mardi 1 février 2011

Le fil de l'amitié

L'autre jour, je me suis embrouillée avec une nana que je pensais être mon amie, avec qui j'avais des échanges privilégiés, qui me comprenait, que je comprenais.
Mais pas genre l'embrouille de collège "j'te cause plus mais j'ai tellement besoin de te parler que j'te recause l'heure de cours d'après".

Je t'explique.

Depuis la naissance de Sapinou, disons que ma petite vie de trentenaire dynamique a quelque peu été chamboulée. Fini les soirées au pied levé et les sorties tardives en semaine.
Fin septembre, cette amie m'a demandé un service, que je lui ai promis de remplir, forcément, puisque c'est mon amie. Et puis les événements se sont un peu enchaînés, vaccins, allaitement difficile, vacances de la Toussaint, allaitement toujours difficile, nuits courtes, fatigue physique et morale, allaitement de plus en plus compliqué, douleurs, rendez-vous médicaux et puis hospitalisation.
Octobre, novembre, décembre.
Autant te dire que le petit service, je l'ai un peu zappé. Mais j'avais chargé MaB de la tenir au courant, juste avant mon hospitalisation. MaB a rempli sa mission par l'intermédiaire de sa meuf à elle.

Et là, il y a une quinzaine de jours, elle appelle à la maison en agressant carrément MaB.
MaB n'aurait pas eu le courage de la tenir au courant de l'avancée de ce service, puisque MaB avait appelé sa meuf à elle pour lui dire que ça n'allait pas être pour l'instant possible compte tenu de mon état de santé, de mon hospitalisation, de ma convalescence, tout ça.
Sauf que, la fautive dans l'histoire, c'est moi ! Je n'ai pas appelé pour la prévenir que ça n'allait pas être possible, j'ai confié cette mission à MaB, je n'ai pas rendu ce service depuis fin septembre.
Bref, je récupère le téléphone avant que MaB et elle ne s'écharpent par combiné interposé, mais après avoir réconforté ma chérie qui était dans tout ses états.
Oui, ça fait un peu Dallas, c't'histoire, j'en conviens !
Je remets les choses à plat, lui explique la situation, calmement, et essaye de faire entendre raison à cette amie. Elle se calme, mais n'en démord pas. MaB a laissé pisser volontairement.
Bon.
On ne va pas s'en sortir !
Je lui propose donc de passer le lendemain à la maison, vu que je ne vais pas me déplacer avec un trou à moitié béant dans le sein, sans voiture (vu que je ne peux pas conduire pour l'instant, à cause des antalgiques qui me font à moitié léviter), en bus avec mon Sapinou dans sa poussette qui doit téter assez régulièrement.
Le lendemain, elle et sa meuf passent donc à la maison, contemplent Sapinou qui a bien grandi, qui est magnifique, qui sourit tout ce qu'il peut sourire... forcément, un bébé ça apaise tout le monde ! Au moment de partir, vu que la conversation de la veille n'a pas été abordée, je saute à pieds joints dans le plat.
Oui, je suis comme ça... la diplomatie et les pincettes, ça n'est pas trop mon truc.
Et là, gros déballage... elle en veut à MaB, malgré ses excuses. Mais bizarrement, pas trop à moi, alors que j'ai beau lui expliquer que si elle doit en vouloir à quelqu'un, c'est à moi. Elle maintient, en regardant MaB droit dans les yeux, que c'est par manque de courage.
Moi, au bord des larmes face à tant de bornitude, je lui explique que oui, je suis fautive, que ce service j'aurais sûrement du lui rendre plus tôt, mais que je l'ai un peu zappé depuis octobre, que ma vie tourne plus autour de mon fils que de mes amiEs, qu'avec mon hospitalisation ça n'a pas arrangé les choses, que MaB gère tout - fils, ménage, courses, aller-retour à l'hôpital, administratif - depuis mi-décembre et que donc il se peut qu'elle ait zappé des trucs elle aussi, que ça n'a rien à voir avec elle personnellement... et que venant d'une amie, je suis déçue qu'elle puisse nous reprocher d'avoir un peu mis de côté nos relations pour privilégier notre vie de famille.
Mais je me rends compte que je suis face à un mur.

MaB met fin à la conversation, et les fout quasiment dehors.
Je suis en larmes.
De colère face à tant d'entêtement dans la connerie.
De déception face à ce manque d'écoute de la part de quelqu'un que je pensais être mon amie.
De tristesse parce que je sais qu'après une telle engueulade, si nous renouons le contact un jour, il faudra du temps pour reconstruire tout ça... si nous renouons le contact (on ne se refait pas... je suis une éternelle optimiste, et même si j'ai de la mémoire, je ne suis pas rancunière).

Je sais que cette amie est dans une phase dépressive, et je mets cette attitude sur le compte d'un manque de soin. Mais tout de même... ça me reste en travers de la gorge.

Pour moi, l'amitié est comme un fil, qui se tend, se détend, s'épaissit au cours des années, parfois se rétrécit pour de sombres histoires, mais qui jamais ne s'interrompt malgré la distance, physique ou mentale.
Avec unE amiE, on peut ne pas se voir pendant des semaines et reprendre une conversation là où on l'avait laissée.
UnE amiE, ça peut comprendre lorsqu'on lui donne des explications, parce qu'on peut tout lui dire tant qu'on le ou la respecte. Ça peut surtout comprendre qu'avoir un enfant, ça bouleverse une existence. Ça peut aussi accepter des excuses lorsqu'on les présente, et les rendre en retour.

J'attends un peu, mais j'ai l'espoir que cette amitié continue... plus tard, autrement, sûrement.
D'autant que nous faisons partie d'un groupe de potes, et qu'un jour ou l'autre, nous serons amenées à nous revoir.
Peut-être que je me trompe, et que je devrais tirer tout de suite un trait sur cette histoire.
Et couper le fil...

samedi 29 janvier 2011

Guérie ?

Ah oui, c'est vrai... j'ai un blog !
Ça n'est pas que je t'oublie, mais disons que ma vie trépidante ne me laisse pas tellement de temps pour venir la raconter ici.
Mais pour résumer ces dernières semaines, mon petit coup de calgon semble être derrière moi.

Je n'allais tout de même pas te raconter en live l'épisode viral d'il y a quelques jours/semaines... je ne sais plus, le temps passe si vite !
Un soir, Sapinou avait de la fièvre... je lui ai donné du paracétamol en sirop à la pipette parce que plus de 38°C. Nickel, dodo toute la nuit.
Le lendemain, re-fièvre, donc re-paracétamol. Sauf que pour 8,3kg, il faut la dose, et une pipette remplie d'un liquide visqueux, rose et dégueu, ben ça a du mal à passer au réveil. Qu'à cela ne tienne, je me dis que ça passera avec la tétée du matin juste après.
Fatale erreur.
A peine la tétée commencée, avec au moins 100 ml englouti voracement par mon petit glouton (aidé par un débit ultra rapide)(oui, on ne peut pas régler le débit de l'eau du sein comme sur une tétine de biberon), que je sens qu'il y a comme un truc qui ne passe pas. Ni une ni deux, je le prends contre moi pour lui faire faire son rot (fait gaffe, ça va partir en vrille après). Et bien ça n'a pas loupé... vomito tout chaud dans le cou, sur les locks, sur l'oreiller, sur le matelas. Avec le paracétamol liquide même pas digéré, forcément.
J'étais ravie... obligée de descendre en catastrophe à la pharmacie pour aller chercher des suppos. Même que le pharmacien nous a refilé des trucs pour nourrisson de moins de 8kg, parce qu'à 4 mois et demi, ça a du lui paraître bizarre de faire plus. Et surtout lancer 3 machines à laver... oreillers, puis housse de couette, puis fringues. Sans compter le lavage de mes locks... ça tombait bien, il fallait que je les lave, même si ça aurait bien attendu un jour ou deux.
Verdict à la couche : gastro (je te passe les détails de la couche radio-active). Ouais. Une quatrième lessive pour la housse du transat.
Sapinou s'en est sorti comme un chef (il a du perdre 2 ou 3 g, pas plus...), et ça lui a permis de repousser d'une semaine son rappel de vaccins. C'est la deuxième fois qu'il nous fait le coup. La pédiatre n'y croyait pas !
Il l'a tout de même refilé à sa grand-mère venue lui apporter une galette et un petit pot de beurre faire une petit calinou. Qui nous l'a ensuite refilée la semaine d'après... c'est ça la famille d'être fragilisée par la fatigue. La boucle s'est arrêtée là : vivent les anticorps !
J'en ai profité pour perdre les derniers kilos de ma grossesse en ne bouffant qu'un bol de riz par jour et du bouillon.
Je crois que j'ai lavé toutes les poignées de porte à la lingette hydro-alcoolique, et lessivé les chiottes à la javel. Hors de question qu'on se la refile comme ça jusqu'au printemps !

Je t'avais prévenu, c'est un peu hardcore.

Sinon, Sapinou a 5 mois et 10 jours.
Il dort toujours dans notre chambre, et fait sa sieste du matin dans le lit parental (lorsqu'il se rendort, parce qu'il y a des jours où il décide que se rendormir après 12h de sommeil, c'est un peu too much, et que si sa Maman ou sa Mamita sont fatiguées, elles n'avaient qu'à pas jouer à Mario Kart jusqu'à pas d'heure). Je pense que c'est une habitude que je vais devoir contrarier assez rapidement, parce qu'il va falloir qu'il teste un peu son lit à barreaux très prochainement, étant donné son grand format... le berceau commence à être un peu juste. Comme les fringues en 6 mois d'ailleurs. Il commence également à tenir assis : il était temps, parce la compote dans le transat, c'est un peu limite... je ne te parle pas de la purée qui ne va pas tarder à entrer dans son alimentation d'ici peu, 15 jours à tout casser, vu ses yeux et sa bouche entrouverte lorsque nous mangeons.

Et moi... ben... j'en ai fini hier avec mes soins infirmiers... fini le déballage de nibard quotidien et l'épilation gratos à l'hydrofilm ! Le chirurgien m'a encore vivement conseillé l'arrêt de mon allaitement, pour accélérer la cicatrisation. Mais comme je suis têtue pugnace, je continue, avec l'accord de ma consultante en lactation bien sûr : une tétée matin et soir, complétée par un bib de mon lait tiré (la veille pour le matin, la matin pour le soir), un bib de lait en poudre le midi, en attendant que la purée prenne le dessus, un bib de mon lait tiré vers 14-15h au gouter avec une compote, en attendant la reprise du travail (qui supprimera cette traite sauf mercredi et week-end). Et ça tourne bien comme ça.

Il faudrait juste que je me reconnecte avec la réalité de la société, ses tracas quotidiens, le ménage, un peu plus de vie sociale, mes activités syndicales, la préparation du concours d'instit (même si petit à petit, je me fais à l'idée d'être prof d'histoire/géographie dans le secondaire dès la rentrée prochaine)(et pourquoi pas de passer le CAPES et/ou le CAPLP Français/Histoire-géo)... que je sorte de ce petit cocon tout doux.
Pour le boulot, j'attends la réponse officielle de ma Principale, mais a priori, je vais pouvoir prendre mes 45 jours ouvrables de congés payés jusqu'aux vacances de printemps... la classe internationale, non ? Et je n'ai aucun scrupule étant donné mon statut d'ultra-précaire qui va être jeté fin août sans aucune valorisation professionnelle après 6 ans de bons et loyaux services.
Pour la reprise du hand, euh... comment dire... on va attendre septembre, hein ?

mercredi 12 janvier 2011

Remontée(s) d'acide(s)

Avec tout ça, forcément, le moral en prend un coup.
Forcément.
Bonne année, bulles, gras, cotillons, étrennes... et surtout bonne santé.
Haha.
C'te bonne blague.

Et puis cette espèce de résignation dans l'arrêt progressif de mon allaitement...
Cette peur aussi, que si cela s'arrête, je m'écroule. Comme si l'allaitement me faisait me lever le matin, comme si nourrir mon fils me faisait tenir, comme si cela me donnait un véritable statut aux yeux de la société, comme si il s'agissait du prolongement de ma grossesse (à défaut d'accouchement par voie basse)...
La peur d'une chute post post-partum.
J'ai mis neuf mois à apprivoiser ma grossesse, il me faut apparemment aussi du temps pour apprivoiser ce nouveau statut de maman.

MaB, elle, est au top de sa maternité, et j'ai bien l'impression que mon hospitalisation lui a fait prendre conscience de son rôle auprès de Sapinou. Elle qui me laissait gérer les séances de baignade ou de nettoyage de narines, parce que trop peur de mal faire, a du se sortir les doigts du cul rendre à l'évidence : elle n'allait pas faire plus mal qu'une autre ! Du coup, à mon retour à la maison, j'ai découvert une nouvelle complicité entre elle et son fils. J'ai trouvé ça touchant de la voir s'épanouir comme ça.

Sapinou, lui, il bouffe, au bib, au sein, du lait humain, du lait en poudre, tiédi, à chaleur ambiante... tant que son petit estomac se rempli 4 fois par jour.
Il a été un peu désorienté lorsque sa Mamita a commencé les premiers biberons, il cherchait son sein... ou le mien... et puis MaB lui a expliqué que non, elle n'avait pas de lait, mais que ça ne l'empêchait pas de le prendre contre elle pour faire des câlins, avec ou sans bib.
Il a été désorienté lorsque j'ai commencé à lui donner le biberon, avec mon lait ou du lait en poudre, mais il a vu que là aussi, je le gardais aussi contre moi, comme pour les tétées au sein.
Donc ça a l'air de lui convenir. 8,490 kg à 4 mois et 3 semaines pour 66 cm. On est bien loin de la crevette du mois d'août, dont tout le monde s'inquiétait lors de la dernière écho, petit fémur, tout ça. Toi-même, va !
Plus qu'à moi en tout cas.
Au final, je l'allaite sur un seul sein 3 fois par jour en complétant avec un biberon de mon lait tiré sur l'autre sein, et au gouter, on ne lui file que le biberon, soit de mon lait uniquement, soit moitié lait en poudre-moitié lait tiré (tout dépend de la production du jour).
Je m'habitue (et mes seins aussi) à 3 tétées par jour, mais j'y vais progressivement, en me disant que de toutes façons, il va bientôt passer à l'alimentation "solide", et que petit à petit les quantités de lait dont il va avoir besoin seront moins importantes. Et puis je me dis que le plus important, c'est qu'il ait mes anticorps, et du lait parfaitement adapté à son petit organisme.
Et surtout, je ne vais pas tarder à reprendre le travail... enfin, pas tarder... tout est relatif... au plus tôt, début mars, au plus tard, mi-avril (tout dépend si je peux placer mes congés payés, ou si j'ai une place en crèche avant).


A moins que ça ne soit la date anniversaire du décès de ma grand-mère qui me fasse remonter des trucs, maintenant que Sapinou est là. Envie qu'il lui sourit, qu'elle soit intimidée par son regard si profond, qu'elle lui parle de Monsieur Mimosa ou de Monsieur Cerisier qui fleurissent dans le jardin, ou lui chante des airs d'opérette.


Il me faudrait une cure de soleil, du sport intensif, une bonne cuite, ne plus avoir mal au sein à chaque fois que je porte Sapinou ou que je me penche au-dessus de son berceau (oui... bon... il dort toujours dans son berceau, dans notre chambre...)(mais j'ai une excuse en or : je n'ai pas encore pu monter son lit à barreau dans sa chambre depuis le mois de décembre)(je rassure les anti-cododo, ça ne saurait tarder, je crois que MaB sature)... il faudrait que je prenne un peu l'air dans tous les sens du terme, mais la douleur et la fatigue intense de la cicatrisation couplée à l'allaitement m'en empêche. Et le malaise que je ressens à chaque fois que je dois me séparer de mon petit ne m'aide pas non plus dans cette démarche de coupage de cordon.

Voilà où j'en suis à l'orée des 5 mois de Sapinou... c'est pas terrible, mais ça pourrait être pire !

lundi 27 décembre 2010

La magie de Noël


Non pas que je sois encore complètement désespérée, mais à force de voir cette œuvre d'art de mon balcon tous les matins (oui... c'est posé sur le toit du musée à 2 pas de chez nous... je n'ai pas trop bien compris le concept, MaB t'en parlerait mieux que moi), je vais finir par y croire...

Il y a 3 semaines, je me croyais tirée d'affaire après cette ponction et ce traitement antibiotique de cheval.
Ben non.
Au bout de 10 jours de traitement, aucune amélioration. C'était même plutôt en train de se dégrader.
Fièvre, douleur, ganglions, inflammation.
Direction les urgences de cette fameuse maternité "amie des bébés", lait tiré, boite de lait en poudre achetée au cas où.
Ça n'a pas loupé : ils ont voulu me garder pour m'opérer le lendemain. J'ai réussi à négocier une hospitalisation le lendemain, avec une dernière nuit à la maison près de mes 2 amours.
Je me suis donc rendue à l'abattoir la maternité le cœur gros, laissant mon tout petit avec 2 biberons de mon lait et sa Mamita.

J'ai été prise en charge très rapidement, un petit comprimé pour me détendre, une douche à la bétadine, et hop, à poil au bloc. J'ai eu le droit à une mini-anesthésie générale, un drainage complet de cet abcès mammaire massif, une incision de 3 cm, un magnifique drain... mais surtout, une pompe à morphine !
La petite plaisanterie a duré une semaine : j'ai eu droit à une sortie la veille de Noël, avec une liasse d'ordonnances pour des soins à domicile 2 fois par jour, un arrêt de travail pour le mois de janvier et des cachetons qui me font planer au delà de toute espérance.
Une semaine à voir mon petit Sapinou d'amour et MaB une à deux heures par jour, voir pas du tout, à vider mes seins au tire-lait pour remplir des petits pots (et le réfrigérateur de la nursery en attendant... ça a fait marrer les puéricultrices, halluciner les jeunes mamans qui attendaient leur montée de lait, moi moyen à chaque fois que je voyais un bébé alors que le mien était bien tranquille à la maison à grandir auprès de sa Mamita...) que MaB ramenait dans son petit panier, à pleurer comme une madeleine dès qu'un petit flocon tombait (bah oui... qui dit flocon, dit transports dangereux, dit pas de bébé...).
Une semaine à me rendre compte peu à peu que j'avais tout de même un peu frôlé la septicémie, et que décidément, j'étais vraiment trop tarte de pleurer comme ça pour une toute petite semaine, alors que si je m'étais bougée plus tôt la séparation n'aurait pas duré aussi longtemps.
J'ai pas mal dormi, aussi... la nuit, le matin, l'après-midi... ça passe plus vite, et puis le sudoku sous morphine, ça n'est pas hyper probant.

A regarder, ça fait un peu Nip/Tuck... il parait que l'incision va se refermer toute seule (avec l'aide de 2 irrigations de la cavité par jour pendant au moins 15 jours-3 semaines), et que la cicatrice sera toute petite.
Le plus dur, c'est le traumatisme de cette séparation forcée avec mon tout-petit... tu penses, le plus long c'était 2-3 h maxi ! Lui, il n'a pas trop réalisé je pense, avec sa Mamita, il a continué à dormir, manger (le passage lait de maman/lait en poudre/lait de maman s'est fait sans problème), à rire, à gazouiller... à chercher un peu le sein aussi, et puis moi aussi... j'avais laissé un petit doudou imprégné de mon odeur dans son lit, ça l'a apaisé. Nous avons même communiqué par téléphone... il m'a raconté sa vie, ça m'a fait du bien sur mon lit d'hôpital !
Et moi qui m'inquiétais de ne pas réussir à m'attacher, qui avait peur de me détourner de mon enfant une fois qu'il serait né... je me suis pris tout l'infondé de ces angoisses en pleine poire (avec un trou de 3 cm dans le sein, on est plus fragile)...

Au final, je me retrouve avec un bébé en pleine forme, une femme épuisée par une semaine à plein temps (elle tire d'ailleurs son chapeau bien bas aux mères solo) et pleine de stress, un sein qui produit toujours bien-mais-pas-encore-assez-à-lui-tout-seul (ça ne saurait tarder), et un autre que je dois vider au tire-lait (ben oui... 3 fois par jour je vais à la traite, et ça n'est pas si "bestial" que ça)(parce que nous les femmes, nous avons le droit à une téterelle adaptée à la taille de notre téton)(sinon, une téterelle trop petite ou trop grande, ça fait grave mal... et ça peut aller jusqu'à l'engorgement)(une mammite chez nos amies productrices de lait à 4 pattes) et veux sevrer progressivement, histoire de ne plus être emmerdée.

J'espère juste que l'an prochain, nous aurons trouvé un marabout ou un rebouteux et que nous pourrons passer des fêtes de fin d'année sereines... sans chimiothérapie maternelle (cru 2003), sans jambe cassée (mon fameux tibia-péroné)(cru 2004), sans divorce parental (cru 2006), sans décès de grand-mère (cru 2007), sans épisode carcéral (cru 2008), sans hépatite, (cru 2009), sans jambe cassée (celle de MaB cette fois)(cru 2009 bis), sans trou dans le sein (cru 2010)... je n'arrive plus à me souvenir ce qu'il s'est passé en 2005.
C'est vrai quoi, c'est pour nous faire payer d'avoir notre Sapinou, huitième merveille du monde ?

mardi 30 novembre 2010

The guigne powaaaa... le retour de la revanche

Tu ne vas pas me croire, mais dans la série on-dit-que-la-roue-tourne-mais-chez-moi-elle-est-voilée, disons que je suis vernie... mais alors, vernie-vernie-vernie.

Je t'explique.
Après 2 mois de galère avec mon allaitement, et le diagnostic d'un staphylocoque doré, les choses s'étaient un peu apaisées (souviens-toi, , un peu ici et ).
Fini les engorgements chroniques, les douleurs et l'hyper-lactation.
Le vasospasme, j'en faisais mon affaire en faisant attention aux courants d'air.
Mi-octobre, l'échographe avait décelé une petite boule de rien, pour laquelle il avait conseillé de faire une biopsie (du genre nodule bizarre qu'il faut vérifier compte tenu des antécédents familiaux), mais que la consultante en lactation avait identifié comme une boule de lait potentiellement résorbable. Et bien figure-toi que la semaine dernière, cette boule s'est mise à doubler (voir tripler)(j'te jure, c'était impressionnant, j'avais une bosse dure sur le haut du sein, et le reste du sein hyper souple) de volume, en devenant trèèès inflammatoire et trèèès douloureuse.
Re-consultations. Re-coups-de-flippe.

Jeudi, chez la consultante en lactation. Suspicion de galactocèle... la boule de lait s'est retrouvée enfermée à l'intérieur d'une petite coquille, et ne peut donc pas s'évacuer. Sapinou, super bébé, super cool, super souriant.

Vendredi, avec une gynéco d'une maternité amie des bébés (vivent les réseaux médicaux, parce que sans piston, j'aurai eu un rendez-vous en janvier, dans le meilleur des cas...), et donc pro-allaitement (j'ai eu de la chance de trouver une place à moins de 100m sans trop galérer, en plein Paris... j'avais fait l'impasse sur la poussette, et mis Sapinou dans son cosy, puis en écharpe)(faut bien que la roue s'équilibre de temps en temps). 1h30 de retard, avec Sapinou qui voulait dormir, mais pas contre moi parce que trop stressée sans doute, il commençait à s'agiter légèrement. Tout ça pour m'entendre dire qu'un vendredi à 17h , on ne pouvait pas faire grand chose, et qu'il fallait que je revienne mardi matin, pour une ponction et/ou une micro-biopsie de cette fameuse boule. Sapinou moyennement cool, mais qui s'est endormi dès que je l'ai reposé dans son cosy pour le trajet du retour, donc quand même super bébé.
Le paracétamol fut mon meilleur ami pour le week-end, et l'ibuprofène m'a aussi un peu aidé lorsque vraiment la douleur était trop forte.

Et ce matin, me voici partie aux aurores pour la maternité, laissant Sapinou aux mains de sa Mamita, lait du matin tiré dans un biberon, et lait de l'éventuel midi stocké ce week-end au congélateur. A mon arrivée, le chirurgien qui devait me prendre entre 2 patientes était en consultation. Je suis fait happer par l'échographe qui en 2 temps 3 mouvements m'avait fait allonger torse nu sur la table (détend-toi MaB, détend-toi) pour constater que la boule semblait être remplie de liquide (du lait, probablement), que la biopsie ne semblait pas nécessaire, et qu'il fallait donc ponctionner.
- Quoi, mais, euh ?! Là comme ça, tout de suite, maintenant ?!
- Ben oui.
- ...
- Ne vous inquiétez pas, ça ne fait pas mal. On va juste aspirer, comme pour une prise de sang.
- ...
Paf. Aiguille plantée dans le mille grâce à l'écho-guidage. Seringue(s)(oui... une seule n'a pas suffit) en place. 50 cc d'un "liquide laiteux verdâtre" dit le compte-rendu. Impressionnant... on aurait dit de la crème liquide avec un filet de sirop de menthe. En vrai, le vert, c'était du pus... galactocèle + pus = abcès. CQFD.
Je n'en menais pas large, tu penses bien. J'ai même craint un moment le malaise vagal, avec cette aiguille plantée dans le haut de mon sein et cette seringue qui aspirait, aspirait...
Mais non.
J'ai juste pleuré tellement j'avais accumulé de stress depuis 5 jours.

Au final, ma crème verte est partie au labo pour analyses, j'ai 15 jours d'antibiotiques de cheval, et rendez-vous pour vérifier que tout rentre dans l'ordre après le traitement. L'échographe et son assistante ont été très à l'écoute. La gynécologue du départ aussi, elle a même assisté à la consultation avec le chirurgien. Elle a bien fait attention aux types d'antibiotiques, pour que je puisse continuer mon allaitement (elle m'a même chambrée parce que je les saoulais avec ça).
Le chirurgien n'était pas content qu'on m'ait fait la ponction avant la biopsie... il aurait voulu voir avant. Mais je pense que ça n'est pas plus mal que ça se soit passé comme ça, j'ai été soulagée de suite (à part la sensation de brûlure à l'endroit de l'aiguille, mais rien de grave), et surtout, le chirurgien m'aurait fait arrêter l'allaitement pour traiter le truc de manière plus radicale. En gros, il aurait préféré inciser-trancher-extraire, au bloc, avec hospitalisation, plutôt qu'une technique rudimentaire peu invasive et pas toujours efficace... J'ai comme eu l'impression d'être au milieu d'un complot de pro-allaitantes contre le méchant chir-anti-lait, ces femmes, consultantes en lactation, et donc relativement spécialisées dans le sein (et sortant d'un récent séminaire de formation)(d'où les réseaux médicaux) lui ayant damé le pion (j'espère d'ailleurs me retrouver dans les anales de leur publications, j'suis un bon cas d'étude, quand même !?).
Bon. Vu la couleur du liquide, il n'a pu qu'approuver. On verra dans 15 jours. Je vais essayer de ne pas tirer des plans sur la comète, et de m'imaginer le pire (c'est-à-dire une hospitalisation, avec intervention chirurgicale et arrêt de l'allaitement)(qui pourra reprendre après si tant est que je stimule la lactation pendant le temps des traitements)(il faut donc que je stocke grave du lait, histoire de tenir sans donner de lait en poudre à Sapinou).

Mais quand même... je me dis que vraiment, merde, quoi, j'ai pas de veine.
Et surtout, ça a fait naître en moi un sentiment de peur intense jusque là inconnu... la peur de ne pas voir grandir Sapinou, la peur qu'il puisse grandir sans moi, que je lui manque, qu'il soit mal sans sa maman... bref, j'y pense, puis je pleure comme une madeleine en regardant mon fils se blottir contre moi, repu après la tétée. Il faut que j'arrive à passer au-dessus de cette angoisse, sinon, ça va me bouffer... la fin de mon allaitement, la vie au moindre petit pépin de santé.
Comme quoi, l'attachement maternel, ça se construit, aussi.

jeudi 18 novembre 2010

Un an

Il y a un an, je me bourrais la gueule sifflais une deux trois bouteilles de beaujolais nouveau avec MaB et notre mâle alpha, mi-homme mi-Minh.

Il y a un an s'est installée en moi une petite vie, qui s'est accrochée, malgré les quelques péripéties qui ont suivi (mais si, souviens-toi, , et ).

Il se trouve que cette petite vie est maintenant plus ou moins autonome depuis 3 mois, et que pour fêter ça, Sapinou a tâté du virus en début de semaine.

Ben oui, on a la guigne ou on ne l'a pas ! Il a du se choper ça dimanche, lors de son premier match de hand en tant que supporter... ça m'apprendra à le laisser tripoter par tout un tas de nanas, et vu qu'il passe ses journées à téter ses poings, il suffit d'un rien pour qu'un virus passe.

Alors rien de trop grave, juste une petite gastro de rien qui est passée comme elle est venue... avec 2 jours de fièvre, des couches explosives aux couleurs quasi radio-actives, des pleurs inexpliqués (sans doute des douleurs au ventre), des réveils toutes les 3h (voir 1 ou 2h...) avec tétée de 10 minutes (au lieu du petit rythme bien tranquille de 4 tétées par jour et des longues nuits)(un petit come-back bien usant, mais gérable).
Au quatrième jour, tout semble rentré dans l'ordre.
J'ai à peine donné cette nuit du soluté de réhydratation conseillé par le pédiatre... mais à 4h du matin, j'ai un peu flippé en voyant la couche sèche depuis le dernier change à 1h du mat', donc en plus d'une tétée courte mais efficace, Sapinou s'est bu 40 ml d'eau minéralisée-glucosée-saccharosée (en gros, du coca sans bulles et sans colorant...). Ce matin, la couche était humide sans plus, et les selles étaient de nouveau normales.
Sauvé-e-s : pas besoin de courir aux urgences pédiatriques pour une réhydratation par perfusion (oui... je préfère m'imaginer le pire, comme ça, je ne suis jamais déçue prise au dépourvu) !
Autant te dire que les doutes que nous avions sur une éventuelle vaccination de Sapinou contre le virus de la gastro (vaccin proposé, recommandé même, mais pas remboursé... je trouvais ça un peu louche) ont été balayés : Sapinou est déjà un peu immunisé maintenant.
C'est fou ce que l'on peut nous faire acheter lorsqu'on est jeune parent, pas très sûr de soi et légèrement angoissé.
Un peu plus, et on me disait d'arrêter de l'allaiter pour lui filer un lait spécial antidiarrhéique !

Du coup, le rendez-vous chez le pédiatre pour une série de vaccins obligatoires s'est transformé en simple auscultation : à 3 mois, Sapinou pèse près de 7 kg et mesure 61 cm.
Un beau bébé qui ne rentre plus dans rien en taille 3 mois... mais en prenant 1 cm en 10 jours, il nous a un peu prises de court, et les habits en 6 mois que nous pensions sortir autour de Noël ont du être récupérés en urgence !

Mais je m'égare.
Il y a un an, donc, nous nous apprêtions, MaB et moi, à nous lancer dans cette fabuleuse aventure de la parentalité. Et je dois dire qu'un an, ça passe quand même super vite... j'ai l'impression que c'était hier, mais qu'il s'est passé tellement de choses durant cette année qu'on dirait que ça fait un siècle !
Je ne suis nostalgique de rien, ni de ma grossesse, ni des premières semaines de Sapinou lorsqu'il était si petit qu'il tenait au creux de mes seins, ni de ma vie d'avant pleine de débauche et de liberté... J'ai même plutôt hâte de voir avancer notre fils, de le voir grandir, évoluer, marcher, parler, courir, tomber, répondre, claquer des portes... vivre tout simplement.
Et pourquoi pas, d'ici un an ou deux, de remettre ça ?

dimanche 7 novembre 2010

Trop plein

Petit bilan de la quinzaine :

- des seins toujours pleins, quasi de la crème... Sapinou a pris 11 cm depuis sa naissance et a plus que doublé son poids avec ses 6,666... Damien... 6,665 kg ;

- Sapinou fait ses nuits "5-6h+3-4h", en fractionné, mais de bonnes sessions qui nous permettent de récupérer depuis presque 3 semaines. Il a également une furieuse envie de rester assis... ras-le-bol d'être constamment semi-allongé... il se redresse à la force de ses bras, même si pour l'instant l'équilibre n'est pas encore là. : il fait travailler sa ceinture abdominale comme un ouf... telle mère, tel fils !

- fin de mon congé de maternité, mais un mois de congé pathologique pour allaitement, ce qui va nous mener jusqu'au 2 décembre... après, congés payés jusqu'à fin janvier ;

- une bonne prise de tête avec mon père à propos du remboursement de mon prêt étudiant... que j'avais pris il y a 5 ans parce que mes parents ne pouvaient plus soutenir mes études, et qu'ils s'étaient engagés à rembourser eux, le moment venu. C'est le moment. Sauf qu'ils ont divorcé. Que mon père s'est remarié. Qu'il est maintenant propriétaire avec sa nouvelle femme de 2 maisons, une principale en pictavie, une secondaire à Oléron, qu'il s'est racheté une nouvelle voiture, qu'il vient de finir sa nouvelle salle de bain, qu'il s'est offert l'an dernier 2 voyages, un au Canada, l'autre en Martinique... et qu'il négocie comme un marchand de tapis pour 40 € parce qu'il ne veut surtout pas payer plus que ma mère, et qu'il avance comme argument sa "vie décente". Vaut mieux entendre ça que d'être sourde lire ça que d'être aveugle (quoi, je ne peux pas adapter le proverbe ?).
Stress intense, déception sans nom, engorgement... ben ouais, comme d'hab, quoi !

- un retour au pays pour les vacances : cidre, patates, saucisses, galettes, beurre, nutella, soleil, pluie, plage, mer. 2 kg sur la balance pour moi, mais ça fait tellement de bien le bon air !

Et puis, je regarde mon fils et je pleure... parce qu'il est trop beau, parce qu'il remplit ma vie et celle de sa Mamita, parce que le bonheur, parfois, c'est trop fort.
Alors il faut évacuer le trop plein.
Je suis sûre que c'est encore un coup des hormones... l'allaitement bloque un peu la testostérone, du coup, je n'arrête pas de pleurer comme une madeleine dès que j'ai une petite émotion... je suis aussi un peu moins agressive (sauf lorsque je suis en pleine crise d'angoisse... là, 'faut pas me parler-'faut pas me faire chier-mais être là quand même pour essayer de me changer les idées...)(hem... MaB a une patiente d'ange)... et vachement moins poilue.

Nous menons une vie trépidante, et pourtant, il n'y a pas grand chose à dire... Sapinou a rit lorsque j'ai fait le vent, Sapinou tient maintenant son hochet et le porte non sans mal à la bouche, Sapinou aime bien qu'on lui chatouille son petit bout de langue, Sapinou fait pêter les pressions des fringues en 3 mois et le 6 mois a été sorti en catastrophe, Sapinou ne sait pas encore s'il préfère la raie au milieu ou sur le côté, Sapinou n'a pas de gazouillis plus haut que l'autre, même après 2h15 d'attente dans le cabinet de mon gynéco.
Bref.
A chaque jour son lot de découvertes, de joies, de rires et de progrès.