?
- Pour nous surveiller...
- Comment ça vous surveiller ? Vous n'êtes pas en atelier ?
- Ben non, c'est la récré...
- Ecoute-moi bien mon p'tit bonhomme, tu vas dire à M'sieur SVT qu'on fait du classement administratif, que c'est hyper important d'envoyer les dossiers des troisièmes dans leur lycée d'affectation et (en apparté fort) qu'il a voulu faire l'Ecole Ouverte, ben qu'il assume, même les récrés.
- ...
- Mais on peut quand même parce qu'on est trop sympa vous filer les cages et des ballons.
- Ouééééé !!! T'es trop coooool Kanouuuuu !

Et paf. Dans ta face de traitre.
Non, mais c'est vrai, quoi ! Pour 30€, ils peuvent bien surveiller la récré, non ?
Toujours est-il que les profs ont bien compris qu'il ne fallait rien nous demander pour les aider : les assistants d'éducation font du classement administratif.
Et si les assistants d'éducation doivent bosser pour l'Ecole Ouverte, c'est parce que des profs se sont portés volontaires (ça n'est pas faute de les avoir prévenus)(faut croire que la solidarité n'est pas la même pour tous...).
Que ça soit dit.

Une fois que c'est fait, c'est plus tranquille. Moins d'une centaine de dossiers à envoyer dans les lycées, c'est plutôt rapide à 4-7 (oui... les 7, c'est pour les 3 postes zéro). On a finalement fini d'archiver la Vie Scolaire 2008-2009 dans des boîtes : nous attendons les listes des futurs sixièmes. On est au taquet... tellement au taquet, qu'il faudrait qu'on se calme si on veut garder des trucs à faire fin août !
Il va falloir que l'on s'invente des missions bidons, histoire de rester planqués à l'archivage... parce qu'on va finir par nous démasquer, à ne rien faire, comme ça !
Pour demain, normalement, je vais squatter le bureau du directeur de la SEGPA pour faire du classement... je vais devoir subir sa conversation de vieux beau, mais p'têtre bien qu'il va m'offrir un nespresso... what else ?

Et après, c'est la quille ! Basta cosi.
Je finirai mes 3 jours de perm' administratives au moins d'août !
Je rentre au bled... enfin mon bled à moi... un petit village de la baie de Saint-Brieuc dans lequel j'ai passé la totalité majorité (oui, parfois, ça m'arrive de partir ailleurs en vacances...) de mes vacances depuis 30 ans.
Et j'adore ça.
Des apéros au soleil couchant, des barbecues la nuit en polaire et grosses chaussettes, des bains à marée haute le soir après diner, des siestes dans le jardin, des promenades romantiques avec ma femme, plus de 2 grasses mat' de suite, du cochon, des patates au beurre, du cidre fermier qui fait la langue rapeuse comme les chats, du sand-ball sous la pluie (oui... faut pas se leurrer, il va pleuvoir en Bretagne le week-end prochain !).
Farniente, pétards et mojito, c'est le programme des 3 prochaines semaines !

samedi 20 juin 2009

Cocktail chez Roselyne

Comme je te l'ai déjà dit, avec MaB nous étions invitées vendredi soir au Ministère de la Santé et des Sports par la FSGL pour la projection de 5 courts métrages "Jeune et homo sous le regard des autres"... suivie d'un cocktail.

Bon.

Comme on dit chez nos voisins transalpins : veni, vidi, vici.

Au départ, voici ce qui était prévu.

Le principe du concours partait d'une bonne intention :
- pour que le regard des autres change,
- pour comprendre pourquoi il est indispensable de ne pas laisser faire,
- pour participer au respect de la loi,
- pour que les jeunes homosexuel(le)s puissent vivre dans une société ouverte et non discriminante (en revanche, après, une fois que t'as vieilli, c'est plus la peine, hein... le mariage, l'adoption, la procréation, faudrait pas pousser mémé dans les orties non plus).
Le fil rouge : dénoncer le lien tragique qui existe entre homophobie et suicide (dans le dossier de presse, c'est marqué que le suicide est la 2ème cause de mortalité chez les 15-25 ans après les accidents de la route, mais 1ère cause chez les 25-35 ans... avec une prévalence chez les homos. Faudrait peut-être proposer un concours "Vieux et homo sous le regard des autres", non ?).

Donc depuis plusieurs mois, plus de 900 scénarios se sont opposés. Après plusieurs phases de sélection par un jury de choix présidé par André Téchiné, 4 scénarios ont été choisis pour être adaptés et réalisés sous forme de courts métrages, un scénario a obtenu une mention spéciale du jury.

Bien qu'ayant trouvé The place, juste devant le Ministère, nous sommes arrivées un peu à la bourre... question de principe.
Nous avons donc échappé au blabla introductif de Laurent Weil de Canal+ (oui, vu que c'est donc cette chaîne qui finance le projet avec l'INPES), mais pas à celui de la Ministre... quelque peu pathétique (je crois qu'elle a fait des blagues, la salle a rit à plusieurs reprises, mais je n'ai pas compris trop pourquoi...).

Et puis, en regardant un peu autour de nous, nous avons commencé à halluciner :

1) Le concours étant réservé aux 16-30 ans, je m'étais dit que les invités seraient en majorité plutôt jeunes... et ben non. Ou alors, ils font tous plus vieux que leur âge réel !

2) Les invités étaient en majorité des garçons, gays, pas gays, mais garçons quand même... on devait être 15-20 nanas (dont la ministre et une dizaine de lesbiennes, à tout casser) pour une centaine de personnes. C'était un peu flippant.

3) Sur les cinq courts présentés, un seul traitait de la lesbophobie. Sur 905 scénarios en compétition, ça ne fait pas lourd. Et encore, c'est le jury qui a décidé d'attribuer une mention spéciale à ce "film de filles", comme ils disent, pour la parité je pense, aussi parce qu'il est bon , j'espère. Céline Sciamma, la réalisatrice (celle de la Naissance des pieuvres), s'est étonnée du silence des lesbiennes sur la question de l'homophobie... elle s'est demandée si les filles avaient moins de voix, par leur éducation ou par la place qu'on veut bien leur laisser... rire gêné de l'assemblée majoritairement masculine.

Les courts métrages étaient tout de même intéressants... très positifs, un peu dans le monde des bisounours, ils finissent tous bien à la fin, les homos ne sont pas tabassés, n'ont pas des envies de suicide et vivent leur homosexualité tout naturellement.
Je te mets les titres, ils seront diffusés les 26 et 27 juin sur Canal+ (vers 22h) et en ligne ici à partir du 26 juillet :
- Omar
- Baskets et Maths
- Les incroyables aventures de Fusion Man
- En Colo
- Pauline (la fameuse mention spéciale parité du jury)

Enfin, le cocktail tant attendu !! Figure-toi que nous n'étions pas les seuls à avoir faim... il faut croire que la plupart des invités ont l'habitude de ce genre de mondanités...
Tous les garçons se sont rués sur le bar et n'en ont décollé que lorsque le champagne était vide et les petits fours engloutis. Avec les copines de l'association (oui, c'était nous les 5 lesbiennes... on a bien croisé 2 ou 3 collègues, mais nous étions vraiment en très large minorité), on a quand même réussi à prendre 2-3 coupettes de champ' pour la route, et, face à tant de superficialité, nous sommes vite fait rentrées chez nous, histoire de grignoter un truc !

Après, vu que quand même, j'aime bien faire plaisir à ma femme, je lui ai fait une petite visite des 7è-15è-14è arrondissements à bord de la limousine clio... l'avenue de Breteuil, le boulevard Pasteur, la rue de Vaugirard, la rue d'Alésia... tout ça presque by night (ben oui, c'est la faute du mauvais timing au cocktail... il était sensé se terminer un peu plus tard, à la nuit tombante !).

Bilan des courses : une avant-première de courts métrages sympa, mais du point de vue militant, complètement lisse...
Peut-être que c'est pour ça qu'on ne donne pas la parole aux lesbiennes militantes : d'une part elles ne font pas dans la guimauve-bisounours, d'autre part elles utilisent des réseaux parallèles (non-mixtes ?) pour leur diffusion.
Il suffirait juste au Ministère d'entendre ces voix qui s'expriment par d'autres moyens, et de faire diminuer le machisme qui règne dans notre société, homo ou hétéro.