jeudi 1 juillet 2010

Comment se faire avoir en 5 points

L'autre jour, j'étais carrément motivée pour présenter une motion au conseil d'administration de mon bahut, histoire que les assistants d'éducation ne soient pas considérés comme la dernière roue de la citrouille et qu'ils puissent percevoir l'équivalent d'une prime ZEP comme tous les autres personnels des collèges et des lycées dits difficiles.
J'avais bien tout rédigé, tout envoyé en temps et en heure, du genre mardi à 13h54, 48h à l'avance, le CA étant aujourd'hui à 14h.

1) Une heure avant le CA, le directeur adjoint de la SEGPA vient me voir en me disant que certains mails entre les profs et moi avaient fuité, et que s'il n'était pas intervenu, connaissant mes qualités professionnelles, j'aurai pu en subir les conséquences... Je ne vais pas chercher à savoir qui est la taupe de cette mailing list, parce qu'il me l'a demandé, mais je peux te dire qu'il ne va pas falloir me faire chier au mois de janvier prochain, sinon, ça va pêter.

2) Le CA commence, les affaires financières, scolaires et intérieures se passent. Puis arrivent les questions diverses.
La Principale, tu sais, Elle (d'ailleurs, l'enquête est au point mort depuis longtemps... je crains qu'Elle ne soit que vieille fille en fait...), a bien essayé de me la faire à l'envers en invoquant le délais... sauf que là, elle n'a pas pu (j'étais morte de rire lorsqu'elle a lu l'heure du mail en grinçant un peu des dents). Elle a été obligée d'accepter que je la lise devant tous les membres du CA.

3) Après lecture de la dite motion, les profs hochent la tête, et approuvent silencieusement.
Sauf qu'Elle refuse qu'une telle demande soit soumise au vote. Idem pour la motion des profs refusant d'accueillir les stagiaires issus de la masterisation l'an prochain. Ni une ni deux, je demande pourquoi. C'est alors qu'elle invoque un pauvre décret sur la gestion des EPLE. J'ai été tellement surprise, ne connaissant pas ce décret, que j'en ai eu la chique coupée. A cela tu rajoutes une petite contraction de derrière les fagots et une température avoisinant les 52 °C (pour te dire, j'aurais pu lancer une infusion dans la mini bouteille d'eau fournie pour l'occasion...). J'ai donc fermé ma gueule. Les profs n'ont rien dit non plus, comme s'ils s'en foutaient un peu que la démocratie et le droit soient respectés. Le CA s'est clôturé là-dessus.

4) En rentrant me trainant jusqu'à chez moi (et en subissant la logorrhée verbale d'un mec dans le bus que j'avais fait se déplacer pour m'asseoir)(oui, je progresse, j'ose demander une place assise dans le bus sans insulter ceux qui ne se lèvent pas spontanément), j'ai vérifié la teneur de ce décret : abrogé depuis mai 2009.
Purée, j'ai failli retourner au collège pour lui brandir le texte sous le nez, à ma Principale. Mais j'avais trop chaud, j'étais déjà en culotte, prête à rouler dans une baignoire d'eau tiède, mais pas chaude.
Parce que l'eau était trop chaude, j'ai tout de même appelé mes camarades permanents syndicaux du jeudi pour savoir quels étaient les recours, et avoir un peu de soutien réconfortant (MaB jouant au vuvuzéla sur le canapé)(cherche pas, elle faisait juste la sieste).
Verdict : abus de pouvoir. Le seul recours éventuellement possible, c'est de dénoncer cette pratique dans un courrier au recteur, signé par tous les membres du CA, parents d'élèves compris.

5) Forte de toutes ces informations et après un trempouillage en bonne et due forme, j'ai donc envoyé un mail à mes collègues représentants du personnel... ils me soutiennent et sont d'accord avec cette démarche. J'ai la vague impression qu'ils attendent que je ponde un texte qu'ils signeront éventuellement, si le cœur leur en dit, après les vacances, peut-être.


Voilà où j'en suis en cette presque veille de vacances... j'ai envie de tout faire pêter, mais les gens les plus concernés sont les plus mous du gnou genou.
Et surtout, je n'ai pas la force, ni l'envergure, ni même le temps, de me lancer dans une telle démarche toute seule.
D'autant que je n'ai pas encore reçu ma promesse d'embauche pour le renouvellement de mon contrat (même si officieusement, j'ai eu la confirmation de ma Principale qu'Elle voulait me garder l'an prochain malgré mon congé de maternité).
Je suis partagée entre faire respecter le droit des personnels à tout prix, et l'envie de tout lâcher pour me concentrer sur ce qui m'attend le mois prochain, à 10 000 lieues de ces considérations bureaucrates. Entre mon devoir de syndicaliste et celui de future maman.
J'ai aussi envie de m'acheter une carabine à plombs, pour tirer sur les petits cons qui tournent en motocross à fond les ballons dans tout le quartier en plein milieu de la sieste et/ou de la nuit alors qu'il fait 40°C et que toutes les fenêtres sont grandes ouvertes.

Tu crois que je suis à bout de nerfs et que des vacances seraient bénéfiques ?

Demain matin, je suis de conseil de discipline... 2 à la suite, les derniers de l'année.
J'espère que les mômes vont se déplacer, sinon, je vais l'avoir mauvaise de me lever de si bonne heure pour virer des gamins paumés qui n'assument même pas leurs conneries.
Et puis après, on va s'en jeter derrière la cravate au repas de fin d'année du collège.
Le jus de fruit va couler à flot, c'est moi qui te l'dis !

lundi 28 juin 2010

Lutte des classes, le retour

Je te l'annonce direct, je n'ai pas trouvé de huitième ou neuvième jour dans la semaine...

La fin de l'année approche, il n'y a déjà plus d'élève au collège, à part quelques troisièmes complètement flippés qui viennent réviser avec des profs asservis dévoués.

Avec les collègues de la vie scolaire, nous passons des journées paisibles à préparer les salles pour le brevet, à mettre les dossiers des troisièmes dans des enveloppes pour les envoyer dans leurs lycées d'affectation, à rédiger nos lettres de demande de renouvellement de contrat (moi, c'est déjà fait depuis presque 10 jours, contrat renouvelé à la clé, avec le tapis rouge, pour ma dernière année)(oui, 6 ans, c'est long et court à la fois... normalement j'aurai le concours... sinon, je deviendrai prof ou CPE contractuelle) et à préparer la fête du collège de mercredi prochain. Même, on a le temps de bouffer en douce les gâteaux que les profs se préparent entre eux sans nous en proposer.

Tu l'auras compris, entre la vie scolaire et ces salauds d'bourgeois la salle des profs, le dialogue est rompu...

Au départ, ils ont commencé à râler parce des élèves circulaient de manière intempestive dans les couloirs autour des mois de janvier-février.
Et puis il y a eu les vacances de février. Je suis revenue bosser juste après.
Du coup, face aux accusations mesquines, je suis montée au créneau en défendant "mon" équipe : la vie scolaire ne pouvait être tenue pour responsable du manque d'effectif, la direction n'ayant pas pourvu 3 postes équivalents temps plein depuis le mois de janvier. Dans ces conditions, nous ne pouvions être au four et au moulin dans les couloirs et dans la salle de perm' et/ou la cour de récré.
J'ai donc réussi à faire intégrer un paragraphe sur le sous-effectif de la vie scolaire au courrier de revendications doléances et propositions (j'te jure... les profs n'ont pas voulu du mot revendication parce que ça faisait trop rouge...), suite aux différentes AG de grève réunions du mois de mars (là aussi, AG des personnels, ça faisait trop bolchévik, limite le couteau entre les dents...).
Le courrier était donc rédigé, mais de ces profs dangereusement révolutionnaires, aucun n'a réussi à se désigner comme porte-parole pour aller gueuler discuter avec la direction.
Depuis le mois d'avril, rien. Mais je sentais bien que la tension montait quelque peu au QG de crise.

Et puis vendredi, les profs se sont décidés... enfin un petit groupuscule de folles furieuses (oui... disons que les profs masculins sont un peu moins hystériques que les profs féminins en fin d'année) a réussi à convaincre une jeune néo-titulaire d'aller faire la porte-parole. Sans lui faire de résumé du courrier, qui avait été modifié depuis le mois de mars : fini la question des sous-effectifs de la vie scolaire, la faute est retombée sur les CPE qui sont sensés gérer le service, et qui, par conséquent, ont été attaqués de manière frontale alors qu'ils participaient à la délégation...
Mister B, CPE respecté par toutes et tous (et qui a eu sa mutation pour l'an prochain dans un lycée près de chez lui), a pris son veston sous le bras et a quitté le bureau de la Principale.
La porte-parole a découvert au fur et à mesure qu'elle lisait le courrier sa réelle teneur... elle n'en a pas dormi du week-end. D'autant plus qu'elle a toujours été réglo avec la vie scolaire, respectant notre travail et sa pénibilité.

Bref. La fracture est ouverte entre le clan des siciliens CPE et la clique des profs qui pensent que leurs problèmes d'autorité viennent du manque de présence et d'implication des assistants d'éducation.
Ce sont les mêmes profs qui s'en foutent plein les poches en animant l'Ecole Ouverte (2 à 3 semaines par an), à 3 ou 4 pour une dizaine d'élèves et payés en heures sup' défiscalisées (pendant que nous, on doit revenir pendant nos vacances pour surveiller les récrés et animer des ateliers danse/foot/perles, payés rien du tout parce ces heures sont comprises dans nos contrats... et même si on était payés, ça serait des vacations à 15€ de l'heure).

Voilà... certains profs sont indécrottables, ils profitent de leurs avantages et refusent catégoriquement de les partager avec les plus démunis... comme par exemple, inviter les assistants d'éducation à leur petite sauterie.
Non.
Si nous voulons participer, il faut que nous payons 20€ puisque nous ne faisons pas partie de l'Amicale.

Salauds de titulaires... un jour, les précaires auront vot' peau.

Ça commence dans une semaine : je me prépare à 6 mois de vacances, entre congé de maternité et congés payés, que je ne peux prendre en même temps : je dois les prendre à la suite (les grandes vacances ne sont pas considérées comme des congés payés pour les profs, du coup, s'ils pondent pendant, c'est perdu pour eux !! krkrkrkr) !!
Avant de partir, je fais pêter le conseil d'administration du collège avec une motion contre l'accueil des futurs stagiaires de la masterisation, puis la CCP des assistants d'éducation en obtenant toute une série de revendications.

Ouais.

Et après, je deviens mère.

jeudi 10 juin 2010

Psychologue vs haptothérapeute

Tu n'es pas sans savoir qu'avec MaB, nous avons opté pour une préparation à la naissance avec une sage-femme haptothérapeute.
Pour plusieurs raisons, comme le fait de faire la préparation en couple, sans une multitude de greluches, centrées sur leur dernier tricot, et qui aurait eu tôt fait de devenir super copines avec nous (ouais, on est comme ça... les autres femmes nous adorent, nous, les lesbiennes en couple) pour nous poser tout un tas de questions plus indiscrètes les unes que les autres (mais comment vous avez faiiiiit ?)(on a aussi des pouvoirs magiques dans nos doigts, nous, les lesbiennes).
Bref.
Nous avons aussi choisi cette préparation car elle permettait à MaB d'être pleinement intégrée au milieu de ma supposée relation fusionnelle avec mon petit, du fait qu'il soit dans mon utérus, tout ça.
Bon. Dès le départ, il s'est avéré que cette préparation était beaucoup plus bénéfique pour moi que pour MaB, dans le sens où c'est plutôt moi qui ait été intégrée dans ma propre grossesse, plus que MaB, qui communique parfaitement avec son fils depuis qu'elle le sent bouger sous ses mains. A chaque séance, mon ventre s'épanouit, un peu comme moi, qui assume de mieux en mieux cette grossesse.
J'ai déjà soulevé ce petit problème de positionnement avec toi il y a quelques semaines. Et lorsqu'à la maternité, la sage-femme qui me suit m'a proposé une consultation avec un psychologue, je me suis dit pourquoi pas... toutes les aides sont bonnes à prendre.

Avec MaB, nous nous sommes donc rendues, un peu fébriles, à cette consultation. Mais qu'est-ce que le psy va nous dire, est-ce qu'il va nous juger, est-ce qu'il va falloir le remettre à sa place et tourner les talons en l'envoyant promener, lui et ses théories archaïques...
Que neni. Tout s'est très bien passé. Les conclusions auxquelles nous étions arrivées avec MaB n'étaient pas si mauvaises : je dissocie ma grossesse de ma sexualité, et donc de ma féminité.
Et ce qui me dérange le plus dans cette grossesse, c'est bien mon changement de statut : de femme libérée, lesbienne masculine, je passe à femme enceinte, forcément sexuée, sous le joug d'un homme (bien que toutes les femmes enceintes ne soient pas sous le joug d'un homme... mais tu comprends l'esprit, hein ?). C'est ce nouveau statut que j'ai du mal à assumer plus que ma grossesse. Je ne vais pas non plus porter un t-shirt avec marqué dessus "l'immaculée conception c'est bidon, mais je suis lesbienne quand même" ou un truc du genre.

Mais maintenant que je sais ce que pense les gens lorsqu'ils me voient (elle a couché la salope), avec mon ventre très arrondi (même si je pense qu'il y en a encore qui croient que j'ai juste pris un peu de poids... 10 kg, exclusivement dans le ventre et les seins... surtout dans le bus ou dans les files d'attente)(je dis rien, mais je les affiche bien fort, devant tout le monde, tant est si bien que parfois, une petite vieille ou un ado se lève et/ou me cède sa place)(les quadras, tous des crevards)(ouais), j'appréhende mieux les choses.
Comme l'aménagement de la chambre (bien que nous hésitions encore sur la thématique de la déco... entre univers maritime, avec crabes, poissons et bateaux, et ambiance savane, avec girafes, lions et herbes hautes... bleu ou vert), le choix du prénom ou les premiers achats de fringues et de matériel.

Sauf que lors de la dernière séance d'haptonomie, j'ai posé THE question : péridurale ou pas péridurale. La sage-femme a été catégorique : je ne vais pas en avoir besoin grâce à la préparation qui va me permettre de contrôler ma douleur avec l'aide de MaB. Et puis il y a plus d'épisiotomie avec péridurale que sans. Elle a même rajouté qu'il fallait que MaB me soutienne pour ne pas que je craque et demande l'anesthésie au dernier moment.
Sur le coup, on était à fond. J'étais même en train de me persuader que je pouvais le faire sans, puisque j'avais supporté de conduire pendant 20 km avec une fracture tibia-péroné puis attendu 3 jours avant d'aller me faire opérer en urgence (ouais, j'suis une vraie déglingos... je pensais que c'était juste une grosse entorse). J'étais sous l'emprise de cette sage-femme, MaB aussi.
Et puis nous en avons parlé autour de nous, quand même. Les copines ont commencé à grimper au mur lorsque nous leur avons raconté... pourquoi souffrir alors que des moyens existent pour l'éviter ? Et puis ça veut dire quoi "de ne pas craquer" ? Demander une péridurale serait un acte de faiblesse ? Est-on lâche/faible parce qu'on ne veut pas souffrir ?
Entre tradition judéo-chrétienne (tu enfanteras dans la douleur, il faut que tu en baves pour expier ton pêché de la chair) et sectarisme (le tout naturel, l'accouchement à la maison comme au XIXe siècle), nous avons commencé à ouvrir les yeux : nous nous étions fait quelque peu manipuler par cette sage-femme.

Qu'à cela ne tienne. Nous savons maintenant où nous mettons les pieds : l'haptonomie est une approche très ésotérique de la naissance, avec toute une phraséologie associée, mais cela reste un accompagnement pour améliorer le bien être pendant la grossesse, puis l'accouchement et après la naissance.
Idem pour les consultations psy : c'est un accompagnement, pour aider à mieux préparer l'arrivée du bébé.
En aucun cas cela ne peut remplacer une bonne respiration et des moyens modernes d'assistance à l'accouchement.
Je demanderai donc une péridurale, et je ne culpabiliserai pas si je dois accoucher par césarienne. Je vais quand même faire les exercices de préparation qui sont expliqués dans le best seller de Laurence Pernoud... on n'est jamais trop prudente !

Et dire qu'il y a des femmes qui se laissent avoir par tout ça... qu'on laisse les femmes faire ce qu'elles veulent, comme elles le veulent, sans dogme ni obligation !
Le féminisme a encore de beaux jours devant lui.
D'ailleurs, samedi, c'est la marche mondiale des femmes (plus d'infos ici, et ), départ 16h de République !

mardi 1 juin 2010

Rock en seine !

Parce que ça fait toujours plaisir de faire de la promotion familiale !

Après quelques années de galère à tourner dans des bars miteux, puis des scènes un peu plus grandes (Flèche d'Or, Scène Bastille), de nombreuses tournées et festivals (Brighton, Manchester, Londres) en Grande-Bretagne, une tournée au Japon l'été dernier, une autre en Allemagne cet hiver, le SXSW (South by South West) à Austin, rendez-vous annuel de la musique indépendante aux Etats-Unis au Printemps, avec en plus quelques dates à New York (histoire de ne pas avoir fait le déplacement pour rien) et une inscription à la SACEM en 2010, les King of Conspiracy ont enfin décroché une première partie, sur 3 dates avec les Blood Red Shoes à Marseille (Poste à Galène), Lille (Aéronef) et Paris (Nouveau Casino) en avril.
La preuve en images !





Dans la suite logique, ai-je envie de dire, les King Of Conspiracy vont jouer à Rock en Seine cet été.
Dans la sélection des Avant-Seine plus précisément, jeunes pousses les plus prometteuses du rock français en 2010.
La grande classe.
Le même jour que Blink 182 et Cypress Hill (regarde , c'est énorme).

Ça se passe le 27 août 2010,
dans le Parc de Saint-Cloud,
sur la Scène de L'industrie à 14h.


Fierté.
Vous prendrez des photos pour moi ?


dimanche 30 mai 2010

L'après-midi du grand soir, round 2

La semaine dernière, avec les collègues représentants syndicaux, nous avions décidé de boycotter la CCP des personnels de surveillance et d'encadrement des élèves pour protester contre le foutage de gueule du rectorat à l'égard de notre catégorie de personnels.
S'en est suivi un fameux communiqué à la presse.
Puis une intervention en Comité Technique Paritaire Académique (comité compétent pour les questions intéressant l'organisation des services administratifs et des établissements d'enseignement et de formation des premier et second degrés) spécial "moyens des Vies Scolaires" quelques jours plus tard par les représentants syndicaux dénonçant le clientélisme des chefs d'établissements dans le recrutement de ces personnels et la précarisation de plus en plus forte assumée par l'Académie.
Le Recteur a moyennement apprécié l'attaque, surtout sur le "clientélisme". Devant les représentants syndicaux, il a soutenu son Directeur Régional des Ressources Humaines.
Mais en interne, ça a du chauffer dans les bermudas...

Deux jours après, une nouvelle CCP était convoquée.
Avec la DRRH-adjointe comme présidente de séance.
Je crois que nous aurions pu l'embrasser après cette longue... très longue commission, de presque 4h.
Alors que nous nous attendions à une guerre ouverte avec le DRRH, d'habitude odieux, l'ambiance était détendue, propice au dialogue et à l'échange.
Nous avons réussi à faire éviter le licenciement pour faute grave à 2 assistants d'éducation sur 3 (parfois, il est difficile de défendre l'indéfendable, surtout lorsque l'AED torpille chaque argument avancé en sa faveur...), en proposant d'autres sanctions à l'administration et aux chefs d'établissement.

Nous avons cru rêver de voir ce changement d'attitude.
Et puis, sur la fin de la commission, le DRRH est venu nous rendre une petite visite de courtoisie.
Tout penaud qu'il était, il voulait répondre à notre communiqué de presse.
Le Recteur avait décidé d'accéder à une partie de nos revendications : fin des contrats de 6 mois proposés en début d'année scolaire, application pleine et entière des circulaires (crédits d'heures pour formation et autorisations d'absence sans récupération pour examens et concours notamment), régularisation des situations liées au non-respect de l'ancienneté, rédaction d'un vademecum sur les droits et devoirs des assistants d'éducation à la destination des représentants et des chefs d'établissement.
En gros, la plupart des points que nous réclamions depuis un an que la CCP existe.
Tout cela sera acté d'ici la fin du mois de juin, engagement du Recteur lui-même.
Nous jubilions.

D'autant plus que dorénavant, ce n'est plus ce gros con malotru qui présidera les séances, mais son adjointe.
Le 8 juin, prochaine commission.
La DRRH-adjointe apporte des chocolats !

mardi 25 mai 2010

Sept nuits par semaine...

... c'est sa peau contre ma peau , et je suis avec elle,
et sept nuits par semaine mais bon dieu, qu'elle est belle...


Ouais. Sauf que ça ne suffit pas.

Je me demande comment réussir à caser toutes mes occupations pré-nocturnes, après mes journées ultra chargées (pour une nana entrant dans son 7è mois de grossesse... je ne suis pas non plus une de ces working-girl-no-life en tailleur pantalon !), entre le collège (avec tout de même une réduction de mon temps de travail d'une heure par jour depuis début mars), les permanences syndicales, les conseils de discipline et/ou conseils d'administration, les réunions d'équipe syndicale et/ou assemblées générales, les séances de préparation à la naissance chez la sage-femme avec MaB, les consultations mensuelles à la maternité, les prises de sang et prélèvements en tout genre... plus les quelques séquelles de l'hépatite qui me fatiguent encore un peu, avec les nausées qui vont avec.

Et bien le soir, je dois jongler entre :
- la bagatelle, parce que bon, quand même, hein !
- les exercices d'haptonomie, pour faire coucou à notre fils et lui montrer que tout seul comme un grand, il peut éviter de dribbler dans ma vessie ou dans mon estomac, ou de se poser en travers, comme dans un hamac... à 25 cm, ça passait, mais là, à quasi 1kg et 35 cm, ça tire un peu sur les côtés !
- les soirées militantes, pour préparer des réunions, rédiger des compte-rendus ou des communiqués de presse.
- les soirées avec les potes ou la famille sisi, pour garder une vie sociale.
- les soirées glandouille, qui restent nécessaires après ces journées de folie... plateaux télé ou Sudoku-mots fléchés-bouquin, au choix.
- les soirées pour refaire le monde à deux ou bien chercher les meilleurs occasions sur le matériel de puériculture (ça nous a pris pas mal de temps, mais maintenant, nous sommes plutôt rodées avec MaB).
- alimenter le blog, même si tu remarqueras que je ne suis pas très assidue ces derniers mois.
- les soirées en extérieur, matchs de hand pour encourager les copines ou soirées gamer chez les potes.

Comment te dire... il ne manque pas des jours dans la semaine, là ?
Du coup, il y a des semaines où je suis obligée de faire une petite sélection, et donc forcément, délaisser certaines activités.
Sauras-tu trouver lesquelles ?

Je n'ose imaginer lorsque Sapinou sera là (dans 3 mois maintenant, peut-être moins, étant donné son grand format). Même si je vais lever le pied.
Je ne vais reprendre le travail qu'en janvier 2011, enchainant mon congé de maternité à partir de mi juillet et la récupération de mes congés payés de cet été. Six mois sans travailler, ça va me faire bizarre !
Je ne vais pas reprendre de décharge l'an prochain, mais je vais continuer à faire partie de l'équipe syndicale et honorer ma dernière année de commissaire paritaire.

Il va falloir que je case aussi ma préparation au concours...
Oui. Parce que cette année, j'ai un peu fait l'impasse.
Entre l'hépatite, la double fracture de MaB et la grossesse, je me suis dit que j'allais, pour une fois, être raisonnable. D'autant que je n'ai pas vraiment de pression, puisque j'ai déjà l'équivalent d'un master 2, et que je ne me fais pas de souci pour trouver un contrat dans l'Éducation Nationale, comme CPE ou prof à l'année, après ma dernière année d'assistante d'éducation.
Je passerai donc les écrits nouvelle version fin septembre, et les oraux au mois de juin 2011.
Tant pis pour la dispense d'EPS que j'aurais pu avoir cette année !!

Vais-je réussir à tenir le rythme ?

samedi 22 mai 2010

L'après-midi du grand soir

Ouais bah on s'éclate comme on peut, hein !

Toujours est-il qu'hier, la Commission Consultative Paritaire des personnels non-titulaires de Surveillance et d'Accompagnement des Élèves (c'est un peu pompeux pour un truc qui ne sert pas à grand chose, à part valider des licenciements d'assistants d'éducation et d'auxiliaires de vie scolaire) de l'Académie de Créteil devait se réunir au Rectorat.
Bref, avec les autres représentants syndicaux, nous étions convoqués.
Comme d'habitude, nous nous sommes concertés pour ajouter des questions/revendications à l'ordre du jour, et accessoirement, rédiger une petite déclaration un peu provocatrice à faire en début de séance et à faire apparaître sur le procès-verbal.

Et en discutant, nous nous sommes rendus compte que les engagements pris par l'administration, le Rectorat, donc, n'avaient pas été tenus. Pire encore, elle revenait sur ces décisions, de façon unilatérale, sans aucune justification. Et la timbale du pompom, ces mêmes services invoquaient un flou dans les textes, laissant le champ libre à des chefs d'établissements tout puissants, et surtout, au final, l'administration ne répondait même plus à nos requêtes.

Du coup, depuis la création de cette commission, les conditions de travail des assistants d'éducation en se sont pas améliorées, elles se sont empirées :
- des contrats de 6 mois éventuellement renouvelables, au lieu de contrats de 3 ans maximum, renouvelables 1 fois... autant dire des périodes d'essai de 6 mois... scandaleux ;
- un non-respect d'une circulaire autorisant les absences pour examens et concours sans récupération ;
- une non prise en compte de l'ancienneté des assistants d'éducation pour le calcul de leurs droits, notamment en cas de congés de maladie... ce qui fait qu'à chaque nouvelle signature de contrat, l'ancienneté repart de zéro dans le logiciel de gestion des paies... inadmissible ;
- une situation de sous-effectif dans les vies scolaires, à laquelle le Rectorat répond en mettant des contrats aidés, d'une durée de 2 ans maximum, 20h par semaine payées 632€, sans conditions de diplôme, et surtout, sans création de postes... la sur-précarité pour aider la précarité.

C'en était trop.
Nous avons décidé de ne pas siéger à cette commission pour protester. Et qui dit ne pas siéger", dit "quorum non atteint", dit "CCP repoussée".
Mouhahaha.
Nous avons prévenu le Rectorat autour des 15h, 30 min après le début prévu de la commission, par un communiqué de presse intersyndical (ici ou , en fonction des tendances de chacunE).

Le président, et les autres membres de l'administration, qui s'étaient déplacés pour rien, étaient très colère, tu penses bien !!
Même que la secrétaire de la Division des Personnels Enseignants (DPE) a essayé de me joindre... sauf qu'elle est tellement maline, qu'elle a appelé chez ma mère parce qu'elle n'a pas été fichue de mettre à jour sa base de données depuis 2003 (du temps où je suis entrée dans l'Education Nationale, juste avant de partir de chez mon pôpa et ma môman). Ma mère s'est fait engueuler à ma place...
- Madame Kanou ?
- Oui, c'est moi. (ma mère et moi, nous avons le même nom, et surtout, la Madame, ça reste encore ma mère, vu que je ne suis pas mariée)
- Vous avez oublié qu'il y avait une CCP ? On vous attend depuis 15 min... blablabla... pas contente, agressive, à la limite de l'hystérie.
- Euh... ma mère, qui venait de finir l'apéro en terrasse avec un pote à elle, a mis un peu de temps à percuter... ah non, je suis sa maman.
- (toujours très agressive) Ah, euh, et elle n'est pas là ?
- (hilare) Et bien écoutez, maintenant, c'est une grande fille, elle ne vit plus à la maison depuis un petit bout de temps !
- (complètement survoltée) Elle est dans son établissement, alors ???
- Bon, maintenant, ça suffit, je n'en sais rien, elle n'habite pas ici, je ne sais pas où elle est, vous faites erreur, merci, au revoir.
- ...

Ma mère, par acquis de conscience, a tout de même appelé à la maison pour tomber sur MaB, et être rassurée : non, ni l'une ni l'autre n'étions malades, tout était normal, et même prévu !
Le Rectorat a tout de même fini par réussir à me joindre sur mon portable, mais pas la secrétaire, la chef de la division, très aimable (avec une voix chaude et grave...la maturité de la cinquantaine... mmm...)(mais je m'égare, ce sont les hormones), qui m'a demandé pourquoi nous n'étions pas venus avec les autres représentants...
Au même moment, elle recevait le communiqué de presse. Elle a vite compris.
- Entre nous, vous auriez pu prévenir la commission avant, hein ! Cela aurait évité aux chefs d'établissements de se déplacer jusqu'au rectorat !
- Mais c'était justement le but de la manœuvre, pour protester contre le peu de cas que fait l'administration de nos revendications et de ses engagements !
- Je comprends (elle, elle s'en fout, elle n'est pas membre de la commission, elle s'occupe juste des convocations, donc elle est cool, on s'entend bien).

J'ai quand même poussé une petite gueulante par rapport au fait que ma mère ait été dérangée par une secrétaire qui ne s'était pas présentée et qui avait été extrêmement discourtoise.
Plates excuses de la voix chaude, qui m'a balancé le nom de cette connasse gougnafière.
A la prochaine CCP, ça va se savoir ! (vengeaaaaaaance) On ne parle pas comme ça aux personnels de l'Education Nationale, les plus précaires soient-ils. Je pense même que je vais faire intervenir mes instances syndicales pour dénoncer ce comportement totalement inapproprié et irrespectueux, aux allures d'intimidation, puisque je suis la seule représentante à avoir été contactée.

Bref.
Comme tu le vois, je m'éclate au syndicat !
J'attends juste la nouvelle convocation, à laquelle nous devrons impérativement nous rendre (je te passe les détails sur les histoires de quorum).
Je sens que ça sera sportif.
J'ai hâte !

En attendant, nous allons essayer de mobiliser autour de nous, histoire de ne pas nous retrouver complètement seuls lorsque la bataille sera lancée !

Assistants d'éducation de tous les bahuts, unissons-nous !