mercredi 12 janvier 2011

Remontée(s) d'acide(s)

Avec tout ça, forcément, le moral en prend un coup.
Forcément.
Bonne année, bulles, gras, cotillons, étrennes... et surtout bonne santé.
Haha.
C'te bonne blague.

Et puis cette espèce de résignation dans l'arrêt progressif de mon allaitement...
Cette peur aussi, que si cela s'arrête, je m'écroule. Comme si l'allaitement me faisait me lever le matin, comme si nourrir mon fils me faisait tenir, comme si cela me donnait un véritable statut aux yeux de la société, comme si il s'agissait du prolongement de ma grossesse (à défaut d'accouchement par voie basse)...
La peur d'une chute post post-partum.
J'ai mis neuf mois à apprivoiser ma grossesse, il me faut apparemment aussi du temps pour apprivoiser ce nouveau statut de maman.

MaB, elle, est au top de sa maternité, et j'ai bien l'impression que mon hospitalisation lui a fait prendre conscience de son rôle auprès de Sapinou. Elle qui me laissait gérer les séances de baignade ou de nettoyage de narines, parce que trop peur de mal faire, a du se sortir les doigts du cul rendre à l'évidence : elle n'allait pas faire plus mal qu'une autre ! Du coup, à mon retour à la maison, j'ai découvert une nouvelle complicité entre elle et son fils. J'ai trouvé ça touchant de la voir s'épanouir comme ça.

Sapinou, lui, il bouffe, au bib, au sein, du lait humain, du lait en poudre, tiédi, à chaleur ambiante... tant que son petit estomac se rempli 4 fois par jour.
Il a été un peu désorienté lorsque sa Mamita a commencé les premiers biberons, il cherchait son sein... ou le mien... et puis MaB lui a expliqué que non, elle n'avait pas de lait, mais que ça ne l'empêchait pas de le prendre contre elle pour faire des câlins, avec ou sans bib.
Il a été désorienté lorsque j'ai commencé à lui donner le biberon, avec mon lait ou du lait en poudre, mais il a vu que là aussi, je le gardais aussi contre moi, comme pour les tétées au sein.
Donc ça a l'air de lui convenir. 8,490 kg à 4 mois et 3 semaines pour 66 cm. On est bien loin de la crevette du mois d'août, dont tout le monde s'inquiétait lors de la dernière écho, petit fémur, tout ça. Toi-même, va !
Plus qu'à moi en tout cas.
Au final, je l'allaite sur un seul sein 3 fois par jour en complétant avec un biberon de mon lait tiré sur l'autre sein, et au gouter, on ne lui file que le biberon, soit de mon lait uniquement, soit moitié lait en poudre-moitié lait tiré (tout dépend de la production du jour).
Je m'habitue (et mes seins aussi) à 3 tétées par jour, mais j'y vais progressivement, en me disant que de toutes façons, il va bientôt passer à l'alimentation "solide", et que petit à petit les quantités de lait dont il va avoir besoin seront moins importantes. Et puis je me dis que le plus important, c'est qu'il ait mes anticorps, et du lait parfaitement adapté à son petit organisme.
Et surtout, je ne vais pas tarder à reprendre le travail... enfin, pas tarder... tout est relatif... au plus tôt, début mars, au plus tard, mi-avril (tout dépend si je peux placer mes congés payés, ou si j'ai une place en crèche avant).


A moins que ça ne soit la date anniversaire du décès de ma grand-mère qui me fasse remonter des trucs, maintenant que Sapinou est là. Envie qu'il lui sourit, qu'elle soit intimidée par son regard si profond, qu'elle lui parle de Monsieur Mimosa ou de Monsieur Cerisier qui fleurissent dans le jardin, ou lui chante des airs d'opérette.


Il me faudrait une cure de soleil, du sport intensif, une bonne cuite, ne plus avoir mal au sein à chaque fois que je porte Sapinou ou que je me penche au-dessus de son berceau (oui... bon... il dort toujours dans son berceau, dans notre chambre...)(mais j'ai une excuse en or : je n'ai pas encore pu monter son lit à barreau dans sa chambre depuis le mois de décembre)(je rassure les anti-cododo, ça ne saurait tarder, je crois que MaB sature)... il faudrait que je prenne un peu l'air dans tous les sens du terme, mais la douleur et la fatigue intense de la cicatrisation couplée à l'allaitement m'en empêche. Et le malaise que je ressens à chaque fois que je dois me séparer de mon petit ne m'aide pas non plus dans cette démarche de coupage de cordon.

Voilà où j'en suis à l'orée des 5 mois de Sapinou... c'est pas terrible, mais ça pourrait être pire !

lundi 27 décembre 2010

La magie de Noël


Non pas que je sois encore complètement désespérée, mais à force de voir cette œuvre d'art de mon balcon tous les matins (oui... c'est posé sur le toit du musée à 2 pas de chez nous... je n'ai pas trop bien compris le concept, MaB t'en parlerait mieux que moi), je vais finir par y croire...

Il y a 3 semaines, je me croyais tirée d'affaire après cette ponction et ce traitement antibiotique de cheval.
Ben non.
Au bout de 10 jours de traitement, aucune amélioration. C'était même plutôt en train de se dégrader.
Fièvre, douleur, ganglions, inflammation.
Direction les urgences de cette fameuse maternité "amie des bébés", lait tiré, boite de lait en poudre achetée au cas où.
Ça n'a pas loupé : ils ont voulu me garder pour m'opérer le lendemain. J'ai réussi à négocier une hospitalisation le lendemain, avec une dernière nuit à la maison près de mes 2 amours.
Je me suis donc rendue à l'abattoir la maternité le cœur gros, laissant mon tout petit avec 2 biberons de mon lait et sa Mamita.

J'ai été prise en charge très rapidement, un petit comprimé pour me détendre, une douche à la bétadine, et hop, à poil au bloc. J'ai eu le droit à une mini-anesthésie générale, un drainage complet de cet abcès mammaire massif, une incision de 3 cm, un magnifique drain... mais surtout, une pompe à morphine !
La petite plaisanterie a duré une semaine : j'ai eu droit à une sortie la veille de Noël, avec une liasse d'ordonnances pour des soins à domicile 2 fois par jour, un arrêt de travail pour le mois de janvier et des cachetons qui me font planer au delà de toute espérance.
Une semaine à voir mon petit Sapinou d'amour et MaB une à deux heures par jour, voir pas du tout, à vider mes seins au tire-lait pour remplir des petits pots (et le réfrigérateur de la nursery en attendant... ça a fait marrer les puéricultrices, halluciner les jeunes mamans qui attendaient leur montée de lait, moi moyen à chaque fois que je voyais un bébé alors que le mien était bien tranquille à la maison à grandir auprès de sa Mamita...) que MaB ramenait dans son petit panier, à pleurer comme une madeleine dès qu'un petit flocon tombait (bah oui... qui dit flocon, dit transports dangereux, dit pas de bébé...).
Une semaine à me rendre compte peu à peu que j'avais tout de même un peu frôlé la septicémie, et que décidément, j'étais vraiment trop tarte de pleurer comme ça pour une toute petite semaine, alors que si je m'étais bougée plus tôt la séparation n'aurait pas duré aussi longtemps.
J'ai pas mal dormi, aussi... la nuit, le matin, l'après-midi... ça passe plus vite, et puis le sudoku sous morphine, ça n'est pas hyper probant.

A regarder, ça fait un peu Nip/Tuck... il parait que l'incision va se refermer toute seule (avec l'aide de 2 irrigations de la cavité par jour pendant au moins 15 jours-3 semaines), et que la cicatrice sera toute petite.
Le plus dur, c'est le traumatisme de cette séparation forcée avec mon tout-petit... tu penses, le plus long c'était 2-3 h maxi ! Lui, il n'a pas trop réalisé je pense, avec sa Mamita, il a continué à dormir, manger (le passage lait de maman/lait en poudre/lait de maman s'est fait sans problème), à rire, à gazouiller... à chercher un peu le sein aussi, et puis moi aussi... j'avais laissé un petit doudou imprégné de mon odeur dans son lit, ça l'a apaisé. Nous avons même communiqué par téléphone... il m'a raconté sa vie, ça m'a fait du bien sur mon lit d'hôpital !
Et moi qui m'inquiétais de ne pas réussir à m'attacher, qui avait peur de me détourner de mon enfant une fois qu'il serait né... je me suis pris tout l'infondé de ces angoisses en pleine poire (avec un trou de 3 cm dans le sein, on est plus fragile)...

Au final, je me retrouve avec un bébé en pleine forme, une femme épuisée par une semaine à plein temps (elle tire d'ailleurs son chapeau bien bas aux mères solo) et pleine de stress, un sein qui produit toujours bien-mais-pas-encore-assez-à-lui-tout-seul (ça ne saurait tarder), et un autre que je dois vider au tire-lait (ben oui... 3 fois par jour je vais à la traite, et ça n'est pas si "bestial" que ça)(parce que nous les femmes, nous avons le droit à une téterelle adaptée à la taille de notre téton)(sinon, une téterelle trop petite ou trop grande, ça fait grave mal... et ça peut aller jusqu'à l'engorgement)(une mammite chez nos amies productrices de lait à 4 pattes) et veux sevrer progressivement, histoire de ne plus être emmerdée.

J'espère juste que l'an prochain, nous aurons trouvé un marabout ou un rebouteux et que nous pourrons passer des fêtes de fin d'année sereines... sans chimiothérapie maternelle (cru 2003), sans jambe cassée (mon fameux tibia-péroné)(cru 2004), sans divorce parental (cru 2006), sans décès de grand-mère (cru 2007), sans épisode carcéral (cru 2008), sans hépatite, (cru 2009), sans jambe cassée (celle de MaB cette fois)(cru 2009 bis), sans trou dans le sein (cru 2010)... je n'arrive plus à me souvenir ce qu'il s'est passé en 2005.
C'est vrai quoi, c'est pour nous faire payer d'avoir notre Sapinou, huitième merveille du monde ?

mardi 30 novembre 2010

The guigne powaaaa... le retour de la revanche

Tu ne vas pas me croire, mais dans la série on-dit-que-la-roue-tourne-mais-chez-moi-elle-est-voilée, disons que je suis vernie... mais alors, vernie-vernie-vernie.

Je t'explique.
Après 2 mois de galère avec mon allaitement, et le diagnostic d'un staphylocoque doré, les choses s'étaient un peu apaisées (souviens-toi, , un peu ici et ).
Fini les engorgements chroniques, les douleurs et l'hyper-lactation.
Le vasospasme, j'en faisais mon affaire en faisant attention aux courants d'air.
Mi-octobre, l'échographe avait décelé une petite boule de rien, pour laquelle il avait conseillé de faire une biopsie (du genre nodule bizarre qu'il faut vérifier compte tenu des antécédents familiaux), mais que la consultante en lactation avait identifié comme une boule de lait potentiellement résorbable. Et bien figure-toi que la semaine dernière, cette boule s'est mise à doubler (voir tripler)(j'te jure, c'était impressionnant, j'avais une bosse dure sur le haut du sein, et le reste du sein hyper souple) de volume, en devenant trèèès inflammatoire et trèèès douloureuse.
Re-consultations. Re-coups-de-flippe.

Jeudi, chez la consultante en lactation. Suspicion de galactocèle... la boule de lait s'est retrouvée enfermée à l'intérieur d'une petite coquille, et ne peut donc pas s'évacuer. Sapinou, super bébé, super cool, super souriant.

Vendredi, avec une gynéco d'une maternité amie des bébés (vivent les réseaux médicaux, parce que sans piston, j'aurai eu un rendez-vous en janvier, dans le meilleur des cas...), et donc pro-allaitement (j'ai eu de la chance de trouver une place à moins de 100m sans trop galérer, en plein Paris... j'avais fait l'impasse sur la poussette, et mis Sapinou dans son cosy, puis en écharpe)(faut bien que la roue s'équilibre de temps en temps). 1h30 de retard, avec Sapinou qui voulait dormir, mais pas contre moi parce que trop stressée sans doute, il commençait à s'agiter légèrement. Tout ça pour m'entendre dire qu'un vendredi à 17h , on ne pouvait pas faire grand chose, et qu'il fallait que je revienne mardi matin, pour une ponction et/ou une micro-biopsie de cette fameuse boule. Sapinou moyennement cool, mais qui s'est endormi dès que je l'ai reposé dans son cosy pour le trajet du retour, donc quand même super bébé.
Le paracétamol fut mon meilleur ami pour le week-end, et l'ibuprofène m'a aussi un peu aidé lorsque vraiment la douleur était trop forte.

Et ce matin, me voici partie aux aurores pour la maternité, laissant Sapinou aux mains de sa Mamita, lait du matin tiré dans un biberon, et lait de l'éventuel midi stocké ce week-end au congélateur. A mon arrivée, le chirurgien qui devait me prendre entre 2 patientes était en consultation. Je suis fait happer par l'échographe qui en 2 temps 3 mouvements m'avait fait allonger torse nu sur la table (détend-toi MaB, détend-toi) pour constater que la boule semblait être remplie de liquide (du lait, probablement), que la biopsie ne semblait pas nécessaire, et qu'il fallait donc ponctionner.
- Quoi, mais, euh ?! Là comme ça, tout de suite, maintenant ?!
- Ben oui.
- ...
- Ne vous inquiétez pas, ça ne fait pas mal. On va juste aspirer, comme pour une prise de sang.
- ...
Paf. Aiguille plantée dans le mille grâce à l'écho-guidage. Seringue(s)(oui... une seule n'a pas suffit) en place. 50 cc d'un "liquide laiteux verdâtre" dit le compte-rendu. Impressionnant... on aurait dit de la crème liquide avec un filet de sirop de menthe. En vrai, le vert, c'était du pus... galactocèle + pus = abcès. CQFD.
Je n'en menais pas large, tu penses bien. J'ai même craint un moment le malaise vagal, avec cette aiguille plantée dans le haut de mon sein et cette seringue qui aspirait, aspirait...
Mais non.
J'ai juste pleuré tellement j'avais accumulé de stress depuis 5 jours.

Au final, ma crème verte est partie au labo pour analyses, j'ai 15 jours d'antibiotiques de cheval, et rendez-vous pour vérifier que tout rentre dans l'ordre après le traitement. L'échographe et son assistante ont été très à l'écoute. La gynécologue du départ aussi, elle a même assisté à la consultation avec le chirurgien. Elle a bien fait attention aux types d'antibiotiques, pour que je puisse continuer mon allaitement (elle m'a même chambrée parce que je les saoulais avec ça).
Le chirurgien n'était pas content qu'on m'ait fait la ponction avant la biopsie... il aurait voulu voir avant. Mais je pense que ça n'est pas plus mal que ça se soit passé comme ça, j'ai été soulagée de suite (à part la sensation de brûlure à l'endroit de l'aiguille, mais rien de grave), et surtout, le chirurgien m'aurait fait arrêter l'allaitement pour traiter le truc de manière plus radicale. En gros, il aurait préféré inciser-trancher-extraire, au bloc, avec hospitalisation, plutôt qu'une technique rudimentaire peu invasive et pas toujours efficace... J'ai comme eu l'impression d'être au milieu d'un complot de pro-allaitantes contre le méchant chir-anti-lait, ces femmes, consultantes en lactation, et donc relativement spécialisées dans le sein (et sortant d'un récent séminaire de formation)(d'où les réseaux médicaux) lui ayant damé le pion (j'espère d'ailleurs me retrouver dans les anales de leur publications, j'suis un bon cas d'étude, quand même !?).
Bon. Vu la couleur du liquide, il n'a pu qu'approuver. On verra dans 15 jours. Je vais essayer de ne pas tirer des plans sur la comète, et de m'imaginer le pire (c'est-à-dire une hospitalisation, avec intervention chirurgicale et arrêt de l'allaitement)(qui pourra reprendre après si tant est que je stimule la lactation pendant le temps des traitements)(il faut donc que je stocke grave du lait, histoire de tenir sans donner de lait en poudre à Sapinou).

Mais quand même... je me dis que vraiment, merde, quoi, j'ai pas de veine.
Et surtout, ça a fait naître en moi un sentiment de peur intense jusque là inconnu... la peur de ne pas voir grandir Sapinou, la peur qu'il puisse grandir sans moi, que je lui manque, qu'il soit mal sans sa maman... bref, j'y pense, puis je pleure comme une madeleine en regardant mon fils se blottir contre moi, repu après la tétée. Il faut que j'arrive à passer au-dessus de cette angoisse, sinon, ça va me bouffer... la fin de mon allaitement, la vie au moindre petit pépin de santé.
Comme quoi, l'attachement maternel, ça se construit, aussi.

jeudi 18 novembre 2010

Un an

Il y a un an, je me bourrais la gueule sifflais une deux trois bouteilles de beaujolais nouveau avec MaB et notre mâle alpha, mi-homme mi-Minh.

Il y a un an s'est installée en moi une petite vie, qui s'est accrochée, malgré les quelques péripéties qui ont suivi (mais si, souviens-toi, , et ).

Il se trouve que cette petite vie est maintenant plus ou moins autonome depuis 3 mois, et que pour fêter ça, Sapinou a tâté du virus en début de semaine.

Ben oui, on a la guigne ou on ne l'a pas ! Il a du se choper ça dimanche, lors de son premier match de hand en tant que supporter... ça m'apprendra à le laisser tripoter par tout un tas de nanas, et vu qu'il passe ses journées à téter ses poings, il suffit d'un rien pour qu'un virus passe.

Alors rien de trop grave, juste une petite gastro de rien qui est passée comme elle est venue... avec 2 jours de fièvre, des couches explosives aux couleurs quasi radio-actives, des pleurs inexpliqués (sans doute des douleurs au ventre), des réveils toutes les 3h (voir 1 ou 2h...) avec tétée de 10 minutes (au lieu du petit rythme bien tranquille de 4 tétées par jour et des longues nuits)(un petit come-back bien usant, mais gérable).
Au quatrième jour, tout semble rentré dans l'ordre.
J'ai à peine donné cette nuit du soluté de réhydratation conseillé par le pédiatre... mais à 4h du matin, j'ai un peu flippé en voyant la couche sèche depuis le dernier change à 1h du mat', donc en plus d'une tétée courte mais efficace, Sapinou s'est bu 40 ml d'eau minéralisée-glucosée-saccharosée (en gros, du coca sans bulles et sans colorant...). Ce matin, la couche était humide sans plus, et les selles étaient de nouveau normales.
Sauvé-e-s : pas besoin de courir aux urgences pédiatriques pour une réhydratation par perfusion (oui... je préfère m'imaginer le pire, comme ça, je ne suis jamais déçue prise au dépourvu) !
Autant te dire que les doutes que nous avions sur une éventuelle vaccination de Sapinou contre le virus de la gastro (vaccin proposé, recommandé même, mais pas remboursé... je trouvais ça un peu louche) ont été balayés : Sapinou est déjà un peu immunisé maintenant.
C'est fou ce que l'on peut nous faire acheter lorsqu'on est jeune parent, pas très sûr de soi et légèrement angoissé.
Un peu plus, et on me disait d'arrêter de l'allaiter pour lui filer un lait spécial antidiarrhéique !

Du coup, le rendez-vous chez le pédiatre pour une série de vaccins obligatoires s'est transformé en simple auscultation : à 3 mois, Sapinou pèse près de 7 kg et mesure 61 cm.
Un beau bébé qui ne rentre plus dans rien en taille 3 mois... mais en prenant 1 cm en 10 jours, il nous a un peu prises de court, et les habits en 6 mois que nous pensions sortir autour de Noël ont du être récupérés en urgence !

Mais je m'égare.
Il y a un an, donc, nous nous apprêtions, MaB et moi, à nous lancer dans cette fabuleuse aventure de la parentalité. Et je dois dire qu'un an, ça passe quand même super vite... j'ai l'impression que c'était hier, mais qu'il s'est passé tellement de choses durant cette année qu'on dirait que ça fait un siècle !
Je ne suis nostalgique de rien, ni de ma grossesse, ni des premières semaines de Sapinou lorsqu'il était si petit qu'il tenait au creux de mes seins, ni de ma vie d'avant pleine de débauche et de liberté... J'ai même plutôt hâte de voir avancer notre fils, de le voir grandir, évoluer, marcher, parler, courir, tomber, répondre, claquer des portes... vivre tout simplement.
Et pourquoi pas, d'ici un an ou deux, de remettre ça ?

dimanche 7 novembre 2010

Trop plein

Petit bilan de la quinzaine :

- des seins toujours pleins, quasi de la crème... Sapinou a pris 11 cm depuis sa naissance et a plus que doublé son poids avec ses 6,666... Damien... 6,665 kg ;

- Sapinou fait ses nuits "5-6h+3-4h", en fractionné, mais de bonnes sessions qui nous permettent de récupérer depuis presque 3 semaines. Il a également une furieuse envie de rester assis... ras-le-bol d'être constamment semi-allongé... il se redresse à la force de ses bras, même si pour l'instant l'équilibre n'est pas encore là. : il fait travailler sa ceinture abdominale comme un ouf... telle mère, tel fils !

- fin de mon congé de maternité, mais un mois de congé pathologique pour allaitement, ce qui va nous mener jusqu'au 2 décembre... après, congés payés jusqu'à fin janvier ;

- une bonne prise de tête avec mon père à propos du remboursement de mon prêt étudiant... que j'avais pris il y a 5 ans parce que mes parents ne pouvaient plus soutenir mes études, et qu'ils s'étaient engagés à rembourser eux, le moment venu. C'est le moment. Sauf qu'ils ont divorcé. Que mon père s'est remarié. Qu'il est maintenant propriétaire avec sa nouvelle femme de 2 maisons, une principale en pictavie, une secondaire à Oléron, qu'il s'est racheté une nouvelle voiture, qu'il vient de finir sa nouvelle salle de bain, qu'il s'est offert l'an dernier 2 voyages, un au Canada, l'autre en Martinique... et qu'il négocie comme un marchand de tapis pour 40 € parce qu'il ne veut surtout pas payer plus que ma mère, et qu'il avance comme argument sa "vie décente". Vaut mieux entendre ça que d'être sourde lire ça que d'être aveugle (quoi, je ne peux pas adapter le proverbe ?).
Stress intense, déception sans nom, engorgement... ben ouais, comme d'hab, quoi !

- un retour au pays pour les vacances : cidre, patates, saucisses, galettes, beurre, nutella, soleil, pluie, plage, mer. 2 kg sur la balance pour moi, mais ça fait tellement de bien le bon air !

Et puis, je regarde mon fils et je pleure... parce qu'il est trop beau, parce qu'il remplit ma vie et celle de sa Mamita, parce que le bonheur, parfois, c'est trop fort.
Alors il faut évacuer le trop plein.
Je suis sûre que c'est encore un coup des hormones... l'allaitement bloque un peu la testostérone, du coup, je n'arrête pas de pleurer comme une madeleine dès que j'ai une petite émotion... je suis aussi un peu moins agressive (sauf lorsque je suis en pleine crise d'angoisse... là, 'faut pas me parler-'faut pas me faire chier-mais être là quand même pour essayer de me changer les idées...)(hem... MaB a une patiente d'ange)... et vachement moins poilue.

Nous menons une vie trépidante, et pourtant, il n'y a pas grand chose à dire... Sapinou a rit lorsque j'ai fait le vent, Sapinou tient maintenant son hochet et le porte non sans mal à la bouche, Sapinou aime bien qu'on lui chatouille son petit bout de langue, Sapinou fait pêter les pressions des fringues en 3 mois et le 6 mois a été sorti en catastrophe, Sapinou ne sait pas encore s'il préfère la raie au milieu ou sur le côté, Sapinou n'a pas de gazouillis plus haut que l'autre, même après 2h15 d'attente dans le cabinet de mon gynéco.
Bref.
A chaque jour son lot de découvertes, de joies, de rires et de progrès.

jeudi 21 octobre 2010

Parents alternatifs

Notre petit bonhomme a déjà 2 mois... ça va si vite !
Je voudrais te raconter chaque jour qui passe, mais peut-être que tu serais saoulé à force... Sapinou a tenu dans sa petite main la patte avant de Sophie la girafe (qui d'ailleurs a une vraie tête de junkie, en passant... pupilles super dilatées, ça ne fait pas sérieux !)... Sapinou a eu un rire sonore (oui parce que jusqu'à présent, il souriait, mais en silence)... Sapinou fait des vagues avec ses jambes dans le bain, si bien que la salle de bain ressemble parfois au tournage du remake de Sauvez Willy... Sapinou suce son poing (et pour ne pas qu'il tombe, il le tient avec son autre main... exit la tétine)... Sapinou est en train de doucement passer au fringues en 6 mois (certains trucs en 3 mois sont déjà remisés... ça promet)...
Bref.
Comme tu vois, l'odyssée la vie suit son cours.

Hier, j'ai innové. Je me suis fait une après-midi "maman". C'est à dire que j'ai un groupe de copines qui, passé la trentaine, s'est mis à pondre. Va savoir pourquoi, mais il y a 4 ans, c'était no way pour elles, alors que moi j'en bavais déjà d'envie. Et puis pouf, 30-32 piges, du sexe tous les jours avec Monsieur, et hop, un bébé... ah ces hétéros... ils me surprendront toujours !
Du coup, nous nous sommes retrouvées à 3-4 mamans avec nos bambins... comme au bon vieux temps, mais avec des bébés en plus... 11 mois, 6 mois, 2 mois, encore dans le ventre. On a bien rigolé, on s'est racontées nos accouchements, nos galères d'allaitement, on aurait presque dit une réunion de la Leche League avec nos nibards à l'air, sauf qu'on s'est gavées de viennoiseries et d'orangina !
Constat : autant, entre adultes, les différences de way of life peuvent passer inaperçues, autant, lorsqu'il y a des enfants, ça saute aux yeux et après, ça pique.

Je t'explique.
Même si sur le fond, les valeurs sont les mêmes, sur la forme, les limites du supportable de chacune sont différentes.
Une maman super roots, qui a accouché sans péridurale quasi dans la jungle d'une petite fille et qui, 11 mois plus tard, dépiaute son pain au chocolat à même le tapis, et qui vient allègrement s'essuyer les mains sur la salopette propre de Sapinou (que j'avais précédemment sauvée d'un renvoi de lait caillé...).
Bon.
Je n'ai rien dit, parce que dans le fond, ça n'est pas grave, ça reste du chocolat, et la salopette se lave. Mais je me suis tout de même dit que je n'aurai sûrement pas la force de laisser Sapinou étaler un pain au chocolat et sur lui et sur le tapis et sur le pantalon de la copine et sur le canapé...
Alors attention, cette petite fille est heureuse comme tout, choyée, nourrie, lavée, juste sa maman la laisse faire, à son image de maman roots qui ne se prend pas (trop) la tête.

Une autre maman super bobo... le bébé encore au chaud, mais qui pense l'appeler Rose ou Scarlett, ou alors un prénom de perso de BD, illustratrice donc intermittente, qui habite à la Goutte d'Or mais préfère prendre un taxi plutôt que le métro, plus sûr. Mais qui n'a pas l'air d'avoir vraiment envie de jouer à la poupée... à moins qu'elle fasse sa maline devant nous, et qu'en fait, lorsqu'elle va déballer son énorme sac de fringues de bébé récupérées, va se mettre à chouiner comme une madeleine parce que c'est troooooooop mignon toutes ces petites robes !

Et puis moi... roots mais pas trop... en plein maternage, mais pas trop. Portage en écharpe, mais cosy aussi (en fait je porte le cosy à la main après la voiture, et je mets Sapinou dans l'écharpe car il est trop lourd à bout de bras, et le châssis de la poussette, ça faisait trop pour faire juste 500 m de la voiture à la réunion tupper-baby).
J'ai passé une super après-midi, Sapinou a été super cool (comme d'hab en fait), j'ai même pu déguster quelques herbes douces entre 2 tétées, ce qui ne fut pas du luxe !! Ne t'offusque pas : même pas 1% de ce que la maman ingère passe dans son lait, et ce qui n'est pas bon, ce sont les produits chimiques du tabac... y'en avait pas... huhu. Et chez les roots-girls, le principe de précaution a une limite assez basse : on ne s'arrête pas de vivre, tant qu'on reste raisonnable (études scientifiques à l'appui, et avis médicaux aussi).

Et là, je me suis vraiment rendue compte que ce qui fait vraiment la différence entre des personnes qui se connaissent depuis longtemps, ce sont les enfants. C'est comme s'ils étaient le révélateur des choix de vie de leurs parents. Et c'est en voyant ses potes évoluer en tant que parents que l'on se rend compte de nos affinités avec eux, mais aussi de nos propres limites.
Et quand une copine te dit que ton bébé, il est cool et super éveillé, ça fait toujours plaisir !
Les enfants révèlent la vraie personnalité, le vrai tempérament de leurs parents. Inversement, souvent, l'attitude des enfants révèle le vrai tempérament des parents... à bébé pleurnichard, maman stressée et mal dans sa peau, c'est bien connu.

Je pense que je renouvellerai l'expérience, faut que je surveille l'évolution des petites filles, histoire de savoir qui va draguer Sapinou dans au moins 15 ans (comment ça, ils sont plus précoces les jeunes d'aujourd'hui ?) !

Et toi, la maman/la nana qui me lit (le papa/le gars aussi, peut-être, qui sait ?), as-tu ressenti ça les premières fois où tu as vu tes potes avec enfants ?
As-tu flippé au point de ne plus jamais vouloir les revoir en famille (du genre il faut impérativement qu'ils fassent garder les enfants lorsqu'ils viennent chez vous sous peine de déclencher le plan ORSEC après le passage du tsunami vivant) ?
T'es-tu dit "chic, nos enfants vont devenir les meilleurs amis du monde" ?
Ou alors "laissons-le/la en liberté, qu'il/elle en profite, parce qu'à la maison, les limites seront plus strictes" (genre "vas-y, étale bien le chocolat entre les lattes du parquet, à la maison, n'y pense même pas !") ?
Peut-on rester amiEs lorsque des éducations sont différentes ? Peut-on encore partager des choses ?
Comment supporter ces différences ?
Comment vivre l'altérité alors que l'on veut partager ?
Question subsidiaire : suis-je complètement ouf de me poser toutes ces questions ? Est-il temps pour moi de reprendre le boulot, ou fin-janvier, ça ira ?

vendredi 8 octobre 2010

L'abeille coule... de source ?

Mouais.
Répète la première partie du titre très vite, ça détend.
Bon. Ok, on s'amuse comme on peut.

Presque 3 semaines que je fais la morte, et Sapinou qui grandit, qui grossit, qui sourit à qui veut bien le voir, qui évolue à vue d'œil... mais qui ne fait pas encore tout à fait ses nuits, et qui tète encore toutes les 3h... 4 voir 5h lorsqu'il est en voiture (dès que le cosy touche le siège de l'auto, Sapinou se met en mode veille attentive, et ne bronche plus jusqu'à ce qu'il en sorte... c'en est flippant parfois !).
Et surtout, 7 semaines que je galère avec mon allaitement, malgré quelques améliorations au niveau de la douleur...

Car un engorgement chronique, c'est douloureux.
Un porte-bébé ou une écharpe avec Sapinou dedans l'espace de 2h, ou l'appui de la ceinture de sécurité, ou une mauvaise position pendant le sommeil, ou un écart trop important entre 2 tétées, et hop, une lymphangite.
Fièvre, état grippal, courbatures, et nodules de lait douloureux bloqués dans le sein.
Paracétamol, siestes à gogo et position de la louve. J'ai enfin testé... on dirait une girafe en train de boire, le sein pendant au dessus de la bouche de mon fils. Cocasse, mais efficace.
Et puis c'est le débouchage de canal.
Pour le dernier, je jure que cela s'est passé sans trucage. Alors que je vidais le pré-lait histoire de faciliter la tétée de Sapinou (en gros, tu vides le trop plein de soupe lait pour que le sein soit plus souple), tout d'un coup, j'ai senti comme lorsqu'on perce un bubon devant une glace...floootch... et une giclette de lait accompagnée de sa crème épaisse, comme des petits caillots de lait agglomérés. Et puis le flot, continu, sans les mains, est sorti d'un des canaux de mon sein, pendant quelques minutes. MaB peut témoigner, c'était impressionnant, d'autant que le sein, très dur depuis 2 jours, est tout à coup devenu souple. J'ai tout de même fait téter Sapinou dessus dans la foulée, et là, re-belotte, un morceau de crème fraîche qui a bouché les trous du bout de sein en silicone, et un Sapinou inondé par le jet de lait ! Je crois même qu'il lui en est ressorti un peu par le nez (du lait, pas de la crème !)...

Malgré toutes ces péripéties, je ne me résous toujours pas à arrêter.
J'en ai même parlé avec la psy qui nous a suivi pendant ma grossesse : pour elle (et pour moi aussi, c'est moi qui l'ai mise sur la piste), l'allaitement est une manière d'affirmer mon côté féminin de me sentir femme, et ne pas allaiter serait une négation de cette part féminine que j'ai réussi à apprivoiser pendant ma grossesse. Grosse contradiction, mais pas tant que ça finalement.
Oui, c'est un peu compliqué d'être une lesbienne dans sa tête, parfois !

Après mon passage chez le gynéco, j'ai finalement contacté la sage-femme qui nous a fait la préparation à la naissance, qui m'a conseillé vivement d'aller à une réunion de la Leche League (ou de Solidarilait, mais le réseau est encore balbutiant). Lorsqu'une copine de galère d'allaitement m'a proposé une réunion près de chez moi, j'ai sauté sur l'occasion. J'ai été agréablement surprise par la bonne ambiance, et surtout par le non-jugement de valeur de vouloir allaiter son petit 3 mois ou 3 ans (bon, ok, 3 ans, je trouve ça un peu long, mais chacune fait ce qu'elle veut de ses seins, de son couple, de son corps, de son éducation). Cette réunion m'a permis d'obtenir les coordonnées d'une spécialiste en lactation fondatrice du crefam, qui m'a redirigé vers une consœur faute de rendez-vous proche, très proche.

Sapinou sous le bras (je ne me sépare pas de lui plus de 2h de suite après une tétée, car la suivante arrive toujours vite), je suis donc allée à cette consultation, pleine d'espoir. Après 45 min d'entretien, à retracer 7 semaines de galère et à mater mon nibard douloureux sous toutes les coutures, je suis repartie avec :
- un diagnostic d'hyper-lactation confirmé, avec réflexe d'éjection fort ;
- une ordonnance pour un prélèvement de mon lait, car elle suspecte une infection du genre staphylocoque que j'aurai chopé à cause des crevasses du début couplées à la dose d'antibiotiques pour la césarienne, ce qui causerait les engorgements et les douleurs ;
- une ordonnance pour une échographie mammaire, car peut-être qu'une partie des engorgements est due à l'ablation d'un kyste en 2007, et que le chirurgien a joué à Dexter avec mes canaux lactifères ;
- un nouveau rendez-vous pour la semaine prochaine, avec les résultats.
Elle m'a également parlé d'une pilule progestative pour réduire mon hyper-lactation, et de quelques trucs pour réduire mon REF.

Lorsque je suis sortie de son cabinet, j'étais tellement contente de voir qu'enfin quelqu'un allait s'occuper de mes problèmes d'allaitement comme on s'occupe de traiter une angine, j'avais envie de sautiller jusqu'à ma voiture, dans les rues de Paris, Sapinou dans son cosy.
Bon. Je me suis vite détendue vu que maintenant, Sapinou a dépassé les 5,4 kg... plus les 2,6 kg de la coque. Mais à l'intérieur, j'étais euphorique.
En 45 min, cette consultante a effacé toutes mes suspicions de dépression postpartum (oui... je n'allais pas très fort en fait depuis tout ce temps...). C'est la psy qui va être contente !

Au final, j'ai un gynéco qui est passé à côté de l'essentiel, et probablement qu'un petit traitement antibiotique va résoudre l'essentiel de mes douleurs.
C'est fou, non ?
Oui, en ce moment, je trouve que tout est fou... les réflexes archaïques de mon fils, l'incompétence des gens, les mensonges des parturientes, le temps qui passe à toute vitesse... comme une petite fille qui découvre le monde !