mercredi 9 décembre 2009

Sapinou est dans la place !

Non, nous n'allons pas surnommer notre future crevette comme ça, rassure-toi ! Pour l'instant, on ne l'appelle pas, on attend sagement la prise de sang et une première écho, d'ici une dizaine de jours.
Mais souviens-toi (), avec MaB, on aime bien cette tradition du petit sapin (piqueu-piqueu-piiqueuu) qui fleure bon dans la maison.

Donc, comme d'hab', nous sommes allées chercher notre sapinou ce midi, dans une zone commerciale déserte, entre la fin du repas des cols blancs et la fin de la sieste des enfants. C'est une stratégie qui me permet d'éviter de croiser mes élèves, hurlants, bavants et déambulants en horde. Je tiens à ma vie privée, quoi ! Je n'ai surtout pas envie de m'afficher avec un sapinou sous le bras, aussi grand que ma femme.

Bon. Et bien cette année, nous nous sommes encore faites avoir par le temps... Il faut savoir que la taille des sapins augmente de manière inversement proportionnelle avec le temps qui nous sépare de Noël. Je suis sûre que ce week-end, nous aurions trouvé un petit sapinou tout choupinou, d'une taille inférieure à 1m20.
Sauf que là, malgré notre quête minutieuse au milieu de rangées de sapins en chaussette, pas un seul sapin en-dessous d'1m50. Un gentil vendeur, qui, je pense, a du avoir pitié de 2 filles désespérées face à la taille des sapins, nous a conseillé de regarder la largeur des chaussettes à mi-hauteur.
Nous avons regardé. Nous avons choisi en conséquence.

Sauf que je n'ai pas pensé à la largeur du tronc... un sacré oubli de débutante. Comme si je n'avais pas déjà vécu cette expérience il y a deux ans !
Ça n'a pas loupé : le tronc, forcément, ne rentrait pas dans le trou de la bûche. Il a fallu tailler... pas à l'opinel ni à la scie à métaux... mais au tournevis et au marteau.
Oui. J'suis comme ça, un brin MacGiver. Admire la technique !


Au bout de 20 minutes, c'était fait. L'expérience favorisant l'efficacité. Ce que tu ne vois pas, c'est que le bois était détrempé et l'écorce gorgée de sève. Admire le résultat !


Mais c'est pas tout ça. Il a fallu lui trouver une place de choix. Parce qu'en chaussette, ce pseudo-sapinou n'avait pas l'air si massif... une fois la chaussette découpée, ce fut une autre affaire.


Nous avons juste enlevé une chauffeuse du salon pour la planquer ailleurs.
Mais avoue qu'en plus d'être massif, il est tout de même magnifique ce sapinou !!
Il va seulement falloir le décorer maintenant... et ce n'est pas avec nos trois pauvres décorations en papier mâché, verre et bois que nous allons en faire un sapin de Noël.
A moins que nous le laissions épuré, comme ça, au naturel ?

dimanche 6 décembre 2009

J17 DPO

Il y a des fois où l'anticipation n'est pas mère de toutes les vertus.

Nous abordions, MaB et moi, le dernier trimestre de l'année 2009 d'une manière plutôt morose face à l'impossibilité financière de repartir en Belgique. Depuis plusieurs mois, nous avions même évoqué sérieusement la solution d'un donneur en France, connu par nous mais incognito pour le reste du monde. Une solution moins couteuse, moins médicalisée, moins prise de tête.

Restait plus qu'à savoir qui.

C'est là qu'Il nous est apparu, notre mâle alpha, mi-homme mimine mi-Minh (rapport au voyage de MaB en Egypte), et qu'Il a fait sa proposition. Autour d'une bonne bouffe, nous avons discuté des modalités du don, de nos conditions et des siennes : un dépôt en liquide sans aucune autre responsabilité future auprès de nous et de l'enfant à venir.
Le projet mis au point, il n'y avait plus qu'à attendre le début du cycle suivant.
Pas de stimulation, pas de prise de sang, pas d'échographie de contrôle... pas de piqures, pas d'effets secondaires.
Juste un thermomètre et une prise de température quotidienne.

Autant te dire qu'il n'y a pas de comparaison possible avec les deux premières tentatives de novembre 2007 et février 2008.
Après 2 ans d'attente, j'ai appris à ressentir le moment précis de mon ovulation (quand je te dis que j'étais à la limite de l'obsession). Le jour même, un petit coup de fil à notre gentil donneur pour le convier à un dîner presque parfait à la maison, et nous y étions.
MaB, pleinement actrice cette fois-ci (contrairement aux deux essais précédents où la médicalisation l'avait pas mal écartée du processus), avait eu le temps de se renseigner sur le petit matériel nécessaire et sur le mode d'emploi de l'insémination artisanale : une seringue, un pot stérile, quelques bouteilles de beaujolais et beaucoup d'amour.
Un câlin et un dépôt plus tard, le compte-à-rebours était lancé : deux semaines à attendre pour savoir si les petits champions avaient atteint leur objectif.

Bon.

15 jours, c'est long. Les stimulations précédentes avaient faussé cette attente avec les effets secondaires. Là, j'ai pu pleinement en profiter : un moral gonflé à bloc, une pêche d'enfer, et pas de douleurs, à part des petits tiraillement au niveau de l'ovaire.
Au bout de 5 jours, ma poitrine est passée d'un bonnet B à un petit C, à la plus grande joie de MaB.
Au bout de 10, j'ai commencé à avoir des sensations vertigineuses en fin d'après-midi.
Je me suis bien gardée de m'enflammer, mais en lectrice assidue de tous les effets indésirables des médicaments, je me suis rendue à l'évidence : il s'agissait des effets de la progestérone, sécrétée naturellement cette fois.
Nous avions décidé avec MaB de ne faire le test qu'après 3 jours de retard dans le cycle.
C'était ce matin.


Pour la peine joie, j'ai fait des gaufres, à défaut de Stollen au massepain.
Joyeuse Saint-Nicolas !!

mercredi 25 novembre 2009

Chute du Mur, 20 ans de nausées...

Le 9 novembre 1989, je viens d'avoir 10 ans.
J'entre en septième CM2 et ma conscience politique s'est éveillée avec le bicentenaire de la Révolution Française fêté en grandes pompes quelques mois plus tôt.
Je me souviens de cette foule en liesse, de ces pans de mur qui tombent, de David Hasselhoff en veste clignotante chantant Looking for freedom, de Rostropovitch jouant seul avec son violoncelle devant Check Point Charlie le 11 novembre.
Je me souviens aussi de ces Allemands heureux de se retrouver enfin.
Je n'ai pas encore lu Marx ou Lénine, je ne cerne pas vraiment ce qui les oppose, le socialisme contre le libéralisme, la dictature du prolétariat contre la démocratie chrétienne. Je ne vois que des gens heureux d'en finir avec ce Mur.
Je suis naïve. J'ai le droit, c'est de mon âge.

Le 9 novembre 2009, je viens d'avoir 30 ans.
Ma conscience politique s'est affirmée et affinée.
Depuis plusieurs semaines, la télé s'en donne à cœur joie... témoignages, rétrospectives, documentaires, tout y passe. Berlin était the place to be, en 1989 comme en 2009 !
Les gens sont heureux sur les images, les familles et les amis se retrouvent. Mais la réalité est toute autre : d'une dictature socialiste, les Allemands de l'Est, les Ossis, ont pu accéder à une économie de marché, capitaliste et libérale, du plein emploi à perte, ils ont été réduits pour beaucoup au chômage en fin de droits.
C'est ça, le bonheur ? Pour qui ? Pour quoi ?

En regardant la retransmission de la cérémonie à Berlin, j'ai ce sentiment de malaise, partagée entre la satisfaction de fêter, 20 ans après, la fin d'une dictature et autre chose que je ne parviens pas à définir.
Mais pourquoi donc n'arrivais-je pas à me réjouir pleinement ?

Était-ce les relents nostalgiques d'une éducation stalinienne ?

J'ai vite écarté cette possibilité : contrairement à mes parents (je t'en ai parlé ), je suis une adepte de l'auto-gestion collective et farouchement opposée à ce qu'on appelle le centralisme démocratique.

Était-ce l'influence de mon idéal inconscient de régime socialiste ?
Certainement, mais mon malaise ne venait pas de là : un régime socialiste, oui, pourquoi pas, mais sûrement pas une dictature de laquelle on ne peut pas sortir.

Était-ce la présence des dirigeants occidentaux, représentants du partage de l'Allemagne et de Berlin à la Libération, dont Medvedev et Sarkozy, connus pour être de grands démocrates ?
Les images parlent d'elles-mêmes : lorsqu'on veut se la pêter et sortir deux pauvres phrases dans la langue de Goethe, on se paye un bon traducteur, ou alors on écrit plus gros sur ses anti-sèches. Des jeunes (gauchistes ? droitistes ?) l'ont sifflé, ils ont ensuite applaudi Gorbatchev. Pour son ouverture au libéralisme ? Pour avoir été le dernier dirigeant d'une dictature moribonde ? Autant te dire que j'ai trouvé le spectacle pathétique.

Après plusieurs jours de réflexion, j'ai enfin mis le doigt sur les raisons de mon malaise.
La télévision a refait l'Histoire. A aucun moment ou presque, il n'a été question du peuple des Allemands de l'Est qui s'est soulevé contre le régime totalitaire d'Honecker, lui-même piloté par Moscou.
Tout était centré sur l'Ouest qui avait libéré ces opprimés, l'Ouest qui avait mis fin à la Guerre Froide, l'Ouest qui avait fait tomber l'URSS... L'Ouest n'a rien fait de tout cela : ce sont les peuples des démocraties socialistes du bloc de l'Est qui ont décidé de disposer d'eux-mêmes (tu sais, les fameux 14 points de Wilson en 1918). L'Ouest et son régime libéral se sont imposés là où tout était à reconstruire.
D'une dictature, l'autre. En France, il n'y a qu'à voir la réforme des collectivités locales, avec de moins en moins de pouvoir décisionnaire des citoyens.
D'un espionnage, l'autre. De la Stasi en RDA, nous sommes passés à l'oeil de Big Brother par le biais de la vidéosurveillance.
D'un fichage, l'autre. L'Europe est en train d'aligner ses politiques de gestion de la pseudodélinquance, avec par exemple le fichier Base Elèves, qui fiche tous les élèves de France et de Navarre pendant 35 ans, avec des possibilités d'inter-connections avec d'autres fichiers numériques, comme ceux de la police ou du ministère de l'immigration (plus d'infos, totalement partiales, bien sûr).

L'occident n'a rien inventé : pour tenir un peuple, il faut l'opprimer, et ça n'est pas près de s'arranger, avec les réformes en cours et à venir, ça va être la grosse marade.

Sauf si nous décidons de disposer de nous mêmes.

mercredi 18 novembre 2009

Service minimum

Les 7 jours et 7 nuits d'absence de MaB sont finalement passés si vite que je n'ai même pas eu le temps d'entasser de la vaisselle sale dans l'évier, à côté du lave-vaisselle, vide (c'est un truc typique d'ado-rebelle... dans le temps, ça faisait pêter une durite à ma mère).
Et les presque 3 semaines suivantes, encore plus vite.

Il y a une question que je me pose : comment faites-vous, les bloggeurs z'et les bloggeuses, pour réussir à mener en même temps votre vie professionnelle, votre vie personnelle, et votre vie virtuelle ?
Comment éclater les scores sur Element Z ou Maths Lines, raconter votre journée de merde/de rêve (c'est selon) à votre dulcinéE, publier des articles quotidiens (déjà, un par semaine, ça me contenterait tout à fait comme rythme), le tout, bien sûr, après des journées de boulot plus ou moins à rallonge ?
A moins d'être unE nolife-célibataire-au chômage/étudiantE (au choix... parce que tout cumuler, ça fait beaucoup quand même).
Ou alors de bosser dans l'Administration (j'voudrais pas balancer, non plus, mes collègues et néanmoins amis de l'Education Nationale).

Toujours est-il que j'aurais voulu te parler de tout un tas de choses, mais que mon emploi du temps ne m'en pas laissé, du temps.

Prochainement,
en direct-live du Mot d'Ordre,
vous pourrez lire des remarques hautement pertinentes sur :

- la chute du Mur et sa commémoration nauséabonde

- la judiciarisation de la discipline à l'Ecole

- la DPO

- l'utilité d'une grève durable dans le secteur public

Ou pas.

En fait, je crois que je vais soumettre ce sommaire à la vindicte populaire.



Parce que la démocratie locale, ça a aussi du bon.
Contrairement à ce que not' président essaye de faire croire : la perte de pouvoir décisionnaire des maires, c'est mauvais pour l'expression directe des citoyens, en particulier au niveau local.
Si le peuple les citoyens ne peuvent plus décider ce qui est bon pour eux, ça va péter à un moment ou à un autre. Et ce ne seront sûrement pas les présidents de communautés de communes qui pourront/voudront aller sur le terrain pour apaiser les tensions, résoudre les problèmes, répondre aux questions...
La base sera encore plus coupée des instances dirigeantes, et ça, ça réveille en moi l'envie de remettre la thématique de la lutte des classes sur le tapis (rouge, toujours, avec des bordures noires, discrètes).

Allez, comme on dit par chez moi, ouvre-là !

samedi 24 octobre 2009

Moisissures et toiles d'araignées

Ola ! Y'a toujours quelqu'un ?

Pfiou, attends, j'ouvre un peu, ça sent le renfermé et c'est plein de poussière par ici !

Non, parce que bon, ça fait un bail ?!

Je dois me rendre à l'évidence : les journées ne font malheureusement QUE 24h (enfin sauf aujourd'hui, j'aurais le droit à 25h, mais je suis en vacances, que vais-je en faire ?), et pour fêter dignement mes 30 premières années, j'ai repris le rythme "multi-activité" de mes 20 ans.
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas : j'alterne entre le collège et le syndicat, entre le conseil d'administration (je suis titulaire, et membre du conseil de discipline) et l'équipe syndicale (l'instance dirigeante du syndicat), entre assistante pédagogique et déchargée syndicale.
Plus l'entraînement de hand de l'association dont je fais partie, plus l'entraînement de hand en club et les matchs le week-end.
Parfois, des journées/semaines marathons, où tout s'enchaîne, journée de boulot, conseil de discipline, réunion, entrainement, AG... autant vous dire qu'en rentrant à la maison, je me mets les pieds sous la table je préfère passer du temps avec ma femme !

C'est crevant, mais je dois dire que j'adore ça !

Donc pour récapituler :

1) Au collège : je fais 16h comme assistante pédagogique. J'oscille entre enseignante spécialisée pour 2 gamins de 14 ans quasi-illettrés, animatrice d'atelier lecture/foot/informatique, super-assistante de vie scolaire (je fais partager mon expérience et mes bonnes idées) et réparatrice de la photocopieuse/l'imprimante de la salle des profs (je suis polyvalente). J'ai également été élue titulaire des représentants du personnels, avec 7 autres collègues, tous profs, au conseil d'administration. Je siège donc en plus aux conseils de discipline (il y en eu près de 25 l'an dernier).
La constitution de la liste, unique, unitaire et démocratique, a été un grand moment d'apprentissage de la psychologie enseignante. J'ai également découvert que le représentant du syndicat enseignant majoritaire-tendance minoritaire, avec qui j'ai lancé l'idée d'un appel unitaire, était en fait un entriste du POI (ou ). Ça promet un certain nombre de débats intéressants à la pause clope !

2) Au syndicat : je ne compte pas mes heures, mais je suis déchargée sur mon mi-temps d'assistante d'éducation, soit 2 jours par semaine. Comme je suis élue à la CCP, je fais également partie de l'équipe dirigeante du syndicat au niveau de l'académie, qui se réunit 2h par semaine. A tout cela, se rajoute parfois souvent des réunions diverses et variées (AG de ville, AG départementale, AG académique, commission journal, commission précarité, audience au rectorat...).
Après quelques semaines d'observation, le métier de déchargée syndicale commence à rentrer... langue de bois tournures de phrases destinées à l'administration, hypocrisie formules de politesses, manipulation maîtrise de la négociation, mensonge bluff. Je me découvre de nouveaux talents diplomatiques, notamment dans la défense de collègues assistants d'éducation.

Ça me fait bizarre de me sentir plus sûre de moi, comme si le syndicalisme m'épanouissait. Il ne me manque plus qu'à avoir ce foutu concours de prof des écoles, et je crois que mon ambition professionnelle sera comblée, ou presque !
La plupart du temps, j'ai la tête dans le guidon, et j'ai du mal à prendre du recul, mais là, j'ai vraiment l'impression que cette année est une année charnière pour moi, que toutes les décisions que je pourrais prendre seront décisives pour mon futur, professionnel et personnel... ça fout la pression, hein ?
Oui.
Ça permet aussi de se dire qu'on a qu'une seule vie, et d'oser, tout, ou presque.
De se radicaliser, aussi, et d'oser dire les choses lorsqu'il faut les dire, sans avoir peur du jugement critique d'autres. D'assumer, tout, ou presque.

Même de laisser partir ma femme une semaine avec son pôpa et sa môman à Louxor, pendant mes vacances... elle me laisse la garde du chat et des escargots, la grisaille et le froid.
J'espère que tout ira bien.

7 jours et 7 nuits, ça va passer vite, non !?

lundi 5 octobre 2009

"Sors de ta bulle et éteins ta télé !"

Oui, vous avez bien lu... il s'agit bien d'un commentaire anonyme que je reprends comme titre de cette envolée verbale !

Les plus fidèles se sentiront peut-être vexées que je fasse tant d'honneur à unE inconnuE alors que je ne commente que trop rarement leurs blogs respectifs et qu'ils me font la gentillesse de continuer à lire mes croutes. Qu'ils ne le soient pas, le best of annuel c'est pour bientôt et je saurais largement compenser (j'espère) cet affront.

En effet, j'ai été moins affectée par le décès d'un boy's band oublié que par l'assassinat scénarisé de certains personnages de fiction. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, Anonymous, je vis bien dans la réalité et c'est justement pour cette raison que... Je ne me suis jamais attachée à Filip des 2Be3, tout comme je n'ai jamais été une fervente admiratrice de ce style musical. Bien sur, je ne me réjouis pas de son décès, il est mort trop jeune, comme beaucoup d'autres, et c'est triste. Pour autant, ai-je réellement été triste ? En étant tout à fait honnête, non. Il est mort, pour ma part, comme des milliers d'inconnus meurent tous les jours dans le monde. C'est moche, parce que la mort, c'est moche. Mais ni toi, ni moi, Anonymous, n'y pouvons rien.

Les personnages de fiction, en revanche, ont eu (ou ont) une véritable existence. Ils accompagnent mes émotions sans les juger. Ils me font rire, me font de la peine, me font peur, m'emmènent en voyage. Ils partagent avec moi leurs bonheurs et leurs moment de détresse, leurs états d'âme et leurs colères. Ils vivent, là, tout près de moi, devant moi et me rappellent qu'au delà de ma vraie vie, il existe des vies parallèles créées de toutes pièces qui donnent parfaitement le change.

Cette bulle est délicate.

Quand j'étais petite, j'adorais quand mes grands parents racontaient des histoires d'autrefois. J'étais passionnée par les aventures de mon arrière grand-père, gaucho dans les plaines argentines qui courent jusqu'à l'horizon. Je revivais dans la peau de mon arrière grand-mère, se battant pour le droit de vote des femmes, dans celle du cousin de mon grand-père séparé de sa famille et envoyé dans les camps de la mort. J'étais, dans mes rêves, ce petit immigré espagnol, solide comme une montagne, qui enfourchait son vélo avec courage pour transmettre les lettres que s'écrivaient les résistants. J'étais toutes ces histoires, qu'importe qu'elle fussent miennes ou non, elles avaient existé, je pouvais me les approprier et m'imaginer en être l'actrice.

En grandissant, j'ai découvert que l'on pouvait aussi inventer des histoires. J'ai commencé à en écrire, à en lire, à en regarder. Je me suis créé des tas d'amis imaginaires, dont je ressentais violemment les sentiments. Je partageais tout avec eux. Pour la première fois, j'avais le sentiment de vivre vraiment, de ressentir les choses.

Et puis, j'ai compris qu'il me serait impossible de vivre éternellement en compagnie de faux personnages. Il fallait que je rencontre la civilisation. J'ai été présentée à l'amitié, à l'amour. J'ai fait connaissance avec la méchanceté gratuite, la trahison, l'intolérance. Je me suis alors rendue à l'évidence : la vie peut être aussi belle que cruelle, qu'elle soit imaginaire ou réelle.

Je pourrais me contenter de vivre, sans procuration, en direct. J'ai de quoi me réjouir au quotidien. Une femme superbe, aussi sexy qu'intelligente, pertinente, qui transforme tout ce qu'elle touche en émotions. Des amis, adorables, compréhensifs, engagés, fiables et honnêtes. Des parents qui m'aiment, malgré tout ce qu'ils m'ont fait subir. Un chat tout mignon, aussi facétieux qu'énorme, comme je les aime ! Des grands parents au coeur immense. Quelques gosses autour de moi qui embellissent le paysage. J'ai aussi de quoi vouloir déserter et quitter le pont en vitesse avant d'être aspirée par une vague digne d'un raz de marée. Des ennuis de santé qui pourrissent mes journées autant que mes nuits, des douleurs persistantes qui me rappellent l'existence de mes organes, des souvenirs violents qui rejaillissent parfois et se rappellent à mon bon souvenir, une situation financière plus qu'inquiétante qui aurait du faire fuir ma femme à toutes jambes, des traitements médicaux qui font grossir à vue d'oeil et des troubles du sommeil qui perturbent tous mes rêves.

Je pourrais faire avec tout cela. Mais, je ne le veux pas.

Je veux continuer à me laisser bercer par les mots, par les images. Je veux croire que Sylvia est éternelle et qu'elle continuera à aimer, que Dana n'est pas morte en vraie et qu'elle a fui l'imbroglio de goudous pour aller vivre dans une ile déserte, que Bianca et Reese filent le parfait amour à Paris, que Willow cache Tara dans sa maison depuis des années et qu'elles sont à l'abri de tout esprit malfaisant.

ATTENTION ! SPOILERS !

(Super) Esther est bien tombée du sixième étage et pourtant, elle va s'en sortir avec une amnésie passagère et quelques égratignures et sera encore la saison prochaine dans les bras de (wonder) Maca.

La création n'a aucune limite. C'est bien ce qui la rend si jouissive. Lorsqu'on invente une histoire, on est seul maitre à bord et on décide de la vie et de la mort de ses personnages.

Je ne fais presque jamais mourir ceux que je crée, je les garde là bien au chaud, dans mon coeur. Je sais, ainsi, qu'ils peuvent rejaillir à tout instant. Qu'il y a une suite à tout cela, car rien ne m'en empêche.

Alors, Anonymous, non, je ne sortirai pas de ma bulle et je ne couperai ni l'image, ni le son. Parce que j'ai besoin de cette présence irréelle.

Tu as le droit de penser que c'est grave, que je suis bonne pour la décharge et que mon cerveau est gravement atteint. J'ai le droit de te répondre que je m'en fous et que je vais bien. Merci, cependant, de t'inquiéter de ma santé mentale, ça me va droit au coeur.

Et puis, je ne crois pas être la seule. Je suis sure que d'autres et même nos lecteurs attentionnés, ont été touchés par un/des personnages dont ils se sont sentis très proches. Lesquels ? Ben, je sais pas moi, demande leur...

samedi 3 octobre 2009

Tueurs en série...

Souvenez-vous !



C'était en juin 1997... A l'époque où les "girls and boys bands" poussaient comme de la mauvaise herbe, ou un massif de menthe. Parce que, bon, faut pas se leurrer, tout n'était pas que nuisance sonore. Certains ont même réussi à s'offrir une belle carrière solo. Robbie Williams, chanteur et danseur émérite des "take that" caracole désormais en tête des charts avec ses propres albums, Geri Halliwell a quitté les "Spices Girls" et a vivoté derrière avec quelques gros tubes (bon, des reprises pour la plupart, mais quand même...).

Le phénomène "Band" dépassé, il fallait bien trouver un concept commercial, nouveau, vendeur. On a créé le télé-crochet grande échelle. Star Ac', nouvelle star, popstar, ou les petits minets de Pascal Sevran. Autant de jardins où tentent de cohabiter sans trop de dommages collatéraux, bosquets de roses splendides, ou chiendent tout rabougri. Ca va de Chimène Badi, Christophe Willem, Amel Bent à Magali Vaé, Jean-Pascal ou (wahhhh) Cindy Sander !!!! Bref, à boire et à manger, et tout ça dans la même gamelle. Vous êtes priés de faire votre propre tri.

Et si la mayo a bien pris chez nous, c'est aussi parce qu'elle avait été testée ailleurs !

D'autres phénomènes bien plus commerciaux que musicaux sont parvenus, grâce à des subterfuges dignes d'un roman d'Agatha Christie, à se faire une petite place au soleil en passant par la case duo, trio, ou partouze ensemble. Des qui comédie-musicales, et ont eu la riche idée de franchir l'étape casting de "Notre Dame de Paris" (Patrick Fiori, Hélène Ségara, Garou...) ou de "Starmania" (Daniel Balavoine, Fabienne Thibeault, Isabelle Boulay...). Des qui chassent-la-groupie-et-font-crier-les filles-comme-les-Beatles et ont réussi à faire tout ça tous seuls comme des grands (M. Pokora, Christophe Maë, Calogero...).

Bien sur, il n'y a pas que des intentions machiavéliques pour un succès à tout prix. Certains de ceux qui étaient plusieurs et sont des tous seuls, l'ont parfois fait sans aucune préméditation. Je vois mal Jean-Louis Aubert être une des pièces maitresses de Téléphone dans le seul but de se préparer un somptueux avenir en solo. Louis Bertignac s'en est plutôt bien sorti également. Les relations humaines, ça peut vous péter à la tronche sans prévenir et ce curieux sentiment d'être contrarié dans son élan créatif parce que là, ça ne suit plus du tout, ce n'est jamais écrit à l'avance.

Ça arrive.

Une liste, comme ça, pas du tout exhaustive, mais qui illustrera tellement bien mon propos que vous comprendrez le fond de ma pensée. Phil Collins (Genesis), Sting (Police), Michael Jackson (Jackson Five), George Michael (Wham), Freddie Mercury (Queen), Jean-Jacques Goldman (Taï Phong), John Lennon, Paul Mc Cartney (The Beatles). J'arrête là, mais la liste est longue, le tandem a souvent été dirigé par d'excellents pédaleurs, d'autres ont su ramer en chœur. Rien n'est plus vrai lorsqu'il s'agit d'artistes talentueux qui unissent leurs dons pour qu'enfin le monde s'aperçoive de leurs existences.

La troupe du Splendid a été l'incroyable tremplin d'une tripotée d'acteurs qui comptent aujourd'hui parmi les plus célèbres de France. Michel Serrault et Jean Poiret ont bien fait de divorcer, leurs remariages ont été des plus heureux. A l'affiche, en haut et en grosses lettres, c'est certain. One-man show, théâtre, cinéma.

Tout est bon dans l'acteur, de la rétine au talon.

Bref, je m'égare, je m'égare. Je papote avec vous comme si j'étais en compagnie de vieilles copines (les mâles sont aussi mes copines, je leur cause pareil) en train de siroter une bière tiédasse au soleil en me disant, que ouais, c'est la meilleure bière que j'ai jamais bue.

Je vous disais donc, souvenez-vous.

Les 2Be3, boys band parmi tant d'autres. Un tournesol dans un champs de tournesols, une réforme de Sarkozy anti-sociale, un hooligan au Parc des Princes. Bref, une poussière dans la galaxie. Avec beaucoup d'efforts et une concentration é-norme, j'arrive à revoir à peu près à quoi ils ressemblaient.

Filip Nikolic, j'ai appris récemment qu'il s'appelait comme ça, est mort. Autant dire que l'éventuel come-back est mort avec. 2be2, ça ne veut plus rien dire du tout !

Je ne sais pas ce qui l'a emporté et, à dire vrai, je m'en fous.

Comme je me fous de savoir pourquoi mes deux idoles d'adolescente boutonneuse se sont fait la malle. Oui, j'ai aimé et presque pleuré devant Dirty Dancing, même si je voulais plus être à la place de Patrick Swayze que dans ses bras. Oui, j'ai scotché devant de "Drôle de dames" qui arrêtaient d'affreux bandits avec des chaussures à talons et des mini-jupes en jean. J'en ai fait des rêves humides d'adolescente en recevant en pleine nuit la visite surprise de Farrah Fawcett dans mon lit !

Comme je me fous également de savoir ce qui a fait pleurer Joséphine ou s'évanouir le Moonwalk !

Ils ne sont plus là, c'est tout. Mais ils ont réussi à laisser trop d'empreintes derrière eux. Vous n'avez qu'à suivre le guide.

Ahh et les salauds, ils ont tué Sylvia aussi ! Le jour de son mariage, dans les bras de sa femme et de son père. Pepa Miranda et Don Lorenzo. La meilleure série d'Espagne (Los hombres de Paco) perd SON personnage. Tuer Sylvia, c'est un peu comme tuer Lily Rush dans Cold Case, Bruce Wayne dans Batman ou Laura Ingalls dans la Petite Maison dans la Prairie. Ça n'a aucun sens.

Mais, les scénaristes se sont emportés et du coup, ils ont été bien emmerdés. Parce que bon, être super open et mettre en pleine lumière un couple de lesbiennes, c'est sympa, mais une fois qu'elles sont mariées et que la question "Bébé" a été largement évoquée, on en fait quoi ? Les savoir ensemble au quotidien, juste parce qu'elles s'aiment et que se réveiller tous les matins l'une à côté de l'autre leur suffit, non ?! Faut quand même pas pousser mémère dans les orties. Ça pique les fesses et ça chatouille les dessous de bras. On veut bien dire que ça existe, que dans un monde idéal, vous, les homos, avez le droit de vous marier (certains revendiqueront qu'il est bien stupide de courir après une condamnation), d'avoir des gosses, d'accéder à la propriété, de consommer à mort, mais de faire croire que vous menez une vie tout à fait singulière, ça non ! Alors, on ne va quand même pas vous prouver le contraire en écrivant des scénarios plein de choux à la crème dégoulinant de bonheur.

Mais pourquoi ils ont tué Sylvia ? Pourquoi donc ? Pourquoi ont-ils fait fuir Bianca et Reese ? Pourquoi la compagne du docteur Kerry Weaver est morte subitement en couche ? Pourquoi l'amour ne vit qu'un temps.

Laissez-moi les trouver ennuyeuses avec leur petit quotidien bien installé. Laissez moi croire que l'on peut être heureuses sans craindre une mort ou une fuite certaine. Et si les artistes étaient juste immortels, dans leur rôle d'artiste. La vraie vie leur rappellera bien assez vite les vraies règles du jeu.

Mais ils le font exprès ou quoi de me saper le moral. Non, Sylvia ne peut pas mourir. Parce qu'elle a trouvé la plus belle chose qu'il soit. Ce fichu concept humain qui nous donne la force de nous lever tous les matins. Cette sensation étrange d'avoir trouvé son pareil si différent. La caresse quotidienne d'un souffle tiède qui veille sur le sommeil. L'amour.

Je suis une ordure. Sylvia est morte et ça me fait pareil que quand Dana est morte. Ça fait chier. Ça me donnerait presque envie de pleurer.

Filip des 2be3 est mort aussi, ça fait chier pour lui et c'est en vrai, dans la vie, pas sur les écrans et pourtant, c'est la mort de Sylvia qui me remue le plus.

Tu crois qu'on s'attache aux personnages des séries ? Ou peut-être que, tout bêtement, j'en ai marre qu'on abatte froidement les lesbiennes des séries quand elles commencent à ne plus attirer le petit vicieux ?