dimanche 9 mai 2010

R.I.P. Guru

Parce que ça n'a rien à voir avec la choucroute, je voulais te parler de mes premières découvertes hip-hopiques de quand je n'avais pas encore mué j'avais encore une ou deux cassettes de Mylène Farmer ou d'Elsa dans mon baladeur.
Je peux te dire que ce fut un choc.
Bon, en même temps, Mylène, ça n'était pas si cul-cul que ça en y repensant à tête plus mûre, du genre 20 ans après. Si j'avais été ma mère, je n'aurais peut-être pas acheté les cassettes.

Dee Nasty sur Nova et MC Solaar vs Assassin et NTM : pas le même style, mais la même famille... entre rap conscient et rap hardcore. Et puis la découverte des origines du Hip Hop avec la Zulu Nation d'Afrika Bambaataa.

Un jour, un pote m'a offert le premier volume de Jazzmatazz, album de rencontres avec d'autres artistes comme MC Solaar pour ne nommer que lui, sous la coupe de Guru aka Gifted Unlimited Rhymes Universal. Un mélange entre rap new yorkais et jazz... énorme.
J'ai du me racheter un cd tellement le premier avait tourné !


C'était en 1993.
Depuis, il y a eu 3 autres volumes, dont le dernier en 2007.








Il y a trois semaines, il a cassé sa pipe à 43 ans...
On va devoir encore se taper du rap bling-bling nombriliste un petit bout de temps avant le matin du grand soir de la renaissance du Hip Hop.

mercredi 5 mai 2010

Les femmes enceintes sont des grosses mythos

Ouais, carrément.

Des grosses mythos.

Depuis 6 mois je me prends la tête parce que je ne me sens pas si épanouie que ça dans ma grossesse, et en fait, depuis que j'arrive à parler de ce petit mal-être un peu autour de moi, et bien il s'avère que quasi tout le monde a un exemple de femme enceinte qui a vécu sa grossesse un peu comme moi...

Je n'ai pas les larmes aux yeux lorsque Sapinou me donne des coups dans le bidou soulève ma couenne.

Je ne fantasme pas sur toutes les fringues de naissance, ni sur les petits chaussons assortis.

Toutes les autres femmes enceintes ne sont pas forcément mes copines... conne on est, conne on reste, gravide ou non. J'en veux pour preuve cet après-midi à la maternité pour un rendez-vous de contrôle : une femme, enceinte ou non, peut être prête à tuer pour te passer devant. J'aurais du lui faire un croche-patte à c'te pouf, nan mais j'te jure !

Je ne trouve pas tous les cris d'enfants de moins d'un an adorables... même, j'ai envie de dire que je déteste presque les enfants des autres en général... à moins que ce soient leurs parents, j'hésite. Comme cette mère qui a laissé sa fille de 11 mois pousser des petits cris stridents pendant toute la réunion d'inscription à la crèche... puis qui l'a regardée en souriant lorsqu'elle a tenté un rebootage sauvage de l'ordinateur. En plus elle était pleine de cicatrices de boutons de varicelle... heureusement, je suis immunisée.

Je trouve un peu vraiment cul-cul toutes ces décos figuratives... poussins, oursons, girafons... alors qu'une bonne déco abstraite ferait si bon effet !

Et puis le pompom, c'est que la future mère ne se rend pas compte de ce qu'on peut lui faire acheter.
Du genre cette balle d'éveil. Des trous, des creux, des pleins. Ou comment éveiller l'enfant à faire ses premiers doigts se servir de ses doigts, de ses mains.

Avec MaB, on a trouvé que cette balle était quand même assez suggestive. Je crois qu'à chaque fois qu'on la verra, nous aurons ce petit rire nerveux que nous avons eu dans le grand magasin à la découverte de notre futur univers.
Un peu comme ces petits canards jaunes... ou noirs avec des plumes (ah non mon chéri, ça c'est le jouet de maman... hem). Cela dit, je ne me vois pas priver de cette fabuleuse découverte mon futur fils. Peut-être même, il en rira avec nous plus tard, lorsqu'il sera grand !

Bref, non seulement les femmes enceintes racontent des mythos, depuis des générations elles mentent à la planète entière sur le bien-être qui découle de leur gravidité, mais en plus elles sont d'une naïveté sans nom. A la limite de l'indécence, même.

Sinon, la seconde séance d'haptonomie m'a encore fait beaucoup de bien... mon ventre a encore pris d'un coup du volume en 24h. A ce rythme-là, au mois de juillet, je pourrai faire concurrence à la baleine à bosses de l'Atlantique Nord.

mercredi 28 avril 2010

Audit sur la puer'

S'il y a bien un truc auquel on ne pense pas forcément lorsqu'on met un bébé en route, c'est le matos puéricole dans lequel il va falloir investir.
Disons qu'on y pense, mais plutôt comme une vague idée, dont on a conscience, mais sans vraiment approfondir la question.
C'est lorsqu'on achève son cinquième mois de grossesse que la question devient plus prégnante.
C'est là également que l'on découvre que l'univers puéricole regorge de ressources, et que si on se lâchait un peu, on pourrait tout acheter, par mesure de précaution.

Bon.
Tu l'auras compris, je suis confrontée, avec MaB, à cette épineuse question.

Nous nous sommes donc attelées à cette lourde tâche qu'est la prospection... sur les produits, les modèles, et aussi sur les bonnes affaires.
Pour débuter, nous avons établi une première liste, dite des essentiels : poussette, siège-auto, lit, commode à langer, transat, baignoire, porte-bébé...
Puis, après les premières recherches, un certain nombre de produits se sont imposés d'eux-mêmes dans une autre liste, dite technique : biberon, stérilisateur, tire-lait, mouche-bébé, tétines, thermomètre, coupe-ongle...
Enfin, à ces deux listes, il faut également ajouter la liste pour laquelle tout le monde voudrait se lâcher dès maintenant, la liste dite textile : layette, pyjamas, gigoteuse, bonnets, chaussons, tour de lit, sorties de bain...

Sur le papier (ou l'écran, hein, soit pas bégueule), ça a l'air simple... il suffirait d'acheter tout ça dans une même boutique, et hop, le tour est joué !
Et bien figure-toi que c'est beauuuucoup plus complexe que ça.
Tous ces produits de base ont une multitude d'options, toutes plus innovantes les unes que les autres. Et lorsque tu es primipare comme moi, ce genre de détails fait virer une prospection au casse-tête.

Les essentiels
- le porte-bébé : pour l'instant, on attend de voir comment va se passer l'apprentissage de la technique de portage en écharpe... si on trouve ça trop casse-gueule, nous investirons dans un truc, là encore, relativement classique, confortable, respirant, ultra-fonctionnel (il ne faudrait pas que l'installation du porte-bébé soit plus galère que celle de l'écharpe).

- le transat : il a fallu que je montre à MaB ce que c'était pour qu'elle se rende compte que ça pouvait être très utile à la maison, notamment lorsque nous voudrions continuer à vivre sans avoir un bébé dans les bras (apéro, poker, repas...). Je vous passe les détails, mais Sapinou a bien failli se retrouver parterre, allongé à l'arrache sur une couverture. Le problème du matos puéricole, c'est que sous prétexte d'éveil forcé des jeunes enfants, la couleur, souvent de mauvais goût, est de mise. Contre toute attente, nous avons fini par nous mettre d'accord sur un truc pratique et pas cher, dans une matière lavable. Trop facile, on a commencé à prendre la confiance, grave.

- la baignoire : nos grands-mères se posaient sûrement moins de questions... une bonne bassine en fonte au milieu de la cuisine, et hop, le tour était joué. Sauf que depuis, des choses ont changé : il existe de vraies baignoires, en plastique, avec un bouchon pour les vider. Même qu'il y en a qui ont une forme soit disant ergonomique, avec un plan incliné et un petit siège pré-moulé... ou d'autres qui ont une forme de pot dans lequel le bébé est sensé retrouver ses sensations intra-utérines grâce à la position fœtale. Il y en a même qui peuvent se mettre sur pieds, histoire d'être à hauteur sans se casser le dos. Il existe aussi des hamacs de bain ou des réducteurs de grande baignoire. Le seul problème, c'est que plus c'est perfectionné, plus ça prend de la place et, toujours forcément, plus c'est cher. On a découvert un plutôt bon compromis : prendre un modèle qui se pose sur les rebords d'une baignoire de grand, avec une table à langer qui coulisse au dessus. Si on ne trouve pas ce modèle d'occasion, j'ai élaboré un plan B : trouver une baignoire d'occasion qui se pose sur les rebords et faire tailler une planche pour la poser à côté, sur la grande baignoire. On est bricol-girl ou on ne l'est pas !
Jusque-là, ça allait, pas trop de prise de tête, les recherches internet sont nos amies.

- la chambre : au départ, tu te dis "pfiou, un simple lit à barreaux, et le tour est joué". Sauf que, lorsque tu explores la moitié des magasins et/ou site de puériculture disponibles, tu te rends compte, qu'en fait, tu as des lits avec hauteur du sommier réglable, avec des barreaux ou un pan amovibles, des matelas mousse, des matelas en bambou, des matelas à ressort... et puis des modèles différents, à des qualités différentes et à des prix différents, forcément.
Sauf que dans les premiers mois, un nourrisson peut se sentir perdu dans un si grand lit. Alors il y a le choix entre un berceau ou un nid de lit, sorte de coussin ergonomique sur lequel tu poses le bébé pour qu'il ait l'impression d'être blotti. Marketing et innovation, je suis rodée.
A cela, il faut également penser à la table à langer... commode assortie au lit, simple table sur roulettes, avec baignoire intégrée, large, moins large, tiroirs, étagères.
Heureusement, les parents de MaB vont nous venir en aide pour financer cet investissement de taille, et nous allons également récupérer un berceau, celui qui a servi à mon frère et à ma sœur... il y a 20-25 ans... osier et dentelle si je me souviens bien. So kitch, on pourra faire les fées au dessus du petit !

- le transport : c'est là que ça se corse. Et sérieusement. Comment choisir le moyen le plus sûr de transporter un bébé, en voiture comme sur roulettes ?
Nacelle de landau rigide, pour les 3-4 premiers mois seulement... jusqu'à 6 mois pour les crevettes ?
Coque siège-auto premier âge qui peut se transporter facilement et s'adapter sur un châssis de poussette, sachant qu'il faut compter entre 3 et 5kg à vide, et prévoir un réducteur d'assise jusqu'à 4-5 mois ?
Châssis de poussette, à 3 ou 4 roues, pour faire uniquement des trajets en ville et slalomer entre les crottes de chien, ou parfois des ballades à la campagne, avec gravillons, bouses de vache ou sable fin ?
Hamac de poussette qui peut s'allonger complètement ?
Packs trio (nacelle+coque+poussette) ?
Packs duo (coque+poussette) ?
Achats séparés au meilleur prix ?
A ce sérieux casse-tête, rajoute la prise de tête avec ma mère, qui, au départ avait clamé haut et fort que le transport, c'était elle, et qui, au moment de la présentation d'un certain nombre de modèles, a fait comme si elle n'avait rien dit, tout en critiquant les choix que nous avions fait avec MaB... "la nacelle ça ne sert à rien", "la coque c'est trop petit", "la poussette canne c'est pas pratique", "le lit-voiture, c'est mieux" (sauf que ça ne se fait plus depuis 25-30 ans, faute de normes sécuritaires), "un nourrisson ça ne se transporte pas autrement que sur le ventre" (je n'avais pourtant pas l'impression que mes parents avaient sacrifié leur vie sociale pendant les 6-8 premiers mois de la vie de leurs enfants).
Ce qui, évidemment, a valu une petite mise au point sur ma future condition de femme et de mère, que je n'envisage pas cloitrée à la maison avec mon nourrisson collé à moi, ou à MaB, dès que nous sortirons quelque part. Question de point de vue.
Donc, dans l'absolu, ce qui serait le mieux, dans le monde des bisounours, c'est une nacelle, une coque premier-âge et un châssis 3 roues avec hamac qui peut s'allonger complètement. Au niveau des prix, ça serait plutôt une coque et un châssis 4 roues.


Les techniques
Nous avons également prospecté pour ces produits plus techniques, mais là aussi, trop de choix tue le choix !
Des biberons, petits, moyens, grands... en verre ou en plastique, sans bisphénol siouplaît.
Des tétines à 1, 2 ou 3 vitesses, avec des adaptateurs anti-coliques.
Des stérilisateurs à froid, à chaud, électriques, au four à micro-ondes.
Des tires-lait (oui... vu que j'ai l'intention d'allaiter, je me suis dis que ça pourrait éventuellement être utile), manuel ou électrique, avec pots de stockage, coupelle confort et coussinets adaptés.
Des nécessaires de toilettes, avec coupe-ongle, thermomètre, brosse, mouche-bébé...
Mais ces produits se trouvent vraiment partout, donc il sera plus simple de les acheter pendant les soldes, par exemple, ou au tout début de mon congé maternité (avec la prime à la naissance versée par la CAF, pourquoi pas ?).

Les textiles
Cette prospection m'a fait réaliser que d'ici 4 mois nous allions devoir nous occuper d'un nourrisson de 50 cm, et que ça n'était vraiment pas grand du tout... La taille de la layette naissance m'a un peu fait halluciner, c'est si petit !
En même temps, c'est rassurant, aussi. Ça veut dire que ce "si petit" va sortir de mon utérus, et donc occasionner moins de dégâts que le bébé plus gros de mon imaginaire.
Nous n'avons encore rien acheté : nous attendons les prévisions de mensurations de Sapinou à la naissance. Histoire de ne pas acheter 1kg de pyjamas en naissance alors qu'il fera presque 55 cm, soit taille 1 mois.
Et puis nous attendons le modèle de lit et l'aménagement de la chambre pour nous lâcher sur la déco... tour de lit, gigoteuse, stickers, mobile, sortie de bain, matelas à langer, draps...

Bref.
Il nous reste un peu moins de 4 mois pour tirer ça au clair, et faire une liste de naissance pour éviter les cadeaux inutiles. Autant de temps pour éplucher toutes les bonnes affaires d'internet et arpenter la quasi-totalité des magasins de puériculture d'Ile-de-France.
Comme ça, j'ai l'air serein... en vrai, ça m'angoisse complètement de faire le mauvais choix et de me trouver en galère le jour où Sapinou sera là, en chair et en os.

mardi 20 avril 2010

On ne nait pas femme enceinte, on le devient !

Déjà cinq mois de grossesse passés... on ne dirait pas comme ça, mais ça passe vite !
Cinq mois à me poser tout un tas de questions, sur ma sexualité, sur mon genre, sur mon statut passé et à venir, sur ma position dans le couple, sur les changements de mon enveloppe corporelle et de mon psychisme...
Bref, tu l'auras compris, je ne mène pas une grossesse tout à fait épanouie, dans le sens où beaucoup de sentiments paradoxaux m'assaillent.

Je t'explique.
Physiquement, à part l'épiphénomène Hépatite A, tout se passe bien. Pas de contractions, pas d'hypertension, pas trop de prise de poids (quoique... je me suis encore fait remonter les bretelles par mon gynéco parce que je me suis un peu lâchée sur les chocolats de Pâques... fini le miel sur les tartines le matin et le sucre dans les boissons chaudes), pas de diabète, pas de douleurs dorsales, pas de jambes lourdes, un développement fœtal tout à fait satisfaisant. Rien à signaler.
Je t'en avais déjà parlé (), mais après quelques difficultés, j'ai enfin accepté les évolutions de mon corps (et pris une taille de bonnet supplémentaire... encore), même si malgré tout, mon ventre reste très discret, compte tenu de la taille du bébé et de l'avancement de ma grossesse. Mon gynéco m'a dit que c'était parce le bébé était en position latérale, comme dans un hamac. Mouais.

C'est psychiquement que s'opère le grand chambardement.
J'ai pleinement conscience que je suis enceinte, que je désire cet enfant aux côtés de MaB, que c'est un projet que nous avons construit au fil des mois et des années. Depuis presque 2 mois, je sens le bébé bouger, de mieux en mieux, de plus en plus fort. Je vis pleinement cette grossesse depuis le début, je vois le bébé régulièrement sur les échographies, J'attends un enfant de Laurence Pernoud est mon livre de chevet (enfin plutôt livre de chiottes, étant donné les perturbations de mon transit intestinal depuis le début de ma grossesse, il faut bien que j'occupe mon temps sur le trône...), je me préoccupe de l'avenir avec l'inscription à la crèche, la préparation de la chambre, les achats divers et variés pour préparer son arrivée (du moins la prospection pour commencer... poussette, landau, siège-auto, berceau, baignoire, lit, table à langer, biberons, stérilisateur, layette...).
Mais pourtant, c'est comme si je vivais cette grossesse de l'extérieur... j'ai réalisé ça après notre première séance de préparation à l'accouchement, MaB et moi, avec une sage-femme haptonome.

Au premier abord, dans la théorie, l'haptonomie (ici, ou ) peut paraître un peu comme un truc de charlatan... science de l'affectivité qu'ils disent. Cela permettrait de mieux intégrer l'autre parent dans le duo fusionnel mère-enfant.
Sauf que chez moi, cette relation, qui est de fait fusionnelle (le bébé est dans mon corps, je le sens bouger, je lui transmets toutes mes émotions) ne l'est pas tant que ça. Un peu comme ces pères qui ne réalisent que l'enfant existe que lorsqu'ils le voient bouger sur une échographie ou lorsqu'ils le tiennent dans leurs bras pour la première fois.
Cette première séance était sensée permettre à MaB d'entrer en contact avec le bébé (même si cela ne l'avait pas déjà empêchée de poser ses mains sur mon ventre pour sentir Sapinou me filer des coups de lattes dans la vessie). Des mains légères comme des plumes pour appeler Sapinou à sa rencontre, pour le faire bouger, pour entrer en contact, pour le guider là où il faut, pendant la grossesse, pour soulager la mère, et juste avant la naissance, pour lui montrer le chemin vers la sortie.

MaB a adoré. Moi, j'ai eu l'impression de vivre cette séance de l'extérieur... malgré mes mains posées sur celles de MaB, elles-mêmes posées sur mon ventre, je n'ai pas vraiment senti Sapinou se mouvoir, ni même vraiment bouger, alors que dix minutes avant, il gigotait comme un dingue... C'était très étrange, comme si j'étais exclue de cette relation entre MaB et son bébé. Comme si j'étais ce père, cet autre parent, qui a du mal à trouver sa place dans une relation mère-enfant... alors que je porte cet enfant.

Et bien tu me croiras ou pas, mais la sage-femme trouvait que Sapinou était un peu bas.
Elle a dit à MaB de guider Sapinou plus haut dans mon ventre, ce qu'il s'est empressé de faire.
Près de 24h plus tard, la forme de mon ventre s'est modifiée... le ventre est sorti d'un coup. Comme si, enfin, je me sentais intégrée à ce projet, à cette naissance, et que donc je pouvais laisser éclater au grand jour cette vérité que je dissimulais quelque peu jusqu'à maintenant.

L'haptonomie, au delà de l'accompagnement de Sapinou vers l'autonomie, va surtout me permettre de mieux assumer cette maternité, à mettre en relation mon état de gestation et mon état de parent.
Cette préparation à la naissance va me permettre de construire ma parentalité, tout simplement, sans aucune connotation de genre, ni de sexualité.

Du coup, je peux maintenant me réjouir totalement de l'arrivée de ce petit bonhomme, sans forcément dévaliser tous les rayons de layette bleue !
Nous savons depuis peu, surtout que, malgré son activité physique débordante, Sapinou est un petit timide, et il a fallu s'y prendre à plusieurs reprises pour avoir les "preuves" de son identité !

jeudi 15 avril 2010

La boulette du siècle

A défaut de la trouver au fond de ma chaussette, grossesse oblige, je les accumule, les boulettes, les petites fautes d'inattention, les conneries... finie la période wonder woman qui faisait triper ma femme. Disons que je suis un peu déconcentrée par un truc qui gigote sous mon nombril (qui en plus a ses têtes voix et qui se met à remuer sur certains sons).

La plupart du temps, ces petites erreurs n'ont pas de conséquences dramatiques... oublis de réunions, des clés de l'appart' sur la boîte aux lettres, de remettre de l'essence dans la voiture (ça, c'était trop la loose de tomber en panne au milieu d'un pont, sous la pluie, à 20h, sans aucun moyen de paiement et une femme en béquilles à la maison qui ne peut pas venir avec la carte bleue... ouais... j'ai tout de même noté que ma réserve ne dépassait pas les 45 km). Tant qu'ont ne fait pas les choses, ça n'est pas trop grave, je passe juste pour une écervelée. C'est quand on commence à "faire" les conneries que ça se gâte.
Boulettes de bronze.

Il y a eu ce petit problème de compréhension avec les impôts en fin d'année dernière... j'ai cru qu'en demandant la mensualisation de la taxe d'habitation, ça nous permettrait d'étaler la somme sur 12 mois. En fait non : tu payes juste en avance celle de l'année d'après. On a bien reçu un truc début janvier, mais je me suis dit "rhooo les bouffons, ils n'ont pas vu que je payais chaque mois ? pffff". Et là, lorsque nous avons reçu un commandement de payer la totalité de la somme, nous avons un peu flippé... Bon. Nous avons trouvé un arrangement avec les impôts. Ils ont du avoir pitié.
Boulette d'argent.

Mais là, permet-moi de te dire que je viens d'en faire une, de connerie. Massive, monumentale, irrémédiable.
En voulant régler une échéance par carte bleue sur internet, au lieu de payer 50 €, j'ai payé la totalité de la somme... soit... 900 €.
Rien à voir.
Surtout pour le budget.
C'était lundi soir.
Heureusement que MaB, ma super woman à moi, était là.
Face à ma montée larmoyante, elle a pris les choses en main. Après avoir retourné ciel et terre pour faire annuler ce paiement, rien à faire. Entre l'incompétence de ma banque (là, je dois dire qu'elle a atteint des sommets) et le fait que le bénéficiaire du paiement soit la Caisse des Dépôts, le paiement est bien passé.
Avant le loyer et les impôts.
Plus les charges du mois en cours.
Plus les dépassements d'honoraires des échographies.
Ouais.
Boulette d'or.
Bon. Ça craint, du boudin, même.
Vu que wonder woman arrive toujours à ses fins, j'ai rendez-vous vendredi matin avec l'assistante sociale de l'Inspection Académique, pour une solution de secours, histoire de continuer à manger jusqu'à la fin du mois et éviter que la banque ne rejette le chèque de loyer. Mon dossier ne passera devant une commission du service social du rectorat ou de la mutuelle de l'Éducation Nationale que d'ici un mois, et là, je pourrai bénéficier d'un fond d'aide, à taux zéro.

Permets-moi de te dire que je n'en mène pas large, que je culpabilise à mort, mais que ma femme se garde bien de me le faire remarquer. A sa place, je crois que j'aurai pété une durite grave... peut-être même j'aurai pu bouder pendant quelques heures, voire quelques jours...
Elle est formidable de patience, il faut le souligner (même si sur le moment, je peux lui soutenir le contraire). J'ai tout de même eu ordre de ne plus rien faire, de ne plus rien gérer niveau factures.
Vraiment, je ne vois pas pourquoi... ce genre de truc, ça n'arrive qu'une fois, non ?
Ou alors, ça n'arriverait qu'à moi ce genre de truc ?
Je te tiendrai au courant de ma Boulette de platine.
Ou pas.

Sinon, ça va... je suis en vacances demain soir. Ça va faire du bien, même si je n'ai pas vu passer cette période, avec ma reprise du boulot !

samedi 20 mars 2010

Flirt avec la crise

En ce moment, ma vie est essentiellement tournée vers une seule chose : ma grossesse.
Je sais.
J'avais juré que jamais, Ô grand jamais, je ne ferai comme toutes ces futures mères à ne penser qu'à ça, tous les jours, toute la journée...
Du coup, je ne voudrais pas non plus que ce blog devienne un blog maman-couche-qui-montre-les-petits-petons-de-son-rejeton, même si parfois, j'ai envie de crier à la terre entière que ça y est, je suis enfin fière d'être enceinte, que j'assume complètement maintenant, et que je suis impatiente de savoir si c'est un garçon ou une fille qui me file des coups de latte à l'intérieur de mon utérus.

Bref.

J'ai donc repris le boulot il y a 15 jours, et je dois dire qu'il a fallu que je me refasse un peu la main avec les chieurs élèves difficiles.
Ils m'ont contrainte à donner au moins 3 heures de colle dès le lundi de la rentrée... nanméo, quoi, merde, c'est moi, Kanou, ils savent qu'il ne faut pas rigoler avec moi.
Bon.
Je pense qu'il y a également le facteur hormonal qui entre en jeu, et il va falloir que je me contienne pour ne pas partir au quart de tour (t'as vu, je ne peux pas faire autrement que d'en parler !).
Et puis il y a eu ce départ de feu au dernier étage du collège, l'alarme qui n'a pas fonctionné, les portes coupe-feu qui ne se sont pas refermées, et les élèves et les profs qui auraient pu griller si une super surveillante n'était pas passée par là (non, ce n'est pas moi... j'ai perdu mes galons en chopant une hépatite : une super surveillante vient bosser même lorsqu'elle est à l'article de la mort, ça force le respect chez les élèves et la direction) et avait éteint le feu à mains nues avec l'extincteur le plus proche. D'ailleurs, laisse-moi te dire que c'est dégueulasse sur le lyno maintenant, la neige carbonique !

Les profs sont à bout, même après 15 jours de vacances, la faute à des élèves ingérables et une direction qui remet sans cesse en cause leur travail d'enseignants.
La vie scolaire est à cran, après 2 mois de boulot en sous-effectif (il manque entre 2 et 3 postes à temps plein sur 7), la faute à des élèves ingérables et une direction qui ne prend pas la peine de recruter des assistants d'éducation pour enfin compléter l'équipe. Un des 3 CPE nous a même affirmé que ça ne servait à rien, vu qu'il ne restait QUE 3 mois et que ça faisait déjà 2 mois que l'équipe tournait comme ça.
Mais tout ça, c'est la faute de la crise, nous dit-on au rectorat... les situations économiques se dégradent, les parents sont perdus, ce qui se répercute sur les enfants, de la maternelle à l'université. C'est sûr que de supprimer 16 000 postes dans l'Éducation Nationale pour les remplacer par des étudiants à peine pubères, des retraités dopés au prozac ou des EMS (Equipes Mobiles de Sécurité... tu sais, ce sont des flics qui surveillent les entrées et sorties des établissements au cas où des élèves tenteraient d'introduire quelque objet contondant... ), ça va changer la donne de la violence à l'école.
J'espère que mardi prochain, journée de grève interprofessionnelle, la vie scolaire sera mobilisée... pas forcément en grève étant donné notre salaire de misère (on ne va pas en plus d'être exploités et sous-payés laisser du fric à l'Etat non plus !), mais sous d'autres formes... débrayages, rétention d'informations, téléphone mort, arrêts de maladie (ben quoi, on n'est pas titulaires... faudrait pas non plus se foutre dans la merde plus qu'on ne l'est déjà, hein !).
Moi, au lieu d'aller à la manif (pour Paris, départ 14h, République-Bastille-Nation) pendant mon jour de décharge syndicale, je serai à ma première séance de préparation à l'accouchement avec une sage-femme haptonome. Tu vois, j'y peux rien, j'suis obligée d'en parler !

Mais en dehors de ça, de la crise, des tensions, tous ça, la plupart des élèves sont adorables. Vu qu'à la fin de mon quatrième mois de grossesse (chut), ça commence à se voir, et qu'avec la chaleur tropicale qui s'abat sur la région parisienne depuis deux jours une semaine, finis les gros pulls amples, bonjour les petits t-shirts près du corps (mais pas trop, parce que les plus petits sont trop petits... ma poitrine prend plus de place en haut, du coup, j'ai le bide à l'air, et ça, pas moyen). La nouvelle s'est répandue comme une traînée de coke poudre chez les élèves, qui viennent me voir dans la cour, dans les couloirs, à la cantine, en petit comité d'enquête :
- C'est vrai Kanou que t'es enceinte ?
- Ben oui, pourquoi ça ne serait pas vrai ?
- Rho lala, ça s'voit pas ! C'est pour ça que t'étais pas là ?
- Ben non, j'étais malade, j'ai eu une hépatite A, c'est un v...
- T'as eu la grippe Aaaaaaa ?
- Non. L'hépatite A. C'est un virus qui touche le foie. Ça donne une jaunisse et ça fatigue beaucoup. Mais maintenant, je suis guérie, et en pleine forme, donc : retournez vous ranger/dans la cour/vous asseoir (au choix).

En gros, voilà à quoi se résument les enquêtes des élèves... quelques questions autour du bébé, garçon ou fille, de la date d'accouchement, mais ça s'arrête souvent là.
Lily Rush a encore de beaux jours devant elle niveau investigation.
Il ne manquerait plus qu'ils me demandent comment on fait les bébés, ou si le futur papa est content ! Et ma vie privée, alors ?

Bientôt, il faudra que je te parle de nos nouveaux projets anti-crise avec MaB !

samedi 6 mars 2010

Recherche styliste désespérément

Ça ne va pas du tout... un mois sans billet, c'est du gros foutage de gueule.
Il faut dire que de végéter sur un canapé toute la journée, devant la Ferme, les Jeux Olympiques ou l'intégrale de Dexter, en attendant que mon foie se remette, ça ne casse pas trois pattes à un canard boiteux. Même, ça lobotomise un petit peu.
Mes seuls liens avec l'extérieur étaient la mailing liste du syndicat (j'avoue... j'ai pratiqué le télé-travail depuis 2 mois), mes visites à la supérette du coin (je me suis fait draguer suis devenue presque pote avec le vigile, d'ailleurs) et le rendez-vous quotidien avec l'infirmier pour la piqure d'anti-coagulants de MaB.
Tu comprendras que j'aie passé sous silence cette période trépidante de ma vie.
Mais là, un mois, c'est trop. Et puis je reprends le boulot lundi, après un arrêt depuis le 18 décembre, ça va me faire bizarre de retrouver mes petits sauvageons (au collège, parce que dans la rue, chez le boulanger, au supermarché, dans le bus, ils ne m'ont pas quittés !)... j'ai loupé quasi un trimestre, et ça ne m'a pas manqué... c'est fou, non ?
Passons, je te dirais si je me fais arrêter jusqu'aux vacances de Pâques la semaine prochaine !

L'événement de ces deux mois passés à ne rien faire à part attendre que l'hépatite passe, en dehors de l'achat du soutien-gorge grande taille, reste sans doute la recherche d'un pantalon de grossesse... la mission suprême, la quête du Graal, la lutte finale... une vraie galère.
Pour m'accompagner, j'avais mandaté ma mère (qui n'avait plus fait ça depuis au moins 15 ans, après, elle avait lâché l'affaire d'essayer de choisir des habits pour sa fille, et surtout, de supporter des heures interminables d'essayage avant de trouver LE jean qui tombait bien...)(je ne suis pas très shopping depuis cette période... j'ai un modèle de jean, et ça me suffit... je vais dans la boutique, je cherche ma taille, et je m'arrache). Vu qu'elle avait décidé de m'offrir quelques fringues de grossesse, ça tombait bien qu'elle voit le résultat directement sur la bête !
Donc nous voilà parties vers LA rue commerçante de la ville à côté de notre villégiature (oui, je finis mon arrêt de travail par 15 jours de vacances, il faut ce qu'il faut).
Rien.
Que des boutiques de fringues pour enfants, ados ou adultes anorexiques.
Une vendeuse nous fait remarquer que le H&M de la galerie commerciale a un "super" rayon pour future maman. Je te laisse imaginer le cadre : galerie commerciale d'une petite ville bretonne, touchée de plein fouet par la crise économique depuis plusieurs années, associée à des bandes de jeunes désœuvrés... un vigile devant les cabines d'essayage. Je ne fus pas dépaysée, ça ne m'a pas changé des centres commerciaux de la banlieue parisienne !
Qu'à cela ne tienne : j'ai essayé une dizaine de futals (futaux ?) dans une chaleur étouffante. Et là, j'ai pu constater que la majorité des femmes enceintes n'avait jamais, au grand jamais, fait fonctionner les muscles de leurs cuisses... Donc, même si j'ai trouvé des pantalons pas trop "girly", aucun ne m'allait... pour faire passer les cuisses, la taille était trop large, donc un sac ou ça, il n'y aurait pas eu grande différence.
Étape deux : la zone commerciale à la sortie de la ville. Aubert, Bébé neuf, Natalys... pas d'habit. J'ai fini par atterrir chez Gémo en désespoir de cause, et à ma grande surprise, j'ai trouvé, enfin, un modèle assez ample au niveau des cuisses, et bien ajusté à la taille. Le seul hic, c'est que c'est du lin, et que je vais devoir attendre que les journées se réchauffent un peu avant de le porter sans caleçon long en dessous !!
Bon, là je te raconte ça avec une certaine désinvolture, mais sur le moment, j'étais au bord des larmes dans les cabines d'essayage au douzième pantalon (j'ai attendu d'être à la maison pour vraiment ma lâcher sur l'épaule de MaB... bouhouhou... j'suis difforme... j'rentre dans rien... comment j'vais faire... j'peux pas aller bosser en jogging ou en boubou... bouhouhou)(tu vois le genre, les hormones, tout ça).
Pour me rendre compte hier soir que le jean de grossesse La Redoute offert par Belle-Maman me va comme un gant, même en longueur... blasée je suis.

Mais bon, cette petite aventure m'a fait penser qu'il n'y avait pas de boutique pour butch enceinte, et ça, c'est carrément un bon créneau par les temps qui courent... enfin disons que ça m'aurait grandement facilité la tâche.
En temps normal, je me sape plutôt chez les hommes : un jean 501, des t-shirts plus ou moins près de corps, polaire ou gilet unisexe. Au niveau de la carrure, je n'ai pas trop le choix : avec le jean, Belle-Maman m'a également offert une blouse... entre les épaules de nageuse est-allemande et mon opulente poitrine, le 46 de La Redoute est trop étroit en haut, beaucoup trop large en bas... un sac en coton. Je n'ai pas pleuré cette fois là.
Le truc, c'est qu'il n'y a pas encore des vêtements de grossesse dans les rayons masculins...
Et je ne sais pas à quoi pensent les stylistes lorsqu'ils créent une ligne de prêt-à-porter, mais ils doivent se dire que les femmes enceintes sont des êtres à part et qu'il faut absolument mettre leurs formes en valeur, avec des trucs hyper féminins, limite obscènes, et surtout trop ringards (même chez H&M)(ou alors je n'ai peut-être pas suivi le cours de la mode féminine ces dernières années...). Et que j'te mets du rose, et que j'te mets du cache cœur, et que j'te mets du pantalon de yoga en velours synthétique que même pour les cours de préparation à l'accouchement j'le mettrai pas, et que j'te mets des bandeaux de ventre bariolés, et que j'te mets des décolletés plongeants à la limite de l'indécence (j'assume mon nouveau corps de mieux en mieux, mais de là à dévoiler la profondeur de mon décolleté, je ne suis pas super à l'aise encore), et que j'te mets de la matière synthétique à tout va (lorsque tu as une transpiration abondante comme moi, le nylon c'est l'horreur... un bon vieux coton, y'a que ça de vrai).
Je vais devoir me résigner à porter des trucs de fille (peut-être même que je me laisserai tenter par une robe par dessus un legging court)(nan, j'déconne, je n'ai pas craqué à ce point, même si je m'apprête à me lancer dans le tricotage d'un pull en laine pour MaB)(ouais, carrément... cherche pas, ce sont les hormones, je ne peux rien y faire)... à moins qu'enfin, une boutique de fringues "spéciale lesbienne enceinte" ne fasse son apparition dans les semaines à venir.
Même sur internet, je suis preneuse.
On ne sait jamais, les miracles existent, non ? Surtout, ça m'éviterait une visite impromptue au Kiabi près de chez moi... il parait qu'il y a un rayon grossesse "super sympa".
Donc toi, la styliste des pages future maman de La Redoute, de chez H&M (utilise un traducteur, je ne parle pas encore couramment le suédois), de chez Gémo, ou de tout autre ailleurs, entend ma complainte : des fringues masculines, en coton, avec la place pour mettre un 100E et un tour de ventre supérieur au mètre...