jeudi 19 mai 2011

Pardon

Nann, n’eus ket e Breizh, nann, n’eus ket unan
Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan
Nann, n’eus ket ur sant, evel sant Erwan

Non, il n’y a pas en Bretagne, non, il n’y a pas un
Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves
Non, il n’y a pas un saint, comme saint Yves.

Bon bé oui... aujourd'hui, c'est la saint Yves... pas que je sois devenue bigote, mais j'affectionne particulièrement ce grand pardon, au delà des croyances dogmatiques.
Grosse résonance familiale... une petite étoile qui nous regarde je l'espère, ma petite famille et moi... ma grand-mère, Yvonne, et mon grand-père, son petit Yves... mon fils, aussi.

Bref.

Aujourd'hui, 9 mois... dedans-dehors à égalité.

4 dents, 11 kg et 74 cm (enfin à peu près... ça fait un mois qu'il n'y a pas eu de pesée officielle)(j'te dis, je n'ai perdu aucun filet garni-poids de bébé depuis le début)(oui, à chaque pesée, on lance les paris avec MaB).

Des nuits complètes, avec une fâcheuse tendance à faire des exceptions les dimanche soir et les mercredi soir... genre, comme si il sentait mon boulot du lendemain.

Un allaitement maintenu avec la reprise du boulot : matin et soir, plus tire-lait les lundi-mardi-jeudi-vendredi, matin, gouter et soir, plus tire-lait les mercredi-samedi-dimanche (avec des compléments en lait industriel le soir, sinon, il se réveillerait vers les minuit pour bouffer...). Et je m'en sors plutôt bien, ça a l'air de convenir à tout le monde.

Toujours le bide tordu le matin de laisser mon fils avec sa Mamita pour aller bosser, même après 3 semaines. Je me dis qu'il ne m'en reste que 7, dont 2 avec jours fériés (celle avec grève c'était la semaine dernière).

Des promenades dans l'écharpe, pendant lesquelles Sapinou s'endort systématiquement au bout de 15-20 minutes, en me bavant lamentablement sur le t-shirt.

Un Sapinou qui ne va pas tarder à prendre son envol, étant donné qu'il se met debout depuis 3 semaines, et qu'il fait de mieux en mieux le tour de son parc... sans passer par la case départ l'étape rampage/quatre pattes.

Et surtout, un Sapinou très éveillé, qui danse, qui rit, qui fait craquer les vieilles au parc, et surtout ses mamans.

samedi 30 avril 2011

Nous étions deux, nous étions trois...*

Youhou !!?? Ya(encore)kékin ?

J'avoue, je n'avais pas trop le cœur à bloguer ces dernières semaines...
Déjà, j'ai été un peu minée par THE coup de pute de ma Principale : alors que j'ai renouvelé mon contrat en septembre à la condition de récupérer mes jours de congés payés tombant pendant mon congé de maternité, elle m'a finalement refusé ces congés... en février. Nous avons eu quelques mots au téléphone, depuis, je n'ai plus trop envie de rigoler avec elle (en revanche, avec sa nouvelle coupe de caniche portoricain, il y a moyen de bien se marrer...)(cela dit, je me lance dans une longue procédure de recours, hiérarchique auprès du recteur, puis si pas de réponse, au tribunal administratif)(quand je te dis que je n'ai pas envie de rigoler, hein).
Donc, sur 46 jours ouvrables, je n'ai pu en récupérer que 15 (ceux de l'année en cours, en fait), et je n'ai eu aucun mal à me faire arrêter jusqu'à Pâques (l'abcès, l'hospitalisation, les soins, la fatigue, la douleur, le sevrage, tout ça).

Ensuite, par la force des choses, après plus de 9 mois (presque 10, en fait...) de bons et loyaux services de mère au foyer (du repassage de layette avant la naissance au maternage-cododo-allaitement-portage... c'est-à-dire une fusion quasi-totale du genre "jamais sans mon fils"), j'ai du reprendre le chemin du travail.
Autant te dire que cette perspective ne m'a pas vraiment enchantée... comme passer de 13h par jour avec Sapinou quasi-non-stop à seulement 3h par jour.
J'ai pleuré, beaucoup.
J'ai angoissé, énormément.
J'ai élaboré tout un tas de stratégies de contournement, à la folie. Mais bon... j'ai épuisé tous mes jours de maladie à plein traitement.

Et puis, mardi matin, avec mon petit cartable et la boule au ventre, j'ai laissé mon fils avec sa Mamita (c'est un peu compliqué d'expliquer le pourquoi du comment, mais MaB va rester avec Sapinou jusqu'aux grandes vacances, en espérant une place en crèche d'ici septembre).
J'ai écrasé ma petite larme dans l'ascenseur, et une fois arrivée sur le terrain, j'ai été emportée par la foule le tourbillon de la vie scolaire, tant et si bien que la journée a passé relativement vite (surtout sans rester inactive)(oui, parce que aller bosser, et laisser mon Sapinou à la maison, pour ne rien foutre je ne vois pas l'intérêt... autant rester en maladie)(je te rassure, une grande partie de mes collègues ne pense pas comme moi... sans doute qu'ils n'ont pas d'enfants).

Les élèves ne m'avaient pas oublié, et m'ont réservé un bel accueil : deux ans de boulot pour arriver à une certaine autorité naturelle sur des ados qui font souvent la misère aux autres adultes (juste pour rire, histoire de les voir craquer), ça n'a pas de prix (même pas les 24 smic).
Les nouveaux (sauf les sixièmes... eux ne me connaissent que par ouï-dire, et m'appellent madame... la classe) me testent et sont parfois calmés par leurs camarades "vazy c bon c Kanou" et hop, le troisième archi-reloud est rangé et ferme sa gueule.
Re-la classe.
L'expérience, quoi !

Et vu que l'ensemble du collège attendait plus ou moins mon retour comme le messie, lundi, c'est sortie !
Qu'ils en profitent, en juin, c'est fini !


PS : je tiens à préciser que les journées avec Sapinou non-stop sont beaucoup plus longues et harassantes que celles à gérer plus ou moins bien environ 500 ados (dont environ 200 en rut en ce printemps fleuri), donc toi, le blaireau qui rentre du bureau pour te foutre les pieds sous la table et laisser bobonne se taper une deuxième journée à la maison, tu n'es qu'un branleur, sache-le.


*Marin de Groix (je sais...ce n'est pas hyper réjouissant... mais c'est une super berceuse... et puis nous, on est comme ça les bretons, faut qu'ça saigne).

mercredi 16 mars 2011

Tu quoque mi fili

Outre le fait que Sapinou soit le plus beau des bébés, il n'en reste pas moins déconcertant.
Pas plus tard que l'autre matin, j'ai été contrainte de jouer un peu "à la poupée" avec lui... avec l'essayage de la moitié de ses pantalons en taille 12 mois avant d'en trouver un dans lequel les cuissots passaient, et quasiment autant de sweat-shirts, histoire que ses petits bras ne ressemblent pas à des rôtis près à cuire.

- Coucou la tête !
- Mamamamamamama, ce qui signifie en langue Sapinou "vas-y grouille-toi, j'ai grave la dalle", et non pas comme beaucoup pourraient le croire "ma maman d'amour" !
- Rho mais ça passe pas... ah si... bon, hop le bouton... hem... coucou !
- Mamamamamamama...
- Elle est où la main ? Coucou la main ! Et l'autre main ? Rho ben non... tu rentres pas... pfff.
- Mamamamamamamama ?
- Et le pantalon, tu tends tes jambes ? Coucou les pieds !
- Mamamamamamamaaaamouiiiiiin !
- Ben là non plus tu ne rentres pas... j'ai pas plus grand.

Bon.
J'ai essayé 2 autres sweats comme ça, et 3 pantalons, et puis je me suis dit que finalement, il faisait assez doux, et qu'un t-shirt manches longues pressionné intégralement dans le dos et un jogging bien ample feraient très bien l'affaire.
J'ai remis à plus tard l'épreuve délicate du tire-morve... tout ça pour le changer 1h après parce qu'il avait décidé de se faire un masque avec le mouliné de courgettes, et d'étaler consciencieusement le reste sur la tablette de sa chaise haute avec sa manche.

Il faut que je me rende à l'évidence : mon fils aura 7 mois dans 3 jours, et il est à l'aise dans le 18 mois... pour laisser respirer les pectoraux et les biceps, pour laisser passer les cuisses (mais avec 5 cm de revers...), et puis des chaussettes en 23. Pour les chaussures, on repassera... fini les chaussons souples de nourrisson, à cette taille là, on est sensé marcher. Sauf que Sapinou, à 7 mois, ben il ne marche pas !
Du petit bébé hypotrophique à la naissance (c'est marqué comme ça sur le compte-rendu de la césarienne), Sapinou est passé à la vitesse supérieure en dehors de mon ventre (d'ailleurs, je l'en remercie de ne pas avoir commencé à pousser comme ça à l'intérieur) : 22 cm en 7 mois... il parait que ça se tasse après 6 mois... je n'ose imaginer sa poussée de croissance à la puberté !

Il va donc falloir que je le coache, que je lui explique que non, il n'est pas difforme, et que oui, il va galérer pour s'habiller.
Comme sa mère.
Comme son grand-père (oui, mon père, donc)(pour l'anecdote, ma grand-mère l'avait emmené essayer des costumes pour son mariage, elle a failli gifler la vendeuse lorsqu'elle lui a dit que son fils était difforme parce qu'il lui fallait une chemise suffisamment grande pour rentrer les biceps et le cou de taureau, mais raccourcir les manches, et un pantalon suffisamment large aux cuisses, mais avec des pinces à la taille et une retouche d'au moins 10 cm en bas)(bon ok, mon père était en pleine préparation pré-olympique, avec de la muscu à gogo).

Parce que les fabricants d'habits, ils ont un sérieux problème.
La conception des fringues doit être faite par des hommes (ou des femmes, hein, mais bizarrement, je n'y crois pas trop), qui n'ont donc aucune notion de comment c'est pratique de refermer un t-shirt avec des petits boutons sur un bébé qui n'est absolument pas coopératif, ou l'absence de pressions sur une des 2 jambes de pyjama (ce qui fait que pour changer la couche, il faut intégralement déshabiller le bébé... super pratique à 3h du mat').
Sans parler des coupes... j'ai un doute sur le comment du pourquoi les habits sont si mal taillés... soit les mesures sont prises sur des enfants en période de famine exclusivement, soit c'est un choix stratégique pour conjurer le sort de l'obésité.
Alors oui, Sapinou est un géant costaud, avec un physique de pêcheur à pied (jambes courtes et puissantes, épaules de déménageur, grand buste, mains comme des battoirs et pieds grands comme des palmes), mais il y a une telle différence d'une marque de fringues à l'autre !
Mais Sapinou est un garçon : il trouvera plus facilement des pompes en 45 que des escarpins en 42 (vécu, vécu)(ou un t-shirt en taille 3 ou 4)("ah non mademoiselle, on ne fait pas les grandes tailles...")(conasse).

A moins que je me mette à la couture et au sur mesure... que ne ferais-je pas pour mon fils ?

jeudi 10 mars 2011

Le berceau vide...

Parce que tout évolue, même mon tout petit Sapinou du départ, il a fallu que je me rende à l'évidence : ses pieds touchaient le bout du berceau...
Armée de mon tournevis électrique et de mon courage, je me suis donc attelée à la tâche : monter enfin le lit à barreau dans la chambre de mon grand garçon.
J'ai donc envoyé MaB et Sapinou en promenade, histoire d'avoir un peu la paix dans cette épreuve. Contrairement à la commode, que j'avais galéré à monter (là)(ça devait être les hormones qui m'obstruaient les neurones), le lit, c'est bien plus facile ! En 45 minutes, c'était torché, alèse, drap, tour de lit et mobile inclus. Je me suis épatée, j'ai même pu profiter du 1/4 d'heure de rab' pour lancer une machine et faire un brin de ménage (ça m'a évité de cogiter trop...).

Bon. Vu que je ne veux pas brusquer mon fils, lui créer des névroses, tout ça, nous avions décidé avec MaB que nous ferions la transition en douceur : d'abord quelques siestes dans sa chambre, puis enfin viendrait les nuits.
Au bilan de sa première nuit dans son grand lit, je me dis que c'est moi que je n'ai pas voulu brusquer... hem... j'ai mis 3 mois à me décider.
A 3 mois, mon excuse, c'était que j'allaitais, et que Sapinou se réveillait encore parfois la nuit...
A 4 mois, mon excuse, c'était que j'étais hospitalisée... et puis MaB ne voulait pas le laisser tout seul, déjà qu'il n'avait plus sa mère à téter, elle n'a pas voulu en rajouter une couche...
A 5 mois, mon excuse, c'était que j'avais encore un trou dans le sein, et que je ne pouvais pas physiquement monter le lit... et puis ça m'apaisait de l'entendre respirer pendant la nuit... et puis déjà que j'étais obligée de faire un sevrage partiel, je n'allais pas en plus me séparer de lui...
A 6 mois, mon excuse, c'était qu'on allait partir en vacances, donc nous n'allions pas habituer Sapinou à dormir seul pour le remettre dans notre chambre pendant 15 jours...
A 6 mois et presque 3 semaines, je n'ai plus d'excuse : Sapinou est trop grand pour rester dans son petit berceau, il touche les bords, avec ses pieds, avec ses mains, est à l'étroit...

Je n'ai pas pleuré, ni rien, mais ça m'a fait quelque chose de ne plus l'entendre juste à côté de moi... et pourtant, je suis tellement fière qu'il pousse comme ça, qu'il évolue... j'ai conscience qu'il faut que je le laisse grandir, que c'est bien pour lui aussi d'avoir son "indépendance" nocturne... ça m'a tout de même fait un petit pincement au cœur lorsque je me suis couchée ! Mais comme il s'est endormi très rapidement, qu'il ne s'est pas réveillé de la nuit et qu'il a gazouillé presque 30 minutes tout seul ce matin, je me dis que ce transfert est une réussite !



Prochaine étape difficile : la recherche d'une nounou (car toujours pas de réponse de la crèche) et l'abandon de mon fils la reprise du travail le mois prochain (oui, faut bien que j'y retourne, même pour 2 mois et demi seulement...).

mardi 1 mars 2011

Ma mère...

Comme c'est trop abusé de te laisser sans nouvelles, non ?
Mais c'était les vacances !
Deux semaines.
Dont 10 jours avec ma mère.

Là, tu te dis "ouah super, la grand-mère a du être ravie de pouvoir s'occuper de son petit-fils, et de laisser les mamans se reposer et/ou se retrouver un peu toutes les deux" !
Et bien, tu te trompes, tu te mets le doigt dans l'œil, jusqu'au coude, même.
MaB, comme à chaque fois qu'elle arrive en Bretagne, était dans le coaltar les premiers jours... les changements de pression, ou d'air, sans doute (moi, je suis tombée dedans quand j'étais petite, donc ça ne me fait plus grand chose... j'étais plus crevée par mon retour de couches).
Ma mère, en bonne hyperactive, partait dans tous les sens... pour résumer, elle voulait que JE prenne tout en charge (pas MaB, parce que sinon, elle se sent dépossédée de son rôle de maîtresse de maison), mais à chaque fois que JE, assistée par ma fidèle MaB, commençais à prendre les choses en mains (lessives, courses, repas), elle débarquait en voulant tout faire à sa sauce, et forcément, en dénigrant un peu mes capacités.
Sans compter les réflexions incessantes sur la façon dont je/on s'occupe de Sapinou... les fringues, les repas, les tétées, l'allaitement, la vaisselle des biberons, les sorties, les siestes, les pleurs, les couchers... il n'y a que le bain et la matinée où nous étions tranquilles, puisque pas de grand-mère dans la salle de bain (la baignoire au sol est trop basse, ma mère ne veut pas se casser le dos) ou dans la chambre parentale (même si la journée, elle ne se gênait pas pour rentrer régulièrement pour voir comment Sapinou respirait). Et toujours derrière MaB pour lui dire comment s'occuper de son fils.

C'était assez pesant, ça m'a épuisée, il faisait 16-17°C dans la maison, du coup, j'ai eu une baisse assez conséquente de lait, ce qui m'a d'autant plus stressée même si je sais que la fin de mon allaitement exclusif est dans l'ordre des choses, ça me fait un peu suer d'être ric-rac en lait en attendant la diversification complète sur ou deux repas.
Au bout de 8 jours, j'étais à bout, les nerfs en pelote. C'est ce jour là que Sapinou a décidé de ne pas s'endormir tout de suite pour sa sieste de l'après-midi. Moi, en bonne laitière, je tirais mon lait au chaud (près d'un radiateur à fond... oui, c'est mal pour la consommation de fuel) et au calme relatif (3 fois 20 minutes d'isolement dans la journée, c'est pas la mer à boire)(je crois que j'ai été "dérangée" à chaque fois l'après-midi... toujours ma mère pour venir poser une question sur tout et sur rien). MaB, elle, s'occupait de son fils, le berçait, l'apaisait (oui, parce qu'en plus, Sapinou a décidé que ça y est, c'était le moment de sortir une dent). Ma mère n'a rien trouvé de mieux que de rentrer dans notre chambre comme une ouf, et de dire à MaB qu'elle allait emmener Sapinou faire une promenade parce que de toutes façons, il ne dormait pas, et qu'il faisait super beau (oui, ça arrive souvent en Bretagne, et pas que la nuit). MaB lui a répondu qu'elle préférait m'attendre, que peut-être j'aurai envie de faire une promenade en famille, mais qu'il fallait que je finisse de tirer mon lait.
Autant te dire que Sapinou, il a bien compris le filon : si pas de dodo, promenade avec sa grand-mère. Donc c'était mort pour la sieste, pour lui comme pour MaB et moi.
Lorsque je suis revenue à la civilisation, ma mère était prête à partir, et le temps qu'on en parle avec MaB, elle avait embarqué Sapinou dans sa poussette et avait filé.
Je te jure que mon sang de mère chatte n'a fait qu'un tour : même ma mère n'a pas le droit de me retirer mon fils comme ça, sinon, ça pète.
Ça a pété.
Je te passe les détails, parce qu'une crise familiale, c'est un peu pathétique à raconter dans le détail. Mais je ne te dis pas l'angoisse.
Au final, Sapinou est rentré avec 45 minutes de retard sur son heure de gouter, ce qui, forcément, a décalé le bain et le diner, avec un bébé fatigué de n'avoir pas dormi de l'après-midi.
Joie, détente, partage.

J'ai eu beau lui expliquer que ça suffisait maintenant, ses intrusions interventionnistes dans notre couple, dans notre famille, tout ça, je crois que ma mère ne se rend pas compte. Ou alors, si elle s'en rend compte, elle me fait un peu flipper dans son machiavélisme. Mais je ne vais pas lui dire qu'étant donnée son instabilité émotionnelle, j'ai du mal à lui confier Sapinou plus d'une heure... surtout qu'elle n'en fait qu'à sa tête de mes recommandations (du genre ne pas trop le secouer après une tétée, sinon, blurp)(m'en fous, c'était sur son pull, pas le mien !), et qu'elle me répond lorsque je lui en fait la remarque qu'elle s'en moque, parce que ça sert à ça les grands-mères.
Pourtant, elle est super cool... elle s'est démenée en décembre pour m'amener Sapinou et MaB presque tous les jours à l'hosto, elle me paye l'intégralité des réparations de ma voiture (joli cadeau de noël, cela dit), lorsqu'elle débarque chez nous, c'est toujours avec un paquet de couches, une petite fringue, ou un petit gadget pour bébé.
Mais 24h/24, c'est la plaie. En fait, comme avant, hein... sauf que maintenant, il y a Sapinou, et que si on veut aller faire un tour, c'est toute une organisation... couche, combinaison pilote pour la poussette ou installation de l'écharpe, bonnet, gouter, lait à tirer. Je crois que ça ne changera pas, et que ma mère cherche à reproduire avec moi sa relation conflictuelle avec sa propre mère... sauf que je ne suis pas elle, et qu'elle n'est pas sa mère, et que MaB n'est pas mon père (lui, il préfère partir aux Antilles 15 jours plutôt que de faire des cadeaux de Noël à ses 3 enfants, et/ou de venir voir son petit-fils, après leur seule rencontre du mois de septembre).
Et puis lorsque ma sœur est là, c'est pire encore... elle n'est restée que 2 jours au lieu des 3-4 prévus... elle a prétexté une mission en intérim de dernière minute. Mouais. Qu'elle profite de ne pas avoir encore de môme.

Moi, il me reste un mois pour trouver une assistante maternelle ou allumer un cierge pour avoir une place en crèche pour avril, supprimer la tétée de l'après-midi, reconstituer mon stock de fer et faire ma rééducation périnéale et abdominale (ben oui, avec tout ça, j'avais un peu zappé les histoires de pont-levis et d'ascenseur, et les séries d'abdos-fessiers).

Demain, on part quelques jours chez les parents de MaB qui n'ont pas vu leur petit-fils depuis janvier... ça va leur faire tout drôle... 6 mois 1/2, plus de 10 kg pour 70 cm... un "beau gabarit" a dit la pédiatre lors de la dernière visite !

vendredi 4 février 2011

Liberté

Pour éviter que je ne conduise pendant ma convalescence, ma mère m'avait confisqué ma voiture depuis mi-décembre (aussi parce que la sienne était en réparation, et que ça l'arrangeait bien que je lui prête ma poubelle)(dont elle a également fait changer l'embrayage-la vidange-les plaquettes de frein)(c'est toujours ça de pris !).
Et vu que je suis guérie (du moins, que je ne prends plus d'antalgiques qui me font léviter), je me suis dit que pour aller à un rendez-vous dans Paris avec Sapinou et MaB, la voiture serait du meilleur effet.

Bref.
Me voilà dans le froid après la tétée du soir à attendre louper le bus qui m'est passé sous le nez. Pour ne pas perdre un bras... ou des doigts... j'ai décidé de marcher, 20 minutes, en montée, dans le brouillard (ou la pluie... je ne sais plus... j'étais mouillée, et ça brûlait un peu les poumons).

J'ai survécu à cette épreuve haut-la-main, et j'ai fini par avoir un bus, direction chez ma mère à 22h. Au terminus, je descends et mon estomac se dénoue (oui... vu que je fraude dans le bus... c'est comme ça, c'est une habitude... et avec ma tête de vainqueur, je me fais trèèès rarement contrôler)(oui, je sais, c'est moche le délit de faciès). Presque même je sautille jusqu'à chez ma mère !
Sauf que...
Sauf que le brouillard (ou la pluie...) givre sur le bitume.
Et que la nuit, le givre sur le trottoir, ça ne se voit pas trop.
Ça n'a pas loupé.
Un premier avertissement sur un passage piéton et une bande blanche ultra-slick... mais les adducteurs ont tenu bon.
Je ne me suis pas méfiée du revêtement neuf...
Attaque de Brian-Joubertite aigüe.
Un magnifique geste de télémark... un seul genou à terre et mains sorties des poches à une vitesse folle à peine salies... associé à un équilibre de folie.
Oui, mais aïe.
Sur le coup, j'ai plus pensé à ma dignité qu'à mon genou... avant de me relever, j'ai tout de même jeté un petit regard circulaire, histoire d'être sûre, quoi !
Le résultat, c'est que mon genou est bleu, mais que mes adducteurs sont entiers, ainsi que mes autres ligaments.
La preuve en image... mercredi matin, c'était noir et un peu enflé...



Mais quel bonheur de pouvoir chanter à nouveau à tue-tête dans sa voiture, et de faire crisser les pneus au feu vrombir le moteur !
Et surtout de ne pas dépendre de la voiture de ma mère pour aller à droite-à gauche ou des transports en communs-galère avec la poussette-dans une banlieue super mal desservie.
Ce ne fut que de courte durée, puisque la caisse de ma mère est ENCORE tombée en rade... heureusement qu'elle m'offre les réparations et autres travaux d'entretien, parce que là, faut que j'conduise !!

mardi 1 février 2011

Le fil de l'amitié

L'autre jour, je me suis embrouillée avec une nana que je pensais être mon amie, avec qui j'avais des échanges privilégiés, qui me comprenait, que je comprenais.
Mais pas genre l'embrouille de collège "j'te cause plus mais j'ai tellement besoin de te parler que j'te recause l'heure de cours d'après".

Je t'explique.

Depuis la naissance de Sapinou, disons que ma petite vie de trentenaire dynamique a quelque peu été chamboulée. Fini les soirées au pied levé et les sorties tardives en semaine.
Fin septembre, cette amie m'a demandé un service, que je lui ai promis de remplir, forcément, puisque c'est mon amie. Et puis les événements se sont un peu enchaînés, vaccins, allaitement difficile, vacances de la Toussaint, allaitement toujours difficile, nuits courtes, fatigue physique et morale, allaitement de plus en plus compliqué, douleurs, rendez-vous médicaux et puis hospitalisation.
Octobre, novembre, décembre.
Autant te dire que le petit service, je l'ai un peu zappé. Mais j'avais chargé MaB de la tenir au courant, juste avant mon hospitalisation. MaB a rempli sa mission par l'intermédiaire de sa meuf à elle.

Et là, il y a une quinzaine de jours, elle appelle à la maison en agressant carrément MaB.
MaB n'aurait pas eu le courage de la tenir au courant de l'avancée de ce service, puisque MaB avait appelé sa meuf à elle pour lui dire que ça n'allait pas être pour l'instant possible compte tenu de mon état de santé, de mon hospitalisation, de ma convalescence, tout ça.
Sauf que, la fautive dans l'histoire, c'est moi ! Je n'ai pas appelé pour la prévenir que ça n'allait pas être possible, j'ai confié cette mission à MaB, je n'ai pas rendu ce service depuis fin septembre.
Bref, je récupère le téléphone avant que MaB et elle ne s'écharpent par combiné interposé, mais après avoir réconforté ma chérie qui était dans tout ses états.
Oui, ça fait un peu Dallas, c't'histoire, j'en conviens !
Je remets les choses à plat, lui explique la situation, calmement, et essaye de faire entendre raison à cette amie. Elle se calme, mais n'en démord pas. MaB a laissé pisser volontairement.
Bon.
On ne va pas s'en sortir !
Je lui propose donc de passer le lendemain à la maison, vu que je ne vais pas me déplacer avec un trou à moitié béant dans le sein, sans voiture (vu que je ne peux pas conduire pour l'instant, à cause des antalgiques qui me font à moitié léviter), en bus avec mon Sapinou dans sa poussette qui doit téter assez régulièrement.
Le lendemain, elle et sa meuf passent donc à la maison, contemplent Sapinou qui a bien grandi, qui est magnifique, qui sourit tout ce qu'il peut sourire... forcément, un bébé ça apaise tout le monde ! Au moment de partir, vu que la conversation de la veille n'a pas été abordée, je saute à pieds joints dans le plat.
Oui, je suis comme ça... la diplomatie et les pincettes, ça n'est pas trop mon truc.
Et là, gros déballage... elle en veut à MaB, malgré ses excuses. Mais bizarrement, pas trop à moi, alors que j'ai beau lui expliquer que si elle doit en vouloir à quelqu'un, c'est à moi. Elle maintient, en regardant MaB droit dans les yeux, que c'est par manque de courage.
Moi, au bord des larmes face à tant de bornitude, je lui explique que oui, je suis fautive, que ce service j'aurais sûrement du lui rendre plus tôt, mais que je l'ai un peu zappé depuis octobre, que ma vie tourne plus autour de mon fils que de mes amiEs, qu'avec mon hospitalisation ça n'a pas arrangé les choses, que MaB gère tout - fils, ménage, courses, aller-retour à l'hôpital, administratif - depuis mi-décembre et que donc il se peut qu'elle ait zappé des trucs elle aussi, que ça n'a rien à voir avec elle personnellement... et que venant d'une amie, je suis déçue qu'elle puisse nous reprocher d'avoir un peu mis de côté nos relations pour privilégier notre vie de famille.
Mais je me rends compte que je suis face à un mur.

MaB met fin à la conversation, et les fout quasiment dehors.
Je suis en larmes.
De colère face à tant d'entêtement dans la connerie.
De déception face à ce manque d'écoute de la part de quelqu'un que je pensais être mon amie.
De tristesse parce que je sais qu'après une telle engueulade, si nous renouons le contact un jour, il faudra du temps pour reconstruire tout ça... si nous renouons le contact (on ne se refait pas... je suis une éternelle optimiste, et même si j'ai de la mémoire, je ne suis pas rancunière).

Je sais que cette amie est dans une phase dépressive, et je mets cette attitude sur le compte d'un manque de soin. Mais tout de même... ça me reste en travers de la gorge.

Pour moi, l'amitié est comme un fil, qui se tend, se détend, s'épaissit au cours des années, parfois se rétrécit pour de sombres histoires, mais qui jamais ne s'interrompt malgré la distance, physique ou mentale.
Avec unE amiE, on peut ne pas se voir pendant des semaines et reprendre une conversation là où on l'avait laissée.
UnE amiE, ça peut comprendre lorsqu'on lui donne des explications, parce qu'on peut tout lui dire tant qu'on le ou la respecte. Ça peut surtout comprendre qu'avoir un enfant, ça bouleverse une existence. Ça peut aussi accepter des excuses lorsqu'on les présente, et les rendre en retour.

J'attends un peu, mais j'ai l'espoir que cette amitié continue... plus tard, autrement, sûrement.
D'autant que nous faisons partie d'un groupe de potes, et qu'un jour ou l'autre, nous serons amenées à nous revoir.
Peut-être que je me trompe, et que je devrais tirer tout de suite un trait sur cette histoire.
Et couper le fil...